‹ oevres walter scottChapitre 19 sur 42 · En ('cassais ; car «n anglais girdît signifia ceinture · texte numérisé non relu

En ('cassais ; car «n anglais girdît signifia ceinture

près de la forme de leurs pieds , et qui montaient sur la cheville , à peu près comime ce qu'on appelle aujourd'hui petites guêtres. Comme dans ces sortes de brodequins le poil de Tanimal se tronyait en dessus, les Anglais appelaient ceux qui les portaient les Ecossais au pied rude ( Roagh-Fooled ScoU) , et quelquefois aussi , par allusion à la couleur de cette chaussure, les Jambes-Rouges [Red'Shanks).

Gomme l'armée écossaise ne traînait à sa suite ni provisions ni munitions d'aucune espèce, elle passait avec une célérité extraordinaire de montagne en montagne, de vallée en vallée, pillant et ravageant tout sur sa route. Le jeune roi d'Angleterre se mit à sa poursuite à la tête d'une nombreuse armée ; mais la nécessité de se faire suivre par des bagages considérables, et la lenteur obligée des monvemens des cavaliers couverts de leurs pesantes armures, retardaient tellement sa marche, qu'il lui était impossible d'atteindre les Ecossais, bien que chaque jour on pût apercevoir la famée des villages et des maisons qu'ils avaient incendiés. Le roi d'Angleterre ne pouvait contenir sa fureur ; à peine âgé de seize ans , il brûlait déjà de combattre les Ecossais , et de se venger du mal qu'ils faisaient à son peuple. Enfin son impatience devint telle, qu'il offrit une grande récompense à celui qui pourrait lui apprendre d'une manière précise où se trouvaient ses audacieux ennemis.

Déjà l'armée anglaise avait beaucoup souffert du manque de provisions et deses marches forcées à travers les montagnes, les bmjrères et les marais , lorsqu'un gentilhomme nommé Rokeby arriva dans le camp pour réclamer la récompense que le roi avait promise. Ayant été fait prisonnier par les Ecossais , il leur avait entendu dire qu'ils désiraient la bataille tout autant qu'Edouard lui-même ; et en conséquence il guida l'armée anglaise jusipi'à Fendroit où les Ecossais étaient campés.

Cependant le roi d'Angleterre n'en était guère plus avancé. Douglas et Randolph, connaissant les forces supérieures des Anglais , avaient pris position sur une colline escarpée, au pied de laquelle coulait une rivière profonde dont le lit était rempli de grosses pierres , de sorte que, pour attaquer les Écossais, il fallait traverser cette rivière, et gravk* ensuite la montagne sousles yeux de l'ennemi ; entreprise trop hasardeuse pour qu'il fût même jk>s-' sible de la tenter.

Le jeune roi se décida à envoyer un défi aux généiaux écossais.

e« HISTOIRE D'ECOSSE.

leur offirant l'option on de retirer leurs tronpes pour lui donner le temp» de traverser la rivière et de ranger son armée en bataille snr l'autre bord, ou bien de venir au contraire de son cÔté, s'engageant dans ce cas à les laisser passer sans obstacle, pou'r que du moins ils pussent se battre à chances égales et en rase campagne. Randolph et Douglas ne firent que rire de ce message. Ils répondirent que lorsqu'ils livreraient bataille ce serait à leur bon plaisir, et non à celui du roi d'Angleterre. Ils lui rappelèrent ironiquement que, depuis qu'ils étaient sur le territoire anglais, ils avaient fait assez ce qui leur avait plu , comme il en pouvait juger parle ravage et l'incendie de ses campagnes. Si cette conduite dé» plaisait au roi, il n'avait qu'à s'y prendre de son mieux pour traverser la rivière et venir combattre.

Edouard , bien décidé à ne pas perdre de vue les Ecossais , établit son camp de l'autre côté de la rivière, afin de surveiller tous leurs mouvemens. Il espérait que le manque de provisions les forcerait bientôt à quitter le poste favorable qu'ils occupaient ; mais les Ecossais donnèrent au roi une nouvelle preuve de la célérité de leur marche, en partant au milieu de la nuit pour aller prendre une autre position encore plus forte et d'un abord plus difficile que la première. Edouard les suivit, et s'établit de nouveau en face de ses dangereux et adroits ennemis. Il n'avait pas perdu l'espoir de les engager à lui livrer bataille, et alors il se croyait sûr de la Tictoire, ayant une armée une fois {.lus nombreuse que les Ecossais, et composée tout entière de soldats d'élite.

Pendant que les deux armées se trouvaient ainsi en présence, Douglas résolut de donner au jeune roi une leçon dans l'art de la guerre. Au milieu de la nuit il quitta son camp à la tête d'une p^ tite troupe de deux cents cavaliers tout au plus , mais tous aguerris et bien armés. Il traversa la rivière en silence et arriva jusqu'au camp des Anglais, qui était gardé avec une grande négligence. Lorsqu'il s'en fut assuré, Douglas passa devant les sentinelles comme s'il eût été un officier anglais. — De par saint George I leur dit-il , vous ne montez pas bien la garde par ici. A cette époque les Anglais juraient toujours par saint George, comme les Ecossais par saint André. Un moment après, Douglas entendit un soldat étendu près du feu qui disait à son camarade: — Je ne sais ce qui va nous arriver; mais, pour ma part, j'ai bien peur que Douglas-le-Noir ne nous joue quelque tour, — Je te ferai voir tourà rheutè quêtes craintes étaient fondées , pensa celui-ci.

Lorsque^ sans être décoavert, lord James fat arrivé an miliea do camp, il tira son épée, et coupant brusqaement les cordes dSme tente, il pqpssa son cri de guerre : — Douglas ! Douglas! scélérats d'Anglais , tous êtes tous nMrts I A ces mots les Ecossais ren- Tersèreat les tentes , se jetèrent sur leurs ennemis , et en tuèrent un grand nombre avant que ceux-ci eussent pu saisir leurs armes. Douglas se fraya un passage jusqu'au pavillon du roi, et fat bien près de faire ce jeune prince prisonnier au miliea de sa grande année; mais l'aumônier d'Edouard et plusieurs des officiers de sa mûson s'armèrent à la bâte et opposèrent une vigoureuse résistance pendant que le roi s'échappait en se glissant à terre sous la toile de sa tente. L'aumônier et plusieurs officiers furent tués; mais l'alarme s'était répandue dans le camp, toutes les troupes avaient pris les armes. Douglas, obligé de se retirer, s'y décida, mais ce fut en se faisant jour à travers les Anglais du coté opposé à celui par lequel il était arrivé. Dans la confusion de cette attaque noctnme, Dotiglas, séparé de ses gens, courut grand danger d'être toépar un Anglais, qui Fattaqua avec uneénorme massue. Uparvînt i laiôter la vie, mais avec une peine extrême; et alors, donnant da cor pour rappeler ses cavaliers, qui l'entourèrent bientôt, il revint dans son camp, n'ayant éprouvé qu'une perte U'ès-légère.

Edouard, très mortifié de l'insulte qu'il avait reçue, n'en désira que plus ardemment de châtier ses audacieux ennemis , et l'un d'entre eux du moins ne demandait pas mienx que de lui fournir une occasion de vengeance : c-'éiait Randotph, comte de Murray. Lorsqu'il revit Douglas, il lui demanda ce qu'il avait fait. — Nous leur avons tiré un peu de sang, répondk celui-ci. — Ah! s'écria le comte, si nous avions été tous ensemble cette nuit les attaquer, nous aurions pu les tailler en pièces. — C'est possible, répliqua Douglas , mais le risque était trop grand. — Alors combattons-les donc en bataille rangée, dit Randolph ; car si nous disentons ici plus long- temps, nous mourrons bientôt de faàm , faute de provisions. — Non pas, reprit encore Douglas; il faut faire avec cène grande armée ce que le renard fit avec le pêcheur dans la fable. — Et que fit-il? demanda le comte de Murray. Alors Douglas lui raconta l'histoire suivante.

-^ Un pêcheur, dit-il, avait construit une butté sur le bord d'itne rivière, afin de pouvoir pêcher tout à son aise. Un bean soir il sortit pour aller visiter ses filets, et laissa on peu de feu dans sa oabane. Lorsffu'il revint il aperçut un tenard quîs'écanfl intr^idnit

ehez loi , et qui prenait la liberté de manger un des plus beaux sattmons qu'il eût péchés. — Ah ! ah I monsieur le valeur, s'écria le pêcheur en tirant son épée et en se plaçant à l'entra de sa chaumière pour empéchçr le renard dM'échapper, votre dernière heure est venue. Le pauvre animal regarda de tous cotés après quelque trou par lequel il pût se sauver; mais n'en apercevant aucun , il saisit avec ses dents un manteau qui était étendu sur le lit, et le traîna jusque dans le feu. Le pêcheur courut tirer son manteau de la cheminée ; pendant ce temps le renard se sauva par la porte avec le saumon. C'est en employant ainsi la ruse que nous échapperons à cette grande armée, sans risquer une bataille où nous aurions trop de désavantage.

Randolph se rendit aux conseils de Douglas. Les Ecossais allumaient le soir de grands feux dans le camp, cji^iant , donnant du cor, faisant le même bruit qu'à l'ordinaire, pour faire croire aux Anglais qu'ils y passaient toute la nuit. Mais en même temps Douglas avait fait couper une route à travers un profond marécage de deux milles de longueur qui était derrière eux , et qu'il eût été impossible de passer sans cela^ Au milieu de la nuit', Douglas et Randolph se retirèrent par ce passage dont les Anglais ne soupçonnaient pas même l'existence , et reprirent avec toutes leurs troupes le chemin de l'Ecosse. Les Anglais furent bien surpris le lendemain matin lorsqu'ils virent le camp de leurs ennemis abandonné et qu'ils n'y trouvèrent que deux ou trois prisonniers anglais attachés à des arbres et chargés de ce message insultant pour le roi d'Angleterre, — que, s'il n'était pas content de ce qu'ils avaient fait,, il n'avait qu'à venir s'en venger en Ecosse.

C'était dans la forêt de Weardale, qui fait partie de l'évêché de Durham,. que les Ecossais avaient établi leur fameux camp , et Ja route qu'ils pratiquèrent pour se retirer s'appelle encore aa- ^ jourd'hui le Marais-Rasé ( Shom-Moss ) .

La paix fut conclue bientôt après, et à des conditions très honorables pour l'Ecosse; car le roi d'Angleterre renonça à ses prétentions à la souveraineté de ce pays, et donna en mariage à David, fils de Robert Bruce, la princesse Jeanne, sa sœur. Ce traité, très avantageux aux EJcossais , f ut appelé le traité de Northampton , parce qu'il fut conclu dans cette Ville en l'année 1 328.

Robert ne survécut pas long-temps, à cet heureux événement. Il n'avait encore que cinquante-quatre ans, mais son tempérament . était affaibli par la maladie et par les fatigues sans nombre de sa

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jeunesse > et 9 son état de souffrance augmentant chaque jour, Bruce vit bien qu'il était perdu et que jamais sa santé ne se rétablirait. Il fit wnir auprès de lui les nobles e:t les conseillers en qui ^ il avait le plus ie confiance. 11 leur dit que maintenant qu'il était sur son lit de mort, il se repentait de toutes ses fautes, et surtout du crime qu'il avait commis en tuant Comyn-le-Roux dans l'église et devant l'autel. Il âjouta,quey s'il avait vécu, son intention étaif d'aller à Jérusalem pour combattre les Sarrasins qui occupaient la Terre-Sainte; mais que, puisque la mort l^mpêchait d'accomplir sonprojety il priait le plus brave de ses guerriers, le plus cher de ses amis, le Bon Lord James Douglas, déporter son cœur en Palestine.

Poar que vous compreniez bien le sens de cette prière , mon enfant, il faut que vous sachiez que les Sarirasins étaient un peuple qui croyait an faux prophète Mahomet, et qui avait conquis Jérusalem et les autres villes dont il est parlé dans les saintes Ecritures; de sorte que les chrétiens de TEurope qui s'y rendaient en pèlerinage étaient insultés et maltraités par ces païens. De là vint qu'une foule de chrétiens partirent de tous les royaumes de l'Europe pour aller les combattre, croyant rendre un grand service à ia religion et obtenir de; Dieu le pardon de toutes leurs fautes en prenant part à ce qu'ils appelaient une sainte guerre.

Vous devez vous rappeler que Bruce avait eu l'idée de passer en Palestine lorsqu'il désespérait de recouvrer la couronne d'Ecosse ; maintenant il désirait que son cœur fût porté à Jérusalem après sa mort , et c'était lord James de Douglas qu'il priait de s'en charger. Ce fut en versant des larmes bien amères que iord James accepta cette dernière preuve de l'amitié et de la confiance de Bmce.

Le roi expira bientôt après, et son cœur fut embaumé , c'est-àdire rempli d^épices et de parfums , pour le préserver de la corruption, et déposé par Douglas dans une boite d'argent qu'il portait suspendue à son cou par un cordon d'or et de soie. Alors il se mit en route pour la ^Terre-Sainte , suivi des guerriers les plus braves et les plus renommés de l'Ecosse, qui, pour témoigner leur attachement et leur reconnaissance pour leur bon roi Robert Bruce, avaient résolu d'accompagner son cœur jusqu'à Jérusalem. Il eût bien mieux valu pour leur pays qu'ils fussent resiés dans son sein pour le défendre ; car bientôt il eut un grand besoin de leur secours.

Douglas ne pût d'ailleurs arriver au terme de son voyage. Il

s'était arrêté en Espagne, où la guerre régnait entre les chrétiens et les Maures. Osmyn , sultan de Grenade, venait d'envahir le royaume d'Alphonse, roi de Castille. Celui-ci accueillit Douglas avec les plus grands honneurs, et le peuple accourait de toutes parts pour voir ce guerrier si fameux , dont le nom avait retenti dans tout le monde chrétien. Le roi Alphonse n'eot pas de peine à lui persuader quç ce serait servir efticacement la cause de sa religion que de l'aider à chasser les Sarrasins de Grenade avant de se rendre à Jérusalem. En effet, lord Douglas et ses compagnons prirent part à une grande bataille contre Osmyn, et ils nûrent facilement en fuite le corps des Sarrasins qui leur était opposé, ((lais ne connaissant pas la manière de combattre de la cavalerie de FOriènt, ils se laissèrent emporter trop loin à leur poursuite, et les Maures, voyant leurs ennemis dispersés et séparés les uns des autres, se retournèrent en poussant leur cri de gueire, Allah! allah ! allah ! et entourèrent ceux des chevaliers et écuyers écossais qui s'étaient trop avancés.

Dans cette nouvelle escarmouche, Douglas aperçut sir William Saint-Clair de Roslyn , entouré de plusieurs Maures, qui lai portaient de tous côtés des coups de sabre qu'il parait avec une valeur héroïque. — Ce brave chevalier va être massacré, s'écria Douglas, s'il n'est promptëment secouru. En disant ces mots il courut à son secours de toute la vitesse de son cheval ; mais il fut bientôt assailli à son tour. Voyant que ses nombreux ennemis le serraient de trop près pour qu'il lui fût possible de s'échapper, il détacha de son cou le cœur de Bruce, et lui parlant comme il eût parlé au roi s'il eût vécu : — Marche le premier au combat comme tu l'as toujours fait, lui dit-il : Douglas te suivra ou saura piounT. Alors lançant son précieux dépôt au milieu des ennemis , il s y précipita lui-même, et tomba bientôt percé de mille coups. Son cadavre fut trouvé étendu sur la boîte d'argent, comme si sa dernière pensée eût été de défendre le cœur de soïï roi.

Le Bon Lord James Douglas fut mi deis guerriers les ptas habiles et les plus braves qui aient jamais tiré l'épée. Il se trouva a soixante-dix batailles, sur lesquelles il en perdît treize et en gagn* cinquante-sept* Les Anglais Taêcusaient de cruauté. On prétend, en effet, qu'il portait une telle haine aux archers' anglais, qoe lorsqu^il en faisait un prisonnier, il ne le retâehait qu'après Itu avoir fait crever l'œil droit ou couper l'index de la main droite. Sa conduite à l'épo^e de la prise de son ckâteau et l'histoire da

garde-manger de Douglas sont aussi des taches pour sa mémoire* On ne peut les expliquer qu'en sougeaut à Tanimosité qui existait alors entre les deux nations, et au ressentiment que lui causa la mort de son fidèle serviteur Dickson. Dans d'autres occasions, il se montra bon et humain pour ses prisonniers. Les historiens écossais peignent le Bon Lord James comme un homme qui ne se laissait point abattre par les revers et que la prospérité n'éblouit jamais. Doux et modeste en temps de paix , c^était un lion sur le champ de bataille ; il était grand, vigoureux, bien fait, avait le teint basané et les cheveux très bruns, ce qui lui avait fait donner le surnom de Douglas-le-Noir. Malgré le nombre inunense de batailles auxquelles il s'était trouvé, il n'avait reçu aucune blessure à la figure. Un brave chevalier espagnol qu'il vit à la cour d' Alphonse, et dont la figure était couverte de cicatrices que lin avaient faites les cimeterres des Maures, s'étonnait de n'en voir aucune sur le front de Douglas. — Je rends grâce à Dieu , répondit modestement celui-ci , d'avoir permis à mes mains de garantir toujours ma figure. Un grand nombre des compagnons de Bûug'ks furent tués dans le combat où il périt lui-même. Les autres résolurent de ne pas continuer leur voyage et de revenir en Ecosse. Depuis lors les Douglas ont toujours porté sur leurs bouchers un cœur sanglant, surmonté d'une couronne, en mémoire de cette expédition de lord James en Espagne *. A cette époque les chevaliers peignaient sur leurs écus des emblèmes qui servaient à les faire reconnaître sur le champ de bataille , lorsque leur visage était caché par les visières de leurs casques ; et maintenant que l'on ne porte plus d'armure dans les combats , les familles qui ont des armes particulières les font graver sur leurs cachets ou sur leur argenterie, ou les font peindre sur leurs voitures. Ainsi, par exemple, parmi les braves chevaliers qui accompagnèrent Douglas, il s'en trouvait un nommé sir Simon Lockhard de Lee, qui fut chargé après la mort de celui-ci de rapporter le cœur de Bruce en Ecosse. Ce chevalier prit dans la suite pour devise et grava sur son bouclier un coeur fermé par un cadenas , en mémoire du cœur de Bruce qui était renfermé dans la boîte d'argent. Pour la même raison le nom de sir Simon changea; on ^e l'appela plus Lockhart, mais Lockheart *, et tous ses descen-

>• C'est à cet emblème qu'il est souvent fait anusion clans /îs Dam9 du Lac fit antres poëmes de BT Walter Scott.

'• Lœk en an{;lai8 rent dire stirure, et htarif cœur.

dans s'appellent encore Lockheart aujourd'hui é Ne connaissez-

YOQs personne de ce nom, monsieur Hugh Littlejohn ?

Les chevaliers écossais qui avaient échappé aux sabres des Maures revinrent dans leur pays, rapportant le cœur de Robert et les ossemens du Bon Lord James. Ce fut dans Téglise de Sainte- Brigite, où s'était passée la scène du dimanche des Rameaux et où Dickson avait péri , que furent ensevelis les restes de Doaglas.

Le cœur du roi fut déposé au pied du maître-autel de Tabbaje de Melrose ; quant à son corps , il avait été enterré dans l'église de Dunfermline ; une tombe de marbre indiquait Tendroit où il reposait. Mais dans la suite l'église tomba en ruine, le toit s'écroula, le monument fut brisé , et personne ne sut dire quelle place il avait occupée. Ce ne fat que bien peu de temps avant que maître Hugh Littlejohn vint au monde, c'est-à-dire il y a six ou sept ans environ, qu'en réparant l'égUse de Dunfermline on trouva dans les décombres un fragment de la tombe de Robert Bruce. On creusa davantage , dans l'espoir de découvrir le corps de ce monarque célèbre , et enfin on aperçut le squelette d'un homme de grande taille que l'on reconnut pour celui du roi Robert, d'abord parce qu'il avait été enveloppé dans un linceul de drap d'or dont plusieurs lambeaux étaient encore attachés au squelette, et ensuite parce que la poitrine conservait encore la trace de l'ouverture qu'on avait du y pratiquer pour en ôter le cœur.

La cour royale de l'échiquier ordonna que ces restes précieoi Fussent soigneusement conservés jusqu'à ce qu'on pût les déposer avec reispect dans une tombe nouvelle. Le jour de cette auguste cérémonie, il y eut un concours de monde tel qu'on n'en avait jamais vu. Ce n'étaient pas seulement les seigneurs de la cour et les grandes dames qui le formaient, mais presque tous les habitaos des campagnes voisines y étaient également accourus. Comme réglise ne pouvait contenir toute cette foule à la fois , il fat établi que chacun , depuis le plus riche jusc(u'au plus pauvre, entrerait tour à tour pour contempler ce qui restait du grand roi Robert. Bien des larmes coulèrent à ce triste spectacle, et elles redoublaient lorsqu'on songeait que ce crâne informe et desséché avait été autrefois la tête forte et profonde qui avait conçu le projet de la délivrance de l'Ecosse , et que cet os livide et décharné avait été jadis le bras vigoureux qui tua sir Henry de Bohun d'un seul coup > & la face des deux armées , le soir qui précéda la bataille de Bannockbum.

Plus de cinq cents ans se sont écoulés depuis que le corps de Bnicefat déposé pour la première fois dans la tombe , et depuis , combien de millions d'hommes sont morts dont les noms sont oubliés; et dont les ossemens confondus ne pourraient être distingués de ceoi des plus vils animaux! n'est-il pas doux de penser que la sagesse, le courage et le patriotisme d*un grand monarque aient conservé si long-temps son souvenir dans le cœur du peuple sur Iqael il a régné. Mais , mon cher enfant , s'il est permis de désirer qne notre mémoire passe de génération en génération , ce n'est qae lorsqu'elle se perpétue à l'aide d'actions nobles et généreuses comme celles de Robert Bruce ; car il vaut mieux qu'un prince soit oublié comme le plus obscur paysan de son royaume que de ne marquer dans l'histoire que par des actes d'oppression et de cruanté.

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