CHAPITRE XIL
$if 0e do «kâtuaa 4e Loeh Leveo. ««> Bi««U|B dU Kibleu. •»*> Siège â» ^MUf» 4a Diuibar.
Sir André Marray. •— ftut du pays* — TqarDois-
' L£8 Anglais y nation plus ridie et plus puissante , ea état de lever et d^entretenir des armées plus considérantes , remportèrent souvent de grandes Tictoires sur les Ecossais ; mais en retour, ceux-ci avaient un amour pour Findépendanee et une liaine pêor k tyrannie étrangère qui les portèrent toojouris à persister dans leur ré^stance, même dans les circonstances les plus désavantageuses, et à chercher à regagner ce qu'ils avaient perdu, par des effinrtf lents, mais opinifitres et continus.
Après la bataille d'Hahdon, il ne restait plus dans toute l'Ecosse que quatre châteaux et une petite tour qui fussent restés fidèles à David Bruce, et il est étonnant de voir comment les pa* triotes réussirent bientôt après à changer un état dé choses qui paràissslit si désespéré.
Dans les différentes escarmouches et batailles partielles qid eurent Heu dans toute l'étendue du royaume , les Ecossais , connaissant le pays et soutenus par les habitans , étaient presque ton* jours victorieux : ils surprenaient des châteaux et des forts , cou<
HUnOEIIB SERS. Ht
IMÔèi^ le» coiiYofe de livres q«i arri^aîenl ftnx Anglais, et détruis aaient les partis easemis fu'ils Fencontratent dispersés et isolés» Ce fut ainsi que par une lutte longue et continuelle , les patriotes Mga^nivent eu détail ce qu'ils avaient perdu par plusieurs grands eombats. Je vaif vous raoenler quelques ineidens arrÎTés pendant eeUfi guerve sanglante.
Le château de Loch Leven, situé dane une île , au milieu d'un grand lac , était un des quatre restés fidèles à David Bruce , et qui n'avaient pas voulu se soumettre à Edouard Baliol. Le gouver» neur était un loyal Ecossais , nommé Alan Vipont, ayant sous ses ordres Jacques ou James Lamby. Le chfiteau fut assiégé par un oorps de troupes anglaises commandé par sir John Stirling, par-^ tisan de Baliol. Comme les assiégeans n'osaient pas approcher de File avec des barques , Stirling imagina un singulier expédient pour obli^r la garnison à se rendre. Il y a une petite rivière ap* pelée Leven, qui prend sa source dans le lac et en sort par l^extrémité orientale. Les Anglais construisirent en cet endroit une fiurte et haute barrière ou écluse, afin d'empêcher les eaux du Leven de s'écouler. Ils espéraient que celles du lac, grossies par kl rivière y s'élèveraient au point d'inonder l'île, et forceraient Vipont à ca{»tiiler. Mais Vipont envoya pendant la nuit une petite liarque montée de quatre hommes qui firent une brèche dans FéclusOy d'où les eaux s*élancèreiit avec une teHe violence qu'elles entrataèrent les tentes, le bagage, les assiégeans, et détruisirent presque toute leur armée. On montre encore maintenant les reste» de l'écluse, qucnqu'il se soit élevé quelques doutes sur la vérité de cette histoire. Ce qu'il y a de certain , c'est que les Anglais furent ohligés4e lever le siège avec perte.
Tandis que la guerre continuait avec une furie toujours crois» santé, le dievalier de Liddesdale et sir André Murray de Bothweli révinrent €Xk Ecosse après avoir racheté ^ leur liberté par une forte rançon* Le comte de March embrassa aussi le parti de David Bruce. Un autre brave champion de cette cause était sir Alexandre Ramsay de Dalwolsy, qui , se mettant à la tête d'une troupe de jeunes Ecossais, choisit pour retraite les spacieux souterrains qu'on peut voir encore dans la vaUée de Roslyn, d'où il sortait à l'improvisle pour tomber sur les Anglais et leurs adhérons. Aucun soldat écossais ne seudilait digne de prétendre à quelque renom militaire, à moins qu'il n'eftt servi dans la bande de Ramsay. Une bataille conBîdérable, livrée dans le nord de FEcosse,
112 • HISTOIRE I^ËCOSSE.
^Mrna à rayantage da jeane roi. Le château de Kildmmmie était on de ceux qai tenaieat.poar lui. U était défendu par la Ténérable ^nte du roi David, Christine Bruce, femme de sir André Murray et sœur du brave roi Robert, car dans ces temps de guerre les femmes commandaient les châteaux, et* combattaient quelquefois en bataille rangée. Ce château, qui était une des dernières places de refuge des patriotes, fut assiégé par David Hastings, comte d'Athol, un des lords déshérités, qui, après avoir plusieurs fois changé de parti pendant la guerre, avait fini par embrasser complètement celui de Baliol. Sir André Murray de Bothwell, qui exerçait de nouveau les fonctions de régent, résolut d'assembler toutes les forces que les patriotes pouvaient réunir, et, appelant autour de lui le chevalier de Liddesdale , Rarasay et le comte de March, il marcha contre Athole pour le forcer à lever le siège de Kildmmmie et secourir son héroïque défenseur. Mais ces nobles n'avaient pu réunir que mill^. hommes, tandis qu'Athiole en commandait trois mille.
Comme les Ecossais approchaient du territoire de Kildmmmie, ils furent joints par un nommé John Criûg. Ce gentilhomme appartenait au parti royaliste ; mais ayant été fait prisonnier par le comte d'Àthol, il eti avait obtenu de racheter sa liberté par une forte rançon, et le lendemain était le jour fixé pour le paiement. U désirait donc ardemment voir la défaite ou la mort d'Athol avant ce moment, et sauver ainsi sa rançon. Dans ce dessein, il guida les Ecossais à travers la forêt de Braemar, oij ils trouvèrent une trpupe dés habitans des environs qui sa joignit à eux; et ils attaquèrent à Timproviste le comte d'Athol, qui était campé dans la forêt. Athol tressaillit de surprise en voyant paraître Tennemi BÎ inppinément ; mais quoique versatile dans sa conduite politique, c^était un homme brave et courageux. Il j«ta les yeux sur un énorme roc qui se. trouvait près de lui, et il jura qu'il ne fuirait point, à moins que ce roc ne lui en donnât l'exemple. Une petite rivière séparait les deux troupes. Le chevalier de Liddesdale, qui conduisait l'avant-garde des Ecossais, descendit de quelques pas seulement sur le penchant de la rive qui était de son côté; alors prenant sa lance par le milieu , il l'opposa horizontalement à sa troupe, qui voulait avancer, et fit faire halte, ce qui occasiona quelques murmures. Le comte d'Athol voyant ce mouvement s'écria : — Ces gens-là sont déjà à demi-vaincus i et il s'élança pour les charger, suivi par sa troupe en désordre. Quand ils eurent passé
PREMISRE SERIE,' 113
la rivière 9 et qjaf ils TOtilareiit remonter sur Pantrel)ord^ le che- Talierde Liddesdale s'écria:— Mùntenant c'est notre tour! et profitant de Tavantage du terrain , il se précipitr sur les Anglais avec tous les siens et les cnlbuta dans la rivière. Athol Ini-mêmei dédaignant de demander quartier y fat toé sons nn ^and chêne. Telle fat la bataille de Kilblene > livrée le jour de Saint* André, en 1335.
Parmi les esiploits gnerriers de cette époque nous ne devons pas oublier la défense du château dé Dunbar par la célèbre comtesse de March. Son mari, comme nous l'avons vu, avait embrassé le parti de David Bruce, et s'était mis en campagne avec le régent. La comtesse, que son teint basané et ses cheveux d'ébène. avaient' fait surnommer Agnès-la-Noire, nom par lequel on la désigne encore, était une femme courageuse et entreprenante, fille de ce Thomas Randolph, comte de Moray, dont je vous ai si souvent parlé, et digne héritière de sa valeur et de son patriotisme. Le château de Danbar était très fort par lui-même ; bâti sur une chaîne de rochers qui s'étendaient jusqu'à la iner, il n'avait qn'un seul passage qui conduisit dans Pintérieur des terres,, et qui était très bien fortifié. Ge château fut assiégé par Montagne, comte de SàUsbury, qui employa pour détruire ses inurailles de grands engins de guerre, propre^ à jeter de grosses pierres, et avec lesquels on attaquait les fortifications avant de se servir du canom
Agnès-la-Noire déjoua tous ses efforts, et se montra sur les mars accompagnée dé ses femmes, essayant avec des mouchoirs blancs les endroitsoù les pierres avaient frappé, comme si elles né pouvaient faire d'autre dommage à son château que d'y élever QB peu de poussière.
Le eômfe de Salisbnry commanda ators à ses gens de faire avancer une machine d'une autre espèce : c'était une sorte de hangar ou de maison dé bois montée sûr des roues, avec un toit d^une solidité et d'une force remarquables > dont la formé, ressemblant au dos d'un sanglier, lui avait fait donner le noin^ de truie. Cette machine, dans l'ancienne manière de faire la guerre, était roulée contre les murs de la ville ou du château qu'on voulait prendre, et servait de rempart, contre les flèches et les pierres que jetaient les assiégés, à une troupede soldats qu'on plaçait dans la truie, et qui cherchaient à ininer les murs on à pratiquer une brèche avec des pioches et des outils de mineurs. Dès que la comtesse de March
114 HISTOIRE. D'SQOaSB.
Tit cet engin avancer contre lesmors du château, cHeciia aa comte de Salisbu^, d'un ton moqueur et dans une sorte de prose jâmé^, diîgae.de i'époqae:
Prends garde ik toi , Salitbarie , .Dm pal&u «a/aire ta traie.
An même instant elle fit un signal , et un énorme fragment de rocher qu'elle avait fait détacher tout exprèsfot.préeipiiédahaut des murailles sur la truie, dont le toit fut brisé en mille pièces. Gomineles soldats anglais qui y étaient renfermés s'enfuyaient aussi vite qu'ils le pouvaient pour éviter et la chute des débris du toit, et les flèches et les pierres qu'on leur lançait du chfiteau , Agnèsla-I^oiré s'écria : « Voyez toutecette.portéeâe petits porcs anglais 1»
Le comte de Salisbury savait aussi plaisanter» même dan^ des circonstances aussi séneu^s. Un jour il faisait, àdieval, une reconnaissance près des murs du château , accompagné d'un chevalier couvert d'une armure à touie épreuve et d'une triple cotte de mailles sur une jaquette de cuir. Malgré cela, un certain William S|.ens décocha une flèche à ce chevalier avec une telle force , qu'elle pénétra jusqu'à son cœor à, travers toutes ces barrières. — C'est un gage d'amour de la comtesse, dit le comte envoyant son compagnon tomber mort de son cheval; les traits, d'Agnès^la- Noire arrivent toujours jusqu'au cœur.
Dans une autre occasion la comtesse de March fîit bien près de faire le comte de Salisbury prisonnier. Elle lui avait envoyé un de ses gens , qui > feignant de la trahir, offrit de le faire entrer dans le château. Se fiant à ses promesses, Salisbury vint, à minuit devant la porte, qu'il trouva ouverte ; la herseéiait levée* Comme le comte était sur lepointd'entrer, unnommé John Copland^ seigneur du Northumberland, ]/d devança' de «quelques pas , et à peine èut-fl passé le seuil de la porte qiie laherse fut abaissée. Les Ecossais manquèrent aiiisi la proie qu'ils espéraient, et ne firent prisonnier qu'un personnage d'un rang inférieur.
Enfin le château de .Dunbar fut secouru par Alexandre Hamsay de Dal^olsy, qui amena par mer à la comtesse des soldats et des ^provisions. Le comte de SaUsbury, apprenant cela, désespéra de réussir, et leva le siégOi qui avait duré dix-neuf semaines. Les ménestrels firent des. chansons pour célébrer la persévéraiice et le courage d'Agnès-la-Noire. Les vers suivans contiennent à peu près le sens de ce qui nousen est resté : .
VBBHIIERB SERIE. tl5
C'était «ne fier» ftiUarde»
Qui toujours fallut booM farde; Que l'on viot t^t, qne l'oo vftottiurdr, Aga^ éuh aar le rempart.
Le brave sir André M'orray de Bothwell, régent d'Ecosse, moarat en 13S8, lorsque la guerre exerçait ses ravages de tous les cfttés. C'était un brave patriote, et sa mort fat une grande perte pour son pays, auquel il avait rendu de si grands serviees. Ou raconte de lui une anecdote qui montre quel sang-froid il savait con« server, même dans le plus imminent péril. Il était dans les Highlands avec un petit co'rps de troupes lorsque le roi d'Angleterre y arriva à la tête de vingt miilç hommes. Le régent apprit cette nouvelle tandis qu^il entendait la messe, mais il ne voulut point interrompre cet acte de dévotion. Lorsque la messe fjit finie/ les gen^ qui l'entouraient l'engageaient vivement à ordonner la retraite. *— Rieù ne presse, dit Murray avec calme. Enfin on lui aimena son cheval: il s'apprêtait à y monter, et sa troupe espérait qu'on allait partir, mais le régent remarqua qu'une courroie de son armure était cassée, et cet accident amena de nouveaux délais* U envoya chercher un petit coffre qu'il indiqua, et il en tira un nàorceaude cuir qu'il coupa, et façonna lui-même avec tranquillité la courroie qui lui manquait. Pendant ce temps les Anglais approchaient rapidement | et ils étaient si supérieurs en nombre que plusieurs chevaliers écossais dirent ensuite à l'historien qui raconte cette anecdote, que jamais temps ne leur parut aussi long que celui que sir Atidré employa à coiiper cette lanière dé cuir. S'il avait laissé approcher les ennemis par vanterie et vaine ostentation de bravoure, sa conduite eût été celle d'un fou et d'un fan- {sTon; mais sir André avait arrêté le plan de sa retraite, il connaissait la confiance que ses soldats avaient en sa prndence, et il savait que plus il montrerait de froideur et de sang froid , plus , à leur tour, ils seraient calmes et fermes. U donna enfin l'ordre du départ , et, se mettant à la tête de sa troupe, il fit une retraite si savante, que, malgré leur grand nombre, les Anglais ne purent obtehir sur lui le moindre avantage, tant il sut bien profiter de tons les accide'nsdu terraiû.
Vous pouvez facilement imaginer, mon cher enfant, que' pendant ees longues et terribles guerres où les châteatix étaient pris et repris, où il se livrait tant dé batailles, et où tant d'hommes étaient faits prisonniers, blessés et mis à mort, l'Ecosse était dans
116 HISTOiaS D'ECOSSE.
un état bien misérable. U n'y avait plus ni refage ni protection à trouver dans les lois à une époque où toutes les questions étaient décidées par le bras le plus vigoureux et là plus longue cpée. On ne cultivait plus la terre, puisque, d'après toutes les probabilités , l'homme qui Taurait ensemencée n'aurait pu en recueillir lamoisson. Peu de sentimens religieux se conservèrent au milieu d'un ordre de choses si violent, et le peuple devint si faibilier avec les actes injustes et sanguinaires , que toutes leslois de Fhumanité et de la charité étaient transgressées sans scrupule. Des malheureux étaient trouvés morts de faim dans les bois avec leurs familles , et le pays était si dépeuplé et si inculte, que les daims sauvages quit» taient les forêts et approchaient des villes et des. habitatio^is des hommes. Dés familles entières étaient x:éduites à manger de l'herbei et d'autres trouvèrent, dit-on, un aliment pins horrible dans la chair de leurs semblables^ Un misérable établit des trappes dans lesquelles il prenait les créatures humaines comme des bâes féroces, et s'en nourrissait^ Ce caxinibale était appelé Christian du Grappin ( Cleek)^ à cause du grappin ou crochet qu'il employait pour ses affreuses trappes.
Au. milieu de toutes ces horreurs, les cavaliers anglais et écos- . sais, lorsqu'il y avait quelque trêve entré eux, faisaient succéder aux combats des tournois et autres exercices de chevalerie. Le but de ces jeux n'était point de se donner le plaisir de combattre, mais de prouver qui était le meilleur homme d'armes. Au lieu de faire assaut d'adresse, de chercher à qui sauterait le plus haut, ou de disputer le prix d'une course à pied ou à cheval , c'était la mode alors^ que les gentilshommes joutassent ensemble, c'est-à-^ifc qu'armés de toutes pièces , tenant leur longue lance, ils courus* sent l'un contre l'autre jusqu'à ce que l'un d'eux fât enlevé 4e sa selle et renversé pair terre. Quelquefois ils se battaient à pied avec l'épée et la hache ; et quoique ce ne fussent que des jeux où présidait la courtoisie, on voyait quelquefois périr plusieurs champions dans ces combats inutiles, comme s'ils eussent combattu sur un champ de batûlle véritable. Par là suite, on n'employa que des épées émous;sées ou des lances sans pointe ; mais à l'époque dont nous parlons, on se servait dans les tournois des mêmes armes qu'à la guerre.
Un tournoi très célèbre fut donné à cette époque aux chevaliers anglais et écossais par Henry de Lahcastre,: appelé alors le comte de Derby, et depuis Henri lY, roi d'Angleterre, Il invita le cbe-
PIBMIBRE SERIE. 117
yalier de liddesdale/leBoa sir Alexandre Ranisayel aiviron Tingt ancres Ecossais de distinctioiiy a se rendre à une grande joute près de Berwick. Après avoir bit à ses nobles hâtes Taccneil le plus distingoëy le comte de Derby demanda à Ramsay avec quelles anhntes les chevaliers combattraient.
-T-Avec des boacUers de métal, répondit Ramsay, tels qu'on en porte ordinairement dans les tournois, -r- Il est à croire que c'était une espèce d'armure particulièrement solide et pesante dont on ne se servait que pour ce^genre de combats..
— -,Non^ non, dit le comte de D^by, nous acquerrions trop peu de renommée si nous combattions' ainsi en sûr^é ; portons plutôt Tarmure plus légère que nous prenons un jour de bataille.
— • Nous sommes prêts à combattre avec nos pourpoints de soie, si c'est le bon plaisir de Votre Seigneurie, répondit sir Alexandre Ramsay. .
Le chevalier de Liddesdale fat blessé an poignet d'un éc^lat de lance, et fut obligé de quitter la partie. Un chevalier écossais appelé sir Patrick Çrahame lutta contre un vaillant baron anglais nommé Talbot, qui ne dut la vie qu'à sa cuirasse, qni était double àTendroit de la poitrine. La lanceécossaise perça les deux plaques demétal, et s'enfonça d'un pouce dans la chair. S'il n'avait eu qi^e l'armure légère ordonnée par les lois du tournoi , Talbot était un homme mort. Pendant le souper, un autre chevalier anglais défia Grahame de fournir trois fois la carrière contre lui le lendemain. — Ah ! tu veux te mesurer avec moi , dit Grahame ; en ce cas, lève-toi de bonne heure, confesse tes péchés, et fais ta. paix avec Dieu, car tu iras souper en paradis* En efiet j^ le lendemain matin, il passa, sa lance au travers du corps de son advwsaire, qui mourut si\y le coup. Un autre chevalier anglais fut aussi tué, et un^Ecossais mortellement blessé, William Ramsay çut son casque traversé par une kmce dont un éclat lui entra dans le crâne, et lui cloua son casque sur la tête. Comme on croyait qu'il allait mourir sur |a placç, on envoya chercha un prêtre qui le confessa sans que ce casque eût été ôté..
— Ah 1 dit lé comte de Derby édifié par ce spectacle, qu'il est beau de yoir un chevaUer faire, le calque en tête, la confession de ses péchés 1 Que D^u m' accord^ une semUable fin !
Dès que ce devoir religieux fut rempli, Alexajidre Ramsay, dont lebleaisé était parent , retendit par terre tout de son long, et, se mettant en devç^r de faire une (^^ation.qui gavait quelque cbose
lit' HISTQKB lyBGOSSE.
de la milefsede leor» jem^ il appliqua soapîed contre la tAtede 80ti« ami y tandis que» réunissant tantes sesforcesyiltiniit leniDreeaa de laneedn casque et en même temps de la blessure.. Alors William R aB M m y se leva» et dit en se frottant la tète ; -- Gela4va«
-^ Voyez un peu jusqu'où peut aller le couragede L'homme? dit le comte de Derby^ admirant la manière dont il avait été traité tant, au moral qu'au physique.
Otn.ne dit passi le patientvécut.
Pour donner les prix, il fut arrêté que les chevaliers anglais dérideraient quel était celui dès Ecossais qui s^était distingué le plus» et que les Ecossais seraient de même les juges de là valeur des Anglais. Une équité parfaite présida des deux c&tés à ces juge» mens^ et le comte de Derby montra beaucoup demunifieeneedaits^ la distribaiion des prix. Ces détails pourront seryir à vous donneur une idée des amusemens de cette époque remuante et agitée^ où la guerre et ses péril» se retrouvaient jusque dans les jeux» .