‹ oevres walter scottChapitre 23 sur 42 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

Dcpart d'EdooàrclBaliol de l'Btosse. — Retour dé 9avid II. — Mort de sir Alexandre Rausay-^ Mortida cliMalim' de Liddeadale* -r> BataUUi de Narille^GrossM— rMortde Bfttiol. -^ Captif icé« délivrance et mort di| roi David.

MÂLGR^la valeureuse défense des Ecossais, lenrpays était réduit à Fétat le plus mîsérâbl6> par la guerre continuelle que lui feisait Edouard lîl , roi è»^ et belliqueux s'il en fut jamais. S'il avait pu tourner contre l'Ecosse toutes les forces dé son royaume /il en aurait probablement- achevé la conquête, qu'il désirait en vain depuis si iong^t^ps'; lûais au moment où la guerre se poursuivait avec le pliis d'achariiement » Edouard éleva des prétentions à la couronne de France, et fut obligé de les soutenir les armes à la main. II se Tit donc forcé de'rappelèr une partie des troupes qu'il avait en Ecosse, et les patriotes commencèlrent à espérer de voir, se décider en leur fkveur la lutte terrible soutenue avec tant d'ob* stination par les deiîx partis. -

LesEcossaisenvdyèfentuneambassadeenFrancepofuren détenir des soidat&ei de Pargent; Ilsobtnirent Vtm et l'autre, et ce secours

PRimiBRE SERIE. 119^

I6S«I «B étatde reprendre wA Anglais lènrs îles et leurs TiBes ^ .

Ik reatrireint en possession An château d^Edhnbonrg par un stratagème. Le cberaKer de Liddesdale s'embarqua à Dundee, airec denx cents hommes choisis , sur un vaisseau marchand, commandé par on certain William Curry. Dès quMls forent arrives ,à Leiti^, le patron du navire se rendU au château, suivi d'aune* partie de ses matelots portant^es barils de vin etde gi^andÀ paniers de jHX>visions qu'il disait vouloir vendre au gonvemeiir anglais et' à la garàison^ Ayant obtenu sous ce prétexte qu^on leur ouvrît la porte, ils- poussèrent tons ensemUe le cri de guerre des Douglas^ et le dievalier de Liddesdale, se-préeipitant sur leurs pas suivi dosa troupe, se rendit maître du château. Perth et plusieurs autres places importantes retombèrent aussi au pouvoir des Ecossais, et" Edouard Baliol quitta le pays, désespérant de faire reeonnaître ^es* jMrétentions à la couronne. •

Les nobles d'Ecosse , trouvant les afbifes du royaume dans un ' état plus prospère, résolurentd'engager le jeune roi David II à revenir de France, oà il avait cherché un asile avec sa femme, la' reine Jeanne. Ils arrivèrent en 1S41.

• David Ilétait encore fort jeune, etméme dans un âge plus avancé il n'eut jamais les talons ni la sagesse de son père, le grand roi Rob^t.Cbaqne nôUeEcossaisétaitdevenil un petit prince dans ses* domaines; ils faisaient tous la guerre à leurs voisins comme ils Vk» vaient faite à F Angleterre ,et le pauvre roi n'avait pas assez de pou^ vwr sur eax pour les retenirdans'tedevoir. Un triste exemple de cetesprit de discorde arriva peu de temps aprèsieretour du jeune un»

Je vous ai dit comment sir Alexandre Ramsay et le chevalier de Liddesdale s'aidaient. réciproquement à repousser l'invasion dea Anglais; c'étaient de vieux amis et des c^Anpagnons d'armes. Mai» Ramsay ayant réussi à prendre d'assaut le château-fort de Rox-^ bnrgh , le roi le nomma sheriff de ce comté, emploi qui était rànplj.' auparavant par le chevalier de Liddesdale*. En le voyant occuper sa place, Liddesdale oublia sa vieille amitié pour Ramsay, et ré* solut de le fEÛrè périr. 11 tomba tout à coup sur lui avec une troupe nombreose de gens armés, tandis qu'il rendait la justiceà HaWick; Ramsay, qui avait peu de monde aviec lui , et qui né pouvait' soup** çamier son ancien camarade de vouloir lui faire aucun mal; fut

7. 7*01911. On appelle iown génëralement toàte réunion de maisons pla» considérable qu'on riilage» et oè il y a un marché régulier- On appelle proprement ciij toute ville à corporation avec résidence d'aq éréque. En France, an moyen-àge, on appelait wlies les gros bourg» «t«iéiBe jiM ti^§^ fortifiés; d'oii Vient qu'alors on comptait déjà plus de «leux mille viUts.

ISO HISTOIRE iy£COSSB.

aisément vaincu , et^ tout blessé qa'il était , il 'fat transporté en toute hâte dans le château solitaire dç l'Ermitage, situé au milieu des marais de Liddesdale. Là il fat*jeté danlis un cachot , n'ayant pour tonte subsistance que quelques grains qui tombaient par les fentes du plancher d'un grenier; et après avoir langui quelques jours dans cette affreuse situation,, le briave sir Alexandre Ramsay mourut/ en 1341 • Plus de quatre cenU ans après, c'est-à-dire il y a environ quarante ans, un maçon creusant dans les ruines du château de l'Ermitage arriva à un caveau ou se trouvaient une quantité de. paille, des ossemens humain» et un morceau de bride, ce qui fit supposer que Ramsay y était mort. Ce morceau de bride fat donné à votre grand -père ^, qui en fit hommage au noble comte de Dalhousie, brave militaire comme sir Alexandre Ramsay dont il descend en ligne directe.

de roi fut très affligé en apprenant le criîne qui Savait été commis sur la personne d'un sujet si fidèle; il .fit plusieurs teptatives pour le venger ; mais le chevalier de Liddesdale. était trop puissant pour être puni, et le roi fut obligé de lui rendre sa faveur et sa confiance. Enfin Dieu dans sa justice fit tomber le châtiment sur la tète du meurtrier. Environ cinq ans après qu'il eut.cpmmis ce crime, le chevalier de Liddesdale fut €ait prisonnier' par les Aillais à la bataille de Neville-Gross, près de Durham, et on le soupçonne d'avoir racheté sa liberté en entrant dans une ligue coupable avec le monarque anglais. Mais il n'eut pas. le temps d'effectuer sa trahison, car peu de jours après il fut tué à la chasse dans la forêt d'Ettriçk, par son-proche parent et son filleul , lord WiUiam Douglas. Depuis ce moment laplacç où il périt fut appelée William- Hope. C'est grand dommage que le chevalier de Liddesdale ait souillé sa gloire en faisant mourir lâchement ^on ami et en se^ liguant avec les ennemis de l'Ecosse. Sous tous les. autres rapports, il tenait un si haut rang dans l'estime publique, qu'il était appelé la fleur de la chevalerie, — et qu'un ancien historien dit de lui : — • Terrible dans la guerre, doux et modeçte dans la paix, il était le fléau de l'Angleterre et le bouclier et le rempart de l'Ecosse. Jamais les succès ne le rendirent présomptueux, et jamais la mauvaise fortune ne le découragea.

Revenons maintenant à l'état de l'Ecosse an momentoù son jeune rm lui fut rendu. La guerre exerçait encore ses ravages de

«. sir WaHer-Scott Mt, céonse «d $alt, ^ndansiiteiir de ces reliques d'stalîqoîtê.

tons côtés, maia» les Eooa^is -ayant reconquis toutlenr territoire, «lie devint bientôt moins opiniâtre, et quoi^'il n'j eût point de traité de paix en forme, des trêves de plnsiei^rs mois, et même de plusieurs années, étaient conclues de temps en temps; trêves qae les historiens anglais prétendent quejes Ecossais étaient toujours prêts k r(»npre lorsqu'ils eu trouvaient Toccasion favorable.

Vers Tant 346,. pendantnne de c^ trêves, et tandisqu'Edouard III était en France assiégeant Calais, David fut vivement pressé par le roi de ce pays de recommencer la guerre, et de profiter de roccasion que lui offrait l'absence d'£douard,-En conséquence le jeune roi d'Ecosse leva une armée considérable , et entrant en Angle* terre par les frontières occidentales, il marcha versDurham , ravageant et dévastant tout le pays qu'il parcourait. Les Ecossais se flattaient que puisque le roi et les nobles étaient absens, il n'y avait personne en Angleterre qui pût s'opposer à leur passfge, excepté des prêtres et de simples artisans. .

Mais ils furent bien trompés dans leur attente. Les lords des comtés septentrionaux de TAngleterre et l'archevêque d'York rassemblèrent ^ne armée nombreuse ; ils défirent. Tavantfgarde des Ecossais, et tombèrent à Fimproviste sur le corps d'armée principal. L'armée anglaise , dans laquelle il y avait beaucoup d'ecdéàastiques , portait pour étend^ird un crucifix qui s'élevait parmi Jes bannières de la noblesse. Les Ecossais avaient pris position an milieu de quelques haies de clôture qui gêaaient leurs mouvemons, et où leurs rangs inmiobiles étaient moissonnés, comme dans les batailles^ précédentes y par les flèches anglaises. Sir John Grahame offrit de .disperser les archers si on voulait lui confier un corps de cavalerie ; mais quoique le succès d'une tentative semblable eût décidé le gain de la bataille de Bannockburn^ il ne put obtenir les. moyens de l'essayer. Dès ce moment lé désordre se mit dans l'armée écossaise. Le roi lui-même combattit bravement au miliea de ses nobles , et fut blessé deux tois par des flèches* Enfin il fut fait prison^er par John Copland, gentilhomme du Northumberland, le même qui avait été pris à Dunbar, à la place de SaUsbury. Il ne s'empara pas sans peine de son illuàtre captif; car dans la lutte le roi fit sauter deux dents de CSoj^and avec son poignard. L'aile gauche de r.armée écossaise continua de combattre long-temps après que le reste iht en déroute, et réussit .enfin à eftèctn^ sa retri^te ; elle était comaiandée par le comte de March. Un grand nombre de seigneurs furent tués , et beaucoup.d'autres

122 HISTOIRS D'ECOSSE.

foreat Êiito priÉoniii«r9. Lé roi Itti-méme fat conduit en triomphé 'à traders les mes de Londres , et étroitement renfermé à la Tour. Cette bataille fut Irnrée à Meville-Cross ^sde Durham , le 17 octobre 1846.

Telle fat U seconde ^nde notoire remportée par les Anglais snr les Ecossais, Elle fat sinviè de nonveanx a^raiiràçes qai assu» rèrent poor qaelqoe temps anx vainqueurs tout le pays qui s'é-^ tend depuis les frontières de FEcosse jusqu'au Lothian. Mais, comme d'ordinaire , lès Ecossais ne se virent pas plus tôt forcés à use soumission momentanée /qu'ils commencèrent à chercher les moyens de s'y soustraire.

William Douglas y fils de ce Douglas qui avait été tué à Ralidon- HUly près de Benvick, déploya alors sa part de ce courage et de cette prudence qui semblaient innés dans ceMé famille extraordi** naire» II reconquit ses propres domaines dt9'0ouglasdate , chassa les Anglais de la forêt d'Ettribk , et aida les habituas de Teviotdàle à recouvrer leur indépendance.

Da reste y dans cette occasion , invasion des Anglais n'eut pas des conséquences aussi fâcheuses que les premières victoires qu'ils avaient remportées. La royauté de Baliol ne fat pas de nouveau proclamée 9 et ce sonverain de nom. céda ail monarque anglais tons ses droits sur le royaume d'Ebosse, en foi^de quoi il lui présenta tf ne poignée de terre écossaise et une couronne d'or. Edofiard, en reconnaissance de cet abandon , as^ra un riche revehu à Balfoly qui se retira dès affaires publiques et passa le reste de sa vie dans une telle obscurité , que l'es histprieiis n'indiquent métne pas l'époque de sa mort. Depuis qu'il était entré en Ebosse à la tète des lords déshérités , rien de ce qu'il'entreprit ne p#rta Pempreinte du courage et des talens qu'il avait inontrés en cette occasion , et auxquels il dut le gain de la bataille de Duppltn, ' ce qui fait présumer qu'il était alors guidé par dés conseils qui lui manquèrent ensuite;

Bdottàrd III ne fut pas plus- heureux en faisant la guerre en' Bbosse pour son propre compte que lorsqu'il semblait n'avoir d*aatre bnt que de soutenir la. cause de Bteliol.' Il s'avança dans l^Blist-Lothian ( le Lothian oriental ), an printemps dé 1 35ô , et y exerça tant de ravages, que cette époque fat long- temps appelée là ChandeleorafHeni€i à cause du grand nombre de villes et de villages qui furent brûlés w Mais les Ecossais avaient emporté toutes lès Ivrovisions qoi auraient pu être utiles à leurs ennemis ^ et tout

PBSMIBRS SBRil. ISS?

en é^Unt iinebatnilt géDérale ib neoessaieiit de les harceler par des escarmoiiches panielles. Ce fat de cette manière qa'BdeiMrd' fht oMîgé de battre en retraite et de quitter TEcosse arec beau* conp^ pertç.

Après aToir éoboué dans cette tentative, Edouard pasrak arèif» désespéré de conqiiérir l'Ecosse ; il entra en pourparlers pour ooiK dure nne trè^e et remettre le roi en liberté«

Enfin David II obtint de retourner en Ecosse, après avoir été' prisonnier pendant onze ans^ Les Ecossais convinrent de payi^* une ran^n de cent mille marcs , somme, bien considérable pour un pays ton jours pauvre et épaisé par les dernières- guerres. La peuple Jdt si enchanté de irevoir son roi, qu'il le suivait partout;et ce qui montre la grossièreté de ces temps, c'est qu'il s'intro-^ dnisait sans façon jusque dans sa cliand>re à coucher. Irrité à 1» fin de marques d'attachement si fatigantes et si importunes , le roi arracha la masse d'armes d'un de ses officiers , et de sa royale main il cassa la tête du sujet impertinent qui se trouvut le pliia>' près de lui. — Après cette rebuffade, dit Thisti^ièn , il lui fut pei^ mis d'être tranquille chez lui.

l.es dernières années de la vie de ce roi n'offrent rien de re^ marquable, si ce n'est qu^après la mort de Jeanne , sa première»' femme, il contracta un mariage imprudent avec une Marguerite Lagie, femme d'une grande beauté, mais d'une naissance obscure, dont il se sépara ensuite. li n'eut d'enfans m de sa première ni de» sa seconde femme. David II mourut à l'figede quarante-sept ans, dans le château d'Edimbourg, le 32 février 1370. Il avait régné qoarante-deux ans, dont il en passa onze prisonnier enAngleterrei}

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