‹ oevres walter scottChapitre 24 sur 42 · CHAPITRE XIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIY

ATéoemeni de Hobttt Stvart. — Gwr^e de i38S , et arrÎTée de Jean de Vienne en Beof»*-^

Bataille d'Otterburn. — Mort de Robert II.

Bà'viD'II étant mort siw enfans , la branche masculine de 1% famille du grand Robert B;iice se trouvait éteinte. Mais tel était l'attachement que les Ecossais portaient aux descendans de ce

priiice héroïque 9 qu'ils résolarent de décerner la couronne à im de ses petttsrfilsda câté maternel. Marjorie, fiUedeRobert Bmce, ayaitépoasé WalCer, lord.Higb«Steward^ d^Ecosse, et le sixième de sa famille qui eût exercé ces hautes fonctions , d'où lui était Teilu le surnom de Stewart. Ce Walter Stewart ou Stuart, et sa femme Marjorie , furent les ancêtres de cette longue dynastie des Stnartsqui, par la suite , gouvernèrent TEcosse et finirent par régner aussi sur l'Angleterre. Le dernier roi de la famille des Stuarts perdit sa double couronne à la grande révolution nationale de 1 688 , et son fils et ses petits- fils moururent en exil. La branche féminine possède actuellement le trône dans la personne de George lYy notre souverain. Lors donc que vous entendrez parler de la branche des Stuarts , vous saurez que ce sont les descendans de Walter Stuart et de Marjorie Bruce que l'on déjiigoe ainsi. On dit que les Stuarts descendaient de^Fleance, fils de Bànquo^ celui à qui les vieilles sorcières prédirent que ses descendans deviendraient rois d^Ecosse, et qui fut tué par Macbeth ; mais c'est une tradition qui paraît plus que douteuse.

Walier, l'intendant d'Ecosse , qui avait épousé, la fille de Brace, était un gu^rier plein de courage y qui se ^stingua à la bataille de Bannockburny où il avait un commandement supérieur. Mais il mourut jeune, et fut très regretté. Robert Stuart , son fils, qu'il avait eu de Marjorie Bruce, et par conséquent petit-fils du roi Robert , fut appelé après lui au trftne. C'était un prince doux et affaUe, qui avait été dans son temps un brave guerrier; mais il avait alors cinquante-cinq ans, et il était sujet à une violente inflammation d'yeux qui les rendait rouges comme le sang. Aussi passa-t-il presque tout le reste de sa vie dans la retraite ; et il n'a- Tait pas l'activité nécessaire pour être à la tête d'un peuple aussi remuant et aussi difficile à conduire que les Ecossais.

La couronne ne fut pas décernée à Robert Stuart sans opposition. Un compétiteur formidable se présenta dans la personne de William, comte de Douglas. Cette famille, de laquelle étaient sortis tant de grands hommes, avait alors atteint un haut degré de pouvoir et de prospérité, et elle exerçait une autorité presque souveraine dans les provinces méridionales de l'Ecosse. Le comte de Douglas consentit à se désister de ses prétentions, à condition qad son fils épouserait Enphémie, fille de Robert II. Ce mariage

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ayant levé tons les obstacles , Staart fat ooaronnë roi; maisPextrême pouvoir des Douglas, qui les faisait marcher presque depair avec le souverain, fat cause, parla suite, de grandes eommotions nationales et dé nouveaux malheurs pour FEcôsse.

Il âe se passa rien de bien important sdus le règnede Robert II. Les guerres avec les Anglais furent moins fréquentes; mais les Ecossais avalait fait de grands progrès dans la tactique militaive. En voici quelques exemptes :

En 1385, les Français se voyant pressés vivement par les Anglais sar leur propre territoire, résolurent d'envoyer une armée en Ecosse pour aider cette nation à faire la guerre aax Anglais, et forcer ainsi ces derniers à rester dans leurs foyers pour les défendre. Ils choisirent donc mille hommes d'armes, c'ésttà-dire armés de tontes pièces, tant chevaliers qu'écuyers, et comme chacun dé ces hommes d'armes avait quatre ou cinq soldats sous ses ordres, cela formait des forces très considérables. Ils envoyèrent aussi douze cents armures complètes aux Ecossais, ainsi qu'une grande somme d'argent , pour leur fournir les moyens de soutenir la gaerre. Les troupes étaient commandées par Jean de Vienne, grand-amiral de France, général brave et habile.

Peiidant ce temps, Richard II rassembla de son côté l'armée la plus nombreuse peut-être que jamais roi d'Angleterre eût commandée, et il se dirigea vers les^ frontières de TEcosse.^ Les Ecossais avaient aussi réuni des forces considérables, et l'amiral fr«içais s'attendait qu'il allait y avoir une grande bataille rangée. Il dit aux seigneurs écossais : — Vous avez toujours déclaré que si voas aviez quelques centaines d'hommes d'armes de France pour vous^seconder, vous livreriez bataille aux Anglais; hé bienl nous voici prêts à vous soutenir. Livrons bataille.

Les seigneurs écossais répondirent qu'il était trop dangereux de risquer les destinées de l'Ecosse dans un seul conàbat ; et l'un d'eux, probablement Douglas, conduisit Jean de Vienne dans un étroit passage, où, sans être aperçus, ils pouvaient voir défiler toute l'armée anglaise. L'Ecossais fit remarquer à l'aittiral la multitude innombrable d'archers f le nombre et la discipliné des hoihmes d'armes qui s'y trouvaient, et il lui demanda alors s'il conseillerait encore aux Ecossais d'attaquer cette foule d'archers avec quelques tireurs d'arc des Highlands mal exerbés, ou de soutenir sur leurs petits bidets le choc de toute la cavalerie anglaise.

L'amiral ne put s'empêcher de convenir que la partie ne 'serait

126 mSTOIRB VBGOSSE.

JMI8 éfgle. — Mais en œ cas , dk-il, que <XMBptei*voa8 fiiire? ear ^ TOUS ne cherche:^ pokit à anéter ce tenreAt, il va ravager tout TOtre pays.

— Qa'ik fassent ce qu'ils Yondront, répondit Douglas en soa- •tiant t ils n^ (ronTeront pas grand'chose à ravager. Les had>itaas se sont tous relirés dans les b^y sur les montagneSy dans les marécages f et ils ont emmené avec enx leurs troupeau: qui forment tout lear bien. Les Anglais ne trouveront rien à prendre Jii à manger. Les maisons des grands propriétaires sont de petites tours qui ont d'épaisses murailles qne le fer même ne pourra détruire. Quant au peuple , il n'habite qne de simples cabanes, et s'il prend jbntaisieaux Anglais de les brûler, quelques arbres de la forêt suffiront pour les reconstruire.

*>— Mais . que ferez- vous de votre armée si vous ne vous battez "point ? demanda le Français, et comment le peuple supportera-t-il la Camine, le pillage, tous les maux enfin qui seront les censé- ^oences de rinvasion?

— Vous verrez quenotre armée ne restera pas oisive, dit Don- ^ glas; et qnant ainx hiid)itans» ils peuvent soulfrir la faim et tous

les maux de la guerre, mais jamais ils ne souffriront un Anglais pour maître.

L'événement prouva la vérité de ce que Douglas avait dit. La grande armée anglaise entra en Ecosse par les frontières de l'est, €t dévasta tout ce qu'elle rencontrait sur son passage; mais bientôt elle manqua de provisions, et ne put en trouver nulle part. D'un antre côté, les seigneurs écossais n'eurent p^s plus tôt appris que les Anglais étaient engagés dans le cœur de l'Ecosse, qu'avec une armée nombreuse, composée principalement de cavalerie légère, comme celle que conduisaient Douglas et Randolph en 1327, ils se jetèrent sur les provinces de Tonest de l'Angleterre, çù, en un jour on deux, ils enlevèrent plus de butin et causèrent plus de ravies qne les Anglais n'auraient pu en faire en Ecosse quand même ils auraient brûlé tonte la contrée depuis la frontière jusqu'à Aberdeen»

Les Anglais furent rappelés promptement à la défense de lenr ]Mijrs, et quoiqu'il n'y eût pas eu de bataille, cepeadsmt le mauvais ÀÀtdes routes, Je manque de fourrages et de provisions^et d'antres eanaes semblables, leur avaient fait perdre beaucoup d^faomraes et de chevaux ; tandis qu'au contraire l'année écossaise avait trouvé tout en abondance dans un pays beaucoiq» pins fertile que le sien,

piumnns mnam, m

et ^'éuitreiinjBlise fÊsr le p^fge. Ce aage éyslème de JMiante «rmit été recommandé par Bru«e au Eoowais, eonaie leaeal mçjea de prot4^ effîtfaoenent lettn.fiN>Diière8.

QaaBtau troupe» fran^wes»' eUes taarmà, très mécontentes de ,1a réeeptîoii qui lear iaà faite. Elles se plaigairant qnela^BSSion qis'dies étsient venees >&ecoarJùr li'afTait pour eUes m soiosy ni attentions d'auonne espèce^ et qa'on ne lear fenvnissÉit ni >feiir« rages, ni tprovisiens, ai riea de ce qni lear était nécessaire. A 43eU los Ecossais jrépondi^t qne leors alliés leur coûtaient ]>eaaceop, et ne lear -servaient à rien; qu'il lear fallait Une ioale de cbose» qu'il étail; impossible de leur fournir dans un pays aussi pauvre que TEçosse; et enfin qu'ils insultaient les haÛtans et mettaient tout au» pillage dès qu'ils croyaient pmivmr le faire impunémeat^ Les choses en vinrent an point que les Ecossais ne peroiivent aux Français de quitter TEcosse qn'après lear avoir fait promettre de payer les frais de leur séjoar, et les chevaliers français partirent très mécontens d'un pays où les habitans étaient si sauvages et si peu civilisés» où les terres cnliivées n'étaient en nulje proportion avec les déserts incakes, oit il ne se trouvait que des marais et des montagnes , et. où les animanx.san» vages étaient beaucoupplas nombreux qne ceux qoi étaient dressés au service de rbomine.

C'était par prodenae^'et non par manque de bravoure, que les Ecossais évitaient les grfindes batailles avec les Anglais. Il y avait souvent des engagemens partiels; alors on faisait des pro- ^Kges de valeur des, deux câté$, .et on ne cessait de sebattre^ dit on Tieil historien, que lorsque l'épée et là lance refusaient leur service , et alors on se retirait en se disant : *— Au revoir, merci de l'ainasemeDt que vons m'avez. procuré., Un exemple très remarquable de ûeé combalâ à outranee se présenta dans l'année 1388.

Les seigneurs écossais avaient formé le projet de faire une invasion formidable en Angleterre, et ils avaient, dans cette intention, rassemblé de nombreuses forces; mais, apprenant que les habitans du Northûnaberland réunissaient une armée sur les frontières de l'est, ils résolur^it de borner leurs incursions à celles que le eointe de Douglas pourrait faire avec une troape délite de quatre à cinq mille ho^mmes. Le comte pénétra en Angleterre par lés montagnes qui sont sur les frontières, côté où Ton s'attekidait le mpms à une attaque, et, se montrant tout à coup près de Newcastle, il

128 BISTCHfiB DVCOSSE.

tomba aar les riches plaines des environs i mettant tout à fien et à

sangf et ebargéaat son armée dé butin.

Percy, comte de NorthnmberUnd; seigneur anglai» dés pbis paissant 9 et avec kqnel les Doi^las ayaieiit en plosisnrs rencontres » envoya, ses denx fils, sir Henry et sir Ralph Perey» poor arrêter les progrès de cette invarion. C'étaient l'mt et l'antre de braves ohevaliors; mais le premier surtout , qui, à cause de son impétuosité, avak été surnommé Hotspnr S était l'un desmeilleurs guerriers d'Angleterre^ comme Douglas Tétait de l'Ecosse. Les deux frères se jetèrent à la hâte dans Newcastle» pour défendre cette ville importante; et Douglas étant venu ranger sa troupe devant les murailles comme pour les braver, ils se décidèrent à faire une sortie, et. les deux partis escarmonchèrent pendant quelque temps. Douglas et Henry Percy en vinrent personnelle» ment aux mains, et il arriva que dans la mêlée Douglas s'empara de la lance d'Hotspnr, au bout dé laquelle était attaché un petit ornement en soie, brodé en perles, sur leqtid était peint un lion ; c'était le cimier des Percy. Douglas agita en l'air ce trophée, et déclara qu'il l'emporterait en Ecosse, et qu'il le planterait sur son château de t>alkeith. ^

-^ C'est ce que tu ne feras jamais, dit Percy ; je saurai bien reprendre ma lance avant que tu regagnes ton Ecosse.

— r Abrs viens la chercher, rendit Douglas; tu la trouveras devant ma. tente. v

Les Ecoraais, ayant rempli le but de leur expédition, commencèrent à se retirer le long de la vallée qu'arrose lia petite rivière Reed, et il» campèrent à Otterbnm , à environ vingt milles des frontières, le 17 aoât 1388. <

Au milieu de la nuit, l'alarme se répandit dans le camp des Ecossais; oh disait que Tarmée anglaisé était près de le3 atteindre, et en effetilà lune en se levant montra sir Heniy Percy qui s'avançait à la tête d'un corps dé troupes au moins égal en nombre à celui de Douglas. Il avait déjà traversé la Reed, et se dirigeait vers le flanc gauche de l'armée écossaise. Douglas, isentant le désavantage de sa pQsition, se retira du camp avec toutes sestrûnpes, et par une manœuvre aussi habile que savante, qu'on n'aurait jamais cru de pareils soldats en état d'exécuter^ il changea éntiè rementla position dé son armée , et fit &ce à Tennemi.

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