‹ oevres walter scottChapitre 25 sur 42 · I. Liltvralcracut éperûn brdfain · texte numérisé non relu

I. Liltvralcracut éperûn brdfain

Pendant ce temps, Hotspar trayersait le cankp désert, où il ne restait que quelques traînards et quelques valets d'armée. Les obstacles qu'il présenta à la marche des troupes anglaises mirent quelque désordre dans leurs rangs, et ce fiit au moment où elles croyaient les Ecossais en pleine retraite qu'à ta clarté de la lune elles les virent rangés en ordre de bataille, et les attendant de pied ferme. Le combat s'engagea avec la plus grande furie; car Percy et Douglas Jetaient les deux plus célèbres capitaines de leur temps , et les deux armées comptaient sur le courage et le talent de leurs chefs , dont les noms étaient répétés à grands cris de ch aque côté. Les Ecossais, qui étaient inférieurs en nombre, allaient enfin céder, qUand Douglas, leur chef, fit avancer sa bannière, sous l'escorte de ses meilleurs guerriers. Alors , poussant son cri de guerre de Douglas, il se précipita lui«méme dans le plus fort delà mêlée, se frayant un passage avec sa hache d'armes; maisbiehtct il tomba percé de trois coups mortels. Si «cet événement eût été connu, il est probable qu'il aurait décidé la bataille en faveur des Anglais; mais tout ce qu'ils surent, c'est que quelque brave chevalier venait de mordre la poussière. Cependant les autres seigneurs écossais s'étaient élancés sur les pas de leur général qu'ils trouvèrent mourant au milieu de ses pUges et de ses fidèles écuy ers massacrés autour de lui. Un prêtre robuste, appelé William de IVorth-Berwick, aumônier de Doutas, protégeait le corps de son maître, armé d'une lance.

— Comment cela va-t-il , cousin ? detnanda Sinclair, le premier des chevaliers écossais qui pénétra jusqu'au chef expirant.

— Pas trop bien, répondit Douglas; mais, grâce à Dieu, mes ancêtres sont morts sur des champs de bataille , et non sur des lits déplumes. Je sens que je m'en vais; mais que l'on n'en continue pas moins à pousser mon cri de gàeri^e,^ét que Ton cache ma mort aux soldats. Il y a uiie triadition dans notre famille qui dit qu'un Dougfes gagnera une bataille après sa içort, et j'espère qu'elle s^àccomplira aujourd'hui^

Les nobles firent ce qui leur avait été prescrit • ils cachèrent le corps du comte, et se précipitèrent de nouvead au combat en criant plus fort que jamais : Douglas! Douglas! Les Anglais ne purent irésister à cette^ouvelle attaque; Henry et Ralph Percy furent faits tous deux prisonniers après des prodiges de valeur, et presque aucun Anglais de distinction n'éclhappù à la mort ou à l'esclavage ; 4:'est ce qui a fait dire à un poète écossais :

Dongbwr h ce muI ftom de» mîlllert de soldats Sourent ont pris la faite} et l'on vitun po<i|;Uii, lllme après son trépas , remporter la vieioire.

Sir Henry Petcjr. tojotba an .pouroir de sir Hnglt Montgomciy,. qp l'obligea pour sa rançon k lui bâtir un château àPènorn , dans la comté d'Ayr. La batailla d'Otterbiurn fut fatale aux chefs des dfu^ ar^iées, pnisqne P«rcy fat fait prisonnier, et. que Dongla». périt dans le combats Elle a fourni le sujet d'une foule dé chants et de poëmes S el le grand hiaiorien Froissart dit que, à l'exceptioD d?une seule bataille, ce fat celle où l'on se battit le mieux de part e( d'autre-dans ce^ temps de guerres.

Robert II mouri^^ le 19 avril lâ90. Son ^règne fut loin d'être aussi glorieux que celui de son aïeul maternel^ Robert Bruce ; mais il fut beaucoup plas heureux que cejtni de Darid II. Il tie fut plns; question des prétentions de fialipl aia coufoniw> et, quoique les Auglais aiçut fait encore plus d^une injeoraion en Ecosse, ils ne purent jamaisrester long-teuips maillas du pay«.

ch^ithe; XV.

RèpieUeBlnbjert Ilk»^ Troubles 4ana leslïigiihmdf. ^p»ii|l»at «qtteleçkf ChAUi| e| le d^ lùjf

sur le l4orth Inch de Perth Caraclènt du duc de Rothsay , béritifr présomptir , et sa mort- —

Le prince Jacques, prisonnier des Anglaits. — Mort de Robert IH.

Le fils aîaé.de Robert II s'appelait priifôtitiyement JoliUf IKfii^ il avait été remarqué que lç^x'c>is qui^va^t porté le nf m de, Jpha. (Jeap), tant enf ra^ce. qu'en AjogJ^^terrp,^Y|jiea^tûpioivsét4?pal' heureux , et les JEcpssais avaiji^al ,ufie. ppé^l^oiiopr toi^ç pf^rtk^T lière pour le liom de Robert , parcei q^'il ay^it été jport^par.te grand roi Bruce. John Stuart, en mou^tnt snr le trâtifpsy d^ng^ âçuc de nom , Q| prit celui ^e Robert Ilf. I^afs nipgc|f;Te|Toi^s^q!|e ce. pauvre roi ne fat pas plus iMsnrjPiix.q^i^js'il ei^ c^vo^tin^^é à s^, nommer John. , ! .

1. Là plus ancienne ballade de la bataillé d*0tte rburn est peut-être celle qu'on trouTe dans le recueil de l'évcqu^ de I|«rcjrjtoiB0le^pagf^lt . ' • . *♦

À l'époque de la.Pentecdte » clc»

BRBMimE SERIE. 131

I^s troubles qni éclatèreat dans les Higfalands forent an des fiéanx de sou règne. Vous de^^z voas souvenir que cette vaste chaîne de montagnes était babitëe par un peuple qui différait , par les moeiits et le langage^ dea haÛtans des basses terres, et qui éuit divisé par familles appelées clans. Les Anglais les appelaient 1^. Ecossais barbares , et les Français , les Sauvages de l'Ecosse ; et il& ne méritaient qua- trop, en effet, les épithètes de sauvages et de. barbares ^. Les pertes que les habita ns des plaines avaient e8SO]^ées dans les guerres contre les Anglais avaient affaibli à un tel point les provinces vc^sines des Highlands, quelles se trouvaient hors d'état de repousser les incursions des montagnards , quiJescendaient de leurs montagnes , pillaient , ravageaient et bjçiUaieat.toaty comme. s'ils'eussent été sur un pays ennemi.

En 1392, «ne troupe nombreuse de ces montagnards, s'élançant dea moAtsGrampianS) fondit tout à coup sur la plaine. Les Chefs s'appelaient- Clan -Donnochy, ou fils deD^ncan; c'est le même clan quis'appelle aujourd'hui Robertson. Les Ogilvys et les Lyndsi^sse rassemblèrent à la hâte sous le coramandement de sir liValter Ogilvy, sheriff d'Angus , marchèrent contre eux , et les chargèrent avec le^irs lances. Biais, quoiqu'ils eussent Tavantage d'être à cfaevaJtet^rmésdepiedeh cap , les montagnards sedéfendiiçoitaveciin tel aebameraent, qu'ils tuèrent le sheriff et soixante desihpmiaeade sa troupe , et^^^'ils re|)onssèrent les gentilshommes des basses tinres^

Ponr^onner'Uiie'idéedeleiir férocité, on rapporte que sir David Ljmdaayy «yant du premier choc passé sa lance au travers du corps d'aiè«iotitagnard> le re»iiversa par la force du coup et le cloua a la temu -Dans fisetie position, et malgré les souffrances d'une cruelle agoniey le «montagnard réussit à se redresser sur la lance > et faisaiibaii.iéermépeffoi^t^ il saisit à deux- mains sa redoutable claymoMi-eten-porta uu^eoup terribto^u chevalier, Ge coup, assené avtfsJtoQte l'énei^îa du désespoir ^ perça l'étrier et la botte d'acier de liyndsay, et, s'il ne sépara -pas sa jambe de son corps, il le blessa duinioiii^asséX grièvement pour l'obliger à qnitt<ir le champ de bataittt^

HeiureQsemeiit peut-être pouir les habitâns des Lowlands, W montagnards sauvages ne vivaient pas plus en paix entre eux qu^d^olônrs v<HSin^. Deux ckns, ou plutôt tieux partis, composés

les néiM4« Ak^DMWtlH £4te. c

132 HISTOIRE KEGOSSE.

chacun de plasiears clans séparés, conçurent Ton contre l'autre une telle animosiié, qiie les montagnes n'offraient plus partout que des scènes de discorde et de carnage*

Ne voyant aucun autre moyen de mettre fin à cette querelle^ le roid'Eposse décida que trente hommes seraient choisis dans le clan Chattan , et trente autres dans le clan Kay, pour TÎder entre eux le différend par un combat à outrance ; que ce combat aurait lieu sur le North Inch de Perth, belle et grande prairie entourée en partie par la rivière Tay, et qu'il y assisterait avec toute sa cour. Une politique crudle semblait avoir dicté cet arrangement; car il était à croire que les Chefs les plus braves et les plus renommés de chaque clan voudraient être du nombre des trente chargés de soutenir la querelle, et il n'était pas moins présumable que le combat serait sanglant et terrible. Il eu résulterait donc, selon toute apparence, que les deux clans, ayant perdu l'élite de leurs guerriers, seraient plus faciles à gouverner à l'avenir. Tels furent probablement les motifs, qui décidà-ent Le roi et ses conseillers à autoriser ce combat à outrance, qui du reste était toutà-fait dans Fesprit du temps.

Les combattans étaient rangés de chaque coté, armés diacun d'une épée et d'un bouclier , d'une hache et d'un poignard, et ils -se lançaient l'un à l'autre des regards farouches et , menaçaosi» lorsque^ au moment où le signal du combat allait être donné, le Chef du clan Chattan s'aperçut qu'un de ses honunes, que son courage avait abandonné, venait de déserter.sa bannière. Il n'avait plus le temps d'aller jusqu'au clan pour en chercher un autre, * de sorte qu'il ne lui resta d'autre ressource qu/B d'offrir une récompense à quiconque vpudrait se battre à la place du fugitif. Vous vous imagines; peut-être qu'il dut être assez difficile de trouver un homme qui^ pour un modique salaire, voulût s'exposer aux risques d'un combat que tout annonçait devoir être acharné ; mais «bins ce siècle guierrier les hommes estimaient peul^ur vie. Un nommé Henry Wynd , habitant de Perth et sellier de son méliw, petit homme aux jambes tortues, mais plein de force et d'activité, et qui savait manier à merveille la claymore , offrit pour ua petk écu de France de prendre la place vacante çt de se battre pour le clan Chattan.

* Le signal fut alors donné par le son des trompettes royales et des grandes cornemuses de guerre des Highlands, et les deux troupes tombèrent l'une sur l'autre avec la plus grande furie ; leur

férocité naturelle était encore excitée par la haine à mort que se portaient les deux clans ainsi que par Tidée qu'ils se battaient en présence du roi et de la noblesse d'Ecosse , et par le désir de se signaler en soutenant l'honneur de leur clan. Comme ils avaient pour arme la hache et la redoutable claymore, les coups qu'ils se portaient l'un à l'autre étaient terribles, et les blessures véritablemcint effrayantes. Bientôt la prairie fut inondée de sang; on ne Toyait que des têtes abattues , des membres séparés du reste di^ corps 9 et iLy avait plus de tnorts et de blessés qu'il ne restait de combattans.

Au milieu de cette affreuse boucherie, le chef du clan Chattan aperçut Henry Wynd qui , après avoir tué un des hommes du clan Kay , s'était retiré à l'écart, et ne semblait plus vouloir se battre*

— Qtt'est-co que c'est ? lui dit-il; as-tu peur? '

--^ Non , non , répondit Henry; mais j'ai fait assez de besogne poar un petit écu.

— Allons, allons, donne^nous encore un coup de main, dit le Chef: si tu ne regardes pas à l'ouvrage, je ne regarderai pas au salaire.

Après cette assurance, Henry Wynd se plongea de nouveau dans la mêlée, et par son adresse à manier l'épée il contribua beaucoup au gain de la victoire, qui finit par se déclarer pour le clan Chattan. Il ne restait que dix hommes du parti vainqueur, avec Henry Wytid, que les montagnards appelaient le Cow Chrom^ c'est-à-dire le serrurier bancal , quoiqu'il fût sellier, parce qu'alors les selles de guerre étaient faites en acier ; encore tous les dix étaient -ils blessés. Un seul guerrier du clan ennemi survivait , et il n'avait reçu aucune blessure. Mais , se voyant seul, il n'osa pas Intter contre onze hommes , quoique tous plus ou moins hors de combat , et se jetant dans le Tay , il gagaa Taùtrie rive à la nage 9 et courut porter dans les Highlands la nouvelle de la défaite de son clan. On dit qu'il y fat si mal reçu par ses amis , qu'il se donna la mon.

Quelques parties de cette histoire ont pu être altérées par la tradition; mais le fond en est authentique. Henry Wynd fut réeonipensé du mieux qu'il fut possible au Chef montagiiard; mais on remarqua qu'après le combat il ne pouvait pas dire le nom du clan dont il avait soutenu la querelle ; et, lorsqu'on Ini demandait pour qui il s'était battu, il répondait qu'il s'était battu pour son

134 HtôTOiAB lyECOSSE.

propre compte. De là le proverbe: — Gfaaomi poor «en oompte, coùime Henry Wyiid sebattait.

Peudant ce temps , des tronbles auxquels nous avons étfà fait allusion éclataient dans la famille de Roliiert Ul. Le roi avait ^lé blessé dans sa prenfière jeqnesse par un coup ëe pied de cheval, ce qui l'avait empêché de te livrer à la fuerre. 11 était nalordilement doux, pieux et juste,, mais il manquait de fermeié, ei il se laissait trop dominer par ceuj^ qui t'eutouraiea]. , et DOlammcnt par son frère le duo d'Albany , homme d'un caractère entrepre* nant, et tout à la fois rusé, ambitieux et cruel.

Ce prince, le plus proche; héritier de la eonroufie s'il pouvait écarter, les enfans du roi , chercha à jeter des semence^ de discorde et de désunion outre son frère et le duc de Rothsay , fils aiué dt Robert Ilf et son héritier présomptif. Rothsay étaitjeune , frivole, adonné aux plaisirs; son pèi:e était vieux , sévère dans aes principes r on juge bien que les sujets de querelles ne manquaient pointi et Albany avait soiu de présenter la conduite du fils sous le jour le plus défavorable.

Le roi et la reine s'imaginèrent que le meilleur moyen .de cor* riger le prince, et de le forœr à mener une vie ;plus régulièl^e, était de le marier. Albany, qu'ils consultèrent, se chargea de ce soin, et la manière dont il s'y prit 'était vraiment une honte, pout la couronne. Il fit annoncer que le prince épouserait la fille du soi* gneur écossais di^osé à payer le plijis cher l'honnear de s'allier à la famille royale. Le puissant Geoi:ge, comte de Mardi, fit d'ft* bord Toffré la plus considérable; mais lorsque le prince élak d^ fiancé à la fille de ce seigneur , le marché fui rompu par Albany, attendu qu'une somme encore pkis forte Tenait d*étreofterte par le comte de JDouglas » qui , ayant épousé, luirméme la fille du m f désirait alors que leur fille fût. unie à l'hériûer du trôiie. Ëffeeti'^ vemént ils furent mariés, nais ce fut dans une heure fatale.

Le priuee continua amener une conduite déréglée; Albany coa* tinua à instruire fidèlement le roi de ses désordres, et Douglaa finit lui-même par- devenir l'ennemi de son cendre.

L'histoire de ce rê^e 4tant imparfaite, qous ne savou» pas exactement ce dont le duc de Rothsay fat accusé, ni jusqu'à quel point ce fut à tort ou à raison. Ce qui, parait certain , c'est qn^ii f»k remis par son père entré les mains du duc d'^lbany , son oncle, ^ft du comte de Douglas , sen beau-père » qui le traîtèi?eiitaim).la plus grande cruauté.

ÎPBEMIERÉ SERIE. 135

Un décret dé prise de corps contre l'héritier présomptif de TE- «ossefut remis à un scélérat nommé Ramorgn^y-qui, aidé de sir Willi&m Lindsay , se chargea de l'exécuter. Le prince y sans défiance, voyageait dans le comté de Fife, lorsqu'ils se saisirent de sa personne y le placèrent sur un méchant cheval de bât, et (e conduisirent au château-fort de Falkland , qui appartenait à Al* bany. La pluie tombait partorrens, mais le pauvre prince ne pat obtenir la peru^ission de se mettre à l'abri, et toute la grâce qu'on lui fit,, ce fut de lui jeter sur les épaules un manteau de paysan.

Arrivé dans cette sombre forteresse, il fut plongé dans un donjcm et privé de nourriture. Ou dit qu'une femme, touchée de ses lamentations, trouva le moyen de lui apporter de temps en temps des gâteaux d'orge bien minces , qu'elle lui passait à travers les barreaux de sa prison , et qu'une autre femme le nonn^t de son propre lait. L'une et l'autre furent découvertes , les faibles secours que leur Charité ingénieuse lui procurait furent interceptés, et le malheureux prince, dans le mois de mars 1402, mourut de htm, la plus douloureuse et la plus lente de toutes les mandères dont la vie puisse finir.

Rien n'indique que le vieux roi, infirme comme il l'était et presque tombé en enfance, ait eu jamais connaissance de l'indigne traitement fait à son fils; mais la vengeance de Dieu parut se déclarer contre le pays où s'était commis un pareil attentat. Furieux ûe la rupture du mariage projeté entre le prince et sa fille, le comte de I^larch abandonna la cause des Ecossais pour embrasser le parti de l'Angleterre. Il s'enfuit dans le Northumberland, et de là il fit des ihcursions réitérées sur le territoire de TEcosse.

Le comte de Douglas, se mettant à la têle de dix mille hommes» entra en Angleterre, bannières déployées, y fit yn grand butin, ^t reprit la route des frontières. Alais le célèbre Hotspur l'attendait à ta tête d'une nombreuse armée qu'il avait rassemblée avec Ceorge de March et d'autres seigneurs. Douglas, par la même faute qui avait fait perdre^ tant d'autres batailles^ prit position sur une hauteur appelée Flomildon^ où ses rangs nombreux étaient exposés aux flèches des Anglais, de sorte qu'il voyait tomber ai|- .iour de lui ses meilleurs soldats , san^ pouvoir même venger leur mort. Pendant qu'ilssoutenaient ce combat inégal, un brave che*^ vâlier, nommé sir John Swinton, s'écria : — Pouipquoi rester anat le penchant dé cette colline, pour servir de but à leurs flèches e^

136 mSTOIRE D'ECOSSE.

nous laisser massacrer comme des cerfs , quand nous pourrions fondre sur enx et disputer le combat corps à corps?

Ces paroles furent «entendues d'uri jeune seigneur qui se nommait le lord de Gordon. La personne au monde qu'il délestait le plus était ce même sir John SwJnton , parce que dans une querelle particulière il avait tué son père. JMiais lorsque, dans cette extrémité terrible, il l'entendit donner un conseil aussi hardi, aussi intrépidé, il demanda à être fait chevalier de la main de Swinton : — Car, dit-il, jamais je ne pourrai l'être de la main d'un plus sage ni d'un plus brave capitaine. Stwinton lui accorda sa demande, et après cette cérémonie Gordon et lui, suivis de leurs partisans, se précipitèrent ensemble an milieu des Anglais et en firent un grand carnage; mais n'étant pas soutenus par les autres Chefs, ils furent accablés par le nombre et taillés en piècesi Les Ecossais perdirent la bataille et furent mis. en pleine déroute; et Douglas >^ blessé, ayant perdu un œil en combattant, fut fait prisonnier par les Anglais.

Les évènemens qui suivirent sont assez remarquables, et, quoiqu'ils appartiennent plutôt à l'histoire d'Angleterre qu'^ celle d'Ecosse, il est bon que vous les connaissiez. Le comte de Northumberland, père d'Hotspur, avait formé avec lui le projet de se révolter contre Henry IV, alors roi d'Angleterre. Pour fortifier leur parti, ils rendirent à Douglas sa liberté, et l'engagèrent à les seconder dans la guerre civile qu'ils méditaient. Douglas, y consentit, alla réunir une bande nombreuse de ses compatriotes, et se joignit à Henry Percy, surnommé Hotspur. Ils iparchèrent ensemble contre les Anglais, et livrèrent une bataille mémorable à l'armée royale, près de Shreswbury. Comme Henry IV assistait en personne au combat, Douglas résolut de le chercher et de décider sur-le-champ la question en le tuant ou en le faisant prisonnier. Il se trouvait dans l'armée du roi plusieurs autres guerriers absolument armés et montés comme Henry. Douglas en tua jasqu'à trois, poussant des cris de surprise à chaque fois qu il en découvrait un nouveau. Lorsque enfin il rencontra le véritable roi^ il s'écria: — D'oii diable tous ces rois sortent-ils? Il courut sur Henry avec la même fureur dont il avait éié animé en attaquant ceux qui le représentaient, renversa la bannière royale, fit mordre la poussière à sir Thomas BInnt, brave chevalier qui la portait, et il allait pai^enir jusqu'au roi et lui porter le cQup fatal, lorsque le vaillant prince de Galles, avec une foule de guerriers, accourut

ao secours de son père. Hotspur venait d'être taé d'an coup de flèchci et sa troupe s'était mise à fuir. II fallut bien queJDouglas se décidât à en faire autant; mais son cheval s'étant abattu. en gravissant une colline , il tomba pour la seconde fois au pouvoir de ses ennemis.

Revenons au pauvre roi Rolx^rt, qui était alors accablé sons le poids de Tâge, des infirmités et des malheurs domestiques. IlJni restait encore un fils nommé Jacques, qui pouvait avoir onze ans. Craignant sans doute de le confier au duc d'AIbany, que sa mort aurait rendu le plus proche héritier dn trfine , il résolut d'envoyer le jeune prince en France, sOu$ prétexte qu'il recevrait une meiU ^eure éducation qu'en Ecosse; mais le vaisseau qui conduisait Jacques en France fat pris par les Anglais , et le prince fut envoyé à Londres. Lorsque Henry apprit que le prince héréditaire d'Ecosse était en son pouvoir, il résolut de le retenir prisonnier. C'était une injustice criante; car l'Ecosse et l'Angleterre étaient alors en paix ; mais le roi ne l'en envoya pas moins en prison, disant qu'il serait tout aussi bien élevé à sa cour qu'à celle de France > attendu qu'il savait le français. C'était par dérision qu'il disait cela ; mais Henry tint effectivement parole , et quoique la détention du prince fût injuste, il reçut une excellente éducation aux frais dn roi d'Angleterre.

Cette nouvelle infortune, qui plaçait le seul et dernier fils dn pauvre vieux roi entre les mains des Anglais , brisa le cœnr de Robert III , qui mourut un an après, accablé de douleur et de souffrances.

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