CHAPITRE XVIL
Bègm de Jacques I«r.—- Exécution de Mordac , duc d'Albany,— Ktat de» HighVands.-— Conspiration cojijtiti !|a«qnje« |«r. — Awwwînit de ce pcinoe. «^ ChAUipiMit dcs4:oaspjniteai«.
Jaçqhi^sI^'' fiit.a,as^ le premier de s^ m4^beiii«ews(etlamslle qm mAoura de. grande taleni[« Ri^l^ert A fit M^^^h Ut i ^M p«re «I son grandrp^r^f i^vaici^ plujt^t Iqs v^us 4'w partic^Uer que cdiles d'un roi. Mais Jaoqfaçs.a^t regii.d^ la nature des qiialitéa bril^ lantes qu'une excellente éducation avait d^^^l^ppé^OM^PF^* Aussi prudeat q^e.(jl|j^tey.il^''^l&(a(ipf^ d9S9it^ê|%;de.so]iijP^(4e^et fi$ tons ses effoj^^spour rép«^nei;>s,B^^qi^ de
Robert, ducd'Albwjii ra^^iini^rïMioa 4aiM^;elii|^f) dy»^^JHiifd«& et la.coAd»i^,violeiM? ^ liisjp^ci^U§(|i.df>}S96 fils a^atwiaâlicé^snr rE;co.s9i^-
Ls^ première Vie9g?ance 4es Jioisiiopj^a mjur M^rddo qui , ^Toéses der^, ûls,, fatj JHg4;^ <:p|^m^.é>à,Siij,irli^gy p((Mir. avoiip. abusé, de^ rautorit^ du r^ p«)94^9t sa. régeiKiç. .U fut ^^gM sur m^ peUi» émin^Qu;e,{)ypèada ctiâ^u» qn!on 9n(ipUe.'eil?^^or9.a«jwr4'hni.,Le régeutptM;^ voii; de.l9k.J^lpagnifi(|U/ç..e|lâte9^ de D^on^ qy'il av^it. cojastruit^ipi^ sa,r^}^^çfj, e( s^s fil^f^mi^ t^ib Ji^^de 4àtiia^
PHEIRBRE SSfJM. t41i
res{»iti de Tenige qui leur avait fait braver raatorité de leor père^ ^et de reconnaître qu'il ne les avait point trompés en leur disant qu'ilt ferait venir quelqu'un qui les maîtriserait tous.
Jacques tourna ensuite ses pensées vers. les Hi^ilands, qià. étaient dans un état complet d'anarchie* Il pénétra dans ces dis* tricts turbulens à la tçte d'une forte armée, s'empara de plus de quarante des principaux Chefs qui entretenaient la discorde» en.. mit plusieurs à mort, et força les autres à fournir caution qu'il» resteraient tranquille^ à l'avenir. Alaster Maç-Donald, lord des Iles, tenta de résister à Tautorité royale; mais les mesures que. Jacques prit contre lui réduisirent tellement sa puissance, qu'il fut enfin obligé de se soumettre à sa merci. Dans cette intention, le. Chef hnmilié se rendit secrètement à Edimbourg, et parut tout à coup dans la cathédrale, où le roi était occupé à remplir ses actes de dévotion le jour de Pâques. Il était sans toque, saos armure,, sans ornemens, ayant les jambes et les bras nus, et le corps cour Tert seulement d'un plaid. Dans cet état, il se remit à la. discrétion da roi, et tenant à la main, par la pointe, une épée nue, il en pré* sentala poignée à Jacques, en gage de sa soumission sans réserve* Le roi lui pardonna ses offenses réitérées, à la demande de la reine et des seigneurs 4e sa cour ; mais il le confina dans le cbâteau-fort de Ta^niallon dans TEast-Lotbiau.
Cependant, malgré la soumissjl.oi^ de leur principal Chef, les»., montagnards de. Touest et les habitans des îles se révoltèrent de nouveau sons le commandement de Donald Ballocb, parent d'A* laster, qui débai^qua avec des forces, considérables et taiUa en pièces les troupes que les comtes de Mar et de Gaithnes^ voulurent, lai opposer; mai^ lorsqu'il, apprit que Jacques s'avançait conti^ li^i^ Donald jugea prudent d^ se retirer en Irlande, Jacques fit pénr , un assez .gr^odàumbre de ses. partisan^,. Donald lui-même fut tu^ par la suite en Ij^lande, et sa téta fut enviée, au roi.
Voici un autre trait qui montre la cruauté et la férocité de. ces, brigands des Highlands. Un autre Mac^ Donald, chef de bandes, d^ns le cpmté de Ro^ ayait piU^ une pauvre veuve, qui, dans sop désesppir^ s'était écriée à plusieurs reprises qu'elle irait demandef.. justice au roi, dût-elle aller à pied jusqu'à Edimbourg pour Tobr , te]f^r . — C'eçlt un long voyagje^ lui dit }fd barbare, et pour que vop^ , ppisçie;^ le t@ire plus coo^nod^mi^nti Ui^ut que je vf^s lass^ fenrer, Eii e(fet, il fit; vepir nn forgW"^> Wr, wr *«» orÂ^e^,, ck)iia ^^ sqiij^^rj fui^ pjed^de 1% pau^wç fe^}|9ie^^o)ji^e on m^i^ fimkmj
cheval. Mais la veave était nne femme de tête, et elle était bien décidée à lai tenir parole. Effectivement , dès que ses blessures lui permirent de marcher, elle partit à pied pour Edimbourg, comme elle l'avait dit, et, se jetant aux pieds de Jacques, elle lui apprit rindigne traitement qu'elle avait souffert. Jacques indigné fit saisir Mac«Donald et douze de ses principaux affidés , et leur fit clouer aux pieds des semelles de fer. Ils furent exposés dans cet état sur la place publique pendant trois jours, et ensuite exécutés.
Ce fut ainsi que Jacques l^^ réussit à rélablîr en grande partie la tranquillité dans un pays qu'il avait trouvé dans un tel état d'anarchie. Il fit des règlemens sages pour le commerce tant intérieur qu'extérieur, et établit des lois pour l'administration de la justice entre ceux qui avaient des plaintes à former l'un contre l'autre.
Mais ce qui était le but de tous ses efforts, et ce qui présentait de bien grandes difficultés , c'était de diminuer le pouvoir des grands seigneurs, qui gouvernaient comme autant de monarques , chacun dans leurs domaines, et qui attaquaient le roi, ou s'attaquaient l'un l'antre, toutes les fois qu'il leur plaisait de le faire. Il fit mettre en jugement plusieurs de ces puissans personnages, et comme ils se trouvèrent coupables , il confisqua leurs biens. Les nobles poussèrent les hauls cris, disant que le roi leur en voulait, et que c'était pour celte raison qu'il les traitait avec tant de rigueur et d'injustice. On conimença donc à murmurer contre ce bon prince. Une antre cause de mécontentement fut que pour faire face aux frais de la justice, et pour maintenir l'autorité du trône, il fut jugé nécessaire d'établir quelques taxes sur le peuple. Les Ecossais, qtti étaient pauvres et qui n'étaient nullement accoutumés à payer des impôts, imputèrent cette mesure odieuse à l'avarice du roi. Vbilà comment, quoique Jacques eût les meilleures intentions, et t\ïl assurément le meilleur roi qui eût gouverné l'Ecosse depuis Robert Bruce, les grands et le peuple furent également mécontens, ce qui encouragea quelque^ hommes méchans de la noblesse à conspirer sa mort.
Le chef du complot fut un nommé sir Robert Grahame , oncle dii comté de Strathei'ne. Il était hardi, ambitieux, et conservait un profond ressentiment contre le roi, qui lui avait fait sabir un assez long emprisonnement. Il attira dans la conspiration le comte d'Alhal , vieillard de peu de talens, en lui promettant de proclamer sir Robert Stewart, son fils, roi d'Ecosse, à la place de Jacques. A ehacttu il faisait valoir un motif diRéi-ent. Les conjurés plus
subalternes croyaient qu'il s'agissait seulement d'enleyer une daipe de la cour.
Pour préparer ses batteries ^ Grahame se retira dans le fond des HigblandSy et de là il envoya défter le roi» déclara formellement qu'il abjurait son serment d'allégeance, et menaça de le tuer de sa propre main. Sa tête fut mise à prix, et une forte récompense pro* mise à quiconque le livrerait à la justice; mais il resta caché an milieu des montagnes , d'où il poursuivit ses projets de vengeance contre Japques.
Le jour de Noël avait été choisi par le roi pour donner une grande fêle dans la ville de Perth. Pendant qu'il s'y rendait, il rencontra sur la route une femme des Highlands qui se donnait pour prophétesse. Elle était debout près du bac sur lequel le roi devait passer pour continuer son voyage ters le nord, et elle s'écria dès qu'elle l'aperçut : — Hilord le roi, si vous passez cette rivière, vous ne reviendrez jamais vivant. Dans le moment , le roi fut frappé de ces paroles, parce qu'il avait lu dans un livre qu'un roi serait tué en Ecosse cette année-là ; car il arrive souvent que lorsqu'il se prépare quelque grand évèpement, il s'en répand d'avance quelques bruils, qui sont répétés ensuite comme des pro* phéiies, mais qui, dans le fait, ne sont que des conjectures de ce qui paraît devoir' arriver. Il y 9.vait à la cour un chevalier que Jacques avait surnommé le Roi de l'Amour. — Eh bien! sir Alexandre, lui dit-il en riant, il y a une prophétie qui annonce qu'un roi sera tué celte année en Ecosse; il faut qu'elle nous concerne l'uii ou l'autre, car nous sommes les deux seuls rois qu'il y ait en Ecosse. D'autres circonstances encore auraient pu prévenir le meurtre du bon roi, mais aucune ne fut remarquée.
Arrivé à Perth, le roi établit sa résidence dans l'abbaye des Black-Friars (moines noirs), parce qu'il n'y avait pas dans la ville de château convenable, et ses gardes furent logés chez les habitans, ce qui rendit l'exécution du complot encore plus facile. <
La journée avait été passée par le roi eu fêles et en plaisirs, et par les conspirateurs en apprêts pour l'attentat qu'ils méditaient. Us avaient forcé les serrures des portes de l'appartement du roi, de manière à ce qu'il fût impossible de tourner les clés, et ils avaient enlevé les barreaux .qui servaient à fermer les portes d'entrée. Eu même temps , ils avaient préparé des planches, en guise de ponts, pour traverser le fossé qui entourait le monastère. Enfin, le 20 février H 37, tout fut prêt, pour mettre leur infâme projet à exécu-
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146 HISTOnB DVeOSSB.
lÂIMiy 9t Grahame sonk de sa retraite an mSiett des montagnes yoisines, avec une troupe de près de trois cents hommes, et entra éans les jardins d» eonreat.
Le roi était en pantoufles et an rofce de ebambre. H avait passé gaiement là soiiTée» avec les dames et les seigneurs de sa conr, a lire des rpniaiis , à chanter, à faire de la musique ou à joner .aux éehetts et an Irictrae. Le comte d'Athol et son lils sir Robert Stevnairt, qui s'alten4ait à remptaeer Jacques sur le trône, furent des derniers à se retirer. Alors Jacques resta deboi^t devant le feu, eausant gaiement avec la reine et ses dames avant de se mettre au lit, La fiemme des Highknds qui avait arrêté le roi sur la route demanda de nouveau la permission de loi parler; mais elle lui fat refiisée à cause de l^heure avancée, et tout le monde sef retira .
Dana ce moment on enteodit un grand bruit et comme un cK* fuetis d'armes, et les torches que portaient les conjurés dans le iardin kn^ient de grands jets de lumière qui se réfléchissaient eontre les fenêtres. Le roi se souvint alors de son ennemi mortel, sir Robart Grahame, et devina qu'il venait ponr'Fassassiner. B appela les dames de la reine, qui restèrent dans la chambre pour garder la porte du mienx qu'elles le pourraient, afin de lui donner 4e temps de s'ëchappèr. Il essaya d'abord de sortir par les fenêtres ; mais elles étaient foi^tement barricadées, et résistèrent à tous ses efforts. A l'aide des pincettes qui étaient dans la cheminée, il f éussit à lever une planche , et se laissa tomber dans nn caveau étroit où Kon jetait toutes les immondices du couvent. Ce caveaa avait une ouverture qui donnait sur la cour, et par laquelle il aurait pu s'échapper. Mais tout tourna contre le malheureux Jacques; car deax ou trois jours auparavant il l'avait fait boucher, parce qu'en jouant à la balle, la balle roulait toujours par ce trou dans le caveau.
Pendant que le roi était ainsi caché , les conspirateurs le cherchaient dans tout le couvent, et ils arrivèrent enfin à la chambre où les damea étaient renfermées. La reine et ses femmes s'efforcèrent détenir la porte fermée, et Tune d'elles, Catherine Douglas, plaça hardiment son bras en travers, en place de la barre qcti avait été soustraite. Mais le bras de cette noble dame fut bientôt cassé, et les traîtres se précipitèrent dans l'appartement, armés de poignards et l'épée nue, blessant et renversant celles des femmes qui voulaient s'opposer à leur passage. La pauvre reine, à demi dés* habiUée^ poussait des cris affreux, et l'tm dea assassins allait l'im-
moler, lorsqu'au fils de sir Robert Grahame avrâta eonbras anliû itisant : -*--Qae YO«lez-voas faire à la reine? ee n'est qu'iiae femme. CharcboDS le roi.
Ils commencèrent alors une recherche minutieuse » mais sans rien découvrir, et ils sortirent de la chambre pour continuer lems perquisitions dans les autres parties du monastère. Cependant le roi, prenant de l'impatience, cria aux dames de Faider à sortir de sa retraite incommode. Dans ce malheureux moment les conspirateurs revinrent, l'un d'eux s'étant souvenu qu'il existait un caveau qu'ils n'avaient point cherché. Lorsqu'en levant la planche ils aperçurent le roi debout sous leurs pieds ^ l'un d'eux cria aux autres : — Messieurs , j'ai trouvé la mariée que nous cherchons depuis le commencement de la nuit. Alors deux de ces scélérats (c'étaient deux frères du nom de Hall) descendirent l'an après Vautre dans le caveau, le poignard à la main^ pour massacrer Tinfortuné Jacques , qui , en chemise , n'avait aucune arme pour se défendre. Mais le roi, qui était un homme robuste et actif, les terrassa tous deux , et en s'efforçant de leur arracher un poignard , il se coupa les mains de la manière la plus affreuse» Alors sir Robert Grahame s'élança lui-même sur le roi, qui, voyant que Id résis» tance était impossible, lui demanda grâce, ou du moins le temps de 4X>nfesser ses p/^chés à un prêtre. Mais Grahame lui répondit fièrement : — As-tu jamais fait grâce à ceux de ton sang , ni à tout autre ? n'espère donc pas trouver grâce ici ; et quant à un coiiffessenr, tu n'en auras pas d'autre que cette épée. En disant ces mots, il lui plongea son épée à travers le corps. On dit pourtant c|ue lorsqu'il vit son prince étendu à ses pieds et nageant dans son sang, il eût voulu ne point consommer le crime;, mais les autres conspirateurs lui ajant crié d'achever sa victime, ou qu'autrement ils le tueraient lui-même, Grahame, avec les deux frères qui étaient descendus avec lui dans le caveau, tomba sur le malheureux prince, et ils l'achevèrent à coups de poignard. On compta sei;(e blessures rien que sur sa poitrine.
.La nouvelle de la conspiration s'était alors répandue, mais trop tard y dans la ville, et les gardes du roi ainsi que les habitans de Perth accoururent à son secours. Les traîtres prirent l'alarme, et se retirèrent dans les Highlands, laissant derrière eux un ou ù.ettx de leurs complices, qui furent pris et massacrés par les habitans. Lorsqu'ils parlèrent entre eux de leur entreprise , ils regrettèrent vivement d'avoir épargné la reine, craignant qu'elle ne mit le plus
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grand acharnement à les poorsuiTre, et qu'elle ne fût inexorable
dans sa vengeance.
L'événement justifia leurs appréhensions. La reine Jeanne fit faire des perquisitions si exactes ^ que la plupart des assassins furent pris, jugés et condamnés, et expirèrent au milieu des plus affreuses tortures. La chair de Robert Stewart et d'un chambellan particulier du roi fut arrachée de leurs corps avec des tenailles, tandis qu'au milieu même de la plus horrible agonie, ils avouaient qu'ils avaient mérité leur sort. Le comte d'Athole fut décapité; il nia jusqu'au dernier moment qu'il eût trempé dans la conspiration, quoiqu'il convînt que son fils l'en avait instruit, sur quoi il lui avait enjoint de ne prendre aucune part à un si grand crime.
Sir Robert Grahame, le premier auteur de cette infâme trabîson, ne cessa pas un instant de chercher à la justifier. Il avait, dit«il, le droit de tuer le roi, puisqu'il avait abjuré son serment d'allégeance, et qu'il lui avait déclaré la guerre, et il exprima sa conviction que sa mémoire serait en honneur pour avoir mis à mort un tyran aussi cruel. 11 subit les tortures les plus terribles avant d'être décapité, et son fils fut égorgé sous ses yeux pendant qu'il vivait encore.
Malgré l'énormité de leur crime, il y avait de la barbarie à torturer ces misérables de la manière que nous avons rapportée. Biais le peuple était exaspéré contre eux ; car bien qu'il eût murmuré contre le roi Jacques pendant sa vie, cependant sa fin déplorable et la justice que ses sujets lui rendaient intérieurement de n'avoir jamais eu en vue que leur bien , firent qu'il fut regretté généralement. Il avait aussi beaucoup de ces qualités qui plaisent à la multitude. Sa figure était agréable; tout son extérieur annonçait la force et l'activité; son edprit avait été cultivé avec soin, et il possédait une foule de connaissances utiles et de talens agréables. Il savait la musique, et faisait des vers, tant sérieux que badins, qui sont parvenus jnsqu^à nous, et que ceux qui connaissent l'ancien langage dans lequel ils ont été composés lisent avec autant d'intérêt que de plaisir.
Quant au meurtrier Grabame, sa mémoire, bien loin d'être honorée pour l'assassinat qu'il avait commis, fut livrée au mépris et à l'exécration dans nne ballade populaire qui courut alors toute l'Ecosse :
Honnî soit Robirt Grithame »
Du roi l'ussassin infâme; I\nbcrtGraiiame honni soit, L'ateacsin de notre roi>