I. he^atk est la plu» petite mooiuiede caiyvd'Eooùe
iPRËÉIBAfe ^MS. 171
Ils d'arssèbib^ènet^ ^n grand imtot^re ti tint'eflti^iiri cmseil secret dans régfî&e lie Lauder. Tandis qu'ils sVtetidaieiit sar les maux que Thi^eticë et la cdmi|»tion de Cochran et die ses créatures avaient fait souffrir à l'Ecosse , lord Gray les pria de lui permettre de leur raconter un^ petite faWe. « Les rats , dit-ii, ayant tenti doàiseit poittr aviser atix Hioycni^ d'échapper à la dent meuttsîène du diât, résolaretit de lui attacher au cou un grelot qui les avertirait et son arrivée et leur donnerait le temps de gagner Iteur trou. Mms qWoique ceKe mesure Mt adoptée d'une voix uua* nime , il devint impossible de 1 exécuter, car aucun rat ne ise sentit te courage d'afttatfier le grelot au cou de leur formidable ennemi. « C'iétait assez lèiur dire que quelques résoluiion's vigoureusea qu'ils ptissent c^nti^ les favoris du roi , il serait difficile de trouver quelqu'un d'assez courageu!!. pour les exécuter.
Archibald , cjewite d'Angus , homme d'une force athlétique et d'un cofirage intrépide, et chef de la seconde branche des Douglas dont je Vous ai'dëjà parifô, s'élança de sa place dès que Gray eut fini son apëlogne, en s'^i^aniî « G'esf mei qui attacherai le grelot. f> Exckmaiio¥i qni Ibi valat la svrnoih éJt^che'girloi'-aU' éiat (BM^<fêity^^V sa mort.
Pendant qn'ils 9- occupaient et la son^e, an couphrnyànt, (fax amitmcait ra;UtoHté de cetui qui frappait, se fit entendre à la porte. W annençait l'arrivée de COchran, Buivi d'une garde dte trois ^ettts hommes aCtachés^ à sa personne, portant sa Hvrée blanche avec des paremens noirs, et armés de pe^tnisanes. Sa parure répondait à te mi^nifique conége. fl avait mi hahillement complet de velours noir; line beHe chaîne d*or 'entourait son con, et dtt corde chasse, ttottté attssi en or, pendait à son côté. Son cttsqne, orné de riches/éterûres , é^a*t porté devant Ini^ ^ sa tente, atuôi qne les eorde^ <^iservaieht à ki dresser, étaient de la plus bdle soie. Aynnt appris qne les nobles tenaient un conseil secret, S étnit veym dàn^ %« soperlie équipa^ , iponr Voïr ce qui ^e paissent, et e'^était ddut» ^ dlessein ^^il fra^it à coujps redo«ihiés à Ift jiorie ^ l'église. Sir Aohen Dongk^ de Lodfileveti, qni ^t^ éié chaîné de h gai^der, demanda ^étMt 11. Gochram réjïondit's < le t^omte de Marc *» et les ttcfcles ftinrent eh armés de voit ^*1 v<enait pour ainsi dire 'se livret* lin^éme etotre leurs mains.
Comme Goehran entrait dan^ T^se, Angtîs, pour tenir k ]^messe qUil avait ftiile d'attachef lè^gtélot^ tira bruèqirenieDl la xrhaiiie d^or iqtd ornait le eon d« l&vori, en dtoant « qn^niie eoii^e
172 mSTOIRE D'BOOSSB.
lui conviendrait mieux. » En même temps sir Robert Douglas loi arrachait son cor de chasse, sous prétexte qu'il s'en était servi trop long-temps pour appeler sur TEcosse toutes sortes de calamités.
— Est-ce une plaisanterie» on cela est-il sérieux , Milords? demanda Cochran plus étonné qu'alarmé de celte brusque réception.
— Très sérieux y comme vous ne l'éprouverez que trop, vous et vos complices 9 lui répondirent-ils; car vous avez abusé de la faveur du roi, et maintenant vous allez recevoir la récompense que vous méritez.
, Il ne parait pas que Cochran on ses gardes aient fait la moindre résistance. Une partie de la noblesse se rendit au pavillon du roi, et tandis que les uns l'empêchaient de s'apercevoir de ce qui se passait en causant. avec lui, les autres s'emparaient de Léonard, d'Hommel, de Torphichen et des autres favoris, sans oublier Preston, un des deux seuls gentilshommes qui partageassent la faveur du roi avec de tels personnages. Us furent tous à Vïostsmi condamnés à mort pour avoir égaré le roi et mal gouverné le royaume. Le seul qi*i échappa au s( rt de ses associés fut John Ramsay de Balmain, jeune homme de bonne famille, qui s'attacha foi tement à la ceinture du roi lorsqu'il vit qu'on arrêtait les autres. Les nobles Tépargnèrent par égard pour son âge, car il n'avait que seize ans, et pour les vives instances que le roi leur fit en sa, faveur. Les troupes faisaient retentir l'air de bruyantes exclamations de joie, et elles s'empressaient d'offrir les cordes de leurs tentes et les licous de leurs dievaux pour exécuter ces coupables ministres. Cochran, qui était très audacieux, et qui avait attire pour la première fois sur lui l'attention du roi par sa conduite ferme dans un duel, conserva tout son courage, quoiqu'il le montrât d'une manière bien absurde. Il eut La vanité de demander que ses mains ne fussent point liées avec une corde de chanvre, mdis avec une corde de soie, et pria qu'on allât chercher celles de sa tente; mais cette demande ne servit qu'à indiquer à ses ennemis un moyen de lui infliger une peine de plus. Ils lui dirent qu'il n'était qu'un misérable fripon, et qu'aucune espèce de honte ne lui serait épargnée, et ils firent chercher un licou de crin, comme plus igno* minieux encore qu'une corde de chanvre. Ils s'en servirent pour pendre Cochran au milieu du pont de Laudm* (qui n'existe plus)» entouré de tous ses compagnons, qui partagèrent le même soi:t. Lorsque l'exécution fut terminée , les lords retournèrent à Edio^*
ix>nrg; et ils décidèrent que le roi resterait dans le château sons une surveillance exacte^ mais respectueuse'.
Pendant ce temps, les Anglais reprenaient Berwick, place importante que les Écossais ne parvinrent jamais à recouvrer, quoiqu'ils aient continué à soutenir leurs prétentions sur ce boulevard ^es marches de l'est. Les Anglais paraissaient disposés à poursuivre leurs avantages ; mais Tarmée écossaise s'étant portée à Haddington pour les combattre, la paix fut conclue en partie par la médiation du duc d'Albany, qui avait reconnu la vanité des -espérances que les Angl lih lui avaient données, et qui, renonçant à tous ses rêves d'ambition , n'employa son influence que pour obtenir la cessation des hostilités.
On dit que le duc d'Aibany et le célèbre Richard, duc de Gloceister, qui devint ensuite roi d'Angleterre sous le nom de Richard Ilf , négocièrent les conditions de la paix, non-seulement entre l'Ecosse et l'Angleterre, mais même entre le roi et la noblesse, fis eurent une entrevue à Edimbourg avec les lords écossais qui avaient dirigé les affaires du royaume depuis la captivité du roi. Le conseil ne voulut point écouter le duc de Glocester, pensant avec raison qu'un Anglais n'avait pas le droit d'intervenir dans les affaires de l'Ecosse; mais ils montrèrent toute la déférence possible pour le duc d'Aibany, le priant de leur faire connaître ce qu'il désirait d'eux.
— D'abord, et avant tout, dit-il, je désire que le roi mon frère soit mis en liberté.
— Milord, dit Archibald I'Attache-cbelot, qui était leur chancelier, ce que vous demandez va être fdit, et Cela parce que c'est voua qui le demandez. Quant à la personne qui vous accompagne (voulant parler du duc de Glocester), nous ^e la connaissons pas, et nous ne ferons rien à son intercession. Mais nous savons que vous êtes le frère dq roi , et son plus proche héritier après s<m lils. Nous vous confions donc la personne de Jacques III, espérant qu'à l'avenir il se conduira d'après vos conseils , et gouvernera le royaume de manière à ne pas exciter le mécontentement du peuple et à ne pas nous forcer, nous nobles écossais , à agir contre sa volonté.
Jacques, ayant été mis en liberté, se réconcilia si parfaitement ^n apparence avec le duc d'Aibany, que les deux frères parta*
f . n est fah plus d*ane allusion ii cet cTèoement dans le itoême d« Jlf«m/«n «t les notes. -
chaient dans le même lit. TaA<lk que le rai s^^ryeUlait les batimeqs ftt^ll 3Q plaisait à él&v^ri ^ S9 livr^Ut; à 4e& aum^emous frivoles, Albany acUmiûstrait l^ afMr^» du royaume,, et il I^ fil quelque temf^ ^vee succès. V^aiA sou ambitiou n^ tarda pas à se montrer 4^ nouveau* L^ natiou prit QniJ>page de ses liaisons intimes avec )es Anglais 4 et conçut, de justes craintes que le duc ne cherchât à f^'Qi^parer de la couroane k Vaide de l^ichard lll^ alors roi d'Aag^tçrre. Le doc {ut donc eucore uue fois obligé de fuir en Angleterre , où il resta quelque tempsii CQiubattaut dai^ les rangs dc^ Anglais contre s^s compi^rM»te$. Il était à cçtte affaire ouïe vieia comte de Douglas fut fait prisonnier, en 1483, et il ne s'éoha|ipa qae jgrS^ce à la vitesse de sou clievaU Bientôt après, All^^^^y ^^ retira ^n France.5i im il épousa une iiUe du c^uute de Soupgogi^ , dont il eut un iiU I John , qui devint ensuite régent d' Ecosse sous le règne de Jacques V. Albany fut grièvement blessé d'un éclat de lance à un des ^tournois dont je vous ai donné la desqripition , et il en mourut. La versatilité avec laquelle il changea d'opiaipa et de parti détruisit la haute idée que 9 dans sa jeunesse , on aTaît conçue de SjOn caractère.
Affranchi de la tutelle de son frère, le roi retomiia graduellement dans les habitudes aîviUssantes qui lui avaiçiu dféjà coûté si cher. Pour empêcher qu'on ne pût encore s'assurer de sa personne p^r la^ violence», il défendit qu'aucun de ses sujets se présentât jamais armé en sa présence, à l'exception de ses gardes, qui furent placés sous le ccp^mandement de ce m^me John Ram^a^f de Bal- 9)ain> le sfiui ip ses prrÇ9iwi& foveris qui eût été. épargné par ATïM»w^fiî«Eii409')e| les n(4^Uf« ]^ d^u^ l^insiirivefili^n de Lat^f • Cette n»esufe (ut reg^rdée^ cpoiun^ Xth^ offensauDe duns un p9ys<^ Ym c^gaipdajit coeune danger^eu;^ elt Qommo une s^^ de déshoamujr 4!êlr^4îi^ns arims^
Gpmnie cela arrûve jouirent» L'ampur du roi poui? l^argent ang* «otentait à mesure qu'il a^a^iç^t en âge* A peine acjt^ordaitiil quelque fav.^ttr ou faisaitril droit à qu^que réclamation sans re« cevoir un présent. P^r ce nu^fen il accumula des trésors , (p^f ^ l'on considère la pauvreté de son royaume^ tiennent presque on prodige* Sa çaissfe noire ( c'était ainsi que le peuple appelait son eefflre-fort) était pleine jusqu'aux bords de pièces d V et d'argent indépendamment d'une grande quantité de joyaux et de vaisselle plate. Stais» tandis qu'il accumulait ces trésors , il augnwatai^ '®
PIIGIUBRK SB&UU 175
unéconiçatémeut dn peQ]^]« Qi de U noblesse ; et U baine ex le mépri^^ qu'inspiraient son avarice et sa faiblessic excitèrent enfin une ré-^ beilion générale contre lui.
Parmi beaucoup d'édifices magnifiques, le roi avait fait bâtir daos le château de Siirliug une grandie salle et une chapelle daq^ le plus beau style d'architecture gothique fleurie. Il avait aussi foroié deux bandes complètes de musiciens et, de choristes pour la chapelle y voulant qu'une des deux troupes le suivît par^ tout où il irait, pour célébrer le service divin en sa présence tandis que l'autre resterait chargée du service journalier de L^ çhapelle/K
Gomme cet établissement nécessitait des dépenses considérables,. Jacques résolut d'y assigner les. revenus du prieuré de Culdinghaiu, dans le comté de Berwick* Les terres de ce riche prieuré étaient situçes au milieu des paressions des Homes et des Hephurns, qui jivaient établi la coutume» coutume devenue presque un droit avec le temps » de choisir le priear dans Tune ou l'autre des- deux &«^ milles.» afin d'être sûrs d'en être favorablement traités dans le^ négociations qu^ils pourraient avoir à faire avec L'Eglise. Lorf dppc q,ue ces deux chius po^s^ans virent qu'au lieu de nommer UM Home ou un Elepburn pour remplir la place de prieur^ le roi avait l'intention de consacrer les revenus de Coldingham à Pentretieu de sa chapelle de Stirling, ils furent Indignés, commencèrent à ^iretenir une correspondance secrète et à se liguer avec tous le» mécQntens de l'Ecosse, particulièremjeot avec Angus et les autres lords quji avaient figuré dans l'affaire du pont de Lauder, et qui tou(|> craignaient uaturellement que le roi ue trouvât un J4ior ou l'autre^ le moyen de ^p venger de la mext de sa^ favoris et 4e Tespàpe 4^ Çi^ptivUé d?a^ laq^uelle ou l'avais t^un hii-mâme.
li<M*Siq|iie le. roi entendit parler pour la première fois, de la ligun formée contre lui». elle avait pris tait d'extension que tout semrr biaijt prêt pour commencer 1m. guerre. Tous les lords du midi di^ l'Ecosse, qui pouvaient rassembler leqrs forces avec une rapidité ^icoAH^^ partout ^Ueurs^ étaient en campsigr^e et pr^sà agir, W roi^ naturellement timide, prit le parU de fuir vers le nord. II for* tifia le château de Stirling» commandé par Shaw de Fintrie^ à q«î il confia la garde.du pvince son fils et son héritier ; lui défendant sur son honneur et sur sa' vie de laisser entrer personne dans le ck» t^o^ ni d'en laisser sortir qui qna œ fiU». U lui reeiammanda snrtout %w personne an monde n^ pAt parTenir jusqu'à s^n Skk», U
déposa ses trésors dans le châteaa d*Edimbonrgy et ayant ainsi pourvu à la sûreté^ da moins à ce qa'il croyait, des deux choses qu'il aimait le plus an monde, il se hâta de se rendre dans le nord , où les grands seigneurs et les gentilshommes se réunirent à lui; -ainsi le nord et le midi de l'Ecosse paraissaient au moment d'en Tenir aux mains.
Le roi, en passant par Fife, alla rendre visite au dernier comte de Douglas, qui, comme je vous l'ai dit, avait été obligé de se faire moine dans Tabbayede Lindores. Il lui offrit de lui pardonner «t de se réconcilier sincèrement avec lui s'il voulait reparaître dans le monde, se mettre à la tête de ses vassaux , et , par la terreur attachée à son nom , retirer des rangs des pairs rebelles tous ceux des habitans du sud qui n'avaient pas oublié la renommée des Douglas. Mais les pensées du vieux comte s'étaient tournées vers un autre monde, et il répondit au roi : — Ah 1 sire. Votre Grâce m'a tenu si long-temps sous clé, ainsi que sa caisse noire, que le temps oiïnous aurions pu lui être utile est passé pour jamais. — Il voulait parler du riche trésor que le roi avait amassé, et qui , distribué à propos, aurait pu lui faire beaucoup de partisans, de même que Douglas , lorsqu'il était jeune, aurait pu lever en sa faveur une armée considérable. Mais il était trop tard pour tirer parti de l'un ou de l'autre.
Pendant ce temps, Angus, Home, Bothwell, et les autres nobles insurgés , résolurent de s'emparer, s'il était ' possible, de la personne du jeune prince, espérant, quoiqu'il ne fût encore qu'un enfant, se prévaloir de son autorité pour l'opposer à celle de son père. En conséquence, ils corrompirent, à l'aide d'une somme considérable, Shaw, le gouverneur du château de Stirling, qui fit ce qu'ils désiraient. Dès qu'ils furent en possession de la personne du prince Jacques, ils publièrent sous son nom des proclamations) portant qne le roi Jacques III appelait les Anglais en Ecosse pour l'aider à renverser les libertés du ^ays ; qu'il avait vendu les frontières de sc|{i royaume au comte de Northumberland et au gouverneur de Bevwick ; déclarant, sous ce prétexte, qu'ils s'étaient réunis pour détrôner un roi dont les intentions étaient si perverses, et pour couronner son fils à sa place. Ces allégations étaient fausses; mais le roi était si détesté, que le peuple ne balança pas à les croire.
En même temps , Jacques arriva devant Stirling à la tête d'une armée considérable, et demanda Feutrée du château. MaislegOQ*
PREMIBtÊ SERIE. 177
▼emenr refosajelnieii ouvrii' les portes. Le roi demanda yiTement son fik; mais le perfide gonTernenr répondit que les lords le loi avaient enlevé malgré lai. Alors le panvre roi vit qu'il était trahi , et fl^écria avec indignation : c Infâme imposteor» ta m'as trahi; mais si je vis y ta seras traité comme tu le mérités I » Si la trahison da gouverneur n'avait pas privé Jacques III da château de Stirling, il dorait pu ,. en s'enfermant dans cette forteresse, éviter une bataille jusqu'à ce que de nouvelles forces fussent venues à son secours, et réprimer les lords rebelles comme son père avait vaincu les Douglas devant Abercom. Cependant, se trouvant à la tête d'une armée de près de trente mille hommes , il marcha courageusement vers les insurgés. Lord David Lyndsay des Bires fut le premier à encourager le roi à se porter en avant. Il était venu le joindre avec mille cavaliers et trois mille fantassins des comtés de Fife et de Kinross; en voyant la perfidie dont le roi était victime, il s'avança vers lui sur un superbe cheval gris , en descendit légèrement, et le supplia d'accepter ce noble animal, qui, soit qu'il volât à l'ennemi on qu'il fût fio^cé de battre *en retraite, devancerait tout autre cheval en Ecosse, pourvu que le roi pût se tenir en selle.
Jacques prit alors *^courage et marcha contre les rebelles , se fiant à ce que son armée était très supérieure en nombre à la leur. Le champ de bataille n'était éloigné qued'un mille ou deux de celui où Bruce avait battu les Anglais dans là glorieuse journée de Bannockbum ; mais le sort de son descendant et de son successeur fut bien différent.
L'armée du roi était divisée en trois grands corps. Dix mille mo)itag[nards, sous HuntlyetAthol, formaient l'avant>garde. Dix mille des comtés de Touest étaient sous les ordres des lords d'Erskine, Graham et Menteith. Le roi commandait l'arrièregarde, qui était composée des milices envoyées par les différentes villes. Le comte de Crawford et lord David Lyndsay soutenaient l'aile droite à la tête des soldats de Fife et d'Angus, et lord Ruthven commandait à la gauche les habitans de Strathearn et de Storniont.
Le roi , après avoir disposé ses troupes en ordre de bataille, demanda )e cheval que lord Lyndsay lui avait donné, afin è'e pouvoir se porter en avant et observer les mouvemens de l'ennemi. Il le vit d'unè^minence s'avancer en trois divisions d'environ six mille hommes chactine.'Les Homes et les Hepbarns conimandaietti
(78 HISTOiRl O^BOeWE.
là, prenièro» formée des habûuns de» fronijère^ 4e Veat ^ da Lothiaa oriental. L^ seconde était conposéede ceax des frontières de l'ouest» comprenant Uddesdale» Anoandale et le Galloway. Les lords rebelles , avec leurs me U l e or» soldats» formaient la trcnsièine, ayant au mikea d'eux le jeune prince JaoquAs et la |;rande bannière d'Ecosse.
Lorsque le roi vit ses propres enseignes déployées contre loi , il jugea que son fils devak.étre dans les rangs ennemis, Qt son cmrage, qui n'était jamais très ^rand» commença à l'abandonner; car il se rappela la prophétie» qu'il mourrait de la main de son plus proche parent; et aussi ce que lui avait dit rastrologne, ^u'nn lion d'Ecosse serait étranglé par son lionceau. Ces craintos pu4iiUanimes s'emparèrent. tellement de Tesprit de Jacques^ que tpus 4XUX qui l'entouraient s'aperçurent dejson trouble et Je conjurèrent de se rjetirer. Mais dans ce moment la bataille s'engagea.
Les Homes et les Hepburns attaquèrent l' avant-garde de l'année .soyale ; mais ils furent repoussés par les. flèches des jnontagnards. Alors les habitans de Liddesdale et d'Annandale» qui portaient des lances plus longues que toutes celles dont on fabait usage dans les autres parties de TËcosse» chargèrent avec des cris sauvages et furieux ( ce qu'ils appelaient leur Slogan ), et culbutèrent ks troupes royales qui leur étaient opposées.
Au milieu d'un bruit et d'un tumuke auquel il était si fMBU accoutumé» Jacques perdit le peu de présence d'esprit qui lui restait» et tournant le dos il s'enfuit vers Stirling. Mais il était hacs 4'état de conduire le cheval gris que lord Lyndsay lui avait doiioë, •et qui» prenant le mors aux dents» descendit au grand galop daas un petit hameau où se trt>uvait un moulin nommé Beaton's MiU* Une femme en sortait pour puiser de l'eau à l'écluse du mouKa; .mais effrayée en voyant un homme armé de pied en cap accoorir a toute bride» elle posa sa cruche à terre et s'enfuit dans la maison* La vue de cette cruche effraya tellement le «heval du roi » qu'il lit afl écart au moment de sauter le ruisseau, et que Jacques» vidant les arçons, tomba sur la terre» où la violence de sa chute et le poids de son armure le firent rester sans mouvement. Les gens du mouuA
• lit
accoururent , le transportèrent dans la maison et le mirent au *»' Lorsqu'il revint à lui » il pria ses hôtes, de lui procurer un prein?* La femme du meunier lui demanda qui il était» et il répondit iâipro- 4emment : « Ce matin j'étais votre roL » Avec une ^gale mp^
PREBIIERE SERIE. 179
dence^ la pauvre femme courut à la porte, et demanda à grands cris un prêtre pour confesser le roi. — « Je suis prêtre, » dit un inconnu qui venait d'arriver, s conduisez^moi auprès du roi. » Lorsqu'il arriva au pied du lit, il s'agenouilla avec une apparente bumilité, et demanda à Jacques s'il était blessé mortellement. Le roi lui répondit que ses blessures ne seraient pas mortelles si elles -étaient pansées avec soin, mais qu'avant tout il désirait être confessé et recevoir d'un ecclésiastique le pardon de ses péchés, d'après Tusage de l'Eglise catholique.
— a Voilà qui te donnera l'absolution 1 » répondit l'assassin ; et tirant un poignard, il en porta quatre ou cinq coups au roi à l'en- <droît du cœur. Alors prenant le corps sur son d6Sj, il sortit sans que personne s'y opposât, et l'on* ignore ce qu'il fit du cadavre.
On ne découvrit jamais qui était ce meurtrier, et s'il était prêtre •ou non ; seulement on avait observé que trois personnes poursnivoient le roi de très près : lord Gray, Stirlingtie Keir et un prêtre nommé Borthwick^ et on supposa que l'un d'eux avait commis cot assassinat. Il est assez remarquable que ce Gray était le fils de sir Patrick qui avait aidé Jacques II à se défaire du comte de Douglas dans le château de Stirling. Ce serait une coïncidence singulière, si le fils d'un homme qui avait pris une part aussi active à la mort de Douglas avait été l'assassin du fils de Jacques II.
La bataille ne dura pas long-temps après la foite du roi; les troupes royales se retirèrent vers Stirling et les vainqueurs retournèrent dans leur camp. Cette bataille fut livrée le 18 juin 1488.
Ainsi mourut le roi Jacques III , prince pusillanime et inconsidéré, quoique, en exceptant le meurtre de son frère le comte de Mar, son caractère eût été plutôt celui d'un homme faible et avare que celui d'un roi criminel et sanguinaire. Son goût pour les beauxarts aurait été convenable dans un particulier; mais.il le portait à an point qui lui faisait négliger ses devoirs comme souverain. Il ipourut , comme presque tous les princes de sa famille, à la fleur de l'âge ; il n'avait que trente-six ans.
la.