CHAPITRE XX
llfM 6ê JaeqoMlV. — Eiploiti tnr mer de tir André Wood. — Proeèt de lord Lyndtty àm^fttÊ, — toTitlbn des BcimmU en Angleterre, en farenr de Perkins Werbcdi.— Trtité eTeei'ABfktmw^ et marlafe de iao^aes arec Mârgoerile , fille de Henry VII.
La. triste fin de Jacques III ne fat pas connue sar«le-clianip. II arvait protégé constamment la marine de ses Etats , et, lors de la grande révolte dans laquelle il périt> un brave officier de mer^ sir André Wood de Largo, avait pris le parti du roi , et était venu se mettre en rade dans le Fortb , à peu de distance de la côte ou se donnait la iiataille. Il avait envoyé ses chaloupes à bord, elles avaient ramené plusieurs blessés du parti de Jacques, et l'on sup* posait que le roi lui-même était peut-être du nombre. .
Pour éclaircir ce point important^ les lords envoyèrent dire à sir Ajidré Wood de venir à terre, et de comparaître devant leur conseil. Wood y consentit , à condition que deux seigneurs de. distinction, les lords Seyton et Fleming, se rendraient sur son bord, et y resteraient en otages jusqu'à son retour.
Le brave marin se présenta devant le conseil et devant le jeune roi dans la ville de Leitb. Dès que le prince aperçut sir André, qui était un homme de bonne mine, et qui portait un bel uniforme, il alla droit à lui, et lui dit : — Monsieur, êtes-vous mon père?
— - Je ne suis pas votre père, répondit Wood les larmes aux yeuxf mais je l'ai servi fidèlement tant qu'il a vécu, et je servirai de même l'autorité léptime, jusqu'au jour de ma mort.
Les lords lui demandèrent alors quels étaient les hommes qni étaient venus de ses vaisseaux, et qui y étaient retournés le jour de la bataille de Sauchie.
— C'étaient mon frère et moi, dit sir André d'un ton intrépide, qui aurions voulu verser tout notre sang pour la défense du roi. Ils lai demandèrent alors formellement si le roi était à bord de ses vaisseaux. — Il n'y est point, répondit sir André avec la même fermeté. Je voudrais qu'il y fût venu ; j'aurais pris soin de le protéger contre les traîtres qui l'ont assassiné, et que j'espère voir pendus comme ils le méritent.
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C'étaient des réponses un peu craes; mais les lords furent obligés de les endurer sans chercher à l'en punir, dans la crainte que son équipage n'usât de représailles sur Fleming et sur Seyton, Mais dès que sir André fut retourné à bord de son vaisseau , ils firent venir les meilleurs officiers de marine de la ville de Leith, et leur offrirent de grandes récompenses s'ils voulaient attaquer sir André Wood et ses deux navires, le faire prisonnier, et l'amener devant le conseil pour qu'il eût à répondre de sa conduite insolente à leur égard. Le capitaine Barton, le plus brave de ces marins, répondit à cette proposition en leur déclarant que quoique sir André n'eût que deux bâtimens, ils étaient si bien armés et si bien équipés, et lui-même avait tant de courage et d'expérience, qu'il serait impossible de trouver en Ecosse deux vaisseaux qu'on pût lui opposer.
Sir André Wood fut par la suite en grande faveur auprès de Jacques IV, et il en était digne par ses exploits; En 1490, une escadre de cinq bâtimens anglais entra dans le Forth ,-et pilla quelques vaisseaux marchands écossais. Sir André courut sur eux avec ses deux navires, les prit tous les cinq, et emmenant les capitaines et les équipages prisonniers, il les présenta au roi à Leith» Benry VU fut si furieux de cette défaite, qu'il fit équiper trois grands vaisseaux, tout exprès pour prendre sir André Wood, et il en confia le commandement à un vaillant capitaine de marine, nommé Stephen Bull. La rencontre eut lieu près de l'emboiichure ia détroit ; des deux côtés on se battit avec la plus grande bravoure, et toute l'attention se portait si exclusivement sur le combat, que la marée entraîna les vaisseaux, presque sans que les commandans s'en aperçussent, et que l'action, qui avait commencé à la hauteur du promontoire de Saint- Abb, finit dans le golfe de Tay. A la fin Stephen Bull fut pris avec ses trois vaisseaux. Sir André présenta de nouveau les prisonnier^ au roi, qui les renvoya en Angleterre en les chargeant de dire à Henry Vil que les Ecossais savaient se battre sur. mer aussi bien que sur terre.
Mais revenons aux lords qui avaient remporté la victoire a Saudiie. Ils prirent une résolution qui semble d'une insigne effronterie. Ils résolurent de mettre en jugement les principaux chefs qui avaient embrassé le parti du feu roi , dans les derniers troubles , comme si c'eût été un crime de trahison envers Jacques lY, qui cependant n'était ni ne pouVait être roi qu'après la mort de son père. Ils se décidèrent à commencer par lord David Lyndsay
m HISTOIIA D^BGOSSS.
dBS Byre8» hvàre milttaireY Hiais da vê&le homme borné et sans attcuDs moyens ; de sorte qu'ils penaèrem <|a'U leur serait fi<»le de l'jUBener à se remettre àla discrétkm da roi^ auquel cas ils se proposaient de lui infliger un^ forte amende , on peut-être même de confisquer une partie de ses biens* Us espéraient que cet eiemple en déciderait d'antres à fiûre le même acte de souttiisaion f et de cette manière lès conspirateurs espéraient s'enrichir aox dé» pois de ceux qni avaient été leurs ennemis.
Ce fut le 10 mai 1489 qne lord Dayid Ljndsay fut cité devimile. parlement y siégeant alors à Edimbourg, pour se défuidre contre use accusation de trahison , qui portaU — qu'il était venn armé à Saachie avec le père du roi contre Sa Majesté elle-même , et qu'il avait donné une épéeet un bon cheval au père du roi, Jm conseillant d'exterminer Sa très gracieuse Majesté ici présœte.
Lord Ljndsay n'entendait rien aux formes de la justice ; mais se voyant sommé à plusieurs reprises de répondre à cette accusation^ il se leva brtfôquement, et ^t aux nobles membres que c'étsûeufc enx qui étaient tous des traîtres et des scélérats y et qu^il le leur prouverait l'épée à la main. — ^Le feu roi, s'é<»iaht«il!, avait été civellement assassiné par d'ii^mes coquins qni s'étaient fait ac» oompagner du prince pour cokrer leur entreprise. Et vojiee-vooSy Votre Grâce, dit le vieux loid sans se laisser déconcerter, et en s'adressant personnellement au roi, si votre père vivait encore, je me battrais pour lui jusqu'à la mort, et tous ces vils p^idards ne mintimideraient pas. De même que si Votre Grice avait un fik qni prit les armes eontre son père, je prendrais votre parti contre sesadhérens, et je soutiendrais votre cause, fussent-ils six contre trois. Croyez-moi, malgré la mauvaise opinion qu'ils cherchent à vous fiEiire concevoir aur mon compte. Votre Grâce reconnaîtra ^ns tard qu'elle a «n moi im serviteur plus fidèk que tons ces gens- là.
Le lord chancelier, qui sevtk la foroe de ces paroles , dterdui à en détourner l'effet en disant au roi que lord Lyndsay était un ^max gentilhonmie, peu au fak des formes de La justice, sans anoun «sage, et qui ne savait pas qu'il devait parler avec plus de respect en présence de Sa Grâce. — Maûi , a jouta-t-il., il se mettra à la discrétion de Sa Grâce, et elle ne ¥oufk*a peii^ montrer trùf de sévérité à son4gard« Puis se tonmamt vers knrd I>avîd^ il lié. dit : ~ Le miens est de vous remelitre à la discrétion du roi, qM nera indulgent ^ <en doHlex pas»
pmmEKB sbhib» lis
1 iuit qm t^MiS'MttMez ^e lord Tktvii ftTaSi ub frère Mniné Patrick Ly ndsay , qui était aussi bon jurisconsulte que lord Ly ndsay étak bon nûlitaire. Les deux frères étaient brouillés depuis longtemps; mais lorsque M. Patrick vit où le chaAeelier en VoM* lait venir avec ses eonseils insidieux, il marcha sur le pied de son frère aîné pour lai faire entendre qu'il ne éevait pas mnre Vûyiê^ qû loi était donnëy m se mettre à la diaci'étion du roi, ce qui, par le fait, serait s'avouer coufMible. Lord David n'était rien mms qu'^n état de comprendre à demi-mot, et cet avertissraieM tacite fut tont-à«fait perdu pour lui. ]>ans sa simplicité, il n'y vit qu'une insulte, et comme il se trowait avoir mal au pied, et qae s«D frère en le pressant lui avait causé une vite douleur, il ^ re^ tauma brusquement vers M, et s'éeria en kii jetattt on regard* courroucé : -^ Tu es bien hardi de me marcher ainsi suf le pied ; satts la présence du roi, je te domierais un bon coup str hi figura»
Mais M. Patrick, sans flaire attention au ressentiment délord l>avîd , tomba à genoux devant les nobles assemblés, et sup^ plia qtt'o» lui permtt de plaider la cause de son frère. ^— Car» dit^l, je vcns qu'aucun homme de loi n'osera prendte su défense, de peur d'eneoarir le mécontentement du roi ; et, Milords « quei^ que moft frère et moi nous ne soyons pas bien ensemble <kpaîii< nembre d'annéois, cépaiduit je ne puis voir périr faute de sevoufa^ la branche aînée de la famille d'oii je suis descendu, sans fâûtftt' tous mes efforts pour la sauver.
Le roi -ayant permis à M. Patrick Lytidsay de prendre hi pa» rôle en faveur de son frère, il commença par demaMiisr s'il était co»v«naMe que le roi jugeât lui-même une cause dans laqueRe il était personnellement intéressé.-^ C'est ce qui ne s'est jamais vu , dit M. Patrick ; il ne peut être tout à la fois juge et partie. Amsi donc nous le requérons , au nom de Dieu , de se lever et dttquitter la cour, jusqu'à ce que la question ait été résolue, et le* jugement prononcé^ — Le chancelier et les lords, s'étant eon^^ suites, trouvèrent que cette demande était raisonnable; et le jeune roi frit ^Hgé de se retirer dans une autre salle> ce qu'il re^ garda eomne tme espèce^ d'affront publie dont il conaerra un vit ressentiment.
M. Patrick cherdia eusuile à se ootioilier la fkveur ée sfes juges , en les suppliant de dépouilter' te«te prévention , et de jug«^ avec in^ftotiaiité, et eontm# ils voudraient êtreiagés eux-méMea^
18i HlSTOifiB D'EGOSSB.
s'ils étaient danç le malheur et que leur partie adverse f&t au comble du pouvoir,
— Parlez , et répondez à Faccusation , dit le chancelier ; justice TOUS sera rendue»
Alors M. Patrick y abordant la question sous le point de vue légal, dit que l'assignation portait que lord Lyndsay devait comparaître dans les quarante jours qui suivraient la remise qui lui en aurait été faite , que ces quarante jours étaient alors expirés , et qu'il ne pouvait plus être légalement forcé de répondre à l'accasaCion ayant d'être assigné de nouveau.
Le texte de la loi était formel; il n'y avait rien à répondre. Lord David Lyndsay et les autres accusés furent donc renvoyés provisoirement, et jamais les poursuites ne. furent reprises contre eux.
Lord David, qui avait écouté la défense sans y rien comprendra, fut si charmé du résultat inattendu de l'éloquence de son frère, qu'entraîmé par l'excès de son ravissement et de sa reconnaissance, il s'écria en lui serrant la main: — Corbleu, frère, vous avez parlé comme une pie ! où diable avez- vous été pêcher ^utes ces belles paroles? Par sainte Marie, je ne vous aurais ja- ^mais cru capable d'en dire autant. Vous n'aurez pas perdu votre peine, je vous en réponds, et vous aurez mon domaine de Kirk pour salaire.
Le roi, de son côté, menaça M. Patrick d'une récompense d'un tout autre genre, en lui disant qu'il le mettrait dans un lieu où il ne pourrait voir ses pieds de douze mois., et il tint parole. M, Patrick fut envoyé dans le donjon du château de Rothsay , dans Tiie de Bute, où il resta renfermé pendant un an^
11 est assez singulier que l'autorité du roi fût si restreinte sous un rapport, et sous un autre si iiliipitée; car il parait qu'il fut obligé de se soumettre aux remontrances de Patrick Lyndsay, et •de descendre du siège de la justice, lorsqu'il fut récusé comme partie intéressée; tandis que, d'un autre côté, il avait le droit, ^u du moins le pouvoir, de faire subir à l'avocat récalcitrant une captivité longue et douloureusct, parce qu'il avait rempli son devoir envers son client.
Jacquet FV il'était pas dépuis long-temps sur le trône, que ses propres réflexions et les remontrances de -quelques membres da «clergé lui firent sentir que sa présence au milieu des lords révoltés «outre son père avait été une action très coupable. Ni son extré^ie
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jeunesse , ni les pièges qui lui ayaient été tendns par les lords poar s'assurer de sa personne , ne lui parurent une excuse suffisante pour avoir trempé, en quelque sorte , dans la mort de son père en prenant les armes contre lui^ Il se repentit amèrement de ce crime, et, d'après les doctrines de la religion catholique, il s'efforça de l'expier par différens actes de pénitence. Entre autres gages de repentir, il fit faire une ceinture en fer qu'il portait constamment sous ses halnts ; tous les ans il y ajoutait un chaînon du poids d'une once ou deux, comme pour montrer que, loin de se relâcher dans ses pratiques expiatoires , il voulait au contraire redoubler d'efforts jusqu'à la fin de sa vie, pour réparer une aussi funeste erreur ^.
Ce fut peut-être par suite de ces sentimens de componction que le roi 9 non-seulement pardonna à tous ceux d'entre les nobles qui avaient pris la défense de son père, et fit cesser toutes les poursuites contre lord Lyndsay et d'autres seigneurs , mais fit même tout son possible pour se concilier leur affection sans s'exposer à perdre celle du parti contraire. Les richesses de son père lui permettaient de combler de biens les chefs des deux partis, et de tenir en même temps une cour plus brillante qu'aucun de ses prédéces^ seurs. Adroit dans tous les exercices qui exigeaient de la force on de l'adresse, il les encourageait dans les autres, et, non content d'honorer de sa présence les joutes et les tournois , il y prenait son* vent part lui-même. Revêtu d'une autorité plus grande qu'aucun des rois qui eût régné depuis Jacques I**", il l'employait à rendre la justice, et à étendre sa protection à toutes les classes de ses sujets; aussi était-il l'objet de l'amour et de là vénération du peuple. Sous son règne TEeosse jouit d'un degré de prospérité qu'elle n'avait jamais connu. Son commerce prit quelques développemens à l'intérieur, et grâce aux succès de sir André Wood, et an zèle du roi pour la construction des vaisseaux , elle prit un rang respectable comme puissance maritime.
La longue durée delà paix, ou plutôt de la trêve avec les Anglais , contribua beaucoup à lui assurer ces avantages. Henry YII était monté sur le trône après une longue suite de discordes civiles, et comme il était lui-même un prince sage et prudent, il voulait réparer^ par un long intervalle de repos et de tranquillité, les grands désastres que les guerres d'York e% de Lancastre
I. C'est le roi Jacqaei de Mamhn, et cette ceiatnre ôa «eÎDtuxoa de fer est mealionaé dans le poème
lu HISIOIRB VBG08SB.
avaieiit fait Mmffrir à l' Aaglelerfe. U était d'autant pbu dispMé à rester en paix avec rfiûotse, fie ses droks mêmes à la coaronne d'Angleterre étaient Tmment contestés, et qn'il en résntea plus d'ime émenle et pins d'nne invasim qni l«i cansèrent de grande»
Dans la plas mémorable de ces 4ton*estati<»s« rEeosse prk ut marnent part à la qimreUe. Un certain personnage qui préi«iidail être le second fils d' Edouard IV, qn'oa croyait arar éi^ assassiné dans la Tour de Londres, éleva des prétcKtions à la conronne portée par Heary VU. A entendre les partisans de Henry, ce prétendu prince était un Flamand de basse naissance» nommé Perkins Warbeck, à qui la duchesse de Bourgogne avait appris le rôle qu'il jouait alors. Peut-être n'est*il pas mâme encore bien certain à présent s'il était celui pour qni il se donnail, ou si c'élmt un imposteur • En 1496, il vint en Ecosse à la télé d'un tortége brillant d'étrangers, et acoompagné d'environ qnk»2e eebt»lioaMnes. 11 fit les plus belles offres à Jacques IV, s'il vo«4aît Faider a soutenir ses prétentions. Il ne paraît paft<|ue Jaeqnes conçut le moindre donte sur les droits de Taventurier au titre qu'il prenait ; il le reçut avec faoo«eur et distinction, lui donna la main de lady Gatherine^Gordon , lîHe cb comte de Hsntly , la plus beUe femme d'Ecosse, et se disposa à lui prêter maift^lorte pour l'aider à monter sar le trêne d'Angleterre*
Jacques entra en effet dansleMorthumberbad, et invita kshabî* tans de cette contrée guerrière à venir se rangw aonsla banmère du prince supposé. Mais les Northumbriena ne tinrent aucun compte de cette invitation , et lorsque raventuricr ooi^ura le monarque écossais d'épargner le pays« JacqueakM répendît en ricanant qu'il était Mon bon d'intercéder pour un peuple qui ne semblait nullement disposé à le reconnaître. En 1497,, les Anglais se vengèrent de cotte incursion en se jetant sur le comté de Berw'ick> où ils prirent un petit château nonmié Ayton« Les bestilités se bor^ nèrent là de part et d'antre, Jaoques ayant abandoniMé la cause de Perkins Warbeck, parce qu'il avait reconnu ou qu'il n^avait aucun droit au tr&ae, ou qu'il ne possédait pas rafifectien d'nn partiassez considérable pour pouvoir soutenir ses prétantion». Ayant perdu l'appui de Jacques^ l'aventurier voulut tenter de GornouaîUes une invasion en Angleterre; maia il fîit fait prisomiiw, et eiéci^ à Tyburn. Sa femme, -qui l'avait fidèlement suivi dans tons ses malheurs, tomba au pouvoir de Henry VH, qni loi assigna une pen-
FAfiMIBRE ffiAK. tf?
akm et la mit touB b proieclion 4e k reine. Sa grâce et aabeaiité Im ataient iait donner le Munom de Rese BlaBohe 4' Ecosse*
A cette courte goerre aaccéda une trêve de sept ans» et Heorf chercha dans sa sagesse à convertir cette trète en une fiaix solide et dnrahle qni nnit , dn moins ponr long-temps » denz nations dont l'intérêt aratuel était d'être alUées , quoique des circonstances dé* plorables kseoss^it divisées jusqu'alors. Lesu^et deranimosîté i»» vëtérée qui régnait entre l'Àngletenre et l'Ecosse était cette mal» heureuse prétention à la siq>rématie élevée par Edouard P^, et son* tenue opiniâtrement par tous ses successeurs. C'était un droit q«n l'Angleterre ne voulait pas abandonner^ et que l'Ecosse avait prouvé , partant d'exemples d'une résistance héroïne , qu'elle na^ reconnaîtrait jamais. Depuis plus de cent ans il n'y avait pas tm de traité de paix entre l'Angleterre et l'Ecosse , si Tob en excepte cekd de Nerthampted qui ilnra si peu. Pendant cette longue pé» riode, les deux nations, ou s'étaient kit des guerres acharnéea^ ou n'avaient déposé momentanément les armée que sous la pro» tecti«n de trêves courtes et douteuses.
Henry VU s'efforça de trouver un ronède a de ai grands maux^ en essayant ce qu'une influence douce et amicale pourrait produirv là où tout ce que la farce a de plus énergique avait été employé sans effet. Il négocia le mariage 4le sa fille Biargnerite, princesse accomplie ^ avec Jacques lY . Il ofîirit de lui donner une superbe dot 9 et c'^it cette attîanoe qui devait servir de hase à une liguer intime» à une amUié sincère entre TAigleterre et l'Ecosse , lea deux rois s' engageant à se prêter motuellement aide et assistane» contre tout le reste de l'univers. Malheureusement pour les deux pays y mais surtout pour l'Ecosse » cette paix y qui devait être éter* nelle, nednra que da mis. Néanmoins la sage politique ée Henry VB porta ses fruitscent ansaprès ; etpar suitedu mariage de Jacques IV. et de la princesse Marguerite, un terme bit mis à toutes les guerreu entre les deux natimis » leur arrière-petjftvfilsy Jacques VI d'Ecosseï, et I*"' d'Angleterre , étmA devenu roi de toute l'ik de ta Grande* Bretagne.
Le droit de suprémsitie, réclamé par l'Angleterre, n'est pao mentîoniié. dans le traité qui iaâ, signé le 4 janvier 1M2; raaîa comme les monarques traitèrent •assemble sur le pied 4'une par^ faite égaKlé, oa doit regarder cette prétention» q«i avait coûté tant» de Iota de sang auxdeuoL peuples, comme ayant été par leiate abandonnée.
Ce mariage important fat célébré avec une grande pompe. Le eomtedeSurrey, noble seigneur anglais y fut chargé de conduire la princesse Marguerite dans son nouveau royaume d'Ecosse. Le roi vint au devant d'elle à Tabbaye de Newbattle, à six milles d'Edimbourg. Il avait une jaquette élégante de velours cramoisi , bordée de drap d'or , et son leurre , instrument dont se servent les fÉmconhierSy était suspendu sur son dos. U était d'une force et d'une agilité remarquables, sautant sur son cheval sans mettre le pied dans l'étrier ; et courant toiyours au grand galop , le suivait qui pouvait.
Lorsqu^il fut sur le point d'entrer dans Edimbourg avec sa nou- Telle épouse , il désira qu'elle montât en croupe derrière lui y et il fit d'abord monter un gentilhomme de sa suite pour voir si son cheval consentirait à porter double charge. Mais comme le superbe et bouillant animal n'avait pas été dressé à cet effet y le roi jugea plus prudent de monter lui-même sur le palefroi de Marguerite, qui était beaucoup plus tranquille, et ils firent ainsi leur entrée solennelle dans la ville d'Edimbourg, à deux sur le même cheval, comme vous voyez aujourd'hui un bon fermier et sa femme se rendre à l'église.
On avait fait de grands apprêts pour les recevoir, et tous dans le goût chevaleresque du siècle. Ainsi ils trouvèrent 9ur leur chemin une tente toute dressée , d'où sortit un chevalier armé de tontes pièces , avec une dame qui portait son cor de chasse. Puis parut tout à coup un autre chevalier qui enleva la dame. Alors le premier chevalier courut après lui et le défia au combat. Aussitôt ils tirèrent tous deux l'épée, et se battirent pour l'amusement du roi et de la reine jusqu'à ce que l'un d'eux eût fait sauter l'épée des mains de son adversaire , après quoi le roi donna ordre de cesser le combat. Dans ces représentations, tout était simulé , à rexception des coups , qui n'étaient que trop sérieux. Il y eut beaucoup d'autres spectacles militaires , et surtout des joutes et des tournois. Jacques, sous le nom du Chevalier Sauvage, parut dans un costume approprié au nom qu'il avait pris , accompagné des Chefs farouches des frontières et des Highlands, qui se battirent entre eux avec un tel acharnement que plusieurs furent blessés et même tués dans ces jeux sanguinaires. On dit que le roi ne fut pas très fâché de se voir ainâi délivré de ces Chefs turbnkns dont les révoltes et les déprédations troublaient si souvent la tranquillité publique.
Les r^OQÎssaiices qni eurent lien à ^occasion da mariage de la reine, et du reste toutes les fêtes données sons le règne dn roi Jacques , ainsi que le luxe qui régnait à sa cour, prouvent qu'à cette époque les Ecossais étaient plus riches qu^ls ne l'avaient jamais été , et qu'ils levaient fait aussi de grands progrès dans la civilisation. On ne parlait dans les autres pays que de la splendeur de sa cour 9 et de Taccueil honorable qu'il faisait aux étrangers qni visitaient sou royaume. Nous verrons dans le prochain chapitre qu'il ne s'occupait pas seulement de fêtes et de plaisirs , mais qu'il fit aussi de sages lois pour le bien de son royaume.