CHAPITRE XXL
AjncUontîoiiB des lois éoo9s«lMs. — Diffcrcndi cl« l'AngUterre et de l'RcosM. — IotmIos ADf leterre. -^ Bataille de Flodden , et mort de Jacques IV.
Pendant la période de tranquillité qui suivit le mariage de Jacques et de Marguerite , nous voyons que le roi» de concert avee son parlement, rendit beaucoup de bonnes lois dans l'intérêt du pays. Son attention se porta principalement sur les Iles et le$ Highlands, parce que , était-il dit dans un des actes du parlement, ils étaient devenus presque sauvages y faute de juges et de sherifGs^ Des magistrats furent donc nommés , et un code de lois rédigé pour ces provinces remuantes et presque indomptables.
Un autre acte important du parlement permit au roi, à ses nobles et à ses barons , de louer leurs terres, non-seulement à charge de service militaire , mais pour une redevance en argent ou en grain ; ée qui tendait à substituer insensiblement des fermiers paisibles et laborieux aux tenanciers-soldats, qui laissaient les champs sans culture. Des ordonnances réglèrent aussi la manière dont les différentes classes de la société seraient représentées au parlement, et dont les membres de rassemblée se réuniraient. Enfin , les propriétaires forent invités à faire des planutions ^ des enclos , des étangs y et d'autres améliorations semblables.
Tous ces réglemens montrent que le roi voulait sincèrement le bonheur de son peuple, et qu'il avait des vues justes et libérales
fn. HBTOIRS VIOOMB.
«Dr las wkoytfOB de Passorer • Mais la pa«Tipe Beooaa étak daittnée à ne jattait rester loDg-teoips dans ma eut de paix et de tran^paflllfté , et aaar la fia du règne de JacqeeSy il sarvint des éyèneiaeiis 4pn amenèrent une défaite encore plus désestrense qn'aucuB» de «elles que le royaume eAt januds éprouvées.
Tant que Henry VU , le beaupré de Jacques , continua, de té' Ifner , il eut grand soin d'entretenir ks relations amicales qui eutaieot entre les deux pays., et d'amortir tous ks petits sujets de •«{■erelle qui s'âe^aient de temps en temps* Mais à La mort de ce sage et prudent monarque , son tils Henry Y UI monta sur le irône. Oétait un prince fier, hautain, irascible , qui ne pouvait souffrir la plus légère contradiction , et qui , loin d*étre disposé à faire aucune concession pour maintenir la paix , semblait au contraire ne respirer que les combats* Jacques IV et lui se ressemblaient peut- ^tre trop par le caractère , pour pouvoir rester long-temps amis.
Les inclinations guerrières de Henry le portèrent d'abord à pré* parer une expédition contre la France, et le roi de France, de son côté , désira beaucoup renouer l'ancienne alliance avec TEcosse , dans Tespoir que Henry , redoutant une invasion de la part des Ecossais, renoncerait au projet qu'il avait formé de l'attaquer. Il savait que la splendeur dans laquelle vivait le roi Jacques avait ëpnisé les trésors que son père avait anAssés , et il en conclut que le meilleur moyen de s'en faire na ami , était de lui fournir des sommes d'argent , qu'il n'aurait pu lever autrement. L'or lîit aossi prodigué généreusement aux conseillers et aux favoris de Jacques. Cette libéralité fit d'autant plas d'effet qu'elle contrastait avec la conduite bien opposée du roi d'Angleterre, qui différait même de restituer un legs fût par son père à la reine d'Ecosse, sa sœur*
D'autres circonstances d'une nature différente contribuèrent à* troubler la bonne intelligence entre l'Ecosse et l'Angleterre. Jacques avait donné un grand soin à la marine de son royaume, et l'Ecosse , favorisée par sa position , ayant une grande éttodue de cotes , et des havres nombreux , faisait alors un commerce considérable. La marine royale, sans parler d'un beau bâtiment appelé U Grand» Michel^ qui passait pour le plus grand qn'il y eût a« monde, consistait, dit-on, en seize vaisseaux de gm^re* Vous ▼Oyez que , grâce aux soins du roi , elle était dans un état très florissant.
Un vaisseau appartenant à John Rarton , marin écossais vait âé pillé par les Portugais; cette capture reaMmtaitd^ à l'année
1476* Lb roi éft Rortagal âyaat refaaé de loi lÉire ntisCMlMm., Jaccpies acoorda à la iuMtlk 4e Bartoa des lettres de représaittes, c'esl-à-diiie ma maiidet qai les antensait à pi<eiidre tous les bâtineiis portsgais. qu'ils peorraient reacoutrery jus^'à ce qu'ils £iisseiiib sndeaiiiisésde leur perte. Ils étaient trois frères , leos trois pleins de résolution; mais surtout Vaîaé, qui s'afpcMt André Barteo* U éfuifia deux vaisseaux d<nijl le phis grand s'appelait le Lion y et Tautre la Jhnn^ Pirwen^ et il se ant à croiser dans la MsAche , arrâtam BM^seulewaait les nawes portugais , mais même tous les bâtioieDS aagbus qui te rendaient ea Portugal.
Des plaiates furent portéesjiuprès du rm Henry, qui fit équiper deux yaisseaux qu'il remplit d'hommes d'éliie, et dont il confia le commaiideaaept à lord Thomas Howard et à sir Edouard Howard, tous deux fibdtt comte Surrej. Gukiéspar te capitaine d'un bâtimeat marchand que Barlon avait pillé la veille , ils le trouvèrent crMsant avec ses vaisseaux dans les dunes, fin approchant de l'eaaeiiiiy au lien d'arborer u»pavâlon de guerre, les deux frères mirent une braucbe de saule à leur mât, emblème d'un vaisseau de commerce. Mais lorsque rficessais voulut les forcer à amener, ils déployèreot leurs éteadbrds et hànderolles , et lâchèrent une bordée de toute leur artillerie.
Barton reconnut alors qu'il avait afiaire à des vaisseaux de guerre anglais. Mais loin de se laisser abattre, il soutint hardiment l'attaque, et monté sur le gaillard d'arrière, il encourageait sa troupe par ses paroles et par son exemple. Ou le reconnaissait à la richesse de ses vétemens, à l'éclat de s<»i armure, ainsi qu'au sifflet d'or qu'il portait autour du cou, et qui était suspendu à une chaîne de même métal. Le combat fut acharné. Si nous en croyons une ballade du tonps, Barton avait sur son vaisseau une machine particulière, à l'aide de laquelle des poutres ou d'autres poids énormes, suspendus au bout des vergues, étaient lancés sur l'ennemi lorsqu'il venait bord à bord. Pour l'emplpyer, il fallait que quelqu'un montât sur le grand mât. Gomme les Anglais appréhendaient beaucoup l'effet de cette manoravre, Howard avait placé en faction Hustler, du. comté d'York, le meilleur archer de sa troupe, avec la triste injonction de tirer sur quiconque essaierait de monter au mât pour mettre enjeu la fe^ale machine. Deux hommes furent tués successivement en voulant le tenter, et André Barton, se fiant à la bonté de son armure, se mit à monter à son tour.
Dès qu'il l'aperçut, lord ThcHuas Howard oria à l'archer de viser
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jastei qofil y allait de sa vie. — - Diuaé-je en mourir, dit Hostler, il ne me reste que deux flèches. La première qu'il lança rebpndit sur Farmure de Bartou sans le blesser» Hais le marin écossais ayant le^é le bras pour grimper plus haut » l'archer yisa à l'endroit où Tarmnre ne le protégeait pas, et il le blessa mortellement sous l'aisselle droite.
— Continuez à bien tous battre, mes braves camarades, dit Barton en descendant du mât. Je suis blessé , mais je ne suis pas mort ; je vais seulement me reposer un moment, et alors je remonterai de plus belle. En attendant, serrez-vous et combattez vaillamment autour de la croix de saint André (voulant dire le pavillon écossais). Tant qu'il lui resta un souffle de vie, il encouragea sa troupe avec son sifflet. Hais enfin le sifflet ne se fit plus entendre, et les Howards, étant montés à Tabordage, trouvèrent leur vaillant ennemi étendu mort sur le tillac. Ils conduisirent ie Lion dans la Tamise, et il est assez remarquable que le navire de Barton devint le second vaisseau de guerre de la marine anglaise. Jusque-là, lorsqu^un roi voulait équiper une flotte, il louait ou prenait de force des bâtimens marchands, à bord desquels il mettait des soldats. Le Grand Henri fut le premier vaisseau qui appartint au roi en tonte propriété ; le Lion fut le second.
Jacques IV, vivement oCEensé de cette insulte faite, disait-il, au pavillon d^Ecosse, envoya un héraut demander satisfaction. Le roi d'Angleterre justifia sa conduite en disant que Barton était im pirate ; allégation que Jacques ne pouvait repousser avec justice; mais il n'en conserva pas moins un vif ressentiment contre son beau-frère. Un autre événement vint l'aggraver encore.
Lorsque Henry VU était sur le trône, sir Robert Ker de Faimyherst, chef d'une branche du clan de Ker, officier de la maison de Jacques, et favori de ce monarque, remplissait les fonctions de lord Gardien dans les marches du centre. La sévérité extraordinaire qu'il y déploya lui attira la haine de quelques-uns des habitansles plus turbulensdes provinces anglaises limitrophes, qui résolurent de l'assassiner. Trois d'entre eux. Héron surnommé le Bâtard y parce qu'il était frère naturel de Héron de Ford, Starhedet Lilbarn entourèrent le lord Gardien écossais, dans une entrevue qu'ils earent avec lui un jour de trêve , et le tuèrent a coups de lance. Henry VII, fidèle au système tout pacifique qu'il avait adopté à l'égard de l'Ecosse, promit de livrer les coupables. Ulburn fat en en effet remis entre les mains du roi Jacques, et il mourut en
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prison. Starhed parvint à s'échapper, et à se cacher dans Tinté- Tiear de FAngtelerre; Heron*le*Bâtard fit courir le bruit qu'il était mort de la peste, et se faisaut porter dans an corbillard, il passa an milieu du détachement envoyé pour rarréter, sans que personne soupçonnât la ruse, et se tint caché près des frontières, attendant qu'il éclatât quelque querelle entre les deux royaumes, -flenry VU , ayant à cœur de satisfaire Jacques, fit arrêter Héron de Ford, et le lui livra à la place du Bâtard.
Mais lorsque tout annonça une rupture prochaine entre Jacques «t Henry VIU, Her6n-le-Bâtard et Starhed commencèrent à reparaître et à se montrer plus ouvertement. Justice fut bientôt faite ^e Starhed : deux partisans de sir André, appelé communément Dand Ker, le fils du sir Robert qui avait été assassiné , se chargèrent du soin de la vengeance. Ils surprirent le meurtrier, le mirent à mort , et apportèrent sa tête eu triomphe à sir André , qui la fit exposer publiquement à la Croix d'Edimbourg. Mais Heron-le- Bâtard continua à ràder le long des frontières, et Jacques IV se plaignit amèrement que ce criminel osât reparaître, ce dont peut-être il n'était pas juste d'accuser personnellement Henry VHI.
Tandis que Jacques était ainsi en mésintelligence avec son beaufrère, la France ne négligeait rien pour s'attacher l'Ecosse. De grandes sommes d'argent furent envoyées pour gagner les courtisans en qui Jacques avait le plus de confiance. La reine de France, jeune princesse d'une grande beauté, flatta le goût de Jacques pour la galanterie en se dounant elle-même le nom de sa maîtresse, en le nommant son chevalier et eu le conjurant de faire trois milles «nr le territoire anglais par amour pour elle. Elle lui envoya en même temps une bague qu'elle avait ôtée de son propre doigt. Son intercession fut si puissante, que Jacques ne crut pouvoir en honneur se dispenser d'accéder à sa prière, et cet esprit l^i^arre de chevalerie causa sa ruine, et, à bien peu de chose près, celle du royaume.
Ce fut an mois de juin ou de juillet 1513 que Henri VIFI débarqua en France à la tète d'une vaillante armée, et qu'il alla faire le siège de Therouenne. Jacques IV fit alors un pas décisif: il envoya son premier héraut au camp du roi Henry devant Therouenne, le sommant en termes hautains de s'abstenir de toute agression contre le roi de France, son allié, et lui reprochant en même temps la mort de Barton, l'impunité de Heron-le-Bfitard, et tous les sujets de que-
telle qoi s'éuûmt élevés depuis la mort de Henry VD« Henry TU iregarda. ce «lessage comme une déclaration de guerre; il y i^ l^iidit avec non moins de hantenr. — Ce n'est pas m uo roi i'Er çosse, dit-il» qn'tl appartient de,jonerie rote de médiateur entre TAni^leterre et la France. I#e faérant écossais revint avec cette ]^éponse; mais^ lorsqu'il arriva, soamattren^NListaitplua.
Jacques n'avait pas atieudu le retour de sja envoyé poar commencer les hostilités. Lord Home, son grand-chamMlau, avaft lait une incursion eu Angleterre avec, un coi^ de trois à quatre mille hommes. Après avoir reoueilli un ri^b» butin^ il revenait saott observer beaucoup d'ordre^ lorsqu'il tomba dans une erabu»^ cade préparée par les Anglais du voisinage', qui s'étaient eaeh^ parmi les hautes bruyères dont la plaine de MiUfield, près é^ Wooler, était alors couverte. Les Ecossais {arent con^dèiemenç battus, et perdirent près dattiers de leurs soldats, tant tués que blessés. C'était un tnste commencement de guerre.
Cependant Jacqnes,^ contre l'avis de ces plus sages eouseiUers, résoUi d'envahir lui-même l'Angleterre à la tète d'une puissante armée. Le parlement n'approuvait pas les projets, du rc^ U son*» geait à la tranquillité dont l'Ecosse n'avait pas cessé île jouir de^ puis la paix avec l'Angleterre ; et puisqjEiHl n'était plus question des prétentions de ses voisins à la suprématie , il ne voyait pas de motif suffisant pour réveiller l'ancienne aniiuosité si heureuse-^ meut assoupie entre les deoxrôyaumes. Mais le roiinsista;.U était si aimé, que le parlement n'osa refuser son consentement à. cette guerre injuste et funeste ,. et l'ordre lui donné à tous les si^ets de royaume de s'assembler à Boreugh-Moor, grande plaine prà$ d'Edimbourg j ai| milieu de laquelle la bannièi^ royale lat déployée^ du haut d'un fragmient de rocher appelé le^^ Pierre du> Lièvre
Dans cette extrémités dilférens stratagèmes* furent encore tenta pour empêcher la guerre. U en est qui semblent avoir été suscités par la connaissance qu'on avait du caractèredu roi, qui n'était pesa l'abrid'uneeort^da'mélaneoltesuperstitieuse,,paiovenant9 9oitdesa Qonstitutioi^ nainrelle , soit des remords qu'il conservait toujours d'avoir pris pa^ «a là mort de son pèroir Ce fut sans doute ce qui donna lieu àj^^scène suivante*
Pendant que le roi entendait la messe dan%régllse de Linlkh'' gow, un vieilUriirvèMid*uaerebe couleur d'azur, npuéeparune çeiptiire, i^yaiit^ de^^sa^alee^ mKiiied^;de4p9ai}Cbeveux.dacésts4er
RHBBRE fiflOKr l$t\
la tto>'et^4mlt Vm était ^eaua et impoi^itti» piilit>tMit3^ ooop devant lai. San» demner aHcim signa da» raape^t aa.l»!pnéaeiica Toyate, il marcha droit à la chairavque Jac(|uasioo«opait$:posa£aa deiUL bpaaw sur le bord, «t lui. «dressa la parc4a. Gei^éldraB^t par» soonaga déclara qu'il étaétenKayéipar* sa wàbmr paiir défoadae^L Jaa^aies d'eotitepreudpale vnfmge ipi'ilinédilftit, atieadBquaatML m aucun de «aux qnà IfaaaaaqiagueiiaiaBt n'aa. refâendrait aaÎB* et sauf- 11 fit aussi dea^F«nioiitraacc8aa.ntt sov ce qu'il fréquantak la société des femmes, etiqn'àL'iv'agÎBsait qae d'après lettrsooiiseih* -*• Si ta coQtÎQves , ktit dit-il ^ tu aeraa -fiappé deiiionle> et de coa» fttsioD.
A peine ealril dix aesaatai qi^il si'écbappajdQ, mîliea>des:coar* tiisaii» ai subiieniient,, qu'il semUa disparaître, il n'y a point de r doute que cette mascarade n'eâtété inveulée pour représenter «aint Jaan, appelé dans l'Ecriture le fib adeplif^de la Ytei^e Marie. Ou croirait albrs qu il était possibleque les âmes des. saints etr.de& api* tra» ^|Hi étaient morts revinssent smr la terre ; et l'on :iGait dans rtûfitoire baauf^oap de traita du myinnr genre que celui qoeje viena de- v^ua raeeiiier ^ .
Une autre tradition, ipA nf'est pas aussi avtbenliqae, dît qu'a» n^iliea d^a ténèbres o» emamiit, k la Croix d'Edimbottrgy noMS TQta-iarnaflttr'eUe» qui sommait le roi, par sonnom et ses titres, aâusi qnases prini^ipauit Qiels etseigiieurs, deoomparaitre devant le tribunal de Pluiou dans Tespace de quarante jours. Cette prétaadue^maNitioiia; encore tout Tair d'au stratagème ta veutépour délaooDMr le roi de son eapéditkin ^.
Aktts ni <aea'ai>tifices , ni les avis^et les prières de la reine Margpertt^ , .ne.pur^nt^ détouRiivr «tscques de son maBieareux. projet. Ahaé* cotome il slrélait» iletili bientôt ««ssemUé mie Dembueime aiwée»f4taermtittaiU àsa tèle il'eotra eft 'Angleterre proadaobâi taa«.de Twisett, leïS aoèt h&ïi, lè prit rapidement les plaaea fffOfUienes de vNsakam^ de^Ward, dPBiall, de Bsrd, et d'amrea moins impoctantea, et fit mn-gaandbutin. Mals^an lieu de pénétrai^ dans le cœiir de, Magleterse, lorsqu'il ne se trewwut oucwuse tronpes.peitr l'en -empècherv <m dit que la roi se laissa oaptiver par leaclmimea deladgf:lieron de Ford ^^ dame d'ane grande beaoïéy, qlit léassit à bo.reienir miprès dfdte jusqt^à l'approcbe dfwi% armée anglaise»
IX. Cé tMlt Mt MMOt^ àillÉMkloii futlé IdÊif tÀpààty , tfôn-roi é'arttiier. 9. Cette scène solennelle 11*4 pas étéj|éffli|;é« <)«ns Af^raii9«i«cbaiit V. ' )• '(^«tt tHtvmémedbcàe y^tSr^WMér Stott fait joaar fin f61e dans Matmio».
il96 HISTOni VBGOSSB.
Tandis que Jacques perdait ainsi son temps sur les frontières, ie comte de Sarrey, ce même ndile et galant chevalier qui avait été chargé, plusieurs années auparavant, d'amener la reine Marguerite auprès de son auguste époux , s'avançait à la tête d'une armée dé vingt-six mille hommes. Le comte fut joint par son Hls Thomas, lord grand-amiral, qui venait de débarquer à Newcastle.avec un corps de troupes considérable. A mesure que les gentilshomines des comtés du nord accouraient sous Tétendard de Surrey, les Ecossais, au contraire, retournaient en grand nombre dans leur pays, parce que les provisions que,- en vertu du système féodal, chaque homme avait apportées avec lui pour quarante jours étant alors presque épuisées, la disette commençait à se faire sentir dans Tarmée de Jacques. D'autres allaient chez eux pour déposer leur butin en lieu de sûreté.
Surrey, se sentant le plus tort, résolut alors de provoquer le roi d'Ecosse au tombât. Il lui envoya un message pour lui offrir la bataille; et lord Thomas Howard lui fit dire en même temps, que sachant qu'il s'était plaint plusieurs fois de la mort d'André Bar ton, lui, lord Thomas, qui en était l'auteur, était prêt à 'lui en rendre raison Tépée à la main devant toute l'armée. Jacques répondit que c'était si fort son désir de se battre avec les Anglais, que, quand même le message du comte l'aurait trouvé à Edimbourg, il aurait laissé là toute autre affaire pour venir répondre à sondéti.
Mais les seigneurs écossais avaient une opinion bien différente de celle du roi. Ils tinrent un conseil dont lord Patrick, Lindsay fat nommé président ou chancelier. C'était le même qui, au commencement du règne de Jacques , avait si bien défendu son frère, dont le titre et les domaines lui étaient passés à sa mort. 11 ouvrit la discussion en proposant au conseil la parabole d'un riche marchand, qui voulait absolument jouer aux dés contre un escroc aubalierne , et parier un nobk-à-la-rose d'or contre un mauvais hal/^penny. — Vous, Hilords, ajouta-t-il, vous ne seriez pas plus sages que le niarchand, si vous risquiez votre roi , que je compare à un noble d'or précieux, contre le général anglais, qui n'est qu'un mauvais vieux rustaud qui se fait traîner sur un chariot. Quand même les Anglais perdraient la bataille , ils ne perdraient que ce vieux manant et un tas d'ouvriers du plus bas étage, tandis que la plupart de. nos simples soldats sont retournés chez •ux f et qu'il ne nous reste guère que la fleur de notre noblesse. Q
PREBHERB SERIE. 197
dit alors que son avis était que le roi se retirât da champ dabataille, pour mettre sa personne ea sûreté, etqne quelque brave seigtieur fût nommé par le couseil pour preudre le cQmmaiidement de Tarmée^ Il fut décidé que ces mesures seraient proposées au roi et qu'il serait supplié de les adopter.
Mais Jacques , qui désirait se signaler par quelque exploit éclatant, parut tout à coup an milieu des seigneurs assemblés, et il leur dit avec leaucoup de chaleur, qu'il ne se soumettrait pas à un pareil affront. —Je combattrai les Anglais, eussiez- vous tous juré le contraire. Vous pouvez vous déshonorer en prenant la fuite, mais je ne partagerai point votre déshonneur. Quant au lord Patrick Lindsay , qui a émis le premier vote, je jure que , dès que je serai de retour en Ecosse, je le ferai pendre à la porte de son château. ^
Le roi fut vivement encouragé dans cette résolution imprudente et téméraire de livrer le combat à tout prix , par Tambassadeur français, de La Motte, ce qui fut remarqué de notre vieille couconnaissance le comte d'Angus, surnommé t Attache-grelot^ qui avait suivi son souverain à la guerre. Le comte accusaje Français de vouloir sacrifier les intérêts de l'Ecosse à ceux de son pays, parcequ'il importait à la France qu'une bataille eût lieu, quel qu'en dût être le résultat. Il fit aussi ressortir, comme lord Lindsay, la différence qui se trouvait entre les deux armées, les Anglais ayant une foule de soldats d'une basse naissance, tandis que l'armée écossaise contenait l'élite de la noblesse. Furieux de ces remontrances, Jacques lui dit d'un air dédaigneux : — Angus, si vous avez peur, vous pouvez vous en retourner.— Le comtes après un propos aussi offensant, quitta le camp la nuit même ; mais ses deux fils restèrent, et ils périrent dans la funeste bataille avec deux cents guerriers du nom de Douglas.
Pendant que le roi Jacques était dans cet état d'exaspération, le comte de Surrey s'était avancé jusqu'à Wooler, de sorte qu'il n'y avait plus que quatre à cinq milles entre les deux armées. Le commandant anglais cherchait un guide qui connût le pays traversé par de hautes montagnes. Un guerrier monté sur un beau cheval, et couvert d'une armure complète, se présenta devant le comte , et fléchissant un genou en terre, il lui offrit de lui servir de guide, s'il pouvait obtenir le pardon d'une offense dont il s'était rendu coupable. Le comte le lui promit, pourvu qu'il ne s'agît ni de trahison envers le roi d'Angleterre, ni d'une offense
-|)éi«oiY9«ll«eir^^ttriéctoiT«e, e^imes^M^fiPey^âéeliii^^Viié ^rdoiMiertaviijaiMis. -^^A^Die» iie'f)lft<ree, <Ur le •dftwlier, 4]ii6^J^aie
tières et qui cherchait tôHies tes «<M3àaii»«s de 'tdarmetiier ksb *Ai}'fifla«9.
Eu 4f8atit*ee6 tt>cils,'it^teim k'vièièpie dii easitaè <pii ^tti cacflvAft la'éigure, m. le teoild dé StarreyreodniMit Hdroil^le-Bâiard, qii «vaît pris imrt à l^^A9^»t de sir'R«l»ereHcer, eonme je tchié l^ai raconté. Dan&Wfy-fyai^il-iiiénMiit, le (3€»nte lui pardonna ^^ ieotiei^s le meitrtfe d^o n Ecossais, et II le reçut avec d'auiani plus de plaisit dtirs ses'rafigfi, que eet-aneien |yroscrk> qui n^avftit ^eu qée de dépiNâdatkms ceutitiaeliés , coiiitai»sait à merveiHé tous les seatiers étions les passages qui conduisaient aux frontières.
L'armée éeossavse avait établi son camp sur la colline de Flodden*, qui s'-élève À Fexttéaméde la vaste' plaine de Milllield. Sar B cf tc eoUine il 7 avait ime iitHnense p^ate-forœe, où les Ecossais ^avciiem i^gé lêti^^rlnëe'en batailte, et où ils vattendaient^e pied ferme Cënftieim, si toutefois il sediécidait à les attaquer. Surrey vit qu'il ne pouvait «ittaqtier 4e roi dafifs une pareille position sans avoir un désavantage «marqué, et it résolut de tenter s'il ne serait pa^p09Silllede-t*en'titer. H envoya un Ijérailt ihvîtér Jacques à d&suefidi« dan«'ki vto^e plaitie de ^iMtleld , et'luirappeier Tem^ jpréssemëtit'avec4eqtieHl'a*vait aeœpté son premier défi, lui donftani à entendre que tétait yopiiiion des-chevÂliers anglais de son «rmée, qiie te réi «è pouvait différer le edmhat sans compro* mettre son hontkïUf.
Nous avons vu queifaoqucB é^it asUèiiK impinideat -et assez «é* mérairevmais son impétuosité n^AUâit pourtant -pas encore jd8* qu'au point que 'Sttrrey supposait peui*être. 14 refkisa de recevoir Feu voyé ^eii sa présence , ^ 9è éotitenta de fàtre répondre qae le message Hâtait pisis'lélqo^ilooitvtattit'à Ha eôtifted'en ewoyerà ttp roi. *
Surrvf , qui m^nqu«lit de vivnes , ae> vit?4b)i^ de recourir à «a «ocre stratltgèfne'pour tâtor les Ëeossftis de leur inaction. Iisedf« ngoaver^ 4e nord, pas6ai'telongde4acolliiiedeFlodden, en ayant soin de se tonifr b«irs de portée de l'^niileriie écossaise ; puis ayant Itaversé ie TiM, près du cliâteau de Twisell, il se plaça avec toute son armée entre Jacques «t son Yoyaume. Le roi le teisseiopéref et» movvomeiii «saiu oli4(olker à l'imerfdmprey quoiqu'il 4iii\^
MBMfBlK SËRffi. 19»
Aéfiiéilè de tr<mT«r bien dés occasions fovorâl>ltss potir attaquer les Anglais. Mtiis lorsqu'il vit Parmée anglaise postée de manière à- lut fermer lectiemin de ses Etats, it commença à prendre l'tekrAie. Un Anglais nommé OilesMusgrave, qu'il consulta dans cette circonstance , redoubla ses craintes en l'assurant que s'il ne dépendait pas delacoHtne pour livrer bataille aux Anglais, le comte- de Sttrrey entrerait en Ecosse et ravagerait tout le pays. Dan» eette appréhension , le roi résolut de donner le signal de ce
Les Geossats commencèrent par mettre le feu aux cabanes qu'ils avaient oonstrmtes, ainsi qu'à tout ce qui se trouvait d^inutiledans leur eamp. La fumée se répandit lé long des flancs de la colline,, et cachée sous ce voile impénétrable -, l'armée du roi Jacques descendit l'éminerice, qui est beaucoup moins escarpée du côté du nord que du coté du midi , tandis que les Anglais s'avançaient à sa rencontre, enveloppés également dans l'épais nuage qui s'était dirigé de teur cèté.
Les Ecossai» marchaieni; sur quatre colonnes toutes parallèles les unes aux autres, et ils avaient pour réserve les* hommes du Lothian , commandés par le comte Buthw«lk Les Anglais étaient aussi divisés en quatre Corps, et leur réserve se composait d'im corps de cavalerie conduit par Daere.
L'action s'engagea par l'aile gauche des Ecossais, dirigée par lord Home qui renversa et mit en désordre l'aile droite de l'armée anglaise, commandée par sîr Edmond Howard. L'étendard de sir Edmond Ait pris, et il courait lui-même le plus grand danger, lorsqu'il fut secouru par Heroh-le-Bâtard , qui accournt à la tête d^une bande A'aa^aws ' déterminés comme lui et délivra Howard. Plnsieui^sr écrivains écossais reprochent à lord Home de n'avoir point profité de cet avantage pour aUer soutenir là seconde division de l'armée écossaise. On prétend même qu'il répondit à ceux qui le pressaient de voler au secours du roi, — qu'on avait bien asse£ à faire ce jour-là de se battre pour son compte et de se sauver sei-méme. Mais teiN; cela paraît inventé peur inculper Home «tcnplicfuer'la perte dé la bataille autrement que par la supério» r^ des Anglais. Ce qui pardîi prouvé , c'est que la cavalerie an* glaise, commandée par Daore, qui servait de corps de réserve» , tibt les vainqueurs «â respect, tandis que le loi^ grand^amind»
'Y* Ph>Bcrits , hors làloi.
200 HISTOIRE D'ECOSSfr.
Thomas Howard , ^i commaiidait la seconde division de l*armée^ anglaise I fondit sar la colonne dirigée par Crawfurd et Montrosey. tua ces deux capitaines et mit leurs soldats en pleine déroute. Voilà comme les choses se passèrent à la gauche de l'armée écossaise.
A l'extrême droite, une division de montagnards , composéedes^^ clans de Mac-Kenzie , de Mac-Lean et autres, et commandée par les comtes de Lennox et d'Argyle , fut tellement harcelée par les flèches des archers anglais, qu'ils rompirent leurs rangs, et malgré les cris et les prières de de La Motte, l'ambassadeur français, qui fit tons ses efforts pour les arrêter , ils se précipitèrent en ta* multe en bas de la colline , et étant attaqués en même temps en flanc et en qaeue par sir Edouard Stanley à la tête des troupes des comtés de Ghester et de Lancastre , ils furent complètement taillés^ en pièces.
La seule division des Ecossais dont il nous reste à parler était commandée par Jacques en personne, et était composée de sesnobles et gentilshommes les plus distingués, dont Tarihure était si bonne, que les flèches n'y faisaient qu'une impression légère.^ Ils étaient tous à pied; le roi lui-même était descendu de cheval. Ds attaquèrent le corps commandé par le comte de Surrey avec une telle fureur , qu'ils eurent un moment l'avantage. Ils culbutèrent les escadrons ennemis, pénétrèrent à peu de distance de Tétendard du comte, et Bothwell amenant la réserve, Jacques se flattait déjà de gagner la bataille. Mais, dans ce moment, Stanley, qui avait mis les montagnards en pleine déroute, vint prendre eu flanc.la division du roi, tandis que l'amiral, qui avait yainçu^ Crawford et Montrose, Tattaquait de l'autre coté. Les Ecossais montrèrent le courage le plus intrépide. S'unissant à la réserve commandée par Bothwell, ils se formèrent en cercle, présentèrent leurs lances de tons les côtés à la fois et combattirent avec le plus grand acharnement. Les arcs étant alors inutiles, les Anglais s'avancèrent armés de leurs hallebardes , qui faisaient d'horribles blessures. Mais ils ne purent forcer les Écossais ni à se re-^ tirer, ni à rompre leurs rangs, quoiqu'ils en fissent un carnage affreux. Jacques lui-même périt au milieu de ses braves pairs et de ses fidèles genlilshommes. Deux fois des flèches le blessèrent, et enfin un coup de hallebarde l'étendit mort. La nuit arriva sans que la bataiUe fût entièrement terminée ; car le centre de l'armée écossaise se maintenait toujours à la même place, et Home et
PREMIERE SICRIE. 301
Dacre se tenaient l'an Taptre ea échec. Mais pendant la nuit, le reste des Ecossais se retira dans an morne désespoir da champ de bataille , sur lequel il laissa son roi et Télite de sa noblesse.
Cette iKictoire éclatante et décisive fut remportée par le comte 'de Sarrey le 9 septembre lôl3. Les vainqueurs perdirent environcinq mille hommes; les Ecossais » deux fois ce nombre pour le moins. Mais ce n'est pas seulement le nombre des morts , c'est leur rang et leur qualité qu'il faut considérer. Les Anglaise perdirent très peu d'hommes de distinction, tandis que les Ecossais laissèrent sur le champ de bataille le roi, deux évéques, deux abbés mitres, douze comtes, treize lords et cinq fils aînés de pairs. Lenombre des gentilshommes qui périrent est incalculable ; à peine y a-t-il une seule famille en Ecosse qui n'y ait perdu qijelque pareoit*. Les Ecossais se montrèrent très disp€||és à contester qu/e Jac* ques IV eût péri dans la bataille de Flodden. Les uns disaient qu'il s'était retiré du royaume , pour entreprendre un pèlerinage à Jérusalem. D'autres prétendaient qu'à l'entrée de la nuit, aa moment où le combat touchait à sa fin , quatre grands cavaliers, avaient paru tout à coup sur le champ de bataille, ayant chacun, un bouchon de paille à la pointée de leurs lancés, pour se reconnaître facilement l'un l'autre; qu'ils avaient fait monter le roi sur un cheval brun , et qu'on l'avait vu traverser la Tweed avec eux.: Personne ne prétendait savoir ce qu'ils en avaient fait; mais on supposait qu'il avait été assassiné dans le château d'Home; et je ine rappelle qu'il y a environ quarante ans, des ouvriers, en curant le puits de cette forteresse en ruines, trouvèrent un squelette enveloppé dans une peau de taureau, et ayant une ceinture de fer autour des reins. G'étmt sur cette ceinture de fer que les. Ecossais s'appuyaient pour démontrer que le corps de Jacques n'était pas tombé entre les mains de leurs ennemis, puisqu'ils n'en avaient pas produit cette preuve irrécusable. Ils prétendaient donc que le corps resté au pouvoir des Anglais n'était pas celui de Jacques , mais celui d'un des officiers de sa maison, dont plusieurs^ disaient-ils, portaient la même armure que le roi.
Mais ce sont de pures fables inventées et propagées parce que le peuple aime ce qui est mystérieux ^t qu'il ajoutait volontiers foi à un récit qui tendait à priver ses ennemis d'un, trophée aussi illustre de sa victoire. Tous ces bruits sont contraires au simple bon sens. Lord Home était le chambellan de Jacques , et il possé-^ dait toute sa confiance; il ne pouvait rien gagner à la mort du roi^
et nom détona I^ftoqnitier d^uti grand trime ^tfid tiPàràït làticOtt ittiérèt à cominettre. VotiB vtfrét ttême bientôt que k mort de Jacques entraîna la ruine du comte.
H parait ctriain que le roi portait tiabittrellemetit cette ceiii* tare de fer , en signe dti regret que itd causaient !a mort de ^xni père et la part qu'il y avait prise: mais ilu'est pas invraisem- Uable qu'il déposait un poids aussi gênant un joui* de bataille; ou bien encore ^es Anglais peuvent Tavoir trouvée et Pàvoir jetée à l¥cart comme un objet de nulle valeur. Le corps qu^ils afldraèrent être celui de Jacques filt trouvé sur le champ de bataille par lord D'acre, qtii le transporta à Ëerwiik, et le présenta ail «eemte de Surrey. Ces deux seigneurs connaissaient trop bien la personne de Jacques pour avoir pu s'y méprendre. Le corps fut aussi reconnu par degx d^ ses plus fidèles serviteurs, sir William âeott et sir John Fordman , qui fondirent en larmes en le voyant.
Ces tristes restes eurent un sort aussi bizarre que révoltant. Ik ne furent pas confiés à la terré, parce que le pape, qui , à celte époque, avait foit alliance avec l'Angleterre contre la France, a^it lancé contre Jacqnes une sentence d'excommunication , de sorte qu'aucun prêtre n'osa leur rendre les dierniers honneurs. Le corps royal fut donc embaumé et envoyé au monastère de Sheen, dans le comté de Surrey. Il y resta jusqu'à la réformaiion, époque où le monastère fut donné au duc de Suffolk ; et depuis lors , le eercueil de plomb qui le renfermait fut relégué de chambre en ebanibre, comme on fait d'un meuble qui ne sert plus à rien.- Stowe l'historienJe vit gisant dairs un grenier, au milieu de vieilli!^ charpentes et d'un tas d4mmon4ices. — fjuetques ouvriers désœuvrés, dit le même écrivain, s'amusèrent sottement à scier ta tête» et un nommé Lancelot Young, mahre vitrier de la reine Elisabeth, trouvant qu'elle exhalait une odeur agréable, sans dbute à cause des parfums qui avaient servi k rembf»umer, l'emporta chez lui et là garda pendant quelque tefmpS; mais il finit par la donner att sacristain de Saint-Michel dans Wood-Street, qui l'enterra dana te charnier.
Ainsi finit ce roi qui uv^ait été si ftet et si puissant. La fatale bataille de Flodden , dan^ teqiAte il périt avec presque toute sou armée, est regardée a^c raison comme Tun des évènemreiisllS^ pliiB désastreux de l'hiftoire d'Ecos^.
CHAWTRE XXÏi.
iépouÂe le comte d'Angus. — Le diiq d'Albany est rap|)ete de France* •— Démêlés entre son partij^ .'celiM de 'Hlod^uerile* -s^ Lutte satiflmile' «atr«^ les 'BthfgfM «| lès'4taiid1toos dans High*$lreet ït
hk défaite de FledAen plongea tonte TE'cosse Aatis le deuil et daps le désespoir; on ne Ta pas encore odbliée daiis les provinces du midi , dont les 4)aMtmna , soldMs par caractère ainsi que par leur pefskton , fornàaienthi partie la plus considérable d'eis troupes restées avec le roi, et duns lesqeelles jiar conséquent la perte se fit le plus aflièrement sentir. "Preitqne toute la population des villeft frontières du second ordre, lelles qneSelkirk,'Hawick, J'edburgh» fut anéantie ; et leurs lydUades^et'l^urs traditions répètent encore auj<Hird*hui tout ce qti^eHe& eurent alofr^s à souffrir.
Non-seulement un très grand nombre de nobles et de barons, Il
qui leiÉr naissatiee accordait le prrVilége honorable de rendre la
justice et de ttiatiii^ëhir le bon' ordre diins leurs domaines, maî^
tnème les^maj^isti^ats des<boargs, <]fui,*presqueftous, étaient restés
«vec l'armée, avaient péri sur le ehâmp de bataille; de éorie que
l'Ëeosse semblait être likissée sans défense, et qu'on eât dit qu'il
était aussi' fisicite de Fetrvahîret d*en faire la conquête,' qu'it l'avait
été après 'les batailles de Dunbàr et d^Halidon&Hfll. Cependant,
au miiteii de cette crise terrible, 4e eoutage intrépide du peùpfe
d'Ecosse se éioiitra s<itiB son plus'beàii- jour. Il n^était personne qdi
nefàt prét4 eottlbàf tre,persorine'(jtii , tirant une nouvelte énergie
de l^excès même du malheur, u'aimdt'mflle foie mieux opposer uik^é
noble resistatiee, >|Uè de se résigner aut eéitséquences fnnesteà
^'«ae^âéhè^yiMietion n'iftUrait'pu manquer d't^tratneir.
Hdimbout^', fa eapitale de l^cosse , fut la première à doiiiié^ Fe^ieoi^, et ià 'motitf^r comment on ^ok agir daris les grandéa ewlamités nationales. Le. prévêt, les bMHKs^tles' magistrats' de là ▼îHe a vuietft survî te roi à Farinée, etpl^escfiie totts' îfe avaient'paplagé son sort, ainsi quelles bourgeois et 'les dtoyens qui s'étaiedt nq^és sous leurétendafrd.Onayait 'nommé, pour les remplace ffondantleur absence, utiedcHnttdsâioildepl^siénfaitHîinbresqn'oil appelaiit>j»;iMfe«riiif , et ^tti avàîëil#<pt»«r ^riiéf SM^'I^wrfl dTM^
yerleith. La bataille se donna» comme nous l'avons tu, le 9 septembre ; le lendemain 10, la nonvelle en fut reçue à Edimbourg, et le jour même George Towrs et les autres présidens publièrent une proclamation dont il n'est pas un seul pays en Europe qui ne se Ct honneur. Les présidens devaient savoir que tout était perdu ; mais ils prirent toutes les précautions nécessaires pour empêcher le peuple de s'abandonner à une terreur panique, et pour pourvoir à la défense de la ville.
— Attendu, porte cette proclamation remarquable, que nous avons reçu la nouvelle, encore incertaine, il est vrai , de malheurs ariivés au roi et à son armée, nous recommandons et nous enjoignons strictement à tons les habitans de préparer leurs armes, et de se tenir prêts à se réunir au premier son du bourdon de la ville, pour repousser tout ennemi qui tenterait d'y pénétrer. Nous dé* fendons en même temps aux femmes du peuple et aux vagabonds de toute espèce, de courir les rues en poussant des cris et en faisant des lamentations ; et noi|s recommandons aux femmes honnêtes de se rendre dans les églises, et de prier pour le roi , pour son armée, et pour nos voisins qui sont dans l'armée du roi.
Voilà comment le brave George Tûwrs sut empêcher qu'on ne répandît le trouble et la terreur dans la ville par des lamentations inutiles, et sut en même temps tout préparer pour sa défense, si elle était menacée. La simplicité de cette proclamation montrait le courage et la fermeté de ceux qui la publiaient , dans des circonstances aussi graves que celles où l'on se trouvait alors.
Cependant le comte de Surrey ne chercha pas à envahir TEcosse et à profiter de la grande victoire qu'il venait d'obtenir pour en tenter la conquête. L'expérience avait appris aux Anglais que, s'il leur était facile de vaincre leurs voisins du nord, de ravager des provinces, de prendre des villes et des châteaux, la valeur opiniâtre des Ecossais et leur amour pour l'indépendance parvenaient toujours à les expulser de leur pays. N'écoutant donc qu'un esprit de modération et de sagesse très louable, Henry ou ses ministres préférèrent se concilier l'amitié des Ecossais , en négli^eanl les avantages immédiats qu'ils auraient pu tirer de la bataille de Flodden , plutôt que de commencer une autre invasion qui , quel* ques maux qu'elle pût causer à l'Ecosse, n'aurait eu probablement, comme dans les guerres de Bruce et de Baliol , d'iautre résultat que d'entraîner» les Anglais dans de grandes dépenses , de leur faire perdre beavcoup.de monde, pour qu'ensuite ils fassent repousses
afi*delà des frontières. Ils se rappelèrent que Blarguerite, la Tenye de Jacqiiesy était la sœur da roi d'Anglelerre, qu'elle allait devenir régente du royaume , et qu'elle serait naturellement favorable à sou pays natal. Ils savaient que la dernière guerre avait ét^ entreprise par le roi d'Ecosse contre la volonté de ses sujets; et, par une politique aussi noble que sage, ik aimèrent mieux amener l'Ecosse par la douceur à redevenir leur alliée, que de s'eu faire une ennemie irréconciliable par Tinvasion et la violence. La guerre ne continua donc que sur les froutières, sans.qu'il lût fait, ni même qu'on parût projeter aucune attaque sérieuse contre l'Ecosse.
La reine douairière, Marguerite, devint régente du royaume, et tutrice du jeune roi, Jacques Y, qui, comme cela n'était déjà que trop souvent arrivé, n'avait que deux ans lorsqu'il monta sur le trône.
. Mais Marguerite compromit étrangement son autorité en contractant un mariage imprudent et précipité avec Douglas , comte d- Angus, le petit-tib du vieux Auache-gfelot. Ce célèbre personnage n'avait pas survécu long-temps a la fatale bataille de Flodden, dans laquelle ses deux fils avaient péri. Son petit-fils, l'héritier de son grand nom, était un beau jeune homme, aussi noble que brave , ayant toute l'ambition des Douglas, ainsi qu'une grande partie de leurs talons militaires. Mais il étais jeune, téméraire, sans expérience ; et son élévation , lorsqn'd reçut la main de la reine régente , excita la jalousie de tous les autres seigneurs d'Ecosse, qui craignaient le nom et le pouvoir des Douglas.
La paix fut alors conclue entre la France et l'Angleterre, et TËcosse fut comprise dans le traité ; mais à peine peut-on dire que ce fut un bonheur pour eUe, si l'on considère l'état de détresse où se trouva le pays, qui, n'ayant plus à craindre les ravages des Anglais , se replongea avec plus d'aniimosité que jamais dans ses querelles et dans ses divisions intestines. La nation , ou plutôt les nobles, mécontens de la régence de Marguerite, surtout à cause de son mariage avec Angus et des airs de hauteur et d'autorité que prenait ce jeune seigneur, pensèrent alors à rappeler en Ecosse 3ohn , duc d'Albany , fils de ce Robert qui avait été banni sous le t'ègne de Jacques III. C'était le plus proche parent du jeune roi , puisqu'il était cousin-germain de son père. La reine était regardée généralement comme ayant perdu ses droits à la régence par son mariage , et le retour d'Albany causa une satisfaction presque nniverselle.
i»^ H19I0IIK
propriétés coradérablas, pairak aîM^hrt^Hkjmim'pfiéférébs'mtéi^ de ce royauiM^à ooàm de V Bicorne y* à faK|ueUe il uelenaîii que jMtr deslieus.de paraïUé. Q%tml iaii%>aiaMiaiMete^pttwiSDtiéy prompr à embrasser une e^ieu^ *aiisa} pyonipt à «n -diànger, smtaas* rinfluence dv oaopneiil^'Siinéoiimgie paQt èfrte'auspeuléayeô raison; . et sans être tOHt-à*Eaiit{:lipik^ti| n'afait oeriaiBeitieirt pasbi sagesse^ qui eût di!^ caraoiéri9j$f i^bêmné fchairgé'de^'goaireriier (Ecosse»' Cependant coume il a^i t apponlè de IFfénuo» des sôntînes cbnsidÀ* râbles y, que ses maiiières.étaieiife.afréables, sa naiësaàce'iUasAre^ et ses droits assez lundés» il. ii'e«tpa»de pfeiive à i^^eaifiSFter sur la reiue Marguerite , sur le cQlme df Ai i gns «ba éfùixsLj et sur les sei* gneurs qui s'étaient déulai'és^pfNMr eux.
Après beaucoup de troubles iuiérieurs, la reine Marguerite fot' obligée de quiM'er l'Siuoss^ y.tbjéttsé rdf ag«ev«a «la echit'de sdù ivètef où elle accoucha. d'une tillei, kuly Mai^gnarite^Uonglasv dent nous; aurons plus tard à tous. reparler, Peiidacit ee temps , soà parti eà^ Ecosse éprouvait une nouvelle perte» Lkord Home était uii de ses plus zélés partisans; c'était lemÔHieseignettrc^ a^ail.èemiiaud£ l'aile gauclie à la batailte. de Fioddaii, ei qui avait vaiueif la di^i^ siou qui lui était «ipposée» flM* dont la cè«Hlaitie>a(vait exeité d'é» traiiges soupçons p^ad^^qu'il a^éiait p«s allé aeidourir là restede raruée épossaise^ Il fuialtisé/aveo^es ^res à'Edi«iboiif^, où-ila funeut^ arrêtés r. jugés et déeapitéb , sans ^'on saishe ce dm^^oit kaaccusait. M^isoei^^ctederigoeur^^aa lieU dr>eeniiHner la pnis^ sance d'Albauy^^ me fii qir'0Réiier; la-itaiiie «t Isrte^reuiï , ^éi sa (Position devint si. oiitiipiiei^ qim^ étam de soceet* dèl'i&iiiaiâé , il àt) parlait à ses amis» ij^ dMs Jm termes du plus profisatt désespioir > regret^ant^de n«^pas:s'4M^ castté^la jambe alors qu'it s'étiit'airraehé lui repos^et kUu tnanqailblésdettl'il jéussiÉt en Fnàace poup^pt^n^ drele gonvememeot d'u» pi^iè amsi miimkM el aasii dtvi^ que TEçossei Ëufin^ il.orulcpitmdl^ut'dft^ sei^tirdr en.FMM)èy et pien» dani son abseoice il confia U.gai de^des fifoniièrea à n» brave cbs" vmlier frauçaia, nomoié d^La Itestie,. quJijoignait^'Féxftérîeur la pins agi-éable'U» courag eântrépidet, 'mais qai étakdéstlaé ^ eomdie nous allons le voir ^ à «ne.fi» inagi^é.
Cette charge de Gardien avait apparteiMt. à lood HimÉeV et 8es> iionibrett&.e|..ptt^safu$ amie.9 qui baèitaiaai la frontièrede l'esti, plus particutièreçieat soi|n|is<ei; à L'aatoifit4 dufîiardien, brftbîeBts également de venger la mort de leur Chef» et de secouer le jociy
d^on étMtnger comneds LaBastiei favori d'Alban;, par Tordre duquel Lord Home avaii été exécuté. Sir David Home de Wedderi» ]»uru , lUi des plus faroudies du nom, dressa une embuscade ali màlheureusL Gardiea.(0rès delian^n» daesk comté de Berwick.. De La Bastie fîit obligé de prendre la fuite , et de «hercher à ga* gner le château de Duubar. Mais», pris de la ville de Danse» soii cheval s'enchevêtra deujs un lerraia marécageux; ceux qui lè poursaiv€Ûent ratteigoirent p^l le. mir^iit à mort. Sir David Home lui coupa la tête, Vs^ttactisL à l'airçiia desa aeUe par les longs cheveux que de La Bastie portait ». entra eii triomphe dans le châteav de Home avec ce trophée, et le plaça* sur une pâqye au haut de la tourelle la plus âevée. Ou dit que les cheveux sont encore déposés dans les archives de la famille. Wedderburn crut faire une action brave et héroïque en vengeant, pai> ceral&nement de cruauté 1^ mort de son Chef et de son.par^U| sur le confident et le fiavori du régent, quetqu'il ne paraissepas quede La Bastie eût en la moindre part à reitéi;iitioa du. lord Home.
Le déclin du pouvoir d' Albany permit à la reine Marguerite de revenir en £<m>si^ avec son époMX, kissant leur^eune (ilte sens là tutelle du roi Henry, son. oncle maternel. Mais à peine de retour» la i;eine douairière eut des querelles très vives avec Angus, qui s'était emparé de ses revenus, et qui n'avait pour elle ni attentiooe ni égards, vivant avec d^'autres iemaes, et lui donnant toutes sortes de sigets de mécontentement. Euhn les choses en vinrent an point qu'elle se sépara de lui, el qu'elle £it tous ses efforts pour obtenir up divorce. Ces ^erdies domestiques diminuèrent die beaucoQp Impuissance d'Aiigus; cependant H était encore l'un def premiers seigneunsde VBcosse, et il aurait pu parvenir au gpi^ ver nemeut suprême du royaume , si son influence n'eût été ha* iancée.par celle du cofflle d'Arran.
Ce seigneur était le chef de la grande famille des Hamiltons^ qui étaient aUiés à la- ffunîMe roy^ale , et il avait des possessions ai étendues^ que, quoique inférieur ait>eomte df Angas sous le rapport des qualités persenneltes., il pouvait, grâce à ses richesses, dis» ]|uter à ce chef des Douglas l'administration souveraine. Tous ot presque tous les grands personnages de l' Ecosse se liguèrent avee l'un ou l'antre de eea.piiiésans oemtes, qui soutenaient ehaftun leurs partisans, sans s'inquiéter qpi'ils eossent tert ou raison, (Ed foi opprioateot ceux du' plant* centr^eau gré de leurs eUpiieel stisaos fo»me$4e proctès^ Dam» eet éiail d'anarefase, il était im|MM^
sible an citoyen le plus obscnr d'obtenir justice dans la réclamation la plus fondée, à moins qu'il ne fût sous la protection d'Angus ou tl'Apran; et, quel que f4t celui des deux auquel il s'attachait, il était sûr de s'attirer la haine et la persécution de l'autre. Sous prétexte de prendre fait et cause pour leur Chef , les hommes pervers et dépravés commettaient toutes sortes de violences , brûlaient , pillaient , massacraient , et prétendaient n'agir ainsi que dans Tintérêt du com*e d'Angus, ou du comte d'Arran, son rival.
Eufin , le 30 avril 1 520 , ces deux grandes factions des Hamiltons et des Douglas se réunirent à Edimbourg pour assister aux ■séances du parlement ,• et Ton s'attendait généralement que les seigneurs des provinces de l'ouest prendraient le parti d' Arran , et que ceux de l'est se rangeraient du côté d'Angus. L'un des partisans les plus redoutables d' Arran était rarchevé.jue de Glascow, James Reaton , célèbre par ses talens , mais malheu *eusement plus encore par son inconduite. 11 était alors chancelier d'Ecosse , et le& Haniiltons se réunirent dans son palais , situé au fond de Blackf riars- Wynd , une de ces ruelles étroites qui mènent de High-Street à la Cowgate. Les Hamiltons , voyant qu'ils étaient les plus nombreux de beaucoup , étaient à se concerter sur les moyens d'atta* quer les Douglas et de s'emparer d'Angus. Celui-ci , apprenant ce qui se tramait , leur envoya son oncle, Gawain Douglas , évéque de Dunkeld, qui avait la double réputation de savant et de poète ^ pour faire des remontrances à Beaton , et lui rappeler qu'en sa qualité d'ecclésiastique il était de son devoir de chercher à mainlenii^ la paix. Angus allait jusqu'à offrir de sortir de la Yille , si on lui promettait de protéger sa retraite et celle de ses amis. Le chancelier avait déjà endossé l'armure qu'il portait sous son rochet, ou habit d'évèque; et, lorsqu'il répondit en posant la main sur son cœur: — Je ne saurais, sur ma conscience, empêcher ce qui va arriver, — on entendit résonner sa cotte de mailles. — Ahl Milord, répondit l'évêque dé Dunkeld, il me semble que votre conscience est bien sonore ! Et le quittant à ces mots , il se hâta de' retourner auprès de son neveu le comte d'Angus , et de l'exborter à se défendre en homme de cœur: — Pour moi, dit-il, je Tais aller dans ma chambre prier pour vous.
Angus rasisembla ses amis, et il se hâta, en habile capitaine » d'occuper High-Street, alors la seule grande me dTdimbourg. Les'habitans étaient pour lui, et des lances furent distribuées à ceqx des Dougla» qui n'en avaient pas, ce qui leur donna un graad
ayaotage sur les Hamiltpns, qm n'avaient point d'armes plas longnes que leurs ëpées.
Pendant ce temps , sir Patrick Hamilton/ homme sage et mo» aéré y conseillait fortem^itau comte d'Arran, qui était son frère, de n'en pas venir aux mains; mais an fils naturel du comte, sir James Hamilton de Draphane, d'an caractère farouche et cruel, s'écria que sir Patrick ne parlait ainsi que parce qu'il avait peur de se battre.
— Ta en as menti , infanie bâtard que tn es I s'écria sir Patrick ^ une fois le combat résolu, je mte battrai, moi, tandis que ta n'oseras pas te montrer.
Aussitôt ils se précipitèrent tous vers High-Street, où les Dou-^ glas se tenaient prêts à les recevoir.
Mais les Hamiltons, quoique très nombreux, ne pouvaientjoindre leurs ennemis qu'en sortant par les petites allées étroites qui conduisent dans cette grande rue, et les Douglas les avaient , barricadées avec toutes les charrettes , tous les tonneaux et toutes les planches qu'ils avaient pu trouver. Pendant qu'ils s'ef** forçaient de se frayer ud passage, ils furent attaqués vigoureu*sèment par les Douglas, qui étaient armés de piques et de lances , et le' p^it nombre de ceux qui parvinrent à se faire v jour furent, immolés ou mis en pleine déroute. Le comte d' Arran et son fils lé* bâtard furent fort heureux de trouver une charrette à charbon, qu'ils déchargèrent, et sur .laquelle ils prirent la fuite. Sir Pa*trick HamUton fut tué avec beaucoup d'antres, périssant ainsi^ dans une escarmouche qu'il avait fait tous ses efforts pour empé* cher. Ce qui ajouta beaucoup à la confusion, ce fut riarrivée soudaine de sir David Home de Wedderburn, le cruel Chef des fron^ tières qui avait fait périr de La Bastie. Il venait au secours d'Angos à la tête de huit cents cavaliers, et voyant que Taffake était déjà commencée, il pénétra dans» la ville en enfonçant une des portes à coups de marteau. Les Hamiltons s'enfuirent dans le plus grand désordre, et les conséquences de cette échaoffourée furent telles, que les habîtans d'Ëdimbonrg l'appelèrent k ba* layage des mes, parce que la faction d'Arran avait été en quelque sorte balayée de la ville. Cettje espèce de victoire donna un grand avantage à Angus sur son rival dans les querelles qu'ils eurent encore par la suite; mais. elle présente un triste tableau. des temps où de s^nblables combats pouvaient s'engager au mi«> Ueu des rues d' une grande ca]^tale«
'Il I ■'
tHO BI9rO«K
Ifn «n aprèt^ollelMLUdUe, le duc d'Albatiy revint de FfMùi ppar reprendre la régehee. Il paraît qu'il fui «iMMMirags^ à ceiM démarche par la roi de lyMice, tqw désirait rsieeuvrer soâ iaf mMeavr la<|;»a vernenittAt d'Suotte^ et qni regardait a^mec raison AngKs comme f ami de- r^ti^eitrre* Le régeni ayant r#i9Bt k re« preadve en mains les Tèmeê defadmtmatratian, Atigtis fat à ses aenr oMigé de se ratiiw en Rmoce , où il «nplojra ai bien soa tempa qu'il eu revint avec beaucoup plus de sagettse (et d'expé* rônœ qu'il n'en avait avant son exiU Aibany an contraire ne Montra ni pins de prudence ni plus de fermeté que dans sa pre* mière administration. 11 (it beaucoup en paroles et peu en eK^s, H reaqiit ià paix vmc FAtigleterre, et y fit une invasion à la léte ^'une nombreuse armée, puis il conduit une trêve déshonorante ^Bvec iord Daere, qiâ commandait les troupe» anglaises snr k frontm^f et «e vetirà sans coap férir et sans même laêre la moindra .tentative qui justifiât les ianfiiroiinades qu'il sNétaii per&irseSii Cette feonteese et tâche conduite excita le mépm de la nation écossaise I et le dno jugea nécessaire de retow*ner encore une fins en France, afta de chercher à obtenir du gouvernement des troupes ei de l^aqgent pour se aMdnienir dana la régence-, q«i^i çemMait exercer platftt dana l'iuténêt de ve paya que dana cka! dfil'ficosse*
Pendant ce temps, lea Anglais entretenaient la ^^aerre é[o^AU bacr^ avaift eu Titopradenoe de raHwmer» en laisant des incursiona aussi fréquentes que naeartTiéres sur les fipontièipes de leurs ennemis. Pour que vous puissies juger tfomfeien ces escarmooches étaient terribles, et avec quelle animosité l'on aehatiait de part et d'autre y je vais vous raconter la prise de Jedburgti , qui arriva ners cette époque.
ftepuis que la vîHeet le cUUeau de Rôxbnrgh avaient été dé» traits-, Jedbm^h était la pryncîpale ville du comté. fiUe avait de fortes asaruilles, et ses habiians étaient exercés aux combats que leur voisinage des> frontières ne rendait que trop fpéqucaw pour eniu ^rès de la viAe étaient aussi ces montagnes où hdbftaient les plus vntrépîdes des (4ans éoessats.
ftio c<^aste de Sorrey, (As de celui qui avait vaincu les Bceasaîs* à Phidden, et qui était alors duc de Morfolk, s'^avança de Aerwicit à Jëdburgh,.en déceadMre l^tl , avec une armée d^virdu dix mlUe hommes^ Les obéfs écossais des frontièves u'avaieua i ep» poser à ces troupes bien disciplinées ^pie quinze ii èic4niifc 'ceuila
4e lewt partisacui ; isais c^éuÛHit %om Ivayos soldait, d^itieîiitrépidité telle, qoe le général aii^aia , <|tti avak bit la yi o r rt dai|s lilnéiaors paya» déclara qu'il tfieu «Tait janais t« de pareila* — & Pon pouvait raMeariiiiçr q«araiile mille hommes comme cenn là y dit Surrej, lien an monda ne aeraii capable de leur résiiAce. Cependant la force du nombre remporta 9 et les Anglais pmneat la place d^assavt. Il j avait daas l'tiitérieiir de la ville ain fortes tfxwts^ qai eonûauèreut à tenir, même après que TeiiDemi se fiot readn maître des renàparls» Elles scwaieut de résideaee à di^ gentilshommes de distiaotioa^ étaieiit entourée d'f^isses miK nnUea, et pouTaieat résister loog*leaBpa. L'abbaye était aussi oeeupée par les Ecossais, qui la d^eudateut avec un courage béroï<fue. La bataille se prolongea juaqu^aii milieu de la nuit, et les Anglais n'eurent d'autre moyen de compléter la Ticteire que de mettre le feu à la ville* Geai qui étaient rcufermés dans les tours «t dans l'abbaye ne se rendirent pas psar esta, et mèuie, dans eetts extrémité terrible , ils coatiaiiièreut à se défe^idre.
Le lendemain , lord Dacre fin envoyé pomr attaquer le cbâieaii de Paîmyherst, à environ tiiois milles de Jedburgky forteresse féodale habitée par eel André Ker, chef de olan redautaUe, dont jious avons déjà parlé* 11 Ait pria, mais les assiégeaos firent de f^andes pertes. Dans la soirée , lord Daere» e<mtre le^ ordres de Snrr^y youbt camper avec sa cavalerie hors de Teiioeinte àm camp choisi par les Anglais. Vers huit heures du soir, lorsque était à souper avec les officiers de sa troupe , et qvJA croyait que tout était fini , il fut attaqué à l'impmviste» et tous ses chevaupc furent lâchés dans la plaitie% Gesammaux effrayés , au nombre de plus de quinze cents y se précipâÉèrent au grand galop daas le camp de Surrey, où ils furent reçus à coups de flèches et par des décharges de mousqueterie ; caries soldats anglais avaient pris l'alarme , et s'imaginaient que les Eisossais venaient de forcer leurs retranchemens. Un grand nombre de ces .chevaax entrèrent dans Jedburghy qui était encore en flammes, et où ils furent saisis «t emmenés p^r les Ecossaises, qui s'entendaient aussi bien qu^ leurs maris à manier uu cheval. Le tumulte fut si grand, que les Anglais l'attribuèrent à une influence surnaturelle, et Surrey prétendit que Iç diable s'était montré six fois au milieu de la confu* sion. Telle était Tignorance et la crédulité du siècle ; mais ces détails peuvent vous doauwr quelque idée de là résistance epuiâtre
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qu'opposaient les Ecossais , et des horrelars qui sj^nalaient ces lierres de partisans sur les frontières.
Les Ecossais, de leur côté, eurent Payantage dans plusienrs antres affaires, dans Tune desquelles tteron*l€yBâtard, qui avait tant contribué à la victoire remportée par Surrey à Flodden , resta sur le champ de bataille.
Le jeune roi d'Ecosse , qui n'était encore qu'on enfant, commençaitidéjà à montrer qu'il n'aimait ni les Français ni Albany. Quelques nobles lui demandaient ce qu'il fallait faire des Français que le régent avait laissés derrière lui. — Confiez*les, répondit Jacques , à la garde de David Home. — Ce sir David Home était celui qui avait assassiné de La Bastie, le oonfidejit d'Alhany, et qui avait attaché sa tête par les cheveux à l'arçon de sa selle.
Cependant Albany revint de France avec de nouveaux trésors et de grandes provisions d'airmes , d'artillerie , et de tout ce qu'il fallait pour continuer la guerre. La France lui fournissait toutes ces ressources , parce qu'il était de son intérêt de chercher, à tout prix, à entretenir les hostihtés entre l'Angleterre et l'Ecosse* Le régent, se, voyant pour la seconde fois à la tête d'une belle arméé^ alla mettre le siège devant Noriiam , place forte située sur les fron» tières de l'Angleterre ; mais lorsqu'il était au moment de la prendre, tout à coup il leva le siège avec sa lâcheté ordinaire, en apprenant que Surrey s'avançait pour la secourir. Après cette seconde re* traite, encore plus honteuse que la première, Albany sortit du royaume, chargé de la haine et du mépris des nobles et du peuple^ qui voyaient qu'il n'entreprendrait rien qui né fût pour lui une nouvelle source d'opprobre et de déshonneur. 11 prit congé de l'Ecosse , pour n'y jamais revenir, dans le mois de mai 1524.