‹ oevres walter scottChapitre 33 sur 42 · CHAPITRE XXIir · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIir

Lceomte d*An$a« prend le goaTerneinent de TBiat-^ Vains cfTorts deBncclencb el de Lennoxpotrr sDu&traire le jeune roi au puUToir .d'Angns. — JSTasion de Jacqiie3> — Baanuseuieiil d'Angot <*

da reste des l>#B?las

La reine Marguerite , qoi, comme no'ûs l'avons vu , haïssait le comte d'Aogus, son mari; ec concerta alors avec Arran, rennemi

ûxL bomte , potar que Jacqfues Y, son fils, prît en main ks rênes de l*£tat y quoiqu'il n'eût encore que douze aiis. Mais An^s reparut dans ce moment de crise; ses intrigues l'emportèrent bientôt, et il se vit à la tête de tous les Chefs qui aimaient mieux former une al» liance durable avec l' Angleterre que continuer la ligue avec la France, ligne qui avait déjà entraîné TEcosse dans tant de que* relies suivies de si terribles désastres,

Marguerite aurait pu conserver son autorité ; car elle était très aimée personnellement ; mais c'était le malheur ou plutôt la folie de cette reine de contracter des mariages imprudens. A peine son divorce avec Augus fut-il prononcé , qu'elle épousa un jeune sei* gneur sans influence et d'un rang inférieur, Henry Stewart, second fils de lord E vandale. Cette démarche inconsidérée lui fit perdre tout son ascendant, et Angus s'éleva au pouvoir suprême, s'em* para de la personne du roi , administra le royaume au nom de Jacques, mais par sa seule autorité, enfin exerça toutes les fonc» lions de régent d'Ecosse , quoiqu'il n'en prît pas le titre.

Le comte d'Àngus avait les talens nécessaires pour supporter noblement le fardeau dont il s'était chargé ; il se réconcilia avec son ancien rival le comte d'Arran, et dès lors son pouvoir parut assis sur une base inébranlable. Il ponclut avec l'Angleterre un teaité de paix très avantageux pour l'Ecosse. Mais Angus commit une grande faute : ce fut de confier toutes les charges, de distribuer tontes les faveurs, d'accorder tous les avantages qui dépendaient de la couronne, à ses amis et à ses adhérens, à l'exclusion totale des nobles et des gentilshommes qui avaient pris parti contre lui dans les querelles qu'il avait eues à soutenir, ou qui seulement ne s'étaient pas montrés ses partisans déclarés. La même partialité présidait aux arrêts de la justice, qu' Angus semblait exploiter au profit de ses amis et de ses parens.

Uu vieil historien dit que — « personne n'osait soutenir un procès contre un Douglas, ni même contre un partisand^un Douglas, parce que, s'il le faisait, il était sûr de perdre sa cause. Et, ajoutet-it , quoique Angus parcourût souvent les provinces sous prétexte de punir les voleurs , les brigands et les assassins , il n'y avait nulle part d'aussi grands malfaiteurs que ceux qui formaient son escorte. »

Le roi, qui pouvait alors avoir quatorze ans , se fatigua de l'espèce de captivité dans laquelle Angus le retenait, et il soupirait après sa liberté. Sa mère devait avoir naiturdlement sur loi beau-

214 HISTOIU VECoam.

oMip d'iafloenee» et efle rèn^loyait an éétriment ém comité Lr eêmte de Lenoox aassî » ^iii était [«roche pareut du rcû et qui ai^ teavcottpde fermeté et de prudmice, prenait soin d'^eotreieiiir soa méconteiiteinent contre Douglas ^ et pluiiears cx>iD|)lots cdinmea*'' cèlent à se tramer pour soustraire le roi à la tateUed'Ançvs. Maia^ celiiiM:i a^t si bieii consolidé son pouvoir, qo- il ne pouvait plat être renversé que par la force des armes , et il n'étak pas fiicileée réunir des tmnpes contre lia homme aussi putasaut et d'un «ouràge^ aussi redouté.

li parait qu'à la fin on résolut d'emplojrer Tentremise de sir Waftter Scott de Bucdench, chef de clan d'une grande bravvnire^ qlH«vait beauooupd'iufliiencesur la frontière. IL avait été autreftns ramid'Angus, et il avait méihe escaladé les nmra d'Edimbourg avec une grande partie de son clan pour faire triompher )m parti du comte dans cette ville. Mais depuis lors il était passé dai» celai deJicnnoiL^ dont les conseils paraissent Savoir guidé dans l'entre^ prise dont je vais vous iftire le récit.

* Qaeliques excès avaient eu lieu sur les frontières , et il est prt>» bable que Buccleuch n'y était pas étranger. Pour les réprimer^ Angus se dirigea vers Jedburghy ayant soin de mener le roi aves lui^ de peur qu'il ne tetitât de^s'évader pendant son absence. Les clnns de Home et de Ker, qui lui étaient dévoués , étaient venus sejoiiKire à lui, et il avait de plus un corps nombr^ix «Se partisans» Atigtis revenait de cette expédition , et il avait passé la iinit à M^ rase; Les kers et les Homes avaient pris congé du comte, qui venait de quitter Melroseavecle roietsastûte, lorsqu'une tnoMipe de mille cavaliers se montra tout à coup sur le penchant d'une coUiiie app^ée Halidon*Htll, descendit dans' la vallée, et se plaça entre le cxnnf e et le pont sur I^^el il devait passer la Tweed pour retourner à Edimbourg.

"•^ Sire » dit Angus au roi, voilà Bvecleuch qui vieiit a'vee le& brigandsde Teviotdale et de Liddesdale, pour intercepter te pas«^ safe à Votre Grâce. Je jure devant Dieu qu'ils anroat bientdt pria la«iaite. Vous allez rester sur cette émiaenee avec mon Irène Geerge> pendant qnenous chasserons ces baadiispotir que Votre Gvaee paisse continuer tranquillement sa reame.

Le roi ne répondit rien. Dans le fond de son cœur, il formait des yesa^ p5mr ijue'fiacdeiioh réos^it dan6:son entreprise ) ouais il n'aaailledire.

-Gqpendfeiflyl Angus eaveya «ai Inécaat sommer £uookueh des^

PMimilB 8BMB. nà

FQiiMr loi ellea siens*. Scott répondit qu'il étaitToiin, soÎTant Tu» sage des frontières, pour présenter au roi les hommes desoodMl Qi pour inviter S« Giace k venir diuereliez lui. U ejenia qn'il oetanaiasait la façon de penser du jroi tout ansai ^«en ^u- Aiigns»

Le coaite maroiia aussitôt contre hàf et la troupe de Scott pew« sani son cri de guerre» *- fieUendenl -- vint à mi rencontre et staiitint bravement ratta<|ue« Mais les Hoanes et les Kers ; ^ n'é^ taient pas à une grande disianoe, accoururent au bruit du combat» et » traversant le petit village de Daroiok, ils tombèrent à Tiat* piroviete sur les cavaliers de Buccleucb et décidèrent la jonrnéew GenxHH furent obligés de se retiier ; mais tout en fuyiant ils oon^ tinaèreut à se battre avec courage» et» se retournant aiur les Keff% ils en tuètent plusieurs , entre autres Ker de Gesfelord > un de* leurs Chefs, qui reçut un coup de lance de l'un des EUiots, oona» pagnon de B«iccleuch. Son trépas occasioua une^itatf à moti entra les clans de Scott et de Ker s elle dura un siècls entier, et lit ver* sur beaucoup de sang.

Cet engagement eut lieu le 25 juin f&26. Quatre-vingts goer^ tiers du nom de Scott restèrent sur le diamp de bataille, et Bucdeuoh fut déclaré coupable de haute trahison. Mais lorsque le roi eut secoué le joug dés Douglas , il se rendit en personne au pat le^ ment, pour i^clamm' la réliabiliuitioude Buccleuch, qu'il déclara sur sa parole rojale n'être venu à Melrose par aucun motif coupaUe, mais seulement pour rendre ses devoirs à sou prince et Im, présenter les hommes de son clan. Ce qui le preavaitt «joufa Iq roi, c'est que le susdit Walter ne portait pas d'armes, mais u^ habit de peau avec une loque noire sur la tâte. Sir Walier SicùtJt fut donc réintégré dans tous ses biens ; mais long^temps après il fut assassiné à Edimbourg par les Kers, qui vengèrent ainsi là mort du laird deCessford.

Le comte de Lenuox n'ayant pu réussir à délivrer le roi par l'isntremise de Buccleuch , résolut de tenter lui-ménua s'il ne serais paa pins heureux. Il y fut encouragé par le chancelier Reat<Hii (qui c'était distingué à Tafifaire appelée parle peuple ii BuAiyag* das rues ), par le comte de Gl^oairu et par d'autres seigneurSt qui voyaient avec peine le|euneroi confiné dans son palais comme un priseonier^ et toute radministratîon du royaume eonoentnée sur les Uottglaa. U assemMà «ne armée éo dix à .douEe mille hommes» et mnrohà de Stirliogeur Edimbourg. Àngus et 4rlpan» qui ^taicBi teiqenm ligués étrolteoieut ISuï «veo L'antre, b ren^

116 HISTOIRE D'EGOSSI.

eontrèrent, avec des forces inCérieares , près da village de New* Ustan.

La noaTelle qu'il allait se livrer une grande bataille arriva bientôt à Edimbourg, et sir George Douglas se hâta d'appeler lescitoyens aux armes y pour voler au secours de son frère le comte d'Ângos. Les cloches furent mises en branle, les trompettes retentirent'dans la ville, et le roi lui-même fut obligié de monter à cheval , pour paraître appuyer les mesures prises par les Dou* glas, qu'au fond du cœur il détestait • Jacques connaissait si bien sa triste position , qu'il s'efforça, par tous les moyens qui étaient en son pouvoir, de retarder la marche des troupes qu*on rassemblait à l^dimbonrg. Lorsqu'elles arrivèrent au village de Corstorphi ne, elles entendirent les décharges' de la mousqueterie, ce qui augmenta ta farouclie impatience de George Douglas d'arriver sur le champ de bataille, et ce qui fit imaginer au jeune roi de nouveaux délais , dans Fespoir qu'Aiigus serait battu avant qae son frère eût pu le joindre. George Douglas s'en aperçut , et il dit au roi d'un ton que Jacques n'oublia ni ne pardonna jamais :

— Votre Grâce n'a pas besoin de penser à nous échapper; si nos ennemis vous tenaient par un bras, et nous par l'autre, noas vous mettrions en pièces plutôt que de vous lâcher.

Un exprès envoyé du champ de bataille vint apprendre alors que Lennox avait été défait, et qu'Angus était vainqueur. A cette nouvelle, le jeune roi , triste et abattu , mit autant d'empressement à faire presser le pas à sa troupe qu'il en avait montré pour la retenir. Il donna ordre qu'on -fit tout au monde pour épargner l'effusion du sang, et surtout pour sauver Lennox. Sir André Wood, un des échansons du roi, arriva sur le champ de bataille assez à temps pour sauver le comte de Glencairn, qui, protégé par le terrain, continuait à se défendre vaillamment, quoiqu'il ne lui restât guère qu'une trentaine de soldats. Mais Lennox^ pour le salut duquel le roi avait témoigné tant de sollicitude, n'était déjà plus. Il avait été massacré de sang-froid par le pins fé« roce des hommes y ^r James Hamilion de Draphane, qui l'avait arraché des mains du laird de Pardivan,.à qui il s'était rendu de lui-même. Tel était l'affreu^L plaisir que ce monstre trouvait à verser du sang, comme s'il y était poussé par quelque instinct farouche, que de sa propre main il coupsi le. visage d'as grand nombre de prisonniers. Àrran , le père de ce tigre altéré de sang, déplora amèrement le sort de Lennoxi qui était son neveu,

On le rronva fdearant auprès de son cadavre, sur lequel il avait jelé son manteau écarlate. — L'homme le plus brave, le plus fort et 4e plus sage d'Ecosse, s'éciiaii*ii, gtt à cette place, frappé du coup de mort.

Après ces deux victoires , la puissance du comte d'Anges parut si fortement consolidée, que ses partisans ne mirent plus de bornes à leurs prétentions, et que ses ennemis furent obligés de fuir et de se cacher. Le chancelier Beaton, déguisé en berger, fit paître des moutons sur Bogrian-Knowe, jusqu'à ce qu'il fut parvenu à faire ia paix avec les comtes d'Angus et d'Arran , en leur faisant des donations considérables tant en argent qu'en domaines ecclésiastiques. Angus établit autour de la personne du roi une garde de cent hommes choisis par lui-même, dont il confia le commandement à Douglas de Parkhead. il noDprma son frère George, que Jacques détestait, maître de la maison du rdi, et Arcbihaldde Kilspindie, son oncle, lord trésorier du royaume. Mais l'état de contrainte dans lequel se trouvait le roi ne fit qu'augmenter soa désir d'être à jamais^délivré de tons les Douglas. Toutes les tentatives par la force ouverte ayant échoué, Jacques résolut d'avoir pecours à la ruse.

Il obtint de sa mère, la reine Marguerite, de lui céder le, château de Siirling, qui lui avait été assigné à titre de douaire, et d'en confier la garde, à un gentilhomme en qui il poiivait avoir toute confiance. Ce qu'il désirait se fit avec beaucoup de mystère. S'étant ainsi préparé un asile, Jacques épia impatiemment rôccasion. de courir s'y renfermer, et pour endormir la vigilance des Don» glas , il montra tant de déférence pour Angus^ qu'ils ne doutèrent pas qu'il n'e&tpns son parti, et que, désespérant. de s'échapper, il ne se fût réconcilié avec son esclavage.

Jacques habitait alors à Falkland, résidence royale, sitnée favorabl. ment pour la chasse au tir et au faucon, qui était son amusement favori. Le comte d'Angus, à cette époque, quitta la cour pour se rendre dans le Lothian, où il avait quelques affaires pressantes; A rchibald Douglas de Kilspindie alla à Dundee voir une dame à laquelle il était attaché, et George Douglas était parti pour §aint-André, dans le but d'extorquer quelque nouvelle concessiott au chancelier Beaton , qui était alors archevêque de cç siège et primat d'Ecc^e. U ne restait donc plus auprès du roi aucun des Pouglas, à Texeeption de Parkhead avec sa garde de cent

an msToiRE dpioossi.

homiMs» «or la figifamce duquel les autre* stvaiatit qa'ib pas-* taient ooflipteir«

Le roi erut qM le movieat élah fàTorable. Pour endermr f ooa les soupçons^ il annonça qu'il se lèverait le letidemahi de bonne heure pour aller courre le eerL Douglas tle Parklieady ne se doutant de rien, se retira dans son appartemeul aptes avoir placé ses sentinelles. Mais lerei n^-se TÎt pasplua tôt seul qu'il appdaJoim Hart f son page de coiiftsnee.

•^ Jidin , lui dit^l y m'aimes^tu ?

^■^ Plus que moi-même, répondit le jeu^e servkecnr.

•^ Et veui^ta risquer tout pour moi t

'^ IH vie, s'il le feut , s'é«^ia John Hart.

Alora le roi hii expliqué son pnsjei > et , sevsla litrée d^in siasple talet, il se rendit à l'éeurie avec son page» comnie pour faire les préparatifs de la ébasse du4endefl«aiii« Les fardes, trompés par son dégaisement , le laissèrent passer satts obisacle» Irois boas èh«vaux les attendaient tout sellés et tout bhdés^ oar le roi avait déjà mis dans sa eoilMence un de ses domestiques > qui avait iait d'avance les dispositions nécessaires»

Le roi monta à cheval avec ses deux fidèles serviteurs, et il galopa toute la nuit , léger comme un oiseau qui 'vient de s'échap* per de sa cage. Au point du jour» il arriva au pont de Siirling. Geasme on ne pouvait traverser le Forth que sur oe pont ou ea bateau, Jacques ordoMia de fermer les partes qbi le défendaient et de ne laisser passer qai que ce Au U était bien fatigué quatidil arriva an château de Siirling, où ilfct reçu avec joie par le gou» vier»ear qu'il avait placé l^i*ffiéme dans cette foneres^we. On leva les poiits4evis, on abattit lès herses , on plaça des gardes partout, enfin on prît toutes les mesures que dictait la prudence. Mais le rei craignatt tettemeMtde retomber au poavoir des t)ouglas^ que, malgré toute sa fatigue, il ne voulut se couther qile lorsqw'^1 eut les clés du château <iDtre les mains et qn^l les ^ut placées soas scm oreiller. , .

Le lendemain matin , raiarme (ht gtiandeà Falkl»nd>. SirGeorgs Dsagias était revenu , la nuit mèioe du départ da roi, sur les onze be»res. En arrivant, il demanda oà était Jacqnes, et il apprit da concierge» ainsi qne des sentinelles, qtt'M dormait déjà, parcs qn'il devait partir de grand inatin pour la chasse^ il se rétira doBO de son oètéy dans «meaécuriié complète» Maie a» point da jour û

aippril dès nooTelteB iÂm différentes. Ifri noniiiié Peter Grïmd^ cii«el, bailli d'AbêrtijeHiy, vint fi%|)pèr à sa fonne, et lui demanda s'il saurait tA le roiétait à rëeafe^«M étak.

^«^-^ ll-est à dormir dans sa chambre, répondit sir George. — Vous vous trompez, répondit i}ramichael; il a traversé le piant d» Blirlkig la nuit dernière.

A 0eue nouvelle, I>ougla8 s'élabea hors de son lit , comtit à Ift cliambre du roi et frappa à eonps redoublés. Ne recevant point dt^ répofise, A it enfoncer la porte, «et lorsqu'il trouvn l^ppartement vide, il s'écria : — Trahison I le roi est parti, et personne ne sait où. Âussiidt il dépêcha un exprès à son frère te eomte d'Angus, «t envoya danstofUes les directiona pour chercher le roi et asscm^ bl«r les Douglas.

Lorsque la vérité fut connue, les partisans d*Angus coururent toâs ensemble à Stkling; mais , bien loin de consentir à les reces voir, le roi fit publier à son de trompe qu'il déclarerait traître qui»' conquedu nomde Douglas approcherait de douze milles de sa per«* sonne, ou prendi*a4t la moindre part à l'administration dû royaume*. Quelques-uns des Douglas furent tentés de résister à cette procla* mat ion ; mais le comte d' Angus et ion frère résolurent d'obéir, et ils se rétirèrent à Liniithgow.

' Bieatftt après le roi assembla autour de sa personne tous Ic!s^ grands qui étaient j»lottx de la pobsance d'Angus et d'Ârran , oa qui avaient été persécutés par eux ; et en plein parlement il accusa les deux coïntes de trahiëon , déclarant qu'il n'avait pas eru sa. Tie en sûreté tout le temps qu'il avait été en leur pouvoii^. Le comte d'Angus fut donc déclaré coupable de forfaiture, et con«» damné à Pexil, avec tous ses parens et amis. Et ce fut ainsi que lea Bouglas*KettX, de la maison d'Angus , partagèrent presque le même sort que les Douglas-Noirs , de la branche atnée de cette grande famille, avec cette différence que^, n'étant point parvenus aussi haut, leur chute ne fut pas telle qu'ils né pussent jamais se relever; car le eomte d'Angus rentra dans la suite en Scosse, o& il joua même un rdlè distingué ; mais ce ne fut qu'après la mort de' Jacques Y, qui conserva toute sa vie une haine implacable contre les Douglas et ne permit jamais à aucun d'^x de rester en Ecosse sous son règne. Jacques montra même, à cet égard, une opiniâtreté qui, dans la circonstance que nous allons rapporter, pouvait paraître barbare.

Archibald Douglas de Kilspindie, oncle du comte d'Angus, avait

2SQ HISTOIRE D'EGOSS^B.

été l'un des fayoris d^ roi avant la disgrâce de sa (amiUe. Telle était sa grande force, son air belliqueux , son adresse dans tons les exercices militaires , que Jacques ne rappelait jamais que son Graysteil, du nom d'un champion dont les ballades du temps disaient merveilles. Archibald avait été es^ilé comme les autres , et il s'était retiré en Angleterre ; mais se faisant vieux, et brûlant du désir de revoir sa patrie , il résolut 4'implorer lui-même la merci du roi.*Il pensa que l'ancienne intimité qui avait régné entre eux plaiderait en s^ faveur, d'autant plus que jamais il ne Tavait offensé personnellement.

Un jour que Jacques revenait de chasser dans le parc de Stirling, Archibald l'attendit sur $on passage. Il y avait plusieurs années que le roi ne l'avait vu, mais il le reconnut de loin à sa démarche ferme et imposante. — Voilà, dit-il, mon Graysteil, Archibald de Kilspindie. Mais en passant devant lui il ne fit pas semblant de reconnaître son vieux serviteur et continua son chemin. Douglas, ne perdant pas encore tonte espérance, courut après le roi ; et quoique Jacques eût mis son cheval au grand trot et que Douglas portât une pesante cotte de mailles sous ses vêlemens, de peur d'être assassiné, cependant Graysteil é(ait à la porte du château en même temps que le roi. Jacques entra sans faire pins d'attention à lui; mais Douglas, épuisé de fatigue , s'assit à la porte et demanda quelques gouttes de vin. La haine du roi pour le nom de Douglas était si bien connue, qu'aucun des domestiques qui,se trouvaient dans la cour n'osa donner au vieux guer* rier ce qu'il implorait de leur pitié.

. Il est vrai que le roi blâma ses serviteurs et qu'il dit même que, sans son serment de ne jamais employer un Douglas , il aurait pris Archibald de Kilspindie à son service , attendu qu'il connaissait tout son mérite. Mais il ne lui en fit pas moins signifier de se retirer en France, où le pauvre Graysteil mourut bientôt après, le cœur brisé de douleur. Le roi d! Angleterre, Henry VIIF, qui n'était lui-même rien moins que clément, blâma l'extrême rigueur de Jacques dans cette occasion , et cita un vieux proverbe :

: Sur front de roi '

Que pardon soit.

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