‹ oevres walter scottChapitre 34 sur 42 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Caractère de Jacques V. — < Il entreprend de réprimer les exeèf commis par les babitans des frontidret^ — ChâLiyient deseoupaMes.— Aventures de Jac^incs parconrant aas Ktatsd^uisé.— Fétadbnnce . par le comte d'Aihol. — Institution du Collège de Justice» — Mines d'or d'Ecosse. — Enoômit» f emens donnes aux lettres.

Dbuvriê de la totelle rigonreuse où le tenaient les Dong^as^, Jacques V commença à goaverner par lui-même , et il dé|jloymla plupart des qualités d'un sage et bon roi. il a^ait un extérieur agréable, et, comme Jacques IV, il aimait les exercices militaires et tout ce qui tenait à la chevalerie. Il hérita aussi de Tamour de son père pour la justice et de son désir d'établir et de imettre ea vigueur des lois sages et équitables qui protégeassent les faifales contre l'oppression des grands. Ces lois, il était facilede les faire; mais ce qui ne l'était pas autant^ c^était de les faire exécuter ;.ct en essayant d'atteindre ce but honorable, Jacques encourut phqi d'une fois le mécontentement de la haute noblesse. Jl avait de l'instruction et des connaissances, et comme Jacques l?'^ il était poète et musicien; mais il avait aussi ses iioperièctîous. II ne se livrait pas, comme son père, à la grande profasîen, n'ayant point trouvé de trésors accumulés qu'il pût envoyer en largesses, p^ûs il tombait plutôt dans le défaut contraire, et était d'une parctma» nie minutieuse. Ami des plaisirs, il portait l'économie jusqtie dans les moyens de satisfaire ses penchana. Quoique iodulgent par oa;* ractère , lorsqu'on le provoquait il poussait ator^ le ressieuliuMnl jusqu'à la cruauté, et si quelque chose peut lui servir d'excuse^ c'est le naturdi farouche des sujets qn'^l avait à gouverner. En im mot, il eut sans doute des faibles, mais ils furent plus que racfae* téà par ses vertus , et il mérita le titre de bon roi. .

Son premier soin fut d'établir quelque ordi?e sur les frontières* Vous avez vu qu'elles étaient baUtées par des clans ou trilms qui n'obéissaient qu'aux ordres de leurs Chefs» CerCbesbireprésen^ taientle premier fondateur de la famille. L'atlacbement du clan pour son Chef était extràme; ona'aimait, on ne respectait i|iié>> lai. Les habitans des frontières ressemblaient .90us ce rapport anit

montagnards ; comme eux aussi» ils aimaient le pillage » et comme enx ils s'inquiétaient peu des lois du pays. Mais ils ne portaieat pas de tartan , et çombattaieot prestfue toujours à cheval , tandis '^e les montagnards éiaietit toujours à pied. Vous vous rappelez •aussi qu'ils pailaient écossais , et non point le gaëlique , qui était la langue des Highlands.

En bttUepar leur pasitioa à des guerres coatMoeUes, ils ne songeaient à rien diantre, et se réunissant en grand nombre, ils se répandaient indistinctement sur les terres des Anglais ou sur celles des Ecossais. Ils respectaient peu les trêves et les traités de paix, mais exerçaient leurs déprédations dès qu'ils en trouvaient «ne occasion favorable, sams s'tnqméier des couséqueiioes^, ce qui «Mirent oocasîona des guerres qui autrement n'auraient pas eu iîflUé On dit des membres de l'une des pitis grunées famflies des iroBtièresqne, lorsqu'ils avaient oonaenmé toutes leurs pnmssons ei qu'il ne leur vestait plus de troupeaux , en serTsit sur ta teble une paire d'éperons sur un plat couvert., afin d'annoncer pur cet emblème qu'il bllait monter à clieval pour s^e• procurer d'autres. Les Chefs dotaient leurs filles en raison du boiin qu'ils IMnreaaieni à faire pendant la durée d'une lune deSaimt-l^lîehel, parce que c'était l'époque ou cet astre priait le plus Iwig^emps na cl^é à leurs excursious redoutables. Braves en temps de guerre, ils étaient p en d ant ht paix le fléau des Ecossais leur» voi> èîos. Ijèur insolence et leur iÉsuboréiuatton ayauteneiwre augmenté depuis les troidiles qui avMNit suivi la tetaitls de Flodden, Jacques V réssiat de prmdiv contra eux les mesures les plus aévnrts.

il ençimea^ par s'assurer de la personne desprincipainx Cheft ^ encourageaient en secret le désordre. Le coiMede BothweHi lord ffome , lord Maxwell , Scott de Buccleueh , Ker de Fairsy* iberst, et autres seigneurs puîssans , qui auraient pns'èpposer aiit projets du roi , furent saisis , et emprisonnés dans des ferteresseï s^Nurées des basses«terrss.

Jacques assembla alors unaarmée, «t an milieu de ces apprêts gnerriers, il parut ne s'oecuper que des préparatifs di'nae grande ehasse , et fit dnre à tous les gemtilsheoHnes des districts sauvages ^'îl se pn^pesait de parcourir, de lui amener leurs uteiUeurs 4diîens; , cuinme si son untqne projet avait été de^ courre le dain dans ces riions désolées. Il variait par là «mpAcber les liid>iuns 4os irailièresde prsadrel^lanne, et dose retirer 4ans kursuMa»

miMIBBS SBêJM, ssh

t^gnè& et dans lews reiraiies «ftuurpées, oà il iTtit élé |»eifaB inatposaîUe et tes j^rsuhrre»

Ces m«lluMire«x» n'ayaml mkwm Më^&tînole 4m orÛMS^'îli ixNmncllaieiity nt ^oyaneat pas eii ipai ib fourraieni avoir en* «oara le déplaisir da roi» el parcouséqiieait éiaîent aanadéfianocu L«s km avaient été si loag^eoips osualtea dans eas trîsties pi«« vinces, que les outrais coaunîs par la fait eavers le fiiiUe aens<» Maient dans l'onire aaiBral de la aociélé^ et se préseataient rien, mmiL yeux de ceux qai s'en reiidaieat oaapaUes» qiû tHHL di^ne de châtiment.

Ainsi, lorsque le roi» an canunencemeRt de son ezpédilio«» s'approeba du cfaatean de Biers Codtlmrn d'Hondertand» ce baron était occupé des apprêts d'an grand festis poor le mcewr, et ee fat dans oa moment même qne Jacqœs te 6t saisir et exécuter a riiiiMnt« Adam Scott de Tushielaw» soraoïmaé le Hoi A,la/ron^ Uêfty partai^ea le même sort. Mais «n évèaeaMat d'une pkisgmnda importance lut le trépas de John Armabneng de Giloockie» prèade Langleelvolau

Ce Chef, par ses déprédatioafcs «oirtànariba» avait aoqnis un pouvoir considérable, et tons les Anglais dea envinoos bii payaient le tiu€é»nuUl ' , espèce de tribut grâce auquel il s'absi^uait de ka pîtler. Il avait une hante idée deson importance ; et loin de pensât qu'il avait mérité quelque châtiment, il vint an davnnt 4e son aouvvrain à dix milles d'Hawkk, près de la «hapeltede Carlinrîgg, revêtu de riches habits, et a«vi de vingi«quatre gentils^ koinmes qui formaient sen cortège ordinaire , et dont le costume n'était pas moins luillant q«e le sien« Furieux de voir un die f de maraudeurs déployer tant de magnificence, le roi donna ordre de le conduire à l'instant au lien du snppitce, en disant : <^ Il ne manque à ce dr&le qu'une couronne pour élre atnsi superbe qu'un roi. John Armstrcmg fit les offi^ les plus brfllaniea pour ^racheter aa vie, promettant d'eatreienir à sesfcais quarante hommes» qui aerateat toujours prêts à servir le rot an premt«r signal, a'engai* getfnt à ne jamais faire aucun tort i va Bcassais, ce que du reste on n'avait jamais pu loi repriscber, et disant qu^ii n'y aiMt pas un seul 4vomme en Angleterre, de quelque rang qu'il fèt , soit duc , soà «omte» soit baron, qn^fl ne se cbargeâa» dans un certain «spaoe de temps, de fiviw an roi, mmrt on vivant. Mais voyant que

I. Black.m«il t I9»mt4» m^mt, iaproprament i|pp«l« «•«IrJ^iM ntotn. BUck«n «igniBo dirU*r .

A ïKMJ tl ^mmÂt. A»m^\m Akal^fa^mmmMmM^

-221 HISTOIRE D'EOOSSE.

Jacqnes ne Toohit écouier aueane de se$ propositions, il dit ^ relevant fièrement la tête : — Je suis bien fou de demander grâce à nn homme implacable. Si f avais pa prévoir que vous me réserviez nn pareil traitement, je serais resté snr les frontières en dépit dn roi d'Angleterre et de vous ; car je sais certain que le roi Henry donnerait en or le poids de mon meilleur cheval pour savoir que je suis condamné à être exécuté aujourd'hui.

. John Armstrong fut conduit avec sa suite au lieu dp/supplice, et ils furent tous exécutés sans pitié. Les habitans des basses*terres apprirent sa mort avec plaisir; mais il fut regretté sur les h*on« Uères, qui perdaient en tuî un brave guerrier*

Telle fut ^impression de terreur répandue par ces exécutions générales , qu'on dit que .Facques avait si bien fait que « les buissons gardaient les vaches; » c'est-à-dire que, même dans ces cantons si sauvages , on n'osait plus s'approprier le bien d'autmi, et tpue les troupeaux pouvaient rester dans les pâturages sans qu'il l&t nécessaire de les garder. Jacques put aussi til'er avantage des terres que la couronne possédait près des frontières, et il eut jusqu'à dix mille moutons paissant en même, temps dans la furet d'Ëttrick, sons la surveillance d'André Bell, qui rendait au roi un aussi bon compte des produits du troupeau que s'il l'eût gardé dans l'enceinte du comté de Fife, qui était alors la partie la plus ciyi- Usée de l'Ecosse.

' D*un antre cèté, 4a mort de tant de braves g^rriers qui, malgré leur soif de pillage et d'indépendance, étaient des défenseurs intrépides de leur pays, affaiblit considérablement les frontières de l'Ecosse, et l'on est en droit de blâmer Jacques d'avoir porté si loin une rigueur qui était jusqu'à un œrtain pmnt impolUique, et qui, dans tous les cas, était excessive et barbare.

Jacques len a^ de-mëme à l'égard des Chefs des Higblands;et à force d'exécutions, de confiscations, et d'autres mesures sévères, il réussit à faire plier sous le joug des lois les montagnards do nord comme ilyavaitajssnjetli ceux du sud. Il mit alors en liberté les Chefs qu'il avait retenus captife de peur qu'ils n'eussent apporté quelque entrave à l'exécution de^es projets.

Ces barons remuans ne pouvant plus, après ce châtiaient sévère, attaquer comme autrefois les châteaux et les propriétés i^ uns des autres, feront forcés, pour assouvir leur farouche anivo* site, de s'appeler en duel, et ces combats singuliers se livraient souvent en présence du roi, qui les autorisait. Ce fat ainsi qwe

Dioaglas de Dramlanrigg et Charleris d'Amisfieki se battirent Seyant Jacques , chacun ayant accusé Tautre de haute trahison : ils étaient tous deux à pied, armés de la redoutable claymore, Drumlanrigg, qui avait la vue un peu basse, et qui était dans ui e extrême fureur, donnait de grands coups à droite et à gauche sans Yoir où il frappait, et le laird d'Ainisfield ne fut pas plus heureux, . car son épée se brisa dans ses mains: sur quoi le roi ordonna que le combat' cessât, et les combattans furent séparés, mais non sans peine. Le roi permettait ces sortes de duels en sa présence pour satisfaire ces barons indomptables et les engager à rester en paix ailleurs.

Jacques Y était dans Fusage de courir le pays déguisé, afin de Fecueillir les plaintes qui autrement ne seraient point parvenues jusqu'à lui , et peut*être aussi pour jouir d'amusemens auxquels il n'aurait pu se livrer sous son caractère reconnu de roi. On dit que Jacqiies IV en faisait autant, et l'on cite plusieurs aventures qui leur arrivèrent dans des occasions semblables. Je vais vous en raconter quelques-unes; elles pourront jeter quelque variété sur notre histoire.

Lorsque Jacques Y voyageait incognito, il prenait' un nom qui n'était connu que de quelques-uns des principaux officiers de sa suite. 11 se faisait appeler le Fermier ( Goodman , c'est-à-dire farmer) de Ballengiech. — Ballengiech est un sentier étroit et rapide, qui conduit dans la plaine derrière le château de Stirling. Un jour que le roi se proposait de dîner au château , il envoya chercher quelque venaison dans les montagnes voisines. Les daims furent tués , et chargés sur le dos des chevaux pour être transportés à Stirling. Malheureusement il fallait passer par le château d'Arnpryor , appartenant à un chef des Buchanans, qui donnait ce jour*là un grand festin. Il était tard; et les provisions commençaient à manquer à ses convives , quoiqu'on pî\t s'apercevoir aisément que le vin ne leur avait pas été épargné. Le Chef, voyant une si grande quantité de belle venaison passer sur ses domaines, s'en empara sans façon, et sur les représentations des chasseurs I qui lui dirent qu'elle appartenait au roi Jacques, il répondit insolemment que si Jacques était roi en Ecosse , lui , Buchanan , était roi dans Kippen : c'était le nom du district dans lequel était situé le château d'Arnpryor. .

Lorsque le roi apprit ce qui s'était passé, il monta à ch6val, et se rendit à l'instant même au château de Bachanan , où il trouva

2t» HlSTOIftB D'EGOSSB.

xm montagnard robaste et d'nue figure rébarbative ^qm/ime^ bacKesurTépanke, faisait sentinelle à la porte. Cejgardefarouchef refusa de laisser entrer le roi , disant que le laird d'Arnpryor était* kdiiier, et qu'il n'aimait pas qu'on le dérangeât. — Montez touw jturs dans la SjaUe du festin^ mon bon ami, répondit Jacques, et^ dites que le Fermier de Ballengiech vient demandera dîner an roi de Kippen. Le montagnard entra tout en murmurant dans la maiaon , et dit à son maître quM y avait à la porte un homme à barbe rousse, qui se disait ie fermier de Ballengiech , et qui prétendait ^'il venait pour dîner avec le roi de Kippen.

A ces mots, Buchanan reconnut que c'était le roi en personne^ et courant se jeter aux genoux de Jacques, il le pria d'excuser Pinsulencede sa conduite , qu'il ne devait attribuer qu'aux fumées du vin. Leroi,quin'avaitvouluquelui faire peur, lui pardonna volontiers; et entrant dans le château, il lit honneur à la venaison que Buchanan avait interceptée. Depnis ce temps Buchanan d'Arnpryor fut toujours appelé le roi de Kippen.

Dans une autre occasion, le roi Jacques, étant seul et déguisé, eut une querelle avec quelques botiémieus ou autres vagabonds qu'il avait rencontrés sur la route , et fut assailli par quatre on cinq d'entre eux. Heureusement c'était près du pont de Cramond; de sorte que le roi parvint à gagner le pont , qui , étant élevé et très étroit, lui permit de se défendre avec son épée contre le nombre de ses agresseurs. Uii pauvre homme qui battait du blé dans une grange voisine sortit en entendant du bruit ; et voyant un hommef seul attaqué par plusieurs, il prit généreusement son parti, et fit jouer si bien sou fléau, que les bohémiens furent obligés de prendre^ la fuite. Alors le laboureur lit entrer le roi dans la grange, loi donna de l'eau et nue serviette pour lav^ le sang qui lui couvrait les mains et la figure, et finit par le conduire uu bout de chemin sur la route d'Edimbourg, de crainte qu'il ue fût attaqué de non* veau; Chemin faisant, le roi demanda à son compagnon comment il se nommait et ce qu'il faisait. Le laboureur répondit qu'il s'appe» lait JohnHowieson, et qu'il était attaché à la ferme de Brachead, près de Cramond, qui appartenait au roi d'Ecosse. Jacques de* manda alors au pauvre homme s'il y avait quelque choée au monde qu'il désirât particulièrement, et l'honnête John avoua qu'il se croirait l'homme le plus heureux de l'Ecosse^ s'il était tant seule»* ment le propriétaire de la ferme où il ne travaillait que comme lifmmT de peine* Alorfi^il deînaDda à son t^ur au roiqui il^était,

PRESneRB SERIE. 3S7

et Jacqées répondit, suivant son usage, <}u'il était lo fermier à» Ballengiech , pauvre diable qui avait uiie petite place au palais ; mais il ajouta qae si John Howieson voulttii venir le voir le' dimaiictie stiivant, il s'efforcerait' de reconnaître le service qu'il' lui avait rendu , eu lui drainant au moins le plaisir de voir les apparteoieins dn roi.

John, comme vous pouvez croire, mit ses plus beaux habits; et se présentant à une potte de derrière du palais, il demanda le fermier de Ballengiech. Le roi avait donné ordre qu'il fi!^t admis, et John trouva sa nonvelle lonuaissance dans le même costume qu'il lui avait vu porter quelques jours auparavant. Jacques, con» tifiuaut à jtmer le rôle d'un ulilicier subalierue de sa maison, conduisît John Howieson de salle en salle dans tout le palais, et s'amusa beaucoup de sa surprise et de ses remarques. Lorsqu'il loi' eut tout montré, il lui demanda s'il aimerait à voir le roi; à quoi John répondit que rien au monde ne lui ferait autant de | laisir, s'il pouvait l'apercevoir sans que le roi en fût mécontent. Le fermier de Ballengiech lui promit naturellement que le roi ne se fâulierait pas.— Mais, dit John, comment le distingnerai-je des seigneurs quiseront autour de loi? — Rien de plus facile, ré[MHidit son compag^ion, tous les autres auront la tête découverte; le roi seul garderai ^ toque;

Ëii disant ces mots, Jacques- introduisît le paysan dans une grande salie qui était remplie de gentilshommes et d'officiers de SA maison. John fut un peu effrayé j et il se serra contre son con* âacte«r; maïs il avait beau ouvrir de grands yeux, il nepouvait distinguer le roii — Je vous ai dit , lui répéta son guide , que voua le rvconnaitriei à ce qu'il aurait sk' toque sur sa tête. — Alors, dit .John apirè^ avoir regardé tout autour de la salle, ri faut quex;e soh vou^oii moi y car nous sommes les seuls qui n'ayonspas la tète déemurènb ^

Cette réponse fit beaucoup rire le roi ; et voulant que le bon* paysan eâtaussi sujet de se réjouir, il lui lit présent delà ferme dél Brachead, qu'il avait montré tant de désir de posséder, à la con£i tian que John HowiesOn et ses desceadans présenteraient au roi un bassin et une aigraèVe, touterles fois* que Sa Majesté Tiendrait an palais d'Holyrood m traverserait le pont de Cram^nd^ Atissi,

t. C'est a}nsi qoe leroi se fait reobnilettre à It Dame da Lac* Ce trait, que nona attribània avaai au plus populaire de nos rois, justifierait seul le surnom de Benri IV de l'Ecosse dotiné quelouefcta à«|acq«eiV.' . ^ "

t822, lorsque George IV vint en Ecosse, le descendant de John Howieson de Brachead, qai possède encore la fermé qui fut donnée à son aïeul, parut au milieu d'une grande fête, et offrit à Sa Majesté de Teau dans une aiguière d'argent , pour remplir la condition sous laquelle ces terres avaient été accordées^ à sa famille.

Jacques V était passionné pour la chasse, et lorsqu'il se livrait à cet amusement favori dans les Highlands, il avait coutume de porter l'habillement particulier du pays, ayant une jaquette de velours tartan, un plaid et des bas semblables > et tous les autres accessoires de rigueur. Les registres de son chambellan , qui ont été conservés, en font foi.

Un jour que, dans une de ces parties de chasse, le roi était accompagné d'un légat du pape, le comte d'Athole leur donna- une fête superbe dans un palais rustique d'une immense grandeur, qu'il avait fait construire exprès. Ce palais était en bois, il s'élevait au milieu d'une grande prairie, et était entouré de fossés remplis des poissons les plus délicats. Il était flanqué de tours, comme si c'eût été un château régulier, et contenait un grand nombre d'appartemens remplis d'arbustes et jonchés de fleurs, de manière qu'en les traversant on croyait se promener au milieu d'un jardin. Du gibier de toute espèce et les provisions les plus variées s'y trouvaient réunis, avec un grand nombre de cuisiniers pour les préparer, ainsi que les vins et les épices les plus recherchées. L'ambassadeur italien ne revenait pas de sa surprise , de trouver au milieu de rochers et de déserts, qui semblaient être les dernières limites du monde, un palais si magnifique et des mets si somptueux. Mais ce qui l'étonna encore bien davantage, te fut de voir les montagnards mettre le feu an palais de bois dès que la chasse fut terminée et que le roi fut prêt à partir. — Tel est l'usage oonstant de nos montagnards, dit Jacques à l'ambassadeur; quelque bien logés qu'ils puissent être pendant la nuit, ils brûlent toujours leur maison avant de la quitter. Le roi, par ces paroles, faisait allusioti à la vie errante et aux habitudes de déprédation et de pillage de ces montagnards.

Le règne de Jacques V n'esc pas seulement remai^qnable par les ayentùres personnelles qui lui arrivèrent, il l'est bien plus encore par les lois sages qu'il rendit pour gouverner ses sujets et pour réprimer les crimes et les actes de violence qui n'étaient que trop communs parmi eux, tels que l'assassinat, les incendies de maisons, les vols de bestiaux, moyens prompts et faciles de se venger de

PREMIBRB SERIB. 2^9

ses ennemis , auxquels les grands avaient sans cesse recours.

Pour la décision des affaires ci viles, Jacques V institua et fonda ce qu'on appelle le Collège de Justice , qui est la Cour Suprême d'£cosse. Elle était composée de quatorze juges et d'uù pré&ident , qui entendaient les causes et rendaient les arrêts. Un certain nombre d'hommes instruits , élevés dans l'étude des lois , étaient chargés de défçudre les intérêts de ceux qui avaient des procès à soutenir devant ces juges , et formaient ce qu'on appelle la Cour de Session. Ces/hommes prirent le nom d'avocats, et telle fut Torigine d'un corps qui a toujours été très considéi^é en Ecosse, et •d'où sont sortis beaucoup de grands hommes.

Jacques Y s'occupa beaucoup d'améliorer sa marine, et il entre» prit, ce qui alors n'était pas sans danger, de faire sur mer le tour de l'Ecosse, faisant dresser en même temps une carte exacte des différentes côtes, baies, iles, havres et rades de son royaume, dont beaucoup n'étaient pas connus de ses prédécesseurs, même de nom*

Ce prince actif et éclairé ne négligea pas non plus les richesses minérales de l'Ecosse. Il fit venir d'Allemagne des mineurs qui tirèrent de l'or et de l'argent des mines de Leadli^ dans la partie supérieure dii Clydesdale. L'or était d'une belle ^llité, et l'on en trouva une quantité suffisante pour en frapper u|ie très jolie monnaie qu'on aip^ela piéce^à'iogue (bonnet-piece), parce qu'elle portait l'effigie de Jacques Y avec une toque sur la tête.

Ou rapporte qu'un certain jour le roi invita les ambassadeurs de France, d'Espagne et d'autres royaunies, à une grande partie de chasse dans Crawford-Moor, nom du district où sont situées les mines dont nous venons de parler. On dîna dans le châieau de Crawford , vieille forteresse assez grossière. Le roi pria ses hôtes d'excuser la simplicité du dîner, qui ne se composait que du gibier qu'ils avaient tué le matin ; mais il leur promit que le dessert les^ dédommagerait, ayant donné ordre qu'il se composât des plus beaux fruits qui se trouvaient dans le pays. Les étrangers se regardèrent l'un l'autre d'un air de surprise en entendant le roi parler de fruits qui venaient au milieu de sombres marais et de montagnes arides. Mais le dessert ne tarda pas à paraître , et l'on apporta un certain nombre de plats couverts, dont un fut placé devant chaque convive. En les découvrant, les ambassadeurs virent qu'ils étaient remplis de piêces-à^ toque en or, que le roi les pria d'accepter comme les fruits que produisaient les montagnes de Crawford^Moor. Ce dessert d'une nouvelle espèce ne plut pas

<S30 HISTOIRE 'D^BCOSSE.

•moins sans doute cpe s'il se fût composé des "fruits les plus, délicats dtt midi. Ces mines ne sont plus exploitées «fue pour te plomb

Aient elles produisent toujours mie grande quantité.

Quoique Jacques fût , comme nous 'l'avons dit , tr^s économei il ne négligea pas les 'beaux -arts, il fit rebâtir le palais de Lialitbgow, dont le pian t*st d'une grande magnificence, et il agrandît celui de Siirliug. Il encouragea les poètes et'lessavans qui brillèrent sous son règne, et mena joyeuse vie. Il avait lui-même do gdût pour la poésie, et il accorda une grande- liberté aux ri meuis de son temps, en leur permettant de lui adresiser des ^ers qui contenaient souvent la censure de son administration , et qoelque-

'fois même de sa conduite.

Jacques encouragea aussi les lettres, mais il se laissa tromper par un étranger qui prétendait avoir l'art de faire de Tor. Da reste cet homme, qui était ou un fju ou un imposteur, se perdit

•en voulant fabriquer une paire d'aile» à l'aide desquelles il se proposait de s'envoler de la terrasse du château de Stirling. Il le tenta

> effectivement ; mais ses ailes n'ayant pas produit l'effet qu'il s'en

<^tait,promis,Jk|' abattit un peu brusquement dans la plaine, et

-ee cassa' la cuMI.

'Comme le royaume d'Ecosse, à l'exception d'une guerre très eourteetipeu importanie avec l'Angleterre, jouit d'une grande tranquillité presque jusqu'à la fin du règne de Jacques, et que ce

•^monarque était un prince actif et prutlent, il semblait présu-

-mable que lui dii moins éviterait les iijfortiines qui semblaient poursuivre le nom de "Stuart. IVlais un gr^nd changement qui eat

^-"lieu à cette époque entrainà Jactjues V dans une position aussi

-eritique que celle d'aiicun de ses prédécesseurs.

GHAPimE XXV.

l'Angleterre, —piort fie Jacques V.

t¥ees -iiHoaS' rappelez 9 mi^n dber «irfant, qae Jaccppes îW ëtai|t -a^yeu ^e^Heary \^IU , roi^HAn^Qteirxie , 'Marguerite sa^^màoeitaat

PREMIERE SERI8. 231

sœar de ce monarque. Cette parenté , et peut-être la politiqtiâ de Henry, qui savait qu'il élait dans rititérèt des deux pays de reSf êr en paix l'un avec l'autre^ prévinrent pendant plusieurs années lé renouveUeinent dcis guerres désastreuses auxquelles ils s'élaient si long-temps livrés entre eux. La bonne intelligence aurait sans ^oute été plus complète encoure sans le changement généi ai et im* portant qui s'opéra alors dans les affaires religieuses, et qui est appelé dans l'histoire la réformation. Il faut que je vous explique ^en peu de mots la nature de ce changement; autiement vous ne pourriez comprendre les conséquences qui en résultèrent.

Après la mort de notre divin Sauveur, la doctrine qu'il avait préchée fut établie à Rome, capitale du grand empire romain, par Tapôtre saint Pierre, que les catholiques appellent pour cette raison le premier évèque de Rome. Dans la suite des temps , les ëvêqnes de^Rome, ses successeurs, prétendirent avoir une autorité directe sur tous les autres membres de la chrétienié. Des hommes bons et vertueux, par respect pour la religion qu'i|s avaient adoptée , admiretit ces prétentions sans y regarder de trè.s pi es *. A mesure que le christianisme se répandit, les empereurs et les rois qui l'embrassèrent signalèrent leur piété en comblant de biens l'Eglise , et en particulier les évêques de Rome , q^i finirent par avoir des possessions et des domaines considérables comme princes ténvporels, tandis qu'en leur qualité de prêtres ils prenaient le nom de pape, et s'arrogeaient une autorité pleine et entière sur tout l'univers chrétien. Les peuples dans ce temps-là étaient plongés dans une grande ignorance; le peu d'instruction qui restait encore se trouvait dans le clergé , qui avait le loisir d'étudier, tandis que les laïques ne savaient guère que se battra €t se divertir.

I. Sir "Walter Scott est né dans l'église presbytérienne, il ne £aut pas l'oulilier dans le coare de 4}ette discuxion.

La vieille querelle de Genève et de Rome ne itanrait finir de si tât dans la Grande-Bretagne, oh il •'aeit, ponrt honneur du pays, de troiivrr «piHqnes extnses à la barbare pen«écntinn qui pèse sur Im Uoies catbnli'jues d'irlancif. Cdmine T«iry. l'auteur n'n>ie pas avouer que l'aottlisanisine n'obtient pas aux yeux des prenhyterteus plus de grâce que le caihnlicisuie; mais |>our. rompra une lance en laveur de ta rêfonn<*, il feint surtout d'i^^iKirer qiiesur le contineni il existe une «ertiuble diffèienctt «ntre le papisme et le caihoticisine proprement dit. Les libertés de l'Eglise gallicani* prnuveut que l'on peut Àire bçn catholique sans, éirn ultrainontain. Lu biérarrhie du ebristianisme » sen re^irictions; le respfct pour le pape n'est pas une servitude, il y à appel de ^es bulles. Il est bien pins .tervilede regarder le'soqverain |)olilique, ainsi qae font les an|$licanSf comité le directeiirdu cuite «t même d«s consciences , que d'accorder à l'évèqne de Rome une suprématie factice. l<es jésuite n'etiteitdent pent*ètre pas ainsi le catholicisme; inaîs ils sont à la masse des catholiques ce que lî» .méibodistes sont anx prnleslans II faut juger les majorités : les Anglais paient encore la dinie, et le serment du sacre de leurs rois menace encore les eutko/'qneê d'extermination ;U dime est abone dans le Frapce.QV^ioliqiif » U paicije el lajcjtai^bre dm ^éputoa se recr^tt^nt sétu «ubir 1q scrin^t •du test t etc.

Les papes s'étant constitués chefs de TEglise , se mirent par degrés à introduire dans la morale simple et sublime de l'Evangile d'antres doctrines qui n'étaient ni en rapport ni en harmonie avec l'esprit du christianisme , et qui toutes tendaient à étendre le pouvoir des prêtres sur les esprits et sur les consciences des autres hommes. Il ne fut pas difficile aux papes de faire ces altérations; car, se disant les successeurs visibles de saint Pierre, ils prétendaient qu'ils étaient aussi infaillibles que l'apôtre laimême, et que tout ce qu'ils publiaient dans leurs ordonnanceis , qu'ils appelaient bulles, devait être cru par tous les fidèles avec la même foi que s'ils le lisaient dans les saintes Ecritures ellesmêmes. Nous citerons deux ou trois de ces innovations.

Quelques hommes pieux , dans les premiers temps du christianisme , s'étaient retirés du monde pour adorer Dieu dans la solitude. Ils travaillaient pour gagner leur vie, faisaient des aumônes aux pauvres , employaient leurs momens de loisir en pratiques de dévotion, et étaient justement respectés. Mais insensiblement, lorsque des âmes charitables se cotisèrent pour soutenir les associations de ces saints hommes , qu'on légua des biens anx monastères ou aux couvens dans lesquels ils vivaient , et qu'ils finirent par se trouver dans l'opulence, les moines, comme, on les appelait, s'écartèrent de la simplicité de leur ordre, et négligèrent de pratiquer les vertus qui les avaient distingués jusqu'alors. Un autre inconvénient des revenus excessifs de ces couvens, c'est qu'ils servirent à entretenir une congrégation d'hommes inutiles, qui, sous prétexte de se livrer à des exercices de piété, se dérobaient aux affaires du monde et à tous les devoirs domestiques qui leur étaient imposés.

Ce fut aussi dans ce temps d'ignorance que fut introduit le culte des saints, culte que rien n'autorise dans les Ecritures. Il est naturel que nous respections la mémoire d'une personne éminenunent vertueuse , et que nou^ attachions du prix à tout ce qui lui a appartenu ; mais l'Eglise romaine ne se contenta pas d'autoriser les ^fidèles à adorer les reliques d'un saint personnage , elle alla jusqu'à attribuer à ces reliques la vertu de guérir des maladies, et d'opérer d'autres miracles qui révoltent le simple bon sens , leur donnant ainsi le pouvoir qui n'appartient qu'à Dieu, de changer ces lois naturelles que sa sagesse a créées. Le culte des saints fut encouragé, fut prescrit comme celui d'une sorte de divinités du second ordre, dont l'intçrcession pouvait nous être utile auprès de Dieu,

quoiqu'il soit dit expressément dans l'Evangile que Notre Seigneur - Jésus*Christ est notre seul médiateur ' ; et non*seuiemeut la vierge Marie, les apôtres , et presque toutes les personnes dont il est parlé dans les Evangiles , furent érigés en saints par les catholiques, mais une foule d'autres , parmi lesquels il s'en trouve qui n'ont ja» mais existé, furent ce qu'on appelait canonisés, c'est-à-dire déclarés saints par les papes, et eurent des autels et des églises érigés en leur honneur. Des tableaux et des statues, représentant ces prétendus saints , furent exposés dans les églises, et reçarent Vhommage qui, d'après le* second commandement, ne doit être rendu à aucune image, ni à aucune idole ^.

D'autres doctrines encore, telles que le jeûne à de certains jom*s, et de s'abstenir de tels ou tels alimens, furent introduites ^successivement dans la religion catholique, quoique contraires à FEvangile^.

Mais l'innovation la plus importante , et en même temps la plus lucrative pour les prêtres j fut l'établissement de la doctrine que l'Eglise, ou, en d'autres termes, le prêtre, avait le pouvoir de pardonner les péchés qui lui étaient confessés, à chaige par le pécheur de faire telle pénitence que le prêtre lui imposait. On était donc obligé de se confesser à un prêtre pour obtenir le pardon de ses fautes , et la pénitence prescrite était plus ou moins sévère , suivant le degré de l'offense. Mais , en général , on pouvait se dis* peiiser de ces pénitences , pourvu que l'on payât à l'Eglise une certaine somme d'ai^ent ^, source perpétuelle et très féconde de

X. n«ns toutes les religfoos , y compris rongiicanisme et le presbytérianisme moderne , l'intelVpence bornée du peuple s'attache de préférenee aux images sensibles des pratiques religieuses qu'au sens abstrait du dogme. Jésus<Christ doit être notre seul médiateur; 'mais les saints sont comme une personnification de ses mérites : leur intercession n'est pas complètement abolir dans le culte des protestans., les noms de leurs églises l'attestent; mais ils en ont restreint le nombre et proscrit les images. Cet ostracisme dirigé contre le ciel , cette prétendue haine de l'idolâtrie, si funeste aux arts en Angleterre, fut et sera toujours plutôt une reaction contre les catholiques qu'une reforme raisonnée dans la religion : cela, est si Trai, que pour l'excuser, les anglicans sont forcés d'exagérer les abus du cuite des saints.

a. Si on exigeait que les CommandmMM fussent observés it la lettre , le culte protestant, sobiivit de norobrenses réformes : il s'agit ici d'accu^r les catholiques d'idolâtrie. Mous en appelons encore anx catholiques éclairés , on , pour rétorquer l'ai^bment , nous chercherions nos juges parmi las boanes-femhies du protestantisme. Le culte de l'image elle-même est une absurdité aux yeux du catholique, comme la croyance anx remèdes magiques en est une anx yeux de l'Anglais instruit.

3. Le vrai jeûne est l'abstinence du péché. Quant au jeûne proprement dit , il faut faire la part dr l'hygiène dans les ordonnances de l'Eglise. Dans quelle saison arrive le carême ? Pourquoi Hoise défendit-U le porc aux Israélites ? Aussi aue d'indulgence de la part de l' Kglise catholique pour tontes ces pratiques 1 L'auteur prétend que le jeûne est contraire à l'Evangilel Jésus Christ a jeûné luimême quarante jours dans le désert, et a piescrit des règles pour que le jeûne fût utile. a

4. Il y a eu sans doute d'énormes abus dans la distribution des indulgences; anxsi était*ce l'un des principaux argomens des réformateurs. Hais la doctrine des indulgences , telle qu'elle est cnset* gnéc par l'Eglise,, ne donne point la liberté de faire le mal, n'est pas un motif d'eneouragement anx désordies , comme l'auteur le suppose un peu plus loin; car l'Eglise exige toujours la pénitcnoQa. «ptoiqu'elle en diminue la rigueur. {Notts du tradueieur,)

mi HISTOIRE VfiGOSSE.

ceveansy tpd était eiiooi^ augmeoté par la crojanee an purgatoire.

Mous n'avons pas le droit , d'après PEcritare, de croire èl'exîs* ,lence d'un. état imermédiaire entre le ciel, lieu de délices, où les •iions sont admis aussitôt après leur mort, et Teufer, lien de châ tiquent éternel , où les médians sont relégués avec le diable et .ses «anges. Mais les prêtres catholiques en imaginèrent un qu'ils appe» lèrent purgatoire. Ils supposèrent qu'une grande partie , ou plutdt .«qMe la plus, grande partie^ des hommes, n'avaient pas une piété itôsez solide pour mériter de pasiser immédiatement à un état de bonheur sans tin avant d'avoir subi un châtiment quelconque, sans ^ue cependant ils fussent assez dépraves pour encourir une damnation éternelle. C'est dans4'intérét de cette classe nombreuse ^qu'ils inventèrent Tétat intermédiaire du purgatoire , lieu de châtiment où presque tous ceux qui n^étaieut pas condamnés à reiif*^ ^éme étaient renfermés pendant un laps de temps plus ou moins «eousidérable,. suivant le nombre et la grandeur de leurs péchés , Avant d'éire admis dans le ciel. Mais voici où était le point essen^ tiel de la doctrine. L'Ëgliiàe avait le pouvoir d'obtenir par s^ |>rièrei» le pardon des âmes détenues dans le purgatoire , et de leur ^\re ouvrir les portes de ce heu de torture plus tôt qu'elles n'en ^raient sorties sans son intercession. Ceux dope à qui leur con- ^ience disait qu'ils méritaient de rester long«temps dans ce séjour ^'expiation, laissaient de grandes sommes à l'Eglise alin qu'elle .^iât pour ladelivranoè 4e leurs âmes. Delà même manière, les enfans faisaient dire des messes pour leurs pères et mères; les veuves en faisaient autant pour leurs maris décédés , les maris {>our leurs femmes. Toutes ces messes et toutes ces prières ne ij>puvaieut s'obtenir que pour de l'argent , et tout cet argent allait 4^ux prêtres.

Mais le pape et son clergé allèrent encore plus loin ; et nojjr «eulement ils vendirent le pardon du ciel à ceux qui avaient .icommis des. péchés ,. mais ils leiir accédèrent même ( toujours ea payant ) la Jiti^rjié de transgresser les lois de Dieu ^^t de TEgliae. d'était ce qu'on appelait indnigences, parce que cei^x qui les achetaient avaient le privilège de pouvoir se livrer librement à tous les vices, à tousJes désoi^dres , sans être exposés, disait^on^ à la jQçlère divine.'

Pour soutenir cet échafaudage extraordinaire de superstitions i le pape s'arrogea les pouvoirs les plus» étendus, jusqu'à celui de

priver les rois de lears trônes en lançant sur eux une sentenee d'excommunication qui déclarait leurs sujets dégagés de leur serment d'allégeance, et libres de se soulever contre leur souverain «t de le mettre à mort. Dans d'autres temps le pape prit sur lui de donner les Etats du prince excommunié à quelques voisins ambitieux. La règle de l'Eglise romaine -était aussi sévère pour les simples particuliers que pour lés monarques. Si un laïque lisait la Bihle, il passait pour commettre un gratul crime; car les prêtres savaient bien que la lecture des saintes Ecritures feiait euvrir les yeux sur Textravagance de leurs prétentions^. Quiconque avait Taudace de ne pas croire les doctrines enseignées par l Eglise romaine, ou d*en professer qui ne fussent pas les siennes, était re- •gardé comme hérétique, mis^en jugement, et exposé à Thorrible «upplice d'être brûlé vivant , supplice qui était indigé sans misé* ' ricorde pour l'expression la plus légère qui approchait de ce que les papistes appellent hérésie.

Ce pouvoir extraordinaire et tyranniqne sur les consciences fat nsur|)é pendant ce qu'on appelle les ténèbres du moyen-âge , parce qu'alors les hommes n'étaient pas éclairés par les lumières de l'instruction et du savoir. Mais la découverte de l'imprimerie commença , dans le quinzième siècle , à développer les idées. La Bible, justfu'alors restée excluMvement dans les mains du clergé, se répandit davantage, et fut lue généi alement ; et des hommes sages ^t éclairés en Suisse et en Allemagne se firent une élude de dé* voiler les erreurs et les altérations introduites par le saiiit-siége. ils démontrèrent que le cuite des saints était une idolâtrie; les pardons et les indulgences, un encouragement au vice, une porte ouverte à tous les désordres;* la doctrine du purgatoire, ihi moyen adroit d'extorquer de l'argent ; et les prétentions du pa|)e à Tinfaillibilité, une usurpation coupable des attributs qui n'appartien* nent qu'à Dieu seul. Ces nouvelles opinions furent appelées les doctrines de la réformation , et le nombre de ceux qui les eu^brasaèrent augmentade jour en jour. Les préires catholiques romains eherciièrent à défenjdre les dogmes de leur Église par des argumens; mais comme c'était une entreprise difficile, ils cherchèrent, dans la plupart des pays de l'Europe, à) les soutenir par* la forée. *Mais les réformateurs trou vère^t des proleoteors dans dîflërenles parties de l'Allemagne. Lear nombre s«iiblftit s'accrottre au lies

,,l. Qu'nn pn)testant . n'inupof te fie gn^Ue sr^e . lii e cinq pu ^^ «dwgitns de .fult«,^e }Afi^ ,.ft 4fi*i[ dite franchement s'il en permettrait la lectare à at i^lle.

236 HISTOIRE D'EGOSSB.

4e diminuer y et tout annonçait une grande révolution dans le monde chrétien.

Henry Vlil, roi d'Angleterre, avait quelque instruction, et il ne put résister au désir de la montrer dans cette controverse. Etant y dans le commencement de son règne , attaché sincèrement à l'Eglise romaine y il écrivit un traité pour défendre ses doctrines contre Martin Luther, Tun des principaux réformateurs. Le pape fut si satisfait de cet excès de zèle , qu'il donna au roi le titre de Défenseur de la Foi , titre que les successeurs de Henry continuent à prendre, quoique dans un sens bien différent de celui dans lequel il leur avait été donné,

A présent il est bon de vous dire que Henry était marié à une très bonne princesse, nommée Catherine , qui était fille du roi d'Espagne et sœur de l'empereur d'Allemagne. Elle avait été fiancée, dans sa jeunesse, à Arthur, frère aîné de Henry ; mais ce prince étant mort, et Henry étant devenu l'héritier du trôné, c'était lui qui avait épousé Catherine. Leur mariage datait déjà d'assez loin, et Catherine avait eu une fiUe, Marie, qui semblait devoir être l'héritière de la couronne d'Angleterre. Mais Henry finit par devenir amoureux d'une fille d'honneur de la reine , qui se nommait Anne de Boulen , et il n'eut plus d'aiïtre désir que d'être délivré de Catherine, et d'épouser cette jeune beauté. A cet effet, il s'adressa au pape pour obtenir son divorce, sous prétexte que la, reine, avant de l'épouser, avait été fiancée à son frère aine. C'était, à ce qu'il lui seniblait, comme s'il eût épousé la femme de son frère, et il priait le pape de dissoudre son mariage, qui, disait-il , donnait beaucoup d'inquiétude à sa conscience. La vérité était que sa conscience ne l'aurait nullement tourmenté, s'il n'avait voulu épouser une autrefemm^ plus jeune et plus belle que la sienne.

Le pape aurait bien voulu , sans doute, accéder aux désirs de Henry, et ses prédécesseurs avaient souvent accordé de plus grandes faveurs à des personnages moins illustres; mais Cathe* rinc. était la sœur de Charles-Quint, qui était à la fois empereur d'Allemagne et roi d'Espagne , et l'un des princes les plus sages et en même temps les plus puissans de la chrétienté. Le pape, qui avait besoin de Charles pour s'opposer aux progrès de la réformation, n'osa permettre un divorce qui eût été pour ce prince un affront sanglant. Sa Sainteté évita donc de donner une réponse précise au roi d'Angleterre, la remettant de jour en jour, de se-

PREMIERE SftRIE. 237

maine en semaine et d'année en année. Mais il en résnlia un danger qae le papen'ayait pas pré va.

Henry VllI, prince bouillant et irascible s'il en fat jamais, ▼oyant qne lej)ape se jouait de lai , résolut de secouer entièrement son autorité. Il commença par déclarer que le pape n'était rien en Angleterre ; que c'était lui qui était le seul chef de l'Eglise anglicane, et que ni lui ni ses sujets n'avaient rien à démêler avec l'évêqne de Rome. Beaucoup des évêques et des prêtres de TEgUse anglicane adoptèrent certains principes de cette réforme , et tous désavouèrent l'autorité suprême jusqu'alors attribuée au pape.

Mais le plus grand coup porté à l'autorité papale fut la dissolution des monastères ou maisons religieuses , comme on les appelait. Le roi s'empara des couvons, confisqua tous les biens dont ils étaient dotés, et, distribuant leurs richesses aux grands seigneurs de sa cour, il ferma pour toujours ces grands éiablissemens , et posa une barrière insurmontable an rétablissement de la religion catholique, en intéressant tant de personnes à ce qu'elle ne pût jamais se relever.

Les motifs de la conduite de Henry YIII n'étaient nullement honorables; mais ils produisirent les conséquences les plus importantes et les plus salutaires, puisque, à dater de cette époque, excepte pendant le règne très court de sa fille aînée , l'Angleterre fut a jamais délivrée de tonte dépendance du pape , et des doctrines superstitieuses de la religion catholique romaine.

Maintenant, pour en revenir à l'histoire d'Ecosse, il faut que vous sachiez qu'un des principaux désirs de Henry était de per* suader à son neveu , le jeune roi d'Ecosse , de faire à la religion dans son pays le même changement qui avait été introduit en Angleterre. Henry, si nous en croyons les historiens écossais , lui fit les offres les plus brillantes pour l'engager à suivre son exemple. Il lai proposa la main de sa fille Marie, avec le titre de duc d'York, et témoigna le plus Tif 4ésir d'avoir une entrevue personnelle avec son neveu dans le nord de l'Angleterre, pour l'établissement d'une paix durable entre les deux pays.

Il y a des motifs de croire que Jacques eut pendant un certain temps un penchant pour les doctrines de la réformaiion. Du moins . il encouragea un poète écossais , sir David Lyndsay du Mont, et le célèbre docteur George Buchanan, à composer quelques satires vigoureuses contre la corruption de l'Eglise catholique romaine» tSsiiB le roi était loin d'être règlement disposé à se séparer de TE-

glise de Rome. Il craignait la puissance de rAfigleiterre et le caractère hautaÎD, emporté et faroaehe de Henry, qui rebutait son neven par la violence imtirodefite avec laquelle il le pressait de marcher sur ses traces. Ce quiiléteriaina Jacques à rester fidèle à ht'foi catholique» ce fut la oensidératioa que toute l'instruction , toutes les connaissances se trbcivaient concentrées dans les otem* bres dà clergé; ce qui les rendait Beaucoup plus propres à remplir les hantes fonctions de l'Etat et à Paidei' dans Tadministration des affaires pnbhques, que les nobles, qui joignaient à une ignorance profonde une fierté , une arrogance et une ambition excessives.

L'archevêque Beaton , dont nous avons en déjà occasion de parler , et son neveu David Beatou , qui par la suite devint cardinal, jouissaient de toute la* faveur du roi, et ils ne durent i^as manquer d'<emplo]rer rinfluence qu'ils avaient sur son esprit pour empêtrer qu'il ne suivit l'exemple de son oncle Henry en ce qui concernait les affaires religieuses.

Ce fut sans doute la même influence qui le détermina à chercher une' épouse en France plutôt qu^n Angleterre; car il éfait naturel ({ue le clergé catholique, que Jacques consultait , écartât, par tous les mo^'ens qui étaient en son pouvoir, toute alliance intime ave^ Henry, l'ennemi mortel du saiut-siége. Jucques lit dono tm voyage en France, et il' obtint la main de Madeldne, fiiiede François 1*'', avec une dét considérable. Cette princesse fût reçue avec de grandes démonstrations de joie lors de son débarquement à Leith , et les fêtes qu'on lili donna furent aussi brillantes t]ue le permettait Téfat de pauvreté où se trouvait le pays. Mais la jeuoe reine était' d'une' mauvaise santé , et elte mourut quarante jours après- son mariage.

Après ia mQrftdec€fteprinees6e,>leroiv pefichant toujours pour la France, épousa Mii rie de Gtiise, fille du doc de Guise, s'alliaot ainsi à ilne famille fière,>8mbnieuse, et attachée avec le zèle le jjlus fanatique à la cause du oatholicisÉie. C^ite alliance contribua, sans aucun doute, à augmenter l'éloignraatèntdeJacques pour tout changement'dans la religion de TEtat.

Mais- cfuels que fussent les sentimens personnels du sooveraini ceux, des sujets^ tendaient graduellement déplus en plus à la réforme. L'Ecosse avait alors quelque!» savans éckirés qm avaient ^ndié sur le continent, où ils avaient appris et embrassé les doc* tilnes du gronèréformateur Gelviiii A4ear retomr dans learpl^

PREMIERS SERIK; iW

tHe, iU rappm*tèrefit avec eux des exemplaires do l'Ecrifure sflàinte, et ils furent en état d'eupliqcrer à fond la controverse qui s'était élevée entre les pnotestaiis, comme on les appelle aiij<mi^ d'haï y et les catholiques romains. Beaucoup d^cosisais de tontes les classes se convertirent aui nouvelles doctrines.

lies ministres et les conseillers papistes du roi crurent devoir eniployer la violence pour arrêter ces exemiyles contagieux. Plusieurs personnes furent incarcérées^, jugées devant la cour spiri^ tuelle de Pévéque de Saint*Ândré, et cundamnées aux flammes. La modestie et la retenue que ces hommes montrèrem pendant leur JBgement, la patience avec laquelle ils endurèrent les souffrances â^une mort terrible, tandis qu'ils protestaient en même temps de leur croyance aux doctrines pour lesquelles ils avaient été condamnés, firent la plus forte impression- sur les spectateurs, et augmentèrent la confiance de ceux qui avaient adopté les principes deà réformateurs. Des lois plus rigoureuses et plus cruelles encore fanent portées contre eux. Contester seulement le pouvoir du pape était un crime puni de mort; mais la réformation semblait faire^ des progrès d'autant plus rapides qu'on faisait plus d'efforts pour les arrêter.

Les faveurs que le roi prodiguait au clergé catholique attirèrenf SUT ses membres la jalousie de la noblesse d'Ecosse, et la firent pesnchef encore davantage pour les nouvelles doctrines. Les richesses des couvens et des ahbayes tentèrent aussi beaucoup de seigneurs, qui espéraient en avoir leur part , au cas où ils seraient supprimés comme en Angleterre. Et quoiqu'il y eât des hommes vertueux parmi les moines, comme il y etr avait de dépravés, cepiendant la vie indolente et licencieuse de plusieurs d'entre eux avait attiré sur l'ordre en général la haine et le mépris du peuple.

Le mécontentement puhlie flit encore augmenté par un incident qui arriva en 1 587. Une dame du plus haut rang, Jeanne Douglas^ sœur du comte d'Angus qui était exilé, veuve de John Lyon, lord de Glamis, et femme d'Arehibald Campbell de Kepneith, fut accusée d'avoir attenté à la vie de Jacques en employant les ressources iniaginaires de la magie.et le moyen plus redoutable du poison. Elle voulait, disait-on, assurer ainsi le rappel des Douglàf CAR Ecosse, et leur réint^ration dans tous leurs biens et toutes' lanrs dignités. Jeanne fut brûlée vivef devant le château d^Edim'' bMrg^ ^ leâ-spéètateurs, toudiéi) de sa jeunesse et de sa beauté, et

240 HISTOIRE D'ECOSSB. i

sarpris da courage avec lequel elle, subit son sort y ne manquèrent ' pas d'attribuer son trépas moins à^in crime véritable qu'à la haine ^enracinée du roi contre la maison de Douglas.

Une autre exécution, quoique tombant sur un être généralement méprisé, contribua à confirmer l'opinion générale que Jacques avait un penchant naturel à la rigueur, pour ne pas dire à la cruauté. Nous avons parlé de sir James Hamilton de Draphane, surnommé le Bâtard d' Arrau, comme d'un homme qui avait acquis une triste célébrité par son caractère féroce et les assassinats qu'il commettait de sang-froid. Le roi l'avait nommé shériff d'Ayr, et lui avait accordé d'autres faveurs. Néanmoins, sur la seule déposition d'un de ses cousins, portant le même nom que lui, il fut accusé de haute trahison, condamné et exécuté. Daas eette occasion, l'opinion publique accusa de nouveau Jacques d'avoir prononcé la sentence sai^s que le crime fût suffisamment démontré.

Pendant ce temps, Henry continuait à presser le roi d'Ecosse, par lettres et par l'entremise de son ambassadeur, de prendre avec lui des mesures communes contre le clergé catholique. Il rougissait pour son neveu , disait-il , de le voir occupé d'améliorer ses revenus en entretenant des troupeaux de moutons, soin tout-à-fait indigne d'un roi ; s'il avait besoin d'argent, lui, son bon oncle, était tout prêt à lui fournir toutes les sommes qu'il voudrait ; ou bien les richesses des couveus et des monastères catholiques étaient un fonds dont il pouvait s'emparer dès qu'il, le jugerait convenable. Enfin l'ambassadeur anglais, sir Ralph Saddier, lui peignit, comme ses instructions le lui ordonnaient, sous les plus fortes couleurs les doctrines perverses et licencieuses du clergé, contre lequel il pressa le roi de prendre des mesures violentes.

Il y avait dans ce message de quoi blesser vivement le roi ; il mit cependant beaucoup de modération dans sa réponse. Il aimait mieux, dit-il, vivre de son revenu, tout modique qu'il pût être, que de se mettre sous la dépendance d'un autre roi, fût-ce même de son oncle. Il n'avait aucun motif, aucun prétexte même pour s'emparer des possession^ du clergé, qui était toujours prêt à loi avancer de l'argent quand il en avait besoin. Si quelques prêtres déshonoraient leur profession, il ne manquerait pas, ajouta-t-il,de sévir contre eux ; mais il n'entrait pas dans ses idées de justice de punir le corps entier des fautes de quelques-uns de ses membres.

PREMISRB SERIE. 2H

Toi|t ce qnc Tambassadeiur put obtenir de Jacques, ce fat la promesse de se rendre à York poar avoir une entre Vtie avec Henry, ai les affaires de son royaume le lui permettaient*

Le roi se trouvait al(|rs dans une alternative embarrassante : il fallait qu'il se rendit aux désirs de son oncle, ^ qu'il rompît sou alliance avec la France, et qu'il introduisît la religion réformée dans ses Etats; ou bien qu'en restant fidèle à la France et à la foi catholique, il courût tous les hasards d'une guerre contre l'Angleterre, Dans ce moment de crise, les prêtres employèrent tout leur ascendant sur Tesprit de Jacques ; l'or de la France m» fut pas épargné pour déterminer sa résolution ; et l'on peut suf^oser que la jeune reine, issue de la famille catholique des Guises, exerça son influence dans le même sens, Jacques finit donc par ne point se rendre à l'invitation de. son oncle ; et, lorsque le lier Henry était depuis six jo^rs à York à l'attendre, il lui envoya quelque excuse frivole. Henry, comme on peut bien le croire, fut mortellement offensé, et se prépara à la guerre.

Elle commença sur-le-champ, et fut aussi terrible que ruineuse. Henry envoya des troupes nombreuses pour ravager les frontières de TEcosse. Jacques, à sa satisfe^ction inexprimable, obtint un grand avantage dans la première affaire de quelque impiirtance, et il médita des actes d'hostihté plus décisifs. 11 assembla tout^ les forces de son royaume, et s'avança jusqu'à Fala, lorsque, le i^^ novembre 1542, il apprit que le général anglais qui avait envahi les frontières s'était retiré sur le territoire anglais. A cette nouvelle, les seigneurs écossais, qui, avec leurs vassaux, étaient venus se ranger sous l'étendard royal, déclarèrent à leur souverain que, quoiqu'ils eussent pris les armes pour préserver leur pays de rinvasion étrangère, ils n'en regardaient pas moins la guerre avec l'Angleterre comme une mesure impolitique et entreprise uniquement pour satisfaire le clergé ; et que, puisque les Anglais s'étaient retirés, ils étaient décidés à ne pas faire uu pas de |j]us en avant sur le territoire ennemi. Il n'y eut qu'un chef de clan des frontières qui offrit au roi de le suivre avec sa troupe partout eu il voudrait les conduire; c'était John Scott de Thirlstane, dont Jacques récompensa le dévouement en ajoutant à ses armes un faisceau de lances, avec cette devise : Toujours prêt.

Jacques, se voyant ainsi abandonné par la noblesse, revint à Edimbourg, déshonoré aux yeux de ses sujets, et plongé dans le plus profond découragement.

Pour fie venger âe% incursions des Aniglais et fifre onbliet* la f!l5. léction de Fata , le roi vot^^ut qti*iine armée de dix mille Iioinmes entrât en Angleterre par les marches dt» l'ouest , et il eut l'impruidistiee d'enrojfer avec ces tron|3es OlivierSinclair, son favori parlicnlier, qui pacageait avec les prêtres rimpopularité de la guerre d^Angleierre, et qui déi'laisatt aux nohies cotame étant du nombre -de ceux qui exploitaient la faveur royale à leur préjudice.

L'armée était i peine sur le terriioire anglais, près d'un endroit appelés »lway-Moo8, que cet Olivier Sinclair fut élevé ^ur leshooeliers des soldat s pour leur lire une proclamation f|ui, à ceqii'ondit, nommait lot^d Maxwell commandant de l'expédition. Mais personne 'nedoutait qu'Olivier Sincluir n'eût été lui-même nommé commandant en chef; et, comme il était l'objet de la haine et du mépris 'général, le désordre et la cotifusion se -mirent aussitôt dans Tar- *iilée. Quatre à cinq cents Anglais, commandés par Ttiomas Dacre ''et Jidin Mu^grave, remarquèrent ce mouvement , et aussitôt ils chargèrent les nombreux escadrons de l'armée ennemie. Les^-cos- «sais s'enfuirent sans même essiyer de se défendre. Une foule de «eeigftènrs et de freittil^hommcs aimèrent mieux se laisser faire pn'' «flomiiersque d'affronter le ressentiment de leur sou veiain.

Depub qtielque temps te malheur semblait s'attacber à pf^ûr- ' suivre Jacques. La mort de ses deux fils, l'affaire de Fala, avaient (laissé une impressiiin profonde dans son esprit , et ses songes 'mi^mes les lui retraçaient dans It-s tableaux les plus horribles. Il •croyait voir le farouche BÎr James Hamtlton , quM avait fait ex^'ca- *tersiir de faibles indices. L'ombre sanglante s'approcbait de son ^lît ûneépée à la main, et lui disait : — Tyran cruel, tii m'as iin- 'îiiolé injustement, moi qui ai pu nie montrer barbare envers '^d'autres hommes, mais qui te fus toujours fidèle: c'est maintenant ^on tour de recevoir le châtiment que tu méiites. Il lui semMait qu'en disant ces mots sir James Hamilton lui coupait d'abord un 'bras, ptiis après l'autre, et qu'ensuite il le laissait, en le mena- -çant de revenir bientôt lui coupe» la tête. Il n'était pas él<»tm8'J* «que de pareils rêves prissent naissaticedans l'imagination du rot, troublé comme il l'était par de grandes infortunes, et se reprochant peut-être intérieurement la mort de sir James Hamilton. ba perte «le ses deux bras lui semblait f<«ire natin*ellement aWost'^" > 'celle de ses deux fils, et il resta convaincu que les menaces w (^apparition présageaient sa propre mort.

La nouvelle de la bataille, ou plui&t de ht déroute de Solway»

tpr«M!BIrï: sïRre. sis

ttiit fe comble à son désespoir. 11 se renferma jdans son palais <)e Falktarid., et repoussa toute consolatioii. Ciie lièvre biûlaiite, causée par îa honte et par la douleur, saisit l'inf jrlaiié monarque. On vint lui annoncer que la feine était accouchée d^unefille; mais il se contenta de répondre: — a Par fille elle est venue ( voulant parler de la cparomie), et par 'fille elle s'en ira. » Ce fut^ent à peu près ses derniers mo's ; et se retournant du côté du mur, il mou i ut de la plus triste de toutes les maladies, d^accablement et de douleur. Il était encore à la fleur deson â^e, ayant tout au [Jus trentevn ans. S'il ne s'était pas Tais^é entraîner par les conseils des prêtres catholiques dans une guerre avec l'Angleterre, Jacques V 4iurait pli jouir sur le trône du bonheur auquel son mérite et sçs ialeus lui donnaient des droits.

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