‹ oevres walter scottChapitre 35 sur 42 · CHAPITRE XXVr · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVr

3N^*ci«riofMr,poar un momi^e rnifcUi jegritoe rein» Narîfe' et le pHtior BAnttartf )drftilg1<im^c^««4H|eft ne reusHiss(>iji poi*.— Invasion en BcoK^e — Ad mi iiiKt ration et Htitrt du cai-diiial Bculon. r— B.il.iille de Piiikie — "Mai-ie Stiinri es4 eiiVf>Yce en France et la reine douairière devient régente. -•^ Hugj-ès de lu Nformaliofi» •^«* j|ari»«e«4ecidft-^ retooraer eu ficosM.

Les infortunes de Marie Stuart, qui succéda à son père, comineiicèrent dès sa naissance, et continuèrent sans inlerruj.tion pendant toute sa vie. De tous les malheureux princes delà maison deStuarl , ce fut elle qui Tiit le plus constamment mallieureusç. Elle naquit le 7 décembre 16112, et devint peu de jours après, par la mort de son père, reine au berceau d'un Etat déchiré par la discorde.

C<»mme il arrive souvent pendant les minorités , denx part's étaient aux prises pour obtenir le pouvoir suprême. Matie de Cuise, la reine*mère, et le cardinal Daviil Reaton étaient à la tète de celui qui favorisait l'alliance avec la France. Hatnilton, comte d'Arran, le plus proihe parent mâle de la jeune reine, était à la • tête de l'autre, et il jouissait d'une plus grantle popnlaiit S pane que les nobles ciai^naient le caractère ambitieux et entreprenant du cardinal, et que le peiiple le détestait à cause des persécutions qu'il faisait s«d)if aux réfum&ëa. Le comte d'Arran n'était pour-^

tant qu'on homme timide et irrésolu , qui n'avait pour loi que sa haute naissance. Mais il n'en fut pas moins élevé à la régence.

Henry VIII montra, dit-on , beaucoup de regret de la mort de son neveu, disant qu'il n'y aurait jamais en Ecosse un roi qui loi tint d'aussi près ni qui lui fût aussi cher, et attribuant non au feu roi, mais à ses mauvais conseillers, les malheureux différends qui s'étaient élevés entre eux. En même temps Henry conçut le projet de réunir les couronnes d'Angleterre et d"Ecosse par un mariage entre la jeune reine Marie et son fils unique Edouard YJ, qui n'était encore qu'un enfant.. Il admit à son conseil le duc de Glencairn et d'autres seigneurs écossais, faits prisonniers dans la déroute de Solway, et leur offrit la liberté à condition qu'à leur retour en Ecosse ils appuieraient dd tout leur pouvoir ralliance qu'il proposait. Ils acceptèrent, et partirent après s'être engagés solennellement à revenir dans le cas où le traité ne s'accomplirait pas.

Archibald, comte d'Angus, et son frère sir George Douglas, profitèrent de cette occasion pour retourner en Ecosse après quinze ans d'exil. Ils devaient beaucoup de reconnaissance au roi pour la protection qu'il leur avait accordée pendant un si long espace de temps ; Henry avait été jusqu'à les nommer membres de son conseil privé, et l'appui qu'il leur donnait avait souverainement offensé le feu roi. Lors donc que l'influence des Douglas, que ses bienfaits lui avaient attachés, se joignit à celle de Glencairn et des autres seigneurs qu'il avait faits prisonniers à Solway, et qu'elle fut encore secondée par tout ce qu'il y avait de proiestans en Ecosse, qui favorisaient naturellement une alliance avec l'Angleterre, tout parut seconder les projets de Henry, et il semblait qu'il ne pouvait manquer de réussir; mais l'impatience naturelle du monarque anglais fit avorter son plan. Il demanda la garde et la tutelle de la jeune reine jusqu'à ce qu'elle fût en âge de consommer le mariage qu'elle allait contracter avec son fils, et insista pour que quelques-unes des places les plus fortes du royaume loi fussent remises. Ces propositions excitèrent la défiance des Ecossais, et enflammèrent cet amour d'indépendance et de liberté dont ils ne cessèrent jamais de donner des preuves. La. nation entière commença à entrevoir que Henry YIII, sous ce prétexte, avait dessein de s'approprier le royaume comme l'avait fait Edouard P^'dans des circonstances semblables; et le zèle des seigneurs qui lui avaient promis de le seconder se trouva paralysé^ à cause de l'ex*

traTagance de ses propositions. Ils dirent à sir Ralph Saddler, l'ambassadeur d'Angleterre, que la nation ne souffrirait pas qu'on remît à Henry la garde de la jeune reine, que leurs propres vassaux refuseraient de leur obéir et de prendre Içs armes pour une telle cause, et que les femmes mêmes s'armeraient de leurs que* nouilles et ramasseraient des pierres dans les rues pour les attaquerct pour les combattre. •

Henry consentit avec beaucoup de peine à ce qu'on ne lui remît la tutelle de la jeune reine que lorsqu'elle serait âgée de dix ans. Mais cette demande même, ainsi modinée, éprouva la plus vive opposition, et sir George Douglas, le plus zélé partisan de Henry, n'osa conseiller de s'y soumettre que comme un moyen de gagner du temps. Il raconta aux seigneurs écossais qu'un certain roi s'était pris d'une si belle passion pour un âne, qu'il voulut que son premier médecin lui apprît à parler, sous peine de mort. Le médecin consentit à entreprendre ce miracle, mais en faisant entendre an roi qu'il faudrait bien dix ans avant que ses leçons pussent produire l'effet désiré. Ce délai lui fut accordé sans peine, et il entra aussitôt en fonctions. Un de ses amis l'ayant une fois trouvé fort occupé autour de son élève, lui exprima sa surprise qu'un homme aussi sage que lui entreprît une chose qui était physiquement impossible; mais le ipédecin lui répondit : — Né voyez-vous pas que j'ai gagné dix ans? Si j'avais refusé le roi, j'aurais été sur-lechamp mis à mort; mais de cette manière j'ai du temps devant moi , et pendant ce temps le roi peut mourir, l'âne peut mourir, je puis mourir moi-même ^ Dans l'un ou l'autre de ces trois cas, je suis délivré de toute inquiétude. — De même,, ajouta sir George Douglas , si nous acceptons le traité, nous éviterons une guerre sanglante et meurtrière, et nous aurons devant nous un long espace de temps , durant lequel le roi d'Angleterre, son fils le prince Edouard ou la jeune reine Marie peuvent mourir l'un ou l'autre, et rendre ainsi le traite nul. — Convaincu par de telles raisons, le parlement, composé presque entièrement des lords du parti anglais , consentit au mariage proposé, et le régent y donna aussi son approbation.

Mais pendant qu'une partie des seigneurs écossais acceptait le traité aux conditions mêmes proposées par Henry, la reine-mère

'• Le roi, l'âne on moi , nons mourrons, etc.

C'e^t la fable qae La fontaine a miié en ren d'ane manière si piquante.

et le cardinal Beaton étaient à la tète d'un antre parti encore pins. nombreux , qui voulait rester ikièle à rancieiuie reii|(ion et »> ralliante avec la France, et qui était par conséquent entièrement op^iosé à une union avecl'Angleierre. La faihle^se du régem contribua à la rupture du traité auquel il avait confteiiti lui-iuéme : il n'y avait pas quinze jours qu'il l'avait ratifié, que déjà il s'était réconcilié avec le cardinal^ et avec la reine*nière, et qu'il s'était joint à eux |)nur mettre obstacle au mariage. Le roi d'Angleterre , avec plus d'adresse et de patience, serait parvenu peut-èire à l'em-^ porter de uouveau, et à faire reubsir une mesure qui paraisï^ait également importante pour les deux royaumes; mais fuiieux de la âu|luité du régent, Henry lui déclara sui-le-champ la guerre» Une flotte considérable entra daus le détroit du Fortli ; les troupes a^i^laises y débarquèi ent, et, n'éprouvant aucune résistance, elLeftbrûlèrent la capitale de l'£i;osse et son poi ^de mer» et ravagèrent tpiu le pays d'alentour. Sir Ralpb Everset sir Brian Letoua tirent en même temps sur les frontidres les incursions les plus terribles* Le détail des ravages qu'ils commirent fra|>pe d'horreur : daiisuue seule de ces ej^)édiiions, cent q^uatre-vii^gi -douze citadelle» oa places fortes furent brûlées, quatre cents Ëcohsais furejit tués,, et huit cents faits prisonniers; dix mille bœufn, douze mille brebis et mille clievaux firent p^tie du buiio : un autre tableau présente la destruction de sept mouastèi es, seize châteaux ou forteresses» cin^; gyrandes villes, deux cent quarante-trois villages,, treize moulins et trois. hôpitaux, tous abattus ou brûlés.

Les exploits des généraux anglais pouvaient satisfaire le ressen** timent de Henry, mais ils nuisirent beaucoup à ses projets sur L'Ecosse; car tous les habitâtes se réunirent pour repousser l'ea^ il^mi , et ceux même qui goûtaient le p^s ralliauce avec l'Angle* terre furent, pour me servir de l'expiession du temps, choqué» cl'.une manière si rude et si grossière de faire la cour. Les Di).uglas eux -mêmes, que tant de liens divers attacliaient à Henry, furent obligés, eu voyant l'Hcosseeuvahie et ravagée par les Anglais, de prendre aussi. les armes contre eux, et ils ne tardèrent pas à le faire.

U. paraît que Henry avait donné à aes deux yaillans capitaines ^ Sjs^ers. et Letoun, tout le pays qju'ils pourraient conquérir sur.la> frontière, et en particulier les beaux domaines de Merse et de Teyiotdale. — J'écrirai l'acte d'envoi en possession sur leurs pro« près corps en encre de sang et avec une jpliune Lien aflilée^ dit la

cfOÊLle d'AngaSy pour me venger de ce qu'ils ont délrail les tombeaux de mes aticéii es danb Tabbaye de Melione^ En coiiseqiHfuce il {tressa. le régent ou gtmverueur, ceuane ou an^i elait Arrau^-de sei diriger vers les fiontièies pour les pioléger. Après une iouguo hésitation^ le régent &'y décida, ei il .Vaivan^^a du côté de Melroseii suivi ile cijiq cents hommes tout au plus. Les cliefs ati^is élaieu^ caBipés à Jedbur^h avec cinq mille bomniesy dont trois mill^ éi aient des Itoufies réglées à la solde du loid'Augleierie; le reste était composé des habitaus des» £i'ontières auxquels s^étaieui réunis pliisîeiu*s clans éeossaris qui avaient arboié la critix louge, et qû s'étaient soumis à la domination de TAngleierie. Dès qu'Us a| prjr* reiit ra|:»prcM:lie du gvtuveri^urv ib se mirent au>sitot en marcbe pour le surprendre et écraser sa petitetroups; lU échiMièrent dans leur pro^t, car dé|à les Ecossais s'étaient retirés au-delà de la Tweedy sur les moutagnes situées près de G^ildi^hiels.

Les Anglais se disposèrent alors à retourner à Jedburgb.» et le gouvernenr» agissant d'après les conseils du comte d*Aiigus, lea suivit et observa tous leurs mouveineus. Pendaitt ce temps lea Ecossais commençaient à recevoir de nombreux renforts* Ue jeune.et intrépide guertier, William Leslie, seigneur de B,otbes, arriva le premier du comté de Fife, suivi de trois eents cavaliers bien armé^« Lord Buccleucb vint ensuite avec quelques bommea de son plan qui accoururent au grand galop., et il promit que lea autres ne tarderaient pas à les rejoindre. Ce Cbef des* froutièreaavait de grands talens militaires, et commissait parfaitement le pays. Il conseilla au gouverneur et au comte d'Angus de rangée leur armée au pied d^ine petite éminence, et déplacer leurs cava* liers à l'arrière- garde. Les Anglais» voyant la cavalerie éeossaise gravir la montagne, coiRlurent qu'elle prenait la fuite, et retour^ Dèreiiten désordre pour les attaquer, se bâtant comme si la victoire leur était assurée. Ils arrivèrent ainsi devant l'armée éi^ossaise, dont lea rangs étaient serrés et en bon ordre, taudis q^e.le mpuvement ^vrécipité qu'ils venaient de faire avait jeté la confusion dans les leurs. Au moment où les Ecossaiscommeni.èrent à < harger, le comted'Angits voyant un béron sortir d'an marais ^ s'écria : — Ob 1 que. mou friucon blane n*est*il ici pmir. que nous paissions nous battre tous à la fois ! — Les Angclaia^ surpris et borsd'baLeinei ayaut en outre le vent dans<*la figure et4e soleil dans;, les yeux, Êueut complèiement battus ., et obligés de prendre la fuiie. Les £«o^saia des fronuèrea, qui s'élaieut j^Âiits à eux^ voj^aot leorj

compatriotes victorieux, jetèrent leurs croix rouges, marque distitictive qu'ils avaient prise comme sujets du roi d'Angleterre, et tombèrent sur les Anglais; qu'ils étaient Tenus pour Recourir. Ces transfuges firent un affreux carnage, et les Ecossais en général, provoqués sans doute par les derniers ravages des Anglais, montrèrent tant de cruauté à Tégard des vaincus, qu'ils semblaient méi iter le coup terrible qui bientôt après frappa leur nation. La tradition dit qu'une jeune et jolie fille appelée Lilliard avait suivi son amant de)>uis le petit village de Maxton, et que quand elle le Tit tomber dans la mêlée, elle s'élança au plus fort du combat, et fit mordre la poussière à plusieurs Anglais. Depuis cette époque le champ de bataille prit le nom de la Pointe de Lilliard ( Lilliard's Edge), qu'il conserve encore aujourd'hui.

Cette bataille se livra le 14 décembre 1544. Mille Anglais y périrent ainsi que leurs deux commandans. Evers fut enterré dans l'abbaye de Melrose, qu'il avait si souvent saccagée, et à laquelle il avait fini par mettre le feu. On fit un grand nombre de prisonniers, ])armi lesquels se trouvait un alderman delà Cité de Londres, Thomas Read, qu'on doit être étonné de trouver dans une semblable bagarre. Ce digne citoyen avait, à ce qu'il paraît, refusé de payer sa part d^un don gratuit ( benevolence ), comme on le nommait , c'est-à-dire d'une somme d'argent que le roi réclamait de tous les habita ns de Londres. 11 parait que, quoique le roi n'eût pas le pouvoir de le faire mettre en prison jusqu'à ce qu'il eût payé, il avait du moins celui de le faire partir comme soldat; et il existe une lettre adressée à lord Evers, dans laquelle il lui est enjoint de sou- Inettre Read à tout ce que le service a de plus dur et de plus pénible, afin qu'il sût ce que les soldats avaient à souffrir et qu'il fût plus disposé une autre fois à payer au roi l'argent destiné à les solder. "Il est à présumer que l'alderman paya une bonne rançon à l'Ecossais qui eut le bonheur de le faire prisonnier.

Henry VU! fut très irrité de cette défaite de Lilliard's Edge on d'A^icram-Moor, comme on l'appelle souvent, et il exhala sonmécontentement en menaces contre le comte d'Angus , quoique ce seigneur lui fût allié de très près, puisqu'il avait épousé sa propre sœur. Le comte ne fit que rire de ces menaces. — Mon royal beaufrère , dit-il , serait-il fâché de ce que j'ai agi en bon Ecossais; de ce que j'ai vengé, par la mort de Ralph Evers, mes ancêtres, dont il avait osé profaner les tombeaux à Melrose? C'étaient des hommes qui valaient mieux que lai, et je ne pouvais faire moins,

ea. cofiscieRcè. Est-ce que le roi Henry voudrait m'ôter la yIç pour cela? Il connaît peu les défilés de Caimtable (montagne près du château de Douglas ) ; je puis y braver toutes les forces de l'Angleterre.

La vérité est qu'à aucune époque de leur histoire les Ecossais n'ont montré plus d'attachement pour la France , et plus d'éloi* çnement pour l'Angleterre qu'ils en avaient alors ; le mariage projeté entre la jeune reiue et le prince de Galles n'était vu généralement qu'avec horreur, ce qui provenait en grande partie de l'esprit de vengeance et de rage que Henry déployait en faisant la guerre. De tous les seigneurs d'Ecosse qui avaient été, dfttis l'origine, du parti anglais, Lennox fut le seul qui resta fidèle à Henry; il fut obligé de s'enfuir en Angleterre, où le roi lui fit épouser lady Marguerite Douglas,' fille de sa sœur Marguerite et du comte d'Angus , et par conséquent sa propre nièce. Ils eurent pour fils le malheureux lord Henry Damley , dont nous aurons beaucoup à parler dans la suite.

Le roi de France envoya alors aux Ecossais un corps nombreux de troupes auxiliaires, indépendamment de sommes d'argent considérables, ce qui les mit à même de se venger des incursions des Anglais par de terribles représailles, de sorte que les frontières des deux pays furent exposées aux mêmes ravages. Enfin la paix termina, en 1546, une guerre pendant laquelle les deux pays«avaient beaucoup souffert sans^avoir obtenu ni l'un ni l'atutre un avantage décisif.

Les affaires' étaient alors presque exclusivement dirigées en Ecosse par le cardinal Beaton, ^andjhomme d'Etat, comme nous l'avons déjà dit, mais catholique exagéré, |et d'un caractère dur et cruel ; il avait pris un ascendant complet sur l'esprit du régent, et il avait su décider cet hoiùme faible et changeant à abandonner le protestantisme, à se réconcilier avec l'Eglise romaine, et à poursuivre les hérétiques, comme on appelait alors les prolestans. Beaucoup d'actes de cruauté furent commis ; mais aucun n'excita l'indignation, générale à un plus haut degré que la mort barbare de George Wishart.

Ce martyr de la réformation était un homme d'une naissance honorable; d'une grande éloquence et d'une haute piété. Il prêehait les doctrines de l'Eglise réformée atec autant de zèle que de succès, et fut pendant quelque temps protégé contre la vengeance des catholiques^ parles barons qui s'étaientjconvertis à la

960' HISfOIRS D'fiCOSSR.

foi protestavile. ib.la &h €«^eii4»iil il fui livre par lord Baibwell^ euire leA- laaiiis du cardinal , (|in le lU cuiMUiire a4i château de SaiiAi-Audré , LhIi^ esëeei palais (oui enbCSibU) qui lui .»|)|.arte<nait eu sa qualité d'arcLevCi^i e, et là il fut jeié dans lui 84iiu^»re7 OacUot. Witiiiart fut euauiie traduit AMOkme liénétu^Me d«vaiii Ja GOur spirkueUe , doat le LardÂMal éiait |.*t éttidtmt. U l'ut accusé; Savoir fait préckcr île» doctrine» liéieii«|iies \i^r deujfc i^retres,. iioiiHné.s Lauder et Oiipfaiui , doue les pro|i06 furilH!M*dj» et hdSviolentes iuv^ctives cotatrastaieui avec le cakuie et ïat patience qiH^ montrait le pri«eunier. 11 en appela de raiitorité de rEgU.se'ro^ maille à celle de la Bible; mais S0t»j.4*gea étaient |i««è d>Bp(ms k écouter ses argumena, et il futcatida^iMi^ à eue brûlé vif. Le ik^ de Texéiputian éiait eu face' du sup«»'be 4;hâie»u du cardinal, ett Beataii liii*mème s^assit sur 1*9 mtwaiHe» ^Mr^ées de tapistveries^ pour contempler le supplice de son prisouuier liéréûqae. Wisbart fiuA alors amené y et attaché à un (Kiteau yur des<i>baiues de fer. On lui aidait mis une e>pèw:e de robe de l»6ugraii , et |>kisieurssati9 de pondre étaient atta^îliés antour de lui pour liâtcir l'action du feu. Une grande (|uantité de fagota étaient rangés autour du l^u* cher. Tandis quedeboni il aiiendail avec csduie le nH>aient fàtii, ses yeun se dirigèi^eui; vers les muis^du cbateau où le cardiasU Sjouetinemi» s'était placé pour jouir de cette S4»èiie iiorrible.

'^Capitaine» dit-il à celm qui cùtilmaiidait la fa^^de, puisse^ Dieu pardottuer à l'homnie qui est là-bas , si lîèrem^^ astïis sur les murs de son paUis! Dans peu de jours eni'y verra sui'penda' SM^ec autant de kouteet d'opprobre qu'il mtot^e auî<4)iurd'luii de })ûmpe et de vani^. — Ou inà alors le feu aur laiclier': la iHmdrê fit une e9LploaiQny la flamme s'éleva, et Wisbait j^asaa par aaei mort pénible à une bieii4ieureuse immfHPifalité.

Peutrètre les dernièi-es paroles» < le Wisbart, qui semblaient^fH^O' gfiéliq^uesy turent-eUeeuu^aigadrbutpiiexpita qAtebiut'S hunufi^ à venger sa mort. Qiioi<pi'il en fut, la mort de Wisbart accrut' heaui4>up4a baiiie publique contre le (^rdiual^.et un bMitme à0 cœur eatrepiit de reperdre au vcfeu général an Uii denitant la mort. C'était Norman Leslie, seigneur de Roibea, to mémeqH* avait inneiié un peufort de seUats du* eouHtié de Fife à la batarll^ d^Anaïam^îVloor» Il parah que , outire s» part de laiiiMne fëeérW^ "^l'oa ppriait a» ci^cdyual cmnaie perséreteur, jl avait .qat4Mi>^ a»^ d'auimositépaftieulièpeeontf e lui. Aweesei^e'liemQi^^^'f ll|e«iJl^aalie««it£eiH9id'aesàéi»r le eaftdÎHaldimé aeoi propre

BREMIfiRB SEME. . %(a?

tean , au milieu de ses garde&et de 8e.«.dQiiie6tiqDes. Il se trouvait

que , comme plusieurs ouvriers étaient encore occupés à travailler

aiiui liirtil«ua4.iotMi du cliaieau, le guichet de la giande fHirte é»ait

ouvert de grand matin , p«iur qu'ilh puat^eiii se uietti^ea Touviag^

Le^at- eieiia|^U'a4eui>s pr4.-(iiièieni de lecte circunaïauce , el èe r«MM^

diretH mciîireade reuin e. Uiie fois daii^riuiérieur, ils he ^aisireu^

detfr ëfl^mesti^uftSy les cliashèreièt rjiii.frprèt» l'auire du tbaieau , el»

se- préeipitèr«4ài veis la cliambi« du ca^rdiiial, qiui eu a\aii feimé^

la |>oi 4e. U rcfutô il'uuvrir juM^u'au momeut où ils le. meiuicèpeati

de mettre le feu. à la iliaïubre. Alors, a| prenani que Williaoïk

LesJieétait^ a^ec eus, il feortit eitliii, et demanda grâte« MelviUe^

tuh «ifis conspira tcm s, lui léporidû- t^uM }ouvait s'attendieà lia

Bièftie grâ«se «yu'il avait aecotdée a Gîeorge Wibhart et à tous U0

.au|;r€>s servi leiirs de b«eu <|u'il atait fait pénii*» Puis l'épée sua^

peA«lue sur la peitritie du cardinal , il lui dit de se lecommandw

à. I>ieu9 parce que ^a dernièie heure était venue. Alors les cott*'

S|Airat«Hrs poi^ttardèft eni leur victime, et allèrent ensuite |.endni

son corps aux muraiileadu château pour le montrer auii hal>itami

de $aitit*Anéré» ses pa4tisans et ses vahiiau&». qui vinient de>

uaiHiUer avee ra^ ce qu>*é(ait devenu leur arclievéque. Ainsi aott^

oorpft fui réellement exposé avec opprobie sur les «léueaux. da^

aon palais, d'c4Ù^ il avait «MMilemplé d'uu aùr de triomphe le sup»

p.lîee de WialMurt.

Geux méuie» qui désapprouvaient un crime que riea ne pou'naî^ jpaliliar, furenl uéannieitia charn»és d'être eniiia déba«ras^és àx^ fifir eardinaL, qui avait, en* quelque horte, veudu l'Ecosse à la* France. PRiaieurs guerriers, qui tt^aïuaieui certainement paa» 'Voulu participer au UMeurtre,. se joiguii*eni à ceujL qui Tavaieiit'* camaûs^ pour défeiidite le chsUettu. Le légeHt se hslta'dr'ei» foirelar siège; laais TAngleterre y avait eu^voyé de Targcsii;» des vivreç^^ 4es ingénieurs,. et la forteresse résista peudant ciiiq.moisàtowtlea oduvra de l'armée: écossaise. Cef^eiMJaiit la Fraine envoya ea» £u4ase aiie flotte et uiie armée, avec des ingénieurs- pUia ver«é» daaa l'art d'at4aquer une place forte que ne pouvaient l^ètre ceuiii du pa^. Le ohateaut^fut donc ol»Ugé de se remire, et ses prineâ-* QBiiA défentieui^s fin eut envoyé» eifFraoce, oùila s^^virent qael«-< que ten»p»eaaime galarieafi. Le fwufile ai sur oel événement anal dmmêWh doaiimici le rethain :

Bon prêtre . mnintcAant

Car Iforaian et ses frères Remplisseat les galères.

Bientdt après cet incident tragique , Henry Vni , roi d'Angleterre, moarat; mais son esprit impatient et irascible continua de dominer dans les conseils de la nation sons le lord protecteur Somerset , qui résolut d'adopter les mesures yiolentes dont Henry loi avait donné l'exemple, pour forcer les Ecossais à donner leur jeune reine en mariage à Edouard VI. Une armée de dix-huit mille hommes , bien disciplinée , abondamment fournie de tout ce qui lui était nécessaire, et soutenue par une flotte nombreuse, envahit l'Ecosse par la frontière de Test. Les Ecossais rassemblèrent des forces presque doubles de celles de l'ennemi, mais qui , comme à l'ordinaire > n'étaient pas habituées à agir de concert ou à suivre les ordres d'un seul général. Ils déployèrent cependant au commencement de la campagne quelques talens militaires : ils placèrent leur armée derrière la rivière d'Esk , près du village de Musselburgh , situé à environ six milles d'Edimbourg , et semblèrent déterminés à y attendre l'approche des Anglais.

Le duc de Somerset , régent d'Angleterre et chef de l'armée d'invasion, se trouva alors dans u'n grand embarras. Les Ecossais étaient postés trop avantageusement pour qu'on pût les attaquer avec quelque espérance de succès , et les Anglais auraient été sans doute obligés de subir la honte d'une retraite, si leurs ennemis, dans un de ces accès d'impatience qui forent pour eux la source de tant de calamités nationales, n'eussent abandonné leur position. Se fiant au nombre considérable de ses troupes, le comte d'Arran, régent d'Ecosse , traversa TEsk , et donna ainsi aux Anglais qui étaient rangés en bataille sur le sommet d'une éminehce , l'avantage du terrain. Les Ecossais se formèrent dans leur ordre accoutumé. Ils étaient armés de larges épées de la meilleure trempe, et portaient autour du cou une espèce de grosse cravate, qui faisait jusqu'à trois tours, pour se garantir , ^ — - non pas du froid , dit un vieil historien, mais des entailles. Ils avaient tous, et c'était leur arme la plus redoutable , une lance de dix-huit pieds de long. Lorsqu'ils étaient en bataille ils se tenaient serrés l'un contre l'antre, le premier rang mettant un genou en terre, et dirigeant la pointe de ses lances vers l'ennejmi. Ceux qui étaient inanédiatement derrière eux se courbaient un peu, et les autres restaient droits, présentant leurs lances par-dessus la tête de leurs camarades, la pointe également dirigée contre la poitrine de l'ennemi ,

tandis qae Faatre bout était appuyé sur leur pied. De cette manière ils formaient un bataillon si serré, si hérissé de lances de tous côtés y que vouloir les charger eût semblé une action aussi téméraire que d'exposer sa main nue aux piquans d'un hérisson.

La cavalerie anglaise, commandée par lord Gray, commença la bataille en se précipitant sur les rangs immobiles des Ecossais. Ceux-ci tinrent bon , menaçant les cavaliers avec leurs piques en criant : — Avancez, hérétiques que vous êtes. — L'attaque fut terrible; mais comme les lances de la cavalerie anglaise étaient l)eavicoup plus courtes que celles des soldats écossais, elle eut le dessous y et fut obligée de se retirer sur le reste de l'armée après avoir beaucoup souffert. Le duc de Somerset commanda à lord Gray de faire une nouvelle charge , maisGray lui répondit qu'autant vaudrait lui ordonner de charger un mur« Alors, d'après le conseil du comte de Warwick , au lieu d'employer la cavalerie, on fit avancer un corps d'archers et de fusiliers. Voyant les ra* vages terribles que leurs décharges faisaient à travers les rangs serrés des Ecossais , qui les recevaient en face , le comte d' Angus,. qui commandait l'avant-garde , fit un mouvement oblique pour les éviter. Mais malheureusement le principal corps d'armée des Ecossais ne comprit pas cette évolution, et, la prenant pour un mouvement rétrograde, ils se retirèrent dans le plnâ grand désordre. L'avant-garde alors prit aussi la fuite, et, la cavalerie anglaise revenant à la charge tandis que l'infanterie poursuivait son avantage, la victoire fut remportée sans beaucoup de peine. Les Ecossais ne tentèrent pas une plus longue résistance ; et le carnage fut affreux, parce que l'Esk, qui coulait derrière les Ecossais , mettait obstacle à leur fuite. A plus de cinq milles à la ronde les champs étaient couverts de morts et jonchés de lances , de boucliers et d'épées, que les soldats avaient jetés pour courir plus vite.'Gettejournée fut aussi flétrissante que désastreuse, et 'la bataille de Pinkie , en même temps qu'elle fut la dernière grande défaite que les Ecossais éprouvèrent de la part des Anglais, en tut aussi l'une des plus sanglantes. Elle eut lieu le 10 sep-^ tembre 1647.

On eût dit que le destin avait arrêté , dans ces malheureuses guerres nationales , que les Anglais remporteraient souvent de grandes victoires sur les Ecossais , mais qu'ils ne pourraient jamais en tirer un avantage durable. La bataille de Pinkie, loin d'aplanir les obstacles au mariage projeté entre la jeune reine

Varîte «t Edonartl Vf , ce qui était le but de f éx|!^ë&flîen'^ SmtnH*seîf aiartna et irrita tes Ecossais à un tel pmirt, qn'ilHrésuhirent ide prévenir ta pos8it>ifité il'uiie ti*lte oninn en mariam leur jeiitte reitte aa ilauphiii , c'est-à-dire au Hls aîné du roi de France, cAeu Yen voyant a ta cour de France {lour y recevoir mic édtrcGttion conforme à sa naissance.

Le but principal du gonvemenient anghiia se tmaya doncmaii- •^é; mais le triomphe des Ejossaisfut de conrtetiurée , car ftrrrioii ■avec la France qu'ils contliireiit si précipitamment attira surllnor |>ays une longue suite de nouveaux malheurs.

L'Etîosse, cependant, jouit de l'avantage immédiat d'avoir un Ttenfort considérable de troupes françames, commandées par un ofBcier nommé d*E»sé, qui rendit les pins graiifls servicesàl'E- <i08se en recouvrant plusieurs diâieaux et citadelles qui étaient -tomtiés au pouvoir des Anglais après la bataille de Pinkie, et oEi ils avaient laissé garnison. La présence de ces soldats étrangers facilita Taccomplissenient du traité. 1^ roi de France accorda au régent le duché deCliatellerault, ainsi qu'tnie |)cnsion considérable, pour l'amener à consentir au mariage qn*il désirait. La jeune reine s'embarqua sur un bâtiment français au mois de juillet 1518. Elle avait avec eHe juatre jett1le^ personnes de qualité qui devaient être ses compagnes de jeux peiulant son enfance, «t devenir par la suite ses dames d'honneur. Elles portaient toutes le même nom que leur maîtresse , et on les appelait les Marie de la' reine '.

Après le départ de la jeune Marie pAor la France, sa mère, Marie de Guise, veuve <le Jacques V, eut Tadresj^e de se faire placer à la tète des affjiresen Ejosse. Le duc de Ghntelleraiili, comme nous devons maintenant nommer le comte d'Arran, toajours du caractère le p'us flexible, se laissa persuader de se démettre de ses fonctions de récent. Elles furent alors remplies par la reine douairière, qui déploya autant de sagesse que de prudence dans le gouvernement du royaume. Bfancoop de seigneurs s^étonnèrent de la facilité avec laquelle le duc de Chàtellerault, qui touchait lui-même de si prés à la couronne, avait cédé sa place à Marie de Guise; mais personne' n'en fut aussi irrité qii6 Iç frèhe naturel du duc , qui avait succédé à Beaton comme arche- ^que de Saint- André. Il se déchatna ouvertement , et dans les

c. bo ce nombre était Marie Seyton.qit'on retrottTe dans FjiUé nous le nom de Catherine.

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"termes les ninkis mesurés , contre l^ame'lwsse ef rérrécie àe sim fi ère y qui avait ainsi abandonné la régence, lorsqu'il n'y arait-^ qii'uite petite ctiarde — ^ entre toi et le irAne.

L»a régente t une fois mdltresse dti prmvotr, Tonlnt, pour s^ maînfenir, dimtniier iepouToir de la noldesse en augmentant celui ^^e' In couronne. f)ans cette intention , elle proposa de lever un iin|>ôt sur touille pay^ pour soudoyer des troupes , an lieu de con- -fifer'ia défense det'Kfat aux nobles et a leurs vassaux. Cette propdsitionfnt très* mai reçue par les membres du parlement éi-ossais. ^— IHoui) défendrons mieux nos familles et notre |)ays que des mercenaires, s'écrièrent -ils; c'est ninsi que faisaient uns pères, et nous suivrons l'eTietnpte <pi'ils nous ont laissé. Le comte d'Angiis ayant été réprimandé pour -être venu au parlement avec une escorie de mille cavaliers, ce qui était contraire à une proclaniatioii de la reine régente, qui défendait a qui que ce f6t de voyager autrement qu'avec son train ordinaire, répondit en |Jai^antant — que ces drAles-tà ne voulaient point le qniiter , et qu'il s»eratt fort otdi^é à la reine , si elle pouvait trouver un moyen de le débarrasser de ces coquins f)ui coiksomniaictil son bœuf et sa bière. Elle eut aussi peu de succès lorsqu'elle voulut persuadée au comte de lui céder son château-fort de Tantallon , sous prétexte d'y placer une i^arnison pour le défendre contte les Anglais. Il répondit d*abf>rd indirectement, comme s'il parlait à un faucon qn*il tenait sur le poin<r et à qui il (Kninait à manger. — Il faut , dit-il, que cette tiète glontonne ait le diable au corps ! N'eu aura-i-elle jamais assez? — L» reine lit semblant de ne pas letompretntre, et continua ses sollicitations. - l.e château, Madame , répondjt-il , sera le vôire dès qne vous l'ordonnerez; mais par Sainte- Brtgite de Douglas! il faut que j'en sois le commandant, et je vous le garderai an«isi bien qu'aucun de ceux que vons pourriez y placer. Les autres seigneurs pensaient dé même qu'Angus , et ils lie voulurent jamais consentir à ce qu'on soud(»yât des troufies, dont ils craignaient que la reine ue se servît à son gré pour restreindre la liberté du royaume.

l/infliience du protesta nti5;me en Rcosse fortifia les nobles dans leur iittefition de mettre un frein au désir de la reine <f augmen er son pouvoir. Plusieurs seigneurs du plus haut rang, et un nombre encore |dns considérable de petits barons, avaient embrassé les doctrines de la réformatiou , et Johu'Kuox , homme plein de cou-

256 HISTOIRE ^BGOSSE.

rage ^ de zèle et de talent , faisait tous les jours par ses prédications de nonveanx convertis. *

Quoique zélée catholique; la reine régente avait pendant quelque temps toléré et même favorisé le parti protestant, parce qu'il soutenait son autorité contre celle des Hamiltons ; mais le système politique adopté en France par ses frères de la maison de Guise l'obligea à changer de conduite en cette occasion.

Vous devez vous rappeler qu'Edouard VI succéda à Henry son père. Il embrassa la religion protestante , et acheva l'œuvre de la réformation que son père avait commencée. Mais il mourut très jeune , et sa sœur Marie d'Angleterre, ûlle de Henry YIII et de sa première femme , Catherine d'Aragon , dont il s'était séparé sous prétexte de scrupules de conscience, lui succéda. Cette princesse s'efforça de rétablir la religion catholique , et fit exécuter les )ois contre Thérésie avec la plus grande rigueur. Plusieurs personnes furent brûlées sous son règne, ce qui lui fit donner le surnom de Sanguinaire. Elle mourut après un règne aourt et malheureux, et sa sœur Elisabeth monta sur le trône , à la satisfaction de toute l'Angleterre. Cependant les catholiques des pays étrangers, et surtout ceux de France, contestèrent les droits d'Elisabeth à la couronne. Elle était fille de Henry et de sa seconde femme, Anne de Boulen ; et comme le pape n'avait jamais ratifié ni le divorce du roi, ni son mariage avec Anne de Boulen , les catholiques prétendaient qu'Elisabeth était illégitime, et n'avait par conséquent aucun droit au trône , et que , Henry VIII n'ayant pas d'autre en* fant, c'était la reine d'Ecosse, la jeune Marie, qui devait régner, comme petite-fille de Marguerite, sœur de Henry et femme de Jacques IV*, puisqu'elle se trouvait être, selon eux, la plus prO' cke héritière légitime de son grand-oncle.

La cour de France, ne considérant pas que les Anglais devaient être les meilleurs juges des droits de leur reine, résolut , dans une heure fatale, de faire valoir les prétentions de Marie à la couronne d'Angleterre. Des monnaies furent frappées , sur lesquelles Marie et le dauphin son époux prirent le titre et les armoiries de l'Angleterre aussi bien que de l'Ecosse. On commanda également de la vaisselle d'argent, ciselée avec les mêmes armoiries et la même désignation. Ainsi furent jetés les premiers fondemens de cette haine mortelle qui devait diviser Elisabeth et ]\larie , et qui eut , comme vous l'apprendrez bientôt, de si fatales conséquences.

Lorsqaè JÇIisabeth vit que la France se disposait à contester ses droits à la couronne d'Angleterre , elle se prépara à les soutenir ayec tonte Pénergie et avec toute la prudence de son caractère. Son premier soin fut de rendre à la religion réformée la protection qui lui avait été accordée par Edouard VI, et de renverser les institutions catholiques que ft^arie, qui avait régné avant elle , s'était efforcée de rétablir. Par la même raison qtie les catholiques de France et d'Ecosse étaient ses ennemis naturels, et qu'ils étaient ' prêts à soutenir les droits de Marie , de préférence aux siens , elle était sûre de trouver des partisans parmi les protestajis d'Ecosse , qni ne pouvaient s'empêcher d'éprouver du respect , et même de l'affection, pour une princesse qui était regardée avec raison comme la protectrice de la cause protestante dans toute l'Europe.

Lors donc que ces changemens eurent eu lieu en Angleterre, la reine régente, à l'instigation de ses frères de la maison de Guise, recommença à persécuter les protestans en Ecosse , tandis qne lenrs chefs implorèrent la protection , le secours et le conseil d'Elisabeth , qui était toute disposée à les leur accorder, puisque leur cause était aussi la sienne. Ainsi, pendant que la France «'évertuait vainement à réclamer le royaume d'Angleterre au nom de Marie et en appelait aux catholiques anglais , Elisabeth parvenait beaucoup plus efficacement à £(ccroître les dissensions intestines de l'Ecosse en épousant la cause des protestans de ce pays. Ces protestans écossais ne consistaient pas seulement en quelques hommes studieux et réfléchis, que leur esprit spéculatif avait conduits à adopter des opinions particulières en matière de religion, et qu'on pouvait tridner devant les cours spirituelles , mettse à Famende, emprisonner, piller, bannir oit brûler à volonté. La canse de la réformation avait alors été embrassée par une grande partie de la noblesse , et comme c'était en même temps celle d'une religion sage et d'une liberté légitime, elle avait pour partisans presque tout ce qu'il y avait d'hommes.véritablement éclairés.

Parmi les convertis à la foi protestante se trouvait un fils naturel du feu roi Jacques Y, qui , étant destiné à TEglise , était appelé à cette époque lord Jacques Stuart , prieur de Saint- André, mais qui fut plus connu par la suite sous le nom de comte de Mnrray. C'était un jeune homme rempli de talens, brave et habile pendant la guerre, plein de patriotisme et d'amour pour la justice pendant la paix. La régularité de sa conduite, sa sagesse, et son 2èle pour la religion réformée, le rendirent Fundés tords les plus

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