‹ oevres walter scottChapitre 37 sur 42 · CHAPITRE XXVIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIT

BctoDr de la rtine Mavie en Eco»e.-~ Heurtas cooNneoMinens de soa rigMb ---&iptdkioii o

Hiintljb — Négociations avec Elisabeth pour un secood mariage. — Marie épouse Darnlej.

Mariji STE»kAT^ ranedcmairière de Fra«iM-ct reine faëréé^aîre d'JBeosfie, étail, sans exoeptioit, la fenmte la pkis belle et la plus aeooiiiptiie de sob temps. Sa physiononte éiail séduisante; elle Pliait grande, bien faite, et tons^ ses raonTemens étaient pl^ns de grâce ; elle excellait dane l^avt de la danse et de Téqnitation , et p^Asédait tous les talcnfrde son sexe qui étaient à la mode à oetle épaque-. Son écbicatioa avait été très soignée en France , et elleayait profilé de tontes lesioeeasicms de s'inetrnire qu'elle avait triHivées. £Ue parlait plusieurs langnes, el s'^itendait à l'adaûms^ tFatiotty pMir laquelle sait mari aurait souvent profilé- de ses con* sei]^ Labeamé. de. Marie était enccu*e rebaoesée par une grande affabilité, et par sa bonne humeur et sa gaieté, qu'elle portait quelquefois jusqn^à l'excès. Sa jeunesse, ear elle n'aTait que dixhuit ana lorsqu'elle revint <Mt Ecosse, augmentait la vivacité de son cupaotère. La religion eallN^ique, dans laquelle elle avait été sévèaremflBtéfceY^, était une grande taeiie aux yeux de son penple ; vagèh/, k tont prendre, les Ecossais attendaient son retour avec plus dfit joie et d'espérance que Marie ette^méme n'c^n éprouvait à Pidéè d'jéchanger le beau ciel de France et tes plaisirs de sa oonr, contre ^ rât)reiclimat et la pràitiqne'turltolènte de son pays natal.

MftciesféaibarquiaipeuYixfuitter la France le 15 aoât 1561. La flotte anglaise était en mer, et on a lieu de Croire qu'elle avait rintohtieti'de s'emparer de la reine d'ËtfOsse, oomme^une- voisine diokt leTelourélak appréhendé par Elisabeth. Oeeupée de tristes presseniiaBens^ la reine res^ia sur le pont à oonteisplerles cdtesde FratBce. Le mstuf la retrouva à la Bséme place, et brsquMles s'é<> vanouirent à ses yeux, elle s'écria :-«-* Adieu ! adieu! heureuse Fjranee, je ne te reverrni pi us i

Elle passa la flotte anglaise k la fav«»r d'un épais Vrooillard; ef elb arriia le 20 aeàt à heiÛÈ, «à ma n'avait étépréparé'pour ht

recevoir. Les nobles qui se trouvaient dans la capitale se hâtèrent d'aller à sa rencontre et de la conduire à Holyrood, palais de ses ancêtres. Des chevaux furent envoyés pour l'amener à Edimboar^^ amsi que sa suite; mais c'étaient àe misérables bidets dont les harnois tombaient en lambei^ux, et la pauvre Marie ne put s'enoipêcher de verser des larmeà en pensant aux beaux palefrois et aux riches appartemens de la cour de France. Cependant le peuple qu'elle rencontra sur son passage* parut enchanté de la voir^ et environ deux cents bourgeois d'Edimbourg jouèrent toute la nuit sous sa fenêtre sur de mauvais violons à trois cordes, comme pour lui souhaiter la bienvenue ; sérénade bruyante qui Tempêcha de go&ter un sommeil dont elle sentait le besoin après tant de fatigues. Néanmoins elle ne les jugea que sur l'intention, et^exprima tous ses remerciemens aux auteurs de ce concert , dont l'exécution était aussi pitoyable que le moment en était mal choisi.

Immédiatement après son arrivée, Marie eut un échantillon du zèle religieux de ses sujets réformés. Elle avait ordonné que la messe f&t célébrée dans sa chapelle par un prêtre catholique ; mais l'indignation du peuple en fut si vivement excitée , que sans l'intervention de son frère naturel , qu'elle venait de nommer prieur de Saint- André, le pautre ecclésiastique aurait été massacré sur Tautel même.

Marie se conduisit avec une prudence admiraUe au commencement de son règne. Elle captiva entièrement le peuple par sa grâce et son affabilité , et lorsqu'elle siégeait dans le conseil , occupée ordinairement de qudque ouvrage de son sexe , sa sagesse était admirée de tous les hommes d'Etat qu'elle consultait. Elle avait grand soin de ne rieu'entreprendre de contraire à la religion nouvelle, quoique cette religion ne fftt pas la sienne, et se conduisant d'après les conseils du prieur de Saint- André et du sage Maitland, elle fit des progrès rapides dans l'affection des Ecossais. Elle donna au prieur le comté de Mar.

Avec la même prudence , la reine s'attacha à mettre toujours les procédés de son côté dans ses relations avec Elisabeth , et tout en refusant d'abandonner ses droits à la couronne d'Angleterre, au cas où Elisabeth mourrait sans enfans, elle ne cessait d'exprimer son vif désir de vivre en parfaite intelligence avec sa sœur, et sa ferme résolution de ne jamais réclamer, pendant la vie de la reine, un héritage qu'elle ne pourrait posséder qu'à soft préjudice. Si Elisabethn'était pas satisfaite, du moins elle n'en laissait rien voir ;

PRBMIBRE SERIE. 265

toates les apparences de ramitié continuèrent à régner entre les deux reines; et un échange de lettres, de complimens, et même parfois de présens , tels qu'il couTonait à des reines d'en enToyer, semblait prouver leur bon accord.

Mais il y ayait une classe importante de personnes à qui la religion de Marie était si importune, quie rien ne fut capable de lui concilier leur affection. C'étaient' Içs prédicateurs de la réforme y^. qui, se rappelant que Marie destendait de la famille de Guise». l'ennemie jurée de la cause protestanie, déclamaient contre 1* reine, jusque dans la chaire, ayec une violence aussi indécenteque déplacée , et ne parlaient jamais d'elle que comme d'une personne endurcie dans la résistance à la voix du véritable christianisme. John Knox lui-même se permit dans ses sermons des diatribes si sévères, que la reine le fit appeler pour lui parler elle-même et l'exhorter à être un peu plus modéré dans l'accom-^ plissement de ses devoirs ^ .. Néanmoins, quoique le langage de ces austères réformateurs fût trop véhément, et que leur aigreur fiit impolîtique et tendît nécessairement à augmenter l'éloignement de Marie pour eux et^our leurs doctrines, il faut avouer que leurs soupçons sur la sincérité de la reine étaient naturels et probablement bien fondés. Elle avait constamment refusé de ratifier le système religieux adopté par le parlement en 1560, ainsi que la confiscation des biens du clergé. Elle semblait toujours considérer l'état actuel des choses comme un arrangement temporaire, auquel elle voulait bien, à la vérité, se soumettre pour le moment, mais en se réservant de. le changer lorsqu'elle en trouverait l'occasioi^ favorable. Cependant son frère, le nouveau comte de Mar, qui était alors son conseiller principal et son meilleur ami, employait en sa faveur toute son influence sur le clergé protestant, et pendant plus d'un an il régna même à ce sujet quelque froideu' entre John Knox et lui.

La première affaire désagréid[>le qui troubla la tranquiUitë di» règne de Marie paraît avoir éfeé causée par son attachement à lord Jacques Stuart et à ses intérêts. Elle l'avait créé comte de Mar, comme je vous l'ai dit ; mais elle avait l'intention de substituer a ce titre celui de comte de Murray, et de lui donner en même temps une partie des grands biens dépendant de ce comté septentrional , cpii appartenaient à la couronne depuis l'extinction des héritiers di»

j. Jolin KoQz fot si dur dm» ttêxifomes, qa'il arrAcha des lannes aux yeux de Havie»

2M HisTom vnmam.

faneoxiThoBiEsRaiiflblphy qaî en jo«MÛt so«» lênèffu^^^ntuà- AdMTt Bffuce.

Geluécliaiigetj8utelimae|>oiiivmtt8e ibin»sans crffito«ep*beftiieonp le comte de Hantly, chef de la plus ptùssante femilfer du nord, qui s'était mis liii*méiiift eit possession d^une grande partie des domaine» dépendani da comte de-Miirray. Ge comte de^lnittly était na liomme brave^ «t^oa pouvoir étak' très éteiHkidansles comtés da Dordi II faisait partie do petit nombre de pair» qui restaient attachés à la.reUgioa cathokifae, et, après la famlltedies Hamiltons^ personne.' n'était allié' dé plus presque loi à la famille^noyale.

Qa disait qve* si la peioev au lien d'arriver à Leith, avait voulu dAarquer à Aberdeen , et qu'elle- eût déclaré hautement' qu'elle était déuidée à rétablir la religion catholique, le' comte lui avait offert de se joindre à> eUe avec vingt mil4e hommes peur la soutenir et* socoeder ses projets* Mais- Marie avait- refusé sa proposition, dent laeoméqoeiiceiHUiiédiate eàlété- la guerre ci vile-. Le comte de.Heetlj était àem^ regafrdé comme l'ennemi du gouvernement aotoei et dn comte de Mmr, qui tenait 4e timon des affaires, et il était à eroire que puissam comBse il l'était , et ayant à se& ordres- UR.oorpe nombreux. de vassaox et de partisans, il ne céderait pas volontairement à soai ennemi politique la- moindre» partie des domaiaea dépendant do coHftté de M^orray, dont il avait joui jas-* qu'alor»«

Qesono&té, leeomtefdc; Ilfan était décidé à bpber'lâ- pmssance de' ce rtdoutafkde adverseôire; et la reine, qui craignait aussi le poMToiï^dëHantlyretir.usageqw'il'sembkit décidé à e» faire, en« tieprit un v<^age dana^ le^ nurdidi» l^Ëvoese, pour donner par sa préseuoe p^ de force ài ses oirdres:. Yéra le même temps, sir John* GUnndony. fils du^comteée liuntlyv- comaait quelques^ abaa' dé pou*^ Toâr^ etiot oouéamnéià aniempntsioitnemfnH'tempcMiâire. (Seltè punition, quoique légère, parut une nouvelle preuve de disgrâoe pour' laimaisbn<de Goidony etirendit plea pnoiMbie la résistaitee qa'èn cnaignait des» paorÈ. .Il estdiifieilB.^^méine-^impossiblè'dë dééîder si'o^^ait.aveo Basson qufoa soefiçowinkjIiuBtfy de voiridir^ppendre^ leearmeacottHeite oounuine; neiasaiocaidmt&^taât, pourleimoi&s> iarpradeiUftet sespmiR&A.

La jéaaareiBés^avaBça veraleaevdfàlaitdte'd'uiie petite^avm^ CMEftpant4aii.Buliea''desidïanipa> ou aeeeptant le* chéiif abvi qoo pouvaient lui offrir les maisons des petits gentilshommes campagnards. Celte manièca da voyager évettU son eourage neÉibnly et

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^elle était flott acdMO* «ftmaydMBft à lattéte:de8MtaoUal&» <|H'dle se- cessait der regretter de- ae: paa être un heoune, pour donnir ^oi^e lai Duit à la hMé étoile, porter une cotte de mailles et un casque d'acier,, uaboD-bâiiclierattlirafli et une large- éfiée au eâié.

HuAtly parait)a;v«in été très- surpris àt ItarriTée desa.souTe«' raîuey et i/^oir-su dam W premier mo MMSiit ; qBti par tr tt deyait: prieudre. Tandis «qu'il, faisait, teuies les-protestatianapossAks de soumission 9 ec^qu'iliâohadt diengager la .reine à TÎsiter la maiso» da.plus dévoué de- seS' sujets, ua corps de ses aditérens reftisait à. Marie rentrée d» cbâteau royal d'Iaveraess, et cherchait à dé*> feiuke cette. for<teresseu. Mais ib< furent. ibrcés: de; se rendre^ eller gouverneur fut esiéciité c^auDa coupable de haute tridbisoD.

Dans le même temps, sir Joha Grordoa s'échappa de la. prison où 'la/reine ravaijbjfait eutermer, et se mit' k la têle des- vassaux de' son père, qui sq nskuiraient alors^de.tous les cotés; et le cooHede Huntly, considérant la reine sous la tutelte du.cednte de Mar, son ennenu, qui la g)9i»vernait entièrement, leva, «ifiarétendaiid de la révolte-

11 rassembla» facilement^ mie armée considémble, eo s^^vança vers Aberdeeu. Le but de son entreprise était penS^éire le même que celui que ^ecieuch-s'était proposé dana^ les> plaines» da Melrose, celui d'.at^aq^ei^pliiràt. les cooseillers de la reine que la rener eUe-méone. Maisrlefi^r ede: Marie, qui avait alora cpiitté sœi titre ' de comte de Mar' peutipBeediFe celuîi de comte de Biurvaj» était aussi brave, et fu^ aussi benDeuxtque le eontte d^àngua l'avait été* dans Toccasion dont nous parlons, et deplus.il)aflFait(»ftTkiiràvao*^ tage de i^uir^la âoo&an«è:âè sa.sottvéraine« llsetranvait œpen4ai»t djausrueie poiiiiQiï) biein'diffinilei.Iiies hommes* suv^tesqneUvr il pouyaiit'CO«f tietf. a)reereentitfttdeiétaiiBnt:.peaiaomJ]inui., puôeqne»' cen'étfàk c{uc^Up[etite!aiinéfi:qa':illaB^a£laanen!ée.dës cfiostéé db l^n<** tériesui^. Il a^ait^ iUest vfwi^, eonveqjyié ko bàro» danord^ dont teff^ doiuai^& étaient voiatàs) des siens y eft< aimun».n:'£n«t num^né k rappeL^,maisleuie(iiâteiition&éliaiiBnl anmmns(deBt«acav.et,. ise«« daiitant.beauowfiflÀ iiiaiKiOKi«dei€rordoa,.ila;étaîeBft iMuns :nveo4at résolutionseorètade'salaisser geidksiîpiaT)leaoirco]BStianees4

Murrey, .€|ui élâfti uAiexeell!enl'miUtaiffB',.pofitaiëalieauneB dnats il élait sûr aii.aenraie^ dfuaestbwmenM norafliiéBLlaîmaBlaigwdbr Fare, près^deCerriebie»il;Be yermtl paa au& claus^dumxrd^seis mêler à ce bataillon cheisî.: l!éimflmentipiraiiiive.ia:âaeeBseide aett»t précautim. Ilautly appseelH^. ettisencentra les claoïs 4nnoxid^ ses

268 HISTOIRE D'BCOSSE.

alliés et ses voisins, qni ne loi opposèrent que peu on point de ré* sistance. Ils se mirent à fuir en inmnlte vers le corps principal de Mnrray, poursuivis par les Gordons, qui jetèrent leurs lances, tirèrent lenrs épées, et s'avancèrent en désordre comme si la vie* toire était certaine. Ce fat dans cet état de confusion qu'ils se jetèrent sur le bataillon de lanciers de Murray, qui reçut l'attaque de pied ferme et avec une résolution intrépide. Les Gordons furent repoussés à leur tour, et les clans qni avaient fui d'abord, voyant qu'ils allaient perdre la bataille, revinrent portant à leurs toques les branches de bruyères qui les distinguaient, tombèrent sur les Gordons, et complétèrent la victoire de Murray. Huntly, qui était très gros et pesamment armé , tomba de cheval dans la retraite, et fut écrasé sous les pieds des chevaux , ou , suivant d'autres, mourut de désespoir. Cette bataille fut livrée le 20 octobre 1 562. Le corps de celui que, peu de jours auparavant, on regardait comme un des hommes les plus braves, les plus sages et les plus puissans de l'Ecosse, fut apporté dans une cour de justice, grossièrement enveloppé dans une couverture de mauvaise toile , afin que la sentence encourue par un traître fût prononcée sur ces restes insensibles.

Sir John Gordon , le fils du comte vaincu, eut la tête tranchée à Aberdeen, trois jours après la bataille. Murray fut mis en possession des domaines appartenant à son nouveau comté, et la reine partit après avoir, par l'activité de ses mesures et le succès de ses armra, frappé d'une terreur générale ceux des barons qui auraient pu songer à lui résister.

Jusque-là le règne de Marie avait été très heureux ; mais une crise fatale approchait qui devait par suite la plonger dans les plus affreux malheurs. Elle n'avait point d'enfans de son premier mari, le roi de France ; les Ecossais désiraient qu'elle en prit un second, et c'était un désir qu'elle partageait elle-même. Il était nécessaire, ou an moins politique, de consulter la reine Elisabeth sur ce projet. Cette princesse avait déclaré son intention de ne se marier jamais ; et si elle tenait cette résolution, Marie Stuart était la plus proche héritière de la couronne d'Angleterre. Avec la perspective d'un si bel héritage, il était prudent et naturel que, pour former de nouveaux liens, Marie désirât les conseils et l'approbation d'une reine à qui elle ou sesenfans pouvaient espérer de succéder,- surtout si la bonne intelligence continuait à régner entre elles. ' Elisabeth d'Angleterre était une des reines les plus prudentes

'qui soient jamais montées sur le trône; et les Anglais portent encore aDJoiird'hui à sa mémoire le respect et l'attauhement qu'elle mérite. Mais toute sa conduite envers sa sœur Marie fut empreinte» d'un bout à l'antre, d'un caractère de fausseté et de jalousie toutà-fait indigne de son caractère. Déterminée à ne point se marieri ■son désir paraît avoir été d'empêcher aussi Marie de prendre un ^poux , de peur de voir naître des enfans qui ne seraient point les siens, et qui cependant seraient prêts à monter sur son trône aussitôt après sa mort. Elle adopta donc une basse et astucieuse politique , engageant successivement sa parente à conclure divers mariages, puis lui suscitant des obstacles dès que l'une de ces alliances semblait au moment de s'accomplir. D'abord elle parut désirer que Marie épousât le comte de Leicester, jeune seigneur de sa cour, dont elle admirait tant la beauté , que, quoiqu^il ne t&t distingué ni par ses talens, ni par son caractèrje, elle disait que, ■sans le vœn qu'elle avait fait de ne jams^is se marier, elle l'aurait choisi elle-même pour époux. On peut croire aisément qu'Elisabeth n'avait nullement l'intention que le mariage qu'elle proposait s'effectuât jamais, et que si Marie se fût montrée lemoinç du monde disposée à s'unir à Leicester, Elisabeth aurait trouvé mille moyens pour rompre cette alliance.

Mais cette proposition ne convint en aucune manière à la reine Marie. Leicester, quand même son mérite personnel eût été beaucoup plus grand , jetait d'un |*ang trop inférieur pour prétendre à la main d'une reine d'Ecosse, reine douairière de France, à qui les plus puissans monarques de l'Europe faisaient en même temps la cour.

L'archiduc Charles, troisième fils de l'empereur d'Allemagne, lui était proposé, ainsi que le prince héréditaire d'Espagne ; le duc d'Anjou, qui devint ensuite Henri II, roi de France, se mit aussi sur les rangs. Mais si Marie avait accepté la main d'un prince étranger, c'eût été renoncer à tout espoir de succéder jamais à la couronne d'Angleterre ; bien plus encore, avec le caractère défiant et jaloux de ses sujets protestans, c'eût été compromettre peut-être la possession de celle qu'elle portait en Ecosse. Ces considérations . la frappèrent tellement, qu'elle alla jusqu'à faire entendre qu'elle pourrait consentir à épouser le comte de Leicester, pourvu qu'Elisabeth voulût la reconnaître publiquement pour son héritière au trône d'Angleterre, dans le cas où elle mourrait sans enfans. Mais cela n'entrait pas dans la politique d'Elisabeth; elle jf 4^. dé-

370 HHfOfRfi D'BGOSSE.

«ir«it pmiti|«e Marie époasât personne, et encore moins licieester, 8on»favoFi personnel; il n'était donc pas probable qu'elle dédarait seS'SenlimeRS sur la succession à la conronne ^snjet sur 3e<fael elle avait tonjonra observé le pins roystérienx ^silence), afin d'amener l'emon de sa rivale avec IHionraie qu'elle-même préférait. Pendant ce temps , les vues de la reine Marie se portèrent snr un jenve seigneur de hante traissance, allié de très près à sa famille «t'a celle d'Elisabeth. C'était Henry Stuart, lord Damiey, f!ls atné da comte de Lennox. Vous pouvez vons rappeler qu'après la bataille de Flodden , le comte d' Angns épousa la reine douairière d'Ecosse , et que dans les troubles qui suivirent, il Jdt forcé de se retirer quelque temps à Londres. Pendant le séjour d'Angnsen Angleterre, sa- femme lui donna une fille, appelée lady Marguerite Doug^, qui, lorsque ses parens retournèrent en Ecosse, continua de rester à la cour d'Angleterre , sous la protection du roi Henry, son oncle. Rappelez- vous aussi que, pendant la régence du duc de Ghâtellerault , le comte de Lennox cfssaya de se mettre à la tête du parti anglais en Ecosse; maïs que n'ayant pu réussir, faute de ressources ou de talens , il 'fut aussi forcé de se retirer en Angle- 'terre, où Henry VTH , en reconnaissance de ses services , tout infructueux qu'ils avaient été, Idi accorda la main de sa nièce, lady 'Marguerite Douglas, qui, par sa mère, avait des droits à la couronne d'Angleterre.

ïîepère du jeune lord Damley étant d'un «rang si élevë,tet sa famille étant si près des degrés da trÀne , Marie s'imagina qu'en l'épousant -eHe satisferait les désirs d'Elisabeth , qui semblait hi faire entendre, quoique d'une manière ambiguë, que ce qui hii ^plsHrait avantage serait de* lui voir choisir un An^lafis, phiiôt qu'aucun des ^monarques qui ^briguaient sa marn.^Usâbeth parât recevoir eette "proposition- favorablement , et lélle "permit au comte fle Lennox et à-son'fils de serendre àla-courîd'IScosse, dans l'espoir que leur-prësence ne ferait qu'enibrouîllertes-alfFàires, et pensant 'que, si^ mariage paraies^t-s^^rrranger, èfle^leTomprait aisément en les rappelant près d'efte, nrdre auquel elle supposafit qu'ils n'opteraient point ^désobéir, puisqurtons leurs ^Inens et toute4eur fortune léfeaient' en Atigfetevre.

Le jeune Darnlcy *tait d^utie taille «t d'une '^icarrté remar- «fualiSes ;4 avaiit toutes les qnâfîtës«9ttërieures fes'plnsl>rillantes, 'nais mi^lheureusement'il %tait dépourvu de sagacité, de prudence et de^jfaree ide car ape fere , tit qnoi q t ie t t ^s viôlBilt'dai» ■ses'ptgw'W»;

PREiraCRE 6IIIIIL ^1

il ne laoBtrait qn'im odurage 'éi|«ifv^ve. Si ce jeamt seigneur avait possédé uae part ordinaire de bon eena , eu aènie de neconnaissance, nous aurions une autre histoire à vous raconter du règne de Marie; mais avec le caractère quM avait, vous en entendrez une bien triste et bien déplorable. Marie eut le malheur de voir Darnley d'un œil favorable , et hésita d'autant moins à céder à son penchant, qu'il lui tardait de mettre fin aux intrigues par lesquelles Elisabeth s'efforçait de la circonvenir pour empêcher son mariage. Il est certain que , tandis que les deux reines employaient Tune envers l'autre le langage de la plus tendre cor* dialilé, il n'y avait entre elles ni franchise ni sincérité, mais [beaucoup de dissinulation , d'envie et de crainte^

Darnley, pendant ce temps, chereliant à augmenter Tintépét qu'il avait inspiré à la reine, eut 'recours- à l'amitié d'un homme de basse naissaitee à la vérité , mais>qu^«n disait exercer une i^fluettee particulière sçr l'esprit de Marie. C'était un Italien d'ulie hamble eri^ne, laommé 'David <Rizzio, ^qui, de simple domestique de la maison de la reine , avait^été promu au rang de secrétaire français. Ses talens pour la musique le faisaient admettre souvent fon pvéaence de «Marie, «qui aimait passionnément cet art^ ettson adresse insinuante lui ^^ppen^re un grand empire sur son esprit. Il était presque indispensfable que la reine eût près de sa personne un -homme de cotffianoe , unissant à la connaissance des affaires celle des langues vivaiftes, par l'entremise duquel elle pût oomespondre avec les royaumes^étrangers, et en particulier avec ses amis de' France. Il était impossible de trouver en Ecosse quelqu'un qui réunit ces qualité, à moins de prendre un prêtre catholique, qui eût donné bien -plus d^ombtage à ses sujets protesians qu^mi bomme tel que Rizsrio. '^éanmoinsTélévation d'un Italien, d'un catholique, auTa^ng de ministre de la couronne, et plus encore la condescendance de la reine qui Fadoiit dans sa so- •ciété intime, et les grands «srs que se permit cet étranger de . liasse naissanee, of{ensèrevtil\ivgtieU des nobles écossais, et firent beaucoup jaser parmi le penpte.

Damiey, désirant gagner l'aHeelÂen de ta reine par tous les moyens possibles, te lia intimement aTec^Rizno, qui employa tout Tart de la flatterie pour se mettra^ans^ses^ bonnes gfSceSy'et l'on ne peut douter qu'il ne>r'&lt«enn>éflîcacemfent<prèsde'Marie. La freine,. de son ^eoté, ira^aiBaitià liearter les'obslacle8<|ni autmentqHiii'oppoasriàismnmmi«m6 Draiâey/et^^te'lB'fit^avec

tant de saccès , qa'ayec l'approbation de presque tous ses sujets^

ils furent mariés à Edimbourg le 29 juillet 1565.

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