‹ oevres walter scottChapitre 38 sur 42 · CHAPITRE XXVIir · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIir

HeTolle de Mnrray. — Meurtre de Rizzio. -— Naissance de Jacques VI. — Mort de Damle)--

Lorsque Elisabeth apprit que ce mariage ^tait décidé » elle laissa voir toute la faiblesse d'une femme que dévorait la jalousie. Elle fit de vives remontrances contre cette union/ quoique aa fond Marie n'eût pu faire un choix moins dangereux pour l'Âni;Ieterre. Elle rappela Lennox et son fils^ mais ils refusèrent ou au moins différèrent d'obéir à cet ordre. Elle fit alors enfermer 4ans la Tour de Londres la comtesse de Lennox , la seule de la famille qui fût restée en sa puissance. Par-dessus tout > elle tacha de troubler la tranquillité de TEcosse et le gouvernement de Marie et de son nouvel époux ^ en excitant à l'insurrection les nobles écossais qui avaient vu leur mariage avec déplaisir*

Parmi ces mécontens, le comte de Murray, frère de la reine, ^tait sans contredit le plus puissant et le plus habile. Darnley et lui étaient ennemis personnels , et de plus Murray était un des principaux lords de la Congrégation , qui affectaient de voir do danger pour la religion protestante dans le choix que Marie avait fait de Darnley et dans la rupture que ce choix allait sans dente amener avec l'Angleterre. Murray dressa même un plan pour ^'emparer de Darnley, et le mettre à mort ou Tenvoyer prisonnier en Angleterre. Dans ce dessein un corps de cavalerie fnt placé en embuscade dans un passage étroit , nommé le Parrot' fF'ell ( Puits du Perroquet ) au pied de la montagne de Bennartef, près de Kinross, avec ordre de se saisir de la reine et de Darnley lorsqu'ils reviendraient d'une assemblée des états qui se tenait a Perth. Ils n'échappèrent à ce danger que par une marche forcée commencée de grand matin.

Après le mariage, Murray et ses complices, qui étaient le dac de Châtellerault, Glencairn, Argyle, . Rothes, et. plusieurs antres, prirent les armes. Dans cette extrémité, la rdneappeb

se» sujets autour d'elle 9 et Ton put juger de sa popularité par le grand nombre de troupes qui se rendirent à cet appel. Darnley se mita leur téte^ monté sur un superbe cbeval, et couvert d'une ' armure dorée y accompagné de la reine en personne, qui avait des pistolet3 chargés à l'arçon de sa selle. Incapables de tenir la Champagne y Murray et ses complices évitèrent la rencontre de Farmée royale ^ et prirent tout à coup le chemin d'Edimbourg^ où ils espéraient trouver des partisans. Mais les babitans ne voulurent point adopter leur cause ^ et, le château menaçant de tirer n sur eux , les insurgés furent forcés de se retirer, d'abord à Hamilton, puis à Dumfries, et voyant qu'il ne leur restait aucun espoh% les chefs dispersèrent leurs troupes et se retirèrent en Angleterre. Ainsi finit une insurrection qui fat appelée la Run-about" mid ou. Ride (la course en tout sens), à cause de la manière incertaine et précipitée dont les conspirateurs couraient d'un bout du royaume à l'autre.

Elisabeth, qui avait encouragé Murray et ses associés à se ré- Tolter contre Marie, ne voulut point paraître avoir été pour rien dans ce complot, lorsqu'elle vit qu'il n'avait pas réussi. Elle ordonna à Murray et à l'abbé de Rilvirinning de comparaître devant elle, en présence des ambassadeurs de France et d'Espagne qui l'avaient accusée de fomenter des troubles en Ecosse.

— Répondez, s'écria-t-elle , lord de Murray, et vous son compagnon! avez-vous reçu de moi quelques avis ou quelque encouragement pour votre dernière entreprise ? Les exilés , n'osant dire la vérité, s'empressèrent d'assurer, quoique rien ne fût plus faux, qu'ils n'avaient reçu d'elle ni conseil ni assistance. — Vous dites vrai, répondit Elisabeth ; car jamais ni moi, ni personne en mon nom, ne vous a excités à la révolte contre votre reine, et c'est un mauvais exemple que vous avez donné à mes sujets et à ceux des autres souverains ; ainsi sortez à l'instant de ma présence, indignes traîtres que vous êtes. Mortifiés et confus, Murray et ses compagnons se retirèrent de nouveau sur la frontière, où la reine Elisabeth, malgré son prétendu ressentiment, leur fit passer en secret tout ce qui leur était nécessaire, jusqu'à ce que le temps leur permît de retourner en Ecosse pour y fpmenter de nouveaux troubles.

Marie avait su dompter ses sujets rebelles ; mais elle s'aperçut bientôt qu'elle s'était donné un ennemi plus formidable , dans le mari déraisonnable et violent qu'elle avait choisi. Ce jeune incon-

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sidéré se coiiiteiaaît très mal: à l'égard de IViarie, ne la refl|}ectaD€ pa& pla» comme fesHiie que conme reine , et il s'abandonnait jiMurneltenent à Fiweese et à d'autres vices aussi beniei»« Quoi'* que po^aédant d^à-plas de pon^r qu^'il n'était convenable de lui en accorder 96on âge- et avec sa capacité, car* il n'avait que dix- Beuf an9y il ne ceseait d'iisportnner Marie pour obtenir ce qoî était appelé', en> Ecosse, la couronne matrimoniale, c'est-SMiire le partage* égal de raotoriséroyala avec la reine; Tant qu^il n'ob* ' tenait pas cette prérogative, il n'était- point roi, quoiqu'on loi en donnât le titre par politesse ; il n'él^ait que le mari de la reine.

La couronne matrimoniale avait été aeccMrdée à François II . le premier mari de la reine , et Oarnlej était décidé à posséder le même rang. Mais Marie , dont la bouté avait déjà surpassé de beaucoup le mérite et la reconnaissance de Darnley, était déier* minée à ne pas lui faire cette dernière concession , du moins sans Favis et le consentement du parlement.

L'impatience- pnérila de Darnley lui faisait porter une haine mortelle à toét ce- qui semblait s'opposer à rexécution immédiate de 8e»désir»', et son an imosité tourna snrtont contre le secrétaire italien, jadis son ami, mais qu'il regardait maintenant comme wa plus grand ennemi^ depuis quMl supposait que. Riazio énooura^ geail la reine à résister à sa fougueuse ambition^ S&h ressentiment contre le malheureux étranger devint si vif, qu'il menaça de le poignarder de sa propre inain ; et comme Rizzio avait beau* conp d'ennemis et pas un ami , excepté sa muitresse , Darnley trouva sans peine des agotis^ même dans un rang élevé , qui se chargèrent de l'exécution de sa vengeance.

Le chef des complices de Darnley.dans cette malhenreuae oeca« sien) fulJamesDeuglas,conitede>IVIortoR, chancelier dn reyaume, oncle et tnsewr-da comte dfAi^s (car le représentant de cette famille ^ait alors nn enlaii4 ) , et comme tel exerçant tout le. pou» voir de l'illustre maison de Douglas. C'était un homme qui possédait de grands talens<milii aires et politiques; mais quoiqu'il a flfi* ekât une gvandè austérité étf principes ^ ses actions prouvent que e^étaib'un misérable ^q ni ne counaissait aucun* senu^ le. Quoique chancelier du royaume, et par conséquent plus obligé qu'aucun antre à: respecter les lois, il ir^hésiia pas à seconder le projet cruel et iHégal éa jenneroi^. LordRuthven , heminedout laconststmiou étakénerrée par. la paresse^ entreprit cepenfkml de fevétiraon

jUHUure pour eoneoiirir à cet assassinai , et ils n'eurent peint de peine à trouver d'antres agens.

Il aurait été facile de se saisir de Rizzio , et de le traiter cemine lea faToris de Jaeqnes RI l'avaient été à Lander-Bridge par les pairs écossais ; mais la vengeance de Darnley n'aurait pas été complète. Il prétendait que la reine montrait pUis d'égards pour ce Til Italien que pour lui-même , et il prit la résolution barbart de Farréter en sa présence; Ce plan était dfautant plusatroce qne Marie était enceinte , et que la frayeur et l'émotion qu'un tel acttf de violence devait naturellement exciter en elle pouvait mettre est danger sa vie et celle de son enfant.

Tandis que ce complot infernal se tramait , Rizzio reçut plu^ sieurs avis secrets sur ce qui se passait r Sir James Mellevillé se donna beaucoup de peine pour lui expliquer le danger que courais THi étranger, dans quelquepays que ce fût , lorsqu'il s'élevait asse* dans la faveur du prince pour exciter la haine des habitansde ce pays. Un prêtre français , qui était tant soit peu astrologue y l'a*^ Tertit de se méfier d'un certain bâtard. A ces conseils il répondit' ^qne les Ecossais étaient plus portés à menacer qu'à fi^pper, et que, ^ant au bâtard (c'était du comte de Murray qu'il voulait parler)^ il aurait sein qu'il ne possédât jamais assez de pouvoir en Ecosse* pour être en état de lui nuire. Plein de cette imprudente conv fiance y il resta à la cour peur subir sa destinée.

Les lords qui s'étaient engagés dans la conspiration n'enten** daient point satisfaire pour rien le ressentiment de Damley contre* Rizzio. Ils stipulèrent, pour prix de leurs services, qu'il les aide^ rait à son tour à obtenir le pardon de Murray et de sescomplices^ pour leur échauffourée de la Run-^About-Raid, et un message lut envoyé à ces derniers pour leur apprendre l'entreprise qa'on^ méditait.

La reine Marie-, comme son pk*è Jacques Y, était enchantée' lorsque, laissant de côté tout l'appareil de la royauté, ellepou»' Tait oublier les embarras inséparables des grandeurs, dans de pe« tites parties familières , gaies et paisiMe», comme elle les^appcH lait eïle'-méme; Dans ces octastons, elle admettait à sa table cettrdes officiers de sa maison qu'elle préférait, et il paratu que Hiazi^' avait souvent cet honneur. Le 9* mars 1 66$, six personnes avaient soupe dans un petit cabinet dont la seule porte donnait dans ki» chambre à coucher de la reine , et Hizsio était du nombre. A sifcpt^ faearfis environ dans la soirée, lesportes du pâltfis tùatém eomikiM'

par Norton , à la tête de deux cents honunes ; et an certain nombre de conspirateurs y conduits par Darnley lui-même ^ pénélrèréni dans l'appartemeût de la reine par un escalier dérobé. Darnley entra dans le cabinet , et resta quelques minutes muet et immo« bile 9 jetant de sombres regards sur sa victime. Lord Ruthven le suivait armé de pied en cap , ayant une figure livide et cadavéreuse , comme un homme qui sort d'une longue maladie.' Les autres entrèrent après eux , jusqu'à ce que le petit cabinet fût rempli d'hommes armés. Tandis que la reine leur dems^ndait le sujet de cette visite y Qizzio, qui vit que ses jours étaient menacés , se re» tira derrière elle, et s'attacha avec force aux plis de sa robe, espérant que le respect dû à son auguste maîtresse pourrait le prot^er. Leâ assassins renversèrent la table et s'emparèrent da malheureux objet de leur vengeance , tandis que Darnley tenait lui-même la reine. Leur intention était sans doute de traîner Ri;Kzio hors de la présence de Marie ^ et de le tuer autre part, mais leur féroce impatience ne leur permit pas de différer un instant leur lâche homicide. George Douglas ^ appelé le Postulant d'Arbroath, firère naturel du comte de Morton y donna l'exemple en arrachant le poignard que Darnley portait à sa ceinture, et en frappa Rizzio, qui reçut presque en même temps plusieurs autres coups. Ils le trsunèrent alors à travers la chambre à coucher et l'antichambre, et l'achevèrent au haut de l'escalier , où il tomba percé de cin* quante-six coups de poignard. Dès que tout fut fini , Ruthven , fatigué d'un exercice si violent pour hii, se jeta dans un fauteuil en présence de la reine , et demanda on verre de vin pour se ra* fraîchir^ comme s'il eût fait l'action du monde la plus innocente.

Les témoins, les acteurs et le théâtre de cette cruelle tragédie, la rendent une des scènes les plus extraordinaires que l'histoire nous ait transmises. Le cabinet et la chambre à coucher âont ebcolre dans le même état où ils étaient alors; et le plancher, près de Fescalier dérobé, porte des traces, visibles du sang du malheureux Rizzio. La reine continuait à demander sa grâce avec de vives instances et les yeux baignés de larmes ; mais lorsqu'elle apprit qu'il était mort, elle essuya ses pleurs. — Je vais maintenant^ dit-elle, méditer ma vengeance.

Les conspirateur^ , qui n'avaient commis cette action cruelle qu'à l'instigation de Darnley, se croyaient sûrs de sa protection^. Us se joignirent à Murray et à ses complices, qui s'empressèreuC d^arriver d'Angleteire, d'après le rendez-vous qu'on leur avait

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donné, et ils convinrent ensemUé des mesures qu'il y avait à prendre. Leur avis était que la reine fût enfermée dans le château d'Edimbourg ou ailleurs , et que Murray et Morlon gouvernassent r£tat sous le nom de Darnley, à qui Ton donnerait la couronne matrimoniale qu'il désirait si vivementl Mais tout ce plan fut détrait par la défection de Damley. Aussi léger que violent , et aussi pa3iUanime qu'il s'était montré cruel , à peine Rizzio fut-il mort, que Darnley fut épouvanté de ce qu'on avait fait, et très disposé à nier qu'il y eût la moindre part.

Trouvant son faible mari partagé entre le remords et la crainte, Marie eut assez d'empire sur lui pour le décider à se réunir à elle contre les mêmes personnes qu'il avait engagées à commettre ce crime. Damley et Marie s'échappèrent ensemble du palais d'Hq- Ijrrood, et se rendirent.à Dunbar, d'où la reine publia, une proclamation qui rassembla bientôt autour d'elle un grand nombre de fidèles sujets. Ce fut alors le tour des conspirateurs de trembler. Afin d'assurer sa victoire en les privant de leurs auxiliaires, Marie pardonna au comte de Murray et à tous ceux qui étaient compromis dans la Run-About-Raid , les regardant comme bien moins coupables que les assassins de Rizzio. Murray, Glencaim et les autres rentrèrent donc en grâce, tandis que Morton et ses complices s'enfuirent à leur tour en Angleterre. Aucun Ecossais , quel que fût son crime, n'y cherchait un refuge sanaeétre sûr d'y trouver, sinon une protection déclarée, du moins quelque assistance secrète. Telle fut la politique constante d'Elisabeth.

La reine Marie se trouvait encore une fois en possession de l'autorité; mais le calme dont elle aurait pu jouir était sans cesse troublé par la conduite ex,travagante de son mari, dont l'absurdité et l'insolence n'étaient pas diminuées par les conséquences qu'avait eues la mort de Rizzio ; de sorte que la plus grande mésintelligence continuait à régner entre ces deux époux , quoiqu'elle fût cachée sous une réconcihation apparente.

Le 19 juin 15ë6, Marie accoucha d'un fils, qui fut ensuite Jacques YL Lorsque la nouvelle de cet événement arriva à Londres, la reine Elisabeth s'amusait gaiement à danser ; mais dès qu'elle apprit ce qui était arrivé, elle quitta la danse, se jeta sur une chaise , se cacha la figure dans ses deux^mains, et s'écria d'un ton de colère aux dames d'honneur qui l'entouraient : « N'entendez- vous pas que la reine d'Ecosse a un bon garçon? Et moi je ne suis qu'une souche stérile ! s Mais le lendemain matin

I^n HI9»0ffifi mBCOMC.

^e avait rc^is asMz de poBTittr sur «Ifennèiiie p^or conserver \QXkS les dehors de Tainéaitéet de la bienveillanoe ; elle fit à l'amliassadeur écossais l'acoueil le f4fls graoieax , et aocepia avec de TJIs remeroienens le titre de jnarraiite du jeune jpriBce, <|ti'iliiii offrit au nom de la reine Mane.

A4>rès avoir célébré de la msAiière la fyliis sfikndide le baptAse de rbéritier de lacooponney Manie appliqua toas ses soîds à apaî« 9er les dissensions qui éclataient souvent parmi la neUesse; et sacrifiant elle-même son juste rjossentiment , dUe poussa 4e aon ç&lé la condescendance j psqu'à pardonner aux assassins de Rizzio» Deux hommes de bas étage avaient seuls été exécutés pour ce crime. Lord Authven, qui en avait été le principal acteur , était mort en Angleterre , parlant et écrivant sur le meurtre 4e David Bizïio avec autant de sang«£roid que ai o'eùt été Faction la plus innocente, sinon lapins méritoire. George Bouglas, qi$i avait frappé le premier coup , . et Ker de Faldonside , autre scélérat qui avait dirigé son pistolet contre le sein de la reine au mBien du tu*^ multe, furent ^uls e&oeptés de Tamnistie générale. Morton et tous les autres purent rentrer en Ecosse , pour y comploter de nouvelles trahisons et de nouveaux assassinats.

Nous, voici arrivés ^ mon cher enfant^ à une période hiea délicate de notre histoire» Les évènomens qui suivent, d« règne de Marie , sont bien connus ; mais les historiens, ne s'accordent ni sur les noms des principaux agens qui las Ont amenés, ni sur les motifs qui ont pu les faire agir. Ce fut entre autares , et ce sera probablement long-temps encore le sujet de vives diacnssions , dedé> cider si la reine Marie prit vrionfeairement part aux évcnemens tragiques et coupables que je vais raconter ; ou si, ignoirant les criminels desseins des autres, 'oUe lut la victime inuoceuOe de leur turpitude. Je me bornerai, mon <jier «nfaat , à voue dscMier l'es» ^plisse des faits qui sont incontestables de Taveu de tons les -partis, vous laissant le soin d'étudier vous-même oe point d'histoire lorsque vxms serez plus ayaacé en âge.

James Hepburn, comte de.Bothwdl, était un bamme demojfçu âge, qui pendant {dusieurs années avait joué un grand rôle dans ces lien^ps de troubles. Il s'était ran^ jadis du eftté de la reine pégenteiGontre le parti de la réformation , et maintenant on le crevait plutôt attaché à Marie qu!à aueunedes feptiens qui im étaient oppesées. Il était .chef de ia puissante iamiUe d' Hepburn , et il avait l^P^nomp 4'iaflaunoe dans kLoilunn «câen^^

IPRBHRRE SBRIE. 279

Berwiaky rà Fm tronvaititanjoars d'ekodiens soldats. La condoite èe Bistàweli ëiatt déréglée et ikenoieuse, wn ambition aussi et frénëe qu'audacieuse; et «yiieique nous ne^trewiens pasdiuiseon faisfeotre bea«eo«pde traits ée oonragefersoiraely îlavaitea danasa ^eonesae la réputation de n'^n ipas manquer, ii avait ooum quelque danger au moment de ras^aesinat de RiaaîO) so» veapeet pour la reine ayant fait soupçonner aux conspirateurs «qu'il aurait voulu empêdier qu'on ne fit un affront aussi sensible à sa persoune et à seau autorité. Comme leieomteideBothwell montrait un grand aèle pour sa oause , Marie était uoiureUement portée à Payancer à la cour; au point que beffucenp^e persmines, et parldculièrement les pnédicatenrs de la reàiginn réformée , .pensaient qu'elle admettait dans une trop grsrnde intwrité «n homme d'un^oaraolève ei farqocbeet de mœurs si>âissolues, «t la voix publique aoûusait la reine ^'étre plus attachée >à Botbwell •qu'ieUe aie l'aurait dû, puisqu'il était marié et qu'elle l'était également.

Une démarche irréfléchie de la part de Marie parut -confirmer ce sospcon. Botbwell , parmi plusieurs autres places importantes , était lord .Gardien de lonles les marches , et il habitait le. château ée l'Hermitage, forteresse royale attachée à cet emploi, afin de répriaoer les désordresquitsecommettaient snrles frontièites. Dans le .mais d'octobre 1^6, voulant s'emparer lui-même d'un malfai* teur nommé John filliot du Parc , il fut grièvement blessé à la main* La reine , qui tenait alors une cour de justice à Jedburgh , traversa les beis, les marais et les >nvières pour aller . rendre "visite au Gardien blessé y et quoique la distance fût de -vingt milles d'Angleterre, elle alla au château ide PHermitage et en revint dans la même journée. Oette excursion poavait n'avoir pour cause que le désir de Marie d'apprendre les particularités d'un si grand outrage lait à. son lieutenant; mais tous ses ennemis, et le nombre en était grand, né manquèrent pas de présenter cette démanche comme la prouve de sa stdlicitude pour les jours de son amant.

Pendant ce temps, «les dissensions entre Diornley et la reine 4dlaieat4oajoursiC]!oissant. £lle tte pouvait plus aimer un homme qui loi avait attiré tant de querelles et d'affronts , et. qui avait eu tant de part <à la imort de -Rifiio; et ceux «qu'il avait ««fitrainés à oommettreoe^pineie regardaient comme un misérable saasKKBur, aans courage, qui, (après<lei!nraivmrtnisle6*arme8à la iciainet les avoir -engagés à fmpper «n coi^ «i ai^cieax , les avait ensuite Isahis et abaudemoiés. La loonduitetfa'il jmml %enù^ depuis cette

époque prouvait qa'il n'avait gagné ni da côté du bon sens , m de celui de Tesprit. Il prétendait qu'il allait- quitter le royaume, et cette extravagance et tousses autres caprices lui aliénèrent tellement Tesprit de la reine , que les nobles intrigans et sans scrupule qui Tentouraient s'imaginèrent qu'il serait très agréable à Marie d'être délivrée des nœuds qui l'encbàinaient à un jeune insensé, dont elle avait trop longtemps souffert les vices et les folies.

Le premier projet formé fut de faire prononcer le divorce entre elle et Daruley. Botbwell, Maitland et Morton s^anirent, dit-on, pour presser la reine, qui habitait alors le château de GraigmiUard près d'Edimbourg, d'adopter cette mesure; mais elle la rejeta avec fermeté. Uue conspiration d'une nature plus sinistre se forma alors pour assassiner le malheureux Darnley ; et il parait que Bothwell ne doutait pas que Marie, dès qu'elle serait débarrassée d'un époux si méprisable, ne le choisît pour lui succéder. Il parla au comte de Morton du projet de se défaire de Oamley, et le lui peignit comme une, entreprise qui avait l'approbation de la reine; mais Morton refusa de se mêler d-une affaire si délicate, à moins dten recevoir IWdre-exprèsde la main de Marie. Bothwell lui promit de lui procurer cette garantie, mais il ne tint point sa parole ; Morton l'avoua au moment de la mort. Lorsque le prêtre qui reçiit sa confession lui demanda pourquoi il n'avait pas empêché le meurtre en dévoilant la conspiration , il répondit : — H n'y avait personne à qui j'eusse pu faire celte révélation en sûreté ; la reine était du complot, et si j'avais averti Darnley, sa folie était si grande que je suis certain qu'il m'aurait trahi près de la reine, et ma perte eût été certaine. *— Mais quoiqu'il ne voulût rien avouer de plus que ce que je viens de vous dire , on suppose tonjours que Morton était un des conspirateurs, et on crut généralement qu'un de ses parens, connu par son audace et par ses débauches, nommé Arehibald Douglas, ministre de Glascow, fat l'on des assassins directs . Tandis que ces soupçons planaient sur Morton, il n'avait, lui, aucune raison de croire M.irie coupable, excepté ce que lui dit Bothwell; encore avoue•^il que jamais ce dernier ne lui montra aucun ordre de la main de la reine , quoiqu'il le lui eût positivement promis. Il paraît probable 4pie Maitland de Lethington connaissait aussi ce fatal et criminel secret. Morton et lui cependant étaient deux hommes d'une grande sagacité ; ils prévirent que l'action sanguinaire que méditait Bothwell le rendrait odieux à la nation, et que peut-être la haine publique n'épargnerait

PRBBOBRE SÉRIE. 3S1

m^ne.pas la reine; et ils résolurent de le laisser achever cette œuvre d'iniquité , dans Tespoir qu'elle le conduirait promptement à sa perte y et qu'ils pourraient parvenir au pouvoir suprême.

Tandis que ces plans se tramaient contre sa vie, Darnley tomba malade à Glascow, et la petite vérole se déclara. La reine lui envoya son médecin ; peu de temps après elle se rendit près de lui , et une réconciliation apparente eut lieu entre eux. Ils revinrent ensemble à Edimbourg le 31 janvier 1566-67. Le roi fut logé dans une maison religieuse appelée l'Eglise-des-Champs {ihe Kir o/ Field) f en dehors des murs de la ville. La reine et son fils allèrent habiter le palais d'Holyrood, de crainte que Tenfant ne gagnât la petite vérole ; mais Marie était remplie d'attentions potir son mari ; elle venait le voir très souvent , et ils ne parurent jamais mieux ensemble qu'au moment où la conspiration contre la vie de Darnley était sur le point d'être exécutée. 11 habitait avec son valet de chambre un corps de logis séparé de tous les autres , lorsque les missures furent prises pour le faire périr de cette horrible manière :

Dans la soirée du 9 février, plusieurs personnes, parens, vassaux et' domestiques du comte de Bothwell, vinrent en secret à l'Eglise-des-Champs. Ils apportèrent une grande quantité de poudre, et, par le moyen de fausses-clefs, ils pénétrèrent dans les caves, et y déposèrent la poudre sous l'appartement de Darnley, et particulièrement sous l'endroit où son lit était placé. Vers deux heures du matin , Bothwell , caché sous un grand manteau , arriva pour surveiller l'exécution de son cruel projet. Deux de ses afiidés entrèrent dans la maison , et mirent le feu à une longue mèche disposée de manière à brûler lentement , et dont l'autre bout était placé au mUien de la poudre. Ik attendirent quelque temps la réussite>de leur machine infernale, et bothwell devint si impatient, qu'on eut beaucoup de peine à Tempécher d'entrer dans la maison pourvoir si quelque accident n'avait pas éteint la mèche. Un de ses complices, en regardant par un soupirail, l'assura qu'elle brûlait toujours. Un instant après l'explosion eut lieu ; elle fit sadter l'Ëgltse-des-Champs , et jeta l'alarme dans toute la ville. Le corps de Darnley fut trouvé dans un verger voisin. Le lit dans lequel il était couché l'avait préservé de 1- action du feu, ce qui fit croire généralement qu'il avait été étranglé, ainsi que son valet de chambre, qu'on avait trouvé à quelques pas de lui , et que leurs corps avaient été emportés avant l'éxplosidn ; mais'c'était une er-

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vem* : il est proifTé jasi^^à rëvidlmce', par letëaMignâge de toui oe«x i|oi'faT6iltiiphéé6o8 à* la ioàl«stfo|>he , qu'on nWipIpya point d'autre Boogaen ipiesUpoodrevinodè'dedeftlTCClîoii aâsez pnîssaiit fter. reaflrê lésMtns înlititei.

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