I. U s* totnloelo ronan de f^Hé
PREMIERE SERIE. 9tl
et eu beaaté» et qn'eUe avait TavAntage , comme Elisabeth Tayait dit ellermême, d'être la mfxe d'an beaa garçon, tandis qu'ellemême n'était qu'une souche stérile. Elle regarda donc la reine d'£co3se non pas comme une sœur et comme une amie dans la détresse^ mais oomme une ennemie que les cir cpustancea a^aiest 111136 ^sonpûUYoir»etellerésolutdelaréduireàl'étatde captive*
Par suite de la ligne de conduite que traçait un raisonnement «psai bae, Pinf^unée Marie fut entourée d'une garde anglaise ; fi^oomme Elisabeth eraignait avec raison qu'elle n'obtînt des sefioar»de l'Ecosse, die la fit transférer au château de Boltoui dans le comté d'York. Mais il fallait un prétexte pour i^ne condiute aaaai violente et aussi injuste ; Elisabeth réussit à en trouver un.
Dès que Marie s'était enfuie en Angleterre, le régent Mumgf s^était efforcé de se justifier aux yeux de la reine Elisabeth , en aUégnant que sa sœur avait pris part au meurtre de Darnley, afin àp pouvoir épouser Bethwell son amant. En supposant que eette inculpation fût fondée» la conduite de Marie était sans doute criminelle ; néanmoins Elisabeth n'avait pas le moindre droit de se constituer juge dpins cette affaire» Marie n'était pas sa siqette, et t d'après la loi des nations , la reine d'Angleterre n'avait aucun titre pour s'entremettre dans la querelle entre la reine d'Ecoese et son peuple. Hais ^oici comment elle s'y prit pour extorquer de Marie une sorte de consentement à prendre sa sœur pour arUctre. Les messaffers d'Elisabeth exprimèrent à Marie tout le regret qpe leur maîtresse éprouvait de ne pouvcnr l'admettre eu sa préaeneei ni Ipi faire l'accueil affectueux, qu'il lui tardait de lui offrir, avant qu'elle ne se f&t justifiée aux yeux àj\ monde des accusations calomnieuses qui lui étaient intentées, par ses sbjets. Marie of&rit aussitôt de prouve;F son imioeeuce à la satistsctipn d'Elisabeth; et la reine d'Angteierre affecta de regarder cette ofiEre comme une demande qui lui était bite d'agir^comme arbitre eutre Marie el le parti qui l'avait déposée et exilée. Ce fut en vam que Marie représenta que» eti eonseutant à dissiper les scrupuh» d'Etisabeth 9. elle n'obéissait qu'au désir de mériter son estime «t de se ceuciliet sa favenr, mais qu'elle n'euiendait nullement eei|stituer la rmne d'Angleterre sen juge dans un procès judieiasm, Elisabeth résolut de conserver l'avantage qu'elle avait acquis., et d'agir comme si Marie l'avaitrde son pl^n gré, fendue aisule l'arbitre de son sort.
hè r0ioe d'Angleterre uMm^des commissatfes pooir «ttendte
les parties et examiner les preoves qai devaient leur être soumises des denx côtés. Le régent Mapray parut devant ces commissaires , remplissant le rôle odienx d'accnsatenr de celle qui était tout à la fois sa sœur, sa bienfaitrice et sa souveraine. La reine Marie envoya aussi les plus habiles de ses' conseillers, l'évêque de Ross y lord HerrieSy et autres , pour plaider sa cause et soutenir ses droits.
La commission se réunit à York en octobre 1 568. La discussion s'ouvrit par une singulière tentative pour faire revivte la vieille question de la prétendue suprématie de l'Angleterre sur l'Ecosse. — Vous venez ici, dirent les commissaires anglais au régent et aux seigneurs qui l'accompagnaient, pour soumettre à la reine d'Angleterre les différends qui divisent le royaume d'Ecosse, et en conséquence je commence par vous requérir de rendre à Sa Majesté Thommage qui lui est dû. Le comte de Murray rougit et garda le silence; mais Maitland de Lethington répondit vivement: — Lorsque Elisabeth restituera à l'Ecosse le comté d'Huntingdon, ainsi que le Gumberland et le Westmoreland, nous lui rendrons hommage pour ces territoires ainsi que le faisaient les anciens rois d'Ecossequi en jouissaient. Quant à la couronne et au royaume d'Ecosse, ils sont plus libres que ceux d'Angleterre, qui récemment encore payaient le denier de Saint-Pierre à Rome.
Cette question étant écartée, la commission s'occupa de l'objet spécial de sa réunion. Ce ne fut pas sans hésiter que Murray se décida à faire sa déposition en termes précis, et l'on eut beaucoup de peine à obtenir de lui quelque preuve à l'appui de l'accusation d'infidélité conjpgale et de complicité dans le meurtre de son époux, qu'il intentait à Marie. Sans doute la conduite de la reine avait été imprudente et plus que légère, mais l'on né pouvait en conclure qu'elle fC^t coupable du crime horrible dont on l'accusait ; il fidlait quelque chpse qui ressemblât à une preuve, et à la fin une cassette fut produite, qui avait été saisie, disait^on, entre les mains d'un serviteur de Bothwell, nommé Dalgleish. Cette cassette était remplie de lettres et de documens qui, s'ils étaient véritables, prouvaient jusqu'à l'évidoice que Marie avait été la maîtresse de Bothwdl, même du. vivant de Damley, et que non-seulement elle avait eu connaissance du meurtre de ce malheureux jeune homme, mais que même elle y avait donné son approbation. Mais les commissaires de la reine soutinrent que ces lettres avaient été forgées dans l'odieux desseinde calomnier leur maîtresse. H est à remar-
qner qne Dalgleish fat condamné et exécuté sans, qu'on lui eût adressé une seule question au sujet de ces lettres, ce qu'on eût d^ faire y quand ce n'eût été que pour prouver qu'elles avaient été en sa possession. Lord Herries et l'éyêque de Ross ne se contentèrent pas de défendre la reine ; ils accusèrent Murr ay lui-même de s'être ligué avec Bothwell pour assassiner Darîiley.
Après cinq mois d'enquête, la reine d'Angleterre fit sa^Toir aux deux parties que d'un côtérelle n'ayait rien découvert qui pût lui faire douter de l'honneur et de l'intégrité du comte de Mnrray» tandis que de l'autre il n'avait prouvé aucun des crimes dont il avait accusé sa souveraine. Elle était donc décidée, disait-elle, à laisser les affaires d'Ecosse dans l'état où elle les avait trouvées.
Pour traiter les deux parties avec la même impartialité, comme sa sentence semblait &ire entendre que c'était son intention , la reine liurait dû remettre Marie en liberté. Mais tandis que Murray repartait pour l'Ecosse, chargé d'une somme considérable qui lof était prêt^ par Elisabeth, Marie était retenue dans cette captivité qui ne devait finir qu'avec sa vie.
Murray revint à Edimbourg, ayant eu tout l'avantage de la conférence d'York ; ses coffres avaient été remplis et son autorité con- ' firmiée par l'appui de la reine d'Angleterre, et il ne lui fut pas difficile de disperser le reste des lords de la reine, qui, par le fait, n'avaient jamais pu lui tenir tête depuis la bataille de Langside et la fuite de leur souveraine.
Pendant ce temps, quelques évènemens extraordinaires avaient lieu en Angleterre. Le duc de Norfolk avait formé un plan pour rendre la reine Marie à la liberté, et il devait en récompense recevoir sa main. Le régent .Murray avait été mis dans la confidence, quoiqu'on dût supposer que ce prpjet ne lui était pas très agréable. Plusieurs membres delà hante noblesse avaient promis de seconder l'entreprise, entre autres les puissans comtes de Weslmoreland et de Northumberland. Le complot f ut«découvert ;. on sut que Norfolk en-était l'auteur, et ce fut principalement par les déclarations de Murray, qui eut la bassesse de trahir le secret qui lui avait été confié. Le duc fut arrêté, mis en prison, et quelques mois après jugé et exécuté.
Mais, avant cette catastrophe, Northumberland , et Westmoreland se hâtèrent de lever L'étendard de la révolte, sans avoir les moyens de la soutenir. Leurs troupes se dispersèrei^t ss^ns coup Cérir, à la vue de l'armée envoyée contre eux par Elisabeth. West-
morelatid tronva un sûr asile parmi les Ecossais des trontièreâ qui paient fàvorafbles à la cause de Marie. Ils lui facilitèrent les moyens de gagner la côie, et il finit par passer en Flandre. Il monrttt dans l'exil. Northumberland fut moins henreux ; an habitant des fitmiièrea, nommé Hector Armstrong de Harlaw, le trahit bassement, et le livra au régent Murraj, qui refusa, il est vrai, de lé remettre entre les mains d'Elisabeth, mais qui le retint captif dans ce même château de LochléTen qui avait servi de prison à Marie.
Tons ces évèndmens snoeessifs contriboèreiit à établir le poii* toir do Mnrray, et à diminuer le courage de ceux des lords qiii restaient fidèles au parti opposé; mais il arrive souvent que c'est lorsqne les hommes se croient le plus près d'atteindre le bot asqael ils aspirent et pour lequel ils se sont donné tant do peines, que Jours espérances se trouvent tout à coup renversées àb la manière la plus imprévue et la plus étrange. Une main s'apprêtait à frapper Murray, et le fier régent en eût-il été informé, il aurait dédaigai un semblable ennemi, puisque c'était un siiàple paMcUlier que la ressentiment armait contre lui.
Après la bataille de Langside, six dés Hamiltons, qui avaient joué le rôle le plus actif dans cette occasion , fnreht condamnés à mort comme cdnpables de trahison envers Jacques VI, ponl* avoir ttnbrassé le parti de sa mère. Oet arrêt était péti jaste, sî l'on considère à quel point le pays était divisé entre la mère et le fils ; mais il ne fat pas exécuté, et les condamnés obtinrent lënr grâce par Fintercession de John Knox auprès du régent;
Au nombre des personnes comprises dans l'amnistie était Ha^ milton de Bothwellhan^h, homme d'un caractère MroM^ «t ifkt* dicatlf. De même que les seigneurs qui se trouvaient déns le taèm» cas, il fut puni par la c^pnfiscation de ses biens, quoiqu'on Kii laissât la vie. Sa femme lui avait apporté en dot lea terres de WoodUoft-' selee, près ide Roslyn, et ce domaine fut donné pàt Mn^ày à t^itil de ses favoris , qui poussa la barbarie jusqu'à metti^ la femnlé d'Hamilton à la porte de sa propre maison, san^ Itii lainser inéme le temps de s'habiller et de se mettre à l'abri de MfatêAipérie de lâ saison. La conséquence d'un traitement aussi briRd téî ^^eBfr dévint folle et qu^elle mourut. Son mari jura de la venger, Mh aur la personne du coupable favori, mais sur celle de Mntray, qnW regardait comme la première cause de son inforMiè, et que aea préjugea héréditaire&lui faisaient haïr comme !
PBXICEERiE: SERIE. 29».
y oit supvèiM et Foyprcssevr nnplaeabte dçs^iiiipifltona. H ]MU«fl> certain que Fair^bevéqiie «b »ikit'*Aiiépé et qo^ee» âstvee mewhrw» de sa famille ^Mewagèrent BothfweUMMgh dajit cette réeohiifeîoQ désespérée*
Il pntaea mesures avec ua sang-fr)»id;aihEiMPftbIe. Ayntl^ris^
que le régent devait traverser Linlithge^ im certam jouir, il s'ia«
traivBÛt seerètmneiit dans âne mai8<ya ap|N|vteiiaat à ^arohmâcpe
de SàtB0^J^sÈèpéf et devant lofoeDeU y a^vsûe «n balem en boî« qfA
donnaîb sur la rue. Bothwellhaugb étendit vm dirap Qoir svr le lier
de Faîpparfemeiit dans lequelil était eaché^ «fin qae se» ombre fié
ptlt être aperçBe du debev», et posa on matelas smv le pfaoïehet'^
peur qm» le bruit de ses pas ne ttl pas entendu eAdessee». Pomr
assurer son évasion, il attaeboii un che¥al de ceunsedans le javdin
derrière la m^son , abattéft la petite porte di» jardin , qui était tvop
basée pour qu^il pût passer à cbeval, et banieada fbrieiieHl kr
grande porte qui ouvrait sur la rue* Aya^t a^sî topt prépavé^ taut
peur reetercacbé avant l'eaiécution de son prcjekqaepeor seeauver
ensuite, il s'arma d'une carabine chaa^e, s^enformai dans la
chattifore solitaire^ et attendît l'arrivée de sa victime.
Murray fut averti par quelques amis du dafigev^ ^Mi^ipM i^&'^x* • posait en passaut par une ville oikl-on savmt qii^l avak dèa eone* mi», et on lui oenseilto de s'y soustirsire , soû tm la tooeiiant en dehors, seit du moins en traversant rapidemeai» la vue à elreval, sûrtocfl à l'endroit du bâtiment qui était plus par«ic«Mèrem«rt sns^ peet^ parce qu'il apparteimt «ux Hunultoils. liais le régeÉt;,. croyant que ce serait montrer me vaine pusîHaaimitéqned'iqpr de la sone, suivit hardimem la rue, qui éDaii iWiplie de meride^ Lorsqu'il fut arrivé en face du fatal balcon^, scui cheval^ i;etardé par la feule de spectateiH^s qui ot^truaient le passage, tadtfË à BothweUbaugh le temps de bien ajuster son coup* Il fitfeto, et» lé réjgeÉft tomba, frappé d'une bkssore mortelle. La batte, après» avoir traversé son corps, alla f uer k dveval d^n g&mliki^mÈmm qui était à sa dtt>ite. Les gens de sa suite se préc^ilèrent ett fu««wr* sur la maison d'où le eoup était parti; mais BoÂrweUiiattgli avait si bien pris toutes ses mesures, qu'ils ne purent ioraer l'entrées . qu'après' qu'il se iîit élancé sur son bon cheval, et ^'il ént fra u eh i; la porte de derrière. Néanmoins il lut poursuivi de A pi*èi, qufiL s'en fallut de bien peu qlai'il ne fât pris; mais vcffêmt <pie le t(Met et Fépereft n'avaient plus de pouvoir, il se servit d«t la peint» dè> son poigtord pour aîguttlonuer sotf dhevol^ et , le terf^a» «Iftss à
296 ' HISTOIRE D'£COSSB.
faire un saat désespéré pour franchir on fossé qoe ses ennemi» ne
purent traverser, il parvint à se soastraire à leur poursuite.
Le régent monmt dans la noit, laissant une réputation fort contestée, trop prôné peut-être par quelques auteurs, trop déprécié par d'autres, suivant qu'ils approuvent ou qu'ils condanment sa conduite à Tégard de sa sœur.
Le meurtrier se réfugia en France. Dans les guerres civiles de ce pays, comme il passait pour un homme capable des plus grand» coups, des propositions lui furent faites pour assassiner Tamiral Coligny ; mais il les rejeta avec indignation. — Il était vrai, dit-il, qu'il avait tué en Ecosse un homme qui lui avait fait une injure mortelle ; mais pour rien au monde il n'attenterait à la vie de quelqu'un contre qui il n'avait aucun sujet d'animosité,
A la mort de Murray, Lennox fut nommé régent. Quoique père de ttimley, qui avait été assassiné, il ne montra pas une soif excessive de vengeance. Il s'efforçade concilier lespartis pour assurer . la paix ultérieure. Mais les esprits étaient trop exaspérés des deux côtés pour que ses efforts pussent être couronnés de succès. Maitland de Lethington et Kirkaldy de La Grange quittèrent le parti du roi, dont ils avaient été long-temps le principal appui, pour embrasser celui de la reine. Nous avons parlé souvent de Lethington comme de l'un des hommes les plus habiles d'Ecosse,, et Kirkaldy en était certainement l'un des plus braves. En outre il était gouverneur du château d'Edimbourg , et sa^édipration qu'il gardait cette place importante pour la reine donna beaucoup de ceurage aux adhérens de Marie. Néanmoins en même temps ils perdaient une citadelle presque aussi, importante, celle de Duabarton , et voici comment.
Dunbarton est l'une des places lea^ lus fortes du monde. Il est situé sut un rocher qui s'élève presque perpendiculairement da niveau de la plaine jusqu'à la hauteur de plusieurs centaines de pieds. C'est sur le sommet de ce roc que sont construits les bâti* mens, et comme il n'y a d'en bas qu'un seul sentier pour le gra* vir , qui est une eq>èce d'escalier fort raide, et que ce sentier est fortifié et gardé avec soin, le fort pouvait être regardé comme imprenable. Un capitaine , Crawford de Jordanhill , résolut néanmoins de tenter de s'en emparer.
Il profita, d'une nuit sombre et obscure pour apporter au pied du château des échelles dont il s'était pourvu , choisissant pour, son épreuve terrible l'endroit ou le rocéuitle plus escarpé, et où
par conséquent la surveillance était moins active et les sentinelles moins nombreases. Ce choix fat henreax ; car la première échelle rompit sous le poids des hommes qui. essayèrent de monter, et le brait de la chnte les aurait trahis s'il se fût trouvé quelque sentinelle à portée de les entendre. Grawfordy aidé par un soldat qui avait déserté du château , et qui lui servait de guide , monta enr suite» et réussit à assujettir la seconde échelle en l'attachant aux. racines d'un arbre qui croissait à peu près au milieu du rocher. Ils y trouvèrent une petite surface plate, suffisante pour 'contenir leur petite troupe, qui, comme vous pensez Men, était fort^pea nombreuse. En escaladant la seconde partie du roc, un autre accident arriva : un des soldats, sujet à Tépilepsie, fut saisi d'une attaque , occasionée peut-être par la terreur, tandis qu'il était en train de uionter à l'échelle. Dans un pareil état, il lui était impos* sîble ni de monter ni de descendre. Il y eût eu de la cruauté à tuer ce malheureux, et d'ailleurs le corps, en tombant, aurait donné Vàlarme à la garnison. Crawford ne vit d'autre moyen que de l'attacher à l'échelle; puis, faisant descendre tous ses compa» gnons, il la retourna, et il fut alors facile de passer par-dessus le corps de l'épileptique. Arrivés au sommet ils tuèrent la sentinelle avant qu'elle eût le temps de donner l'alarme, et surprirent aisément la garnison endormie, qui avait trop compté sur la force du château. Cet exploit de Crawford peut être comparé à ce que l'histoire nous a transmis de plus extraordinaire en ce genre.
Hanoilton, archevêque de Saint- André, fut fait prisonnier dans Dunbarton, où il s'était réfugié pour échapper à la haine des partisans du roi. 6 se trouvait alors entre leurs mains, et, comme ils l'avaient précédemment déclaré traître, ils ne se firent aucun scrupule de le mettre à mort comme tel., Ce crime amena d'autres actes de violence commis par représailles, lesquels furent suivis à leur to^r de nouveaux massacres. Tous les liens de la nature étaient rompus, tout disparaissait dans la distinction de partisan du rpi et de la reinç ; et comme aucun parti n'accordait de quartier à ses adversaires, la guerre civile prit l'aspect le plus horrible. Les pères, les fils, les frères, s'armaient l'un contre l'autre, et àe faisaient une guerre acharnée. Il n'y avait pas ji^qu'aux enfans des rues qui ne se formassent en bandes pour le roi Jacques ou pour la reine Marie, et qui ne scvlivras^nt des combats opiniâtres avec des pierres, des bâtons ou des couteaux. Au milieu de cette confusion , chaque parti convoqua un parle-
398 HISTOmK l^IGOSSC»
ment où ne 8« tendirent qne les seignevra iie son propre bord. Le parlement de là reiine se réuttlt à Edia&bonrif , sons la protectien dn chfiiean et de KîrkaMy son gonTertietir. La faetiovi àa toi eat nne assenibiée beanoonp pl« neubrense qni prit le Aièmer thre, à Stirlihg , et l'on y fit parakre le jeûne roi, pour qn'il sanetionn&ft par sa présence les délibérations. L^enfant s'étant aperça ^è le tapîs qvd conirrait la table oà écrivaient les greffiers était trofué, s'écrîa ingén«nent qn^ j avait nn treii dans le parlenfent. Ces paroles furent remarquées par la suite , comme si- elles eussent renfermé nne sorte de prophétie de l^étèn<«iient singmlier que Yoîcî :
Kirkaldy imagina nn eonp de main par leqisei, s^il eftt rénsây il Mettait fin Aux délibérations dn parlement dn re^, et même k la gnerre civile tont entière. H appela anprès de hii Bnecleneh et Faimyherst, zélés partisans de Marie, comme nous l'avons d^à vil, les priant d^ amener un fort détachement de lenrs meilteinrs cavaliers, et le lord Clandé Hamilton vint se joindre à éns avec nn corps d'infonterie. Ces troupes làrent guidées par nn nommé BeD, qui connaissait à merveille la ville de StirHng , où il était né. H les introduisit jusqu'au centre de la ville, avant même qa'un chien eût aboyé contre eux. lis pouvaient être cinq cents. Alors ils jetèrent ràîarme en cflriant : •— Dieu et la reine ! pensez à Farchcn vèque de SainVAndré ! Tout est à nous t -^Suivant les instmetiens qu'ils avaient reçues, les chefs envoyèrent des détachetoiens dans les différentes maisons occupées par les lérds àa roi, qni se rendirent saiis résistance, à l'exception de Màr, dotft la Valeur ebsti^ née les força de mettre le féu à sa demeure; Ce fiit seulement alors qu'il se ren<tit à Buccleueh , qui était son proche parent. Mais sa résistance avait gagné dn temps , et les assdllans arrêtaient dispersés dan^ la viHe pour se livrer an pillage. Dans ce ntciraent Morton sortit du château à la tète d'un corps de soldats armés de mousquefts , et , se plaçant derrière les muf^ d'utie maison qu^l Msait bStir sur la colline, il fit un fèn aussi imprévu que bien nourri sur leâ partisans de la reine. Ceu3c«>ci, qui étaient déjà en désordre, fàrent frappés d'une terreur panique an milieu même de la Victoire, et ils cominencèt'ent à fuir. Alors la sctoe changea complètement, et ceu:x qui avaient triomphé l'instant d'auparaivant s'empressèrent de se nefndre à leurs propres captife. Leunost, le régent, était monté en cf onpe derrière Spens de WOfmeston , qui l'avait fait prisonnier. B était l'objet partiettlier dit ressenltimett» Aea lia-
FftKMlËllE StR». S»»
ittiltoM 9 €(iii IvrAlaieàt de Tenger sur 1« la iMn d« PfttdUrvAqiK^
de Saint- André. Il Idt tné , à ce <fae l'en eroit, par Fordt*e de lord
Glavâe Hamillen; et Spens, qui fit les effottô les plus généreiue
peur é é fcu éte son prl^nnier , partagea Mil Mti. Le parti de là
rÊ&M ae retira de StirUng sanâ beaaeottp de perle > pafee qoé lea
habitana dea frontièlres eurent aoin d'enleyer tôtts lea cherao^ sur
lesqnela lenra eMeinls auraient pu les ponrsnhre. KiiltaMy sentit
dans nne grande faretrt en apprenant la mort da rëgent, et il traita
ceux qui commandaient le détachement d'animanx fériées et
arenglesy qui ne savaient ni remporter nne Yietoire ni en tirer
parti. SMl aé Mt placé Iai*même à la tête des treapes, eommé il en
avait en le dësir, il esrt ptebable qne la mié > de StlrlÎQg attrait ttii$
fiti à la ^erre. Mais de cette manière , lu mort de Leanox ne fit^
ail étâdt possible, qn'envenimer encore la qaetièlle. '
Le comt^ de Mar fet nomitaé régent ponr le roi. C'était nn homme plein de modération, qni n'avait qne des vues honorables, et qai avait si fort à ccear de rétablir la paiï dans son pays, que rimpoaslbilité 06 il se trouva d'y parvenir abrégea, dit-on , sea jooTs. Il moiitàt le M" octobre 1672, n'ayant guère exercé la ré* gence qne pendant an an.
Le comte de Mûrton lili succéda. Nous avons va que ce sei-
gneitr, malgré ses tàlens et son courage remarquable, était. dTuu
éaraotëre IkrMcfce et cruel. 11 avait été imiAiqné dané le mèurti^
de Hizrio, et fl avait eu pour le moins connaissance de celui de
Darnley. Ou devait s'attendre qu'il continuerait la guerre à'tee
cette férocité barbare qui le caractérisait^ au Heu dé s^efferear,
tMame Mar, à en dimiMer là rigueur. Ce fut ce, qui arrita. Lea
deu^ partis continuèrent à eiécuter leurs' prisonniers : et, comÊttè
il n^y arvalt pas de jom* qu^il ne to livrât quelque escarmouche, le
nombre des personnes qui périrent par l'épée ou qui expirèrent
sur le çibetest presque incalculable. Ces guerres fhreut appelées,
du nom de famille de Mortoa , les guerres des Douglas. Il y avait
cinq ans que duraient ces hostilités , lorsque le duc dé ChâteHè"
rault et kf comte de Hnntly, les deux principaux seigneur!^ qui
«▼aient soutenit h eanse de la reine, se soumirent à Hautorité du
T(A ee reeonuurettt lé r'égent. Kirkaldy de La Orahge, aidé des
conseils de Maitland de Lethîngton , continua k défendre le cfiâs*
téa(id*^Bdimbonfgcont<*e Morton. Mah^ la rehie Blisabeth, voulant