Kngland. — 3, ScotUad
Les habitans de l'Ecosse étaient divisés en deux peuples, les Scots et les Pietés ; ils étaient souvent en guerre, mais ils se réunirent contre les Romains et contre les Bretons que ceux-ci avaient soumis. A la fin les Romains crurent avoir trouvé un moyen d'empêcher ces Scots et ces Pietés de pénétrer dans la partie méridionale de l'Ecosse et de la ravager. Ils bâtirent un mur bien long entre un côté de l'ile et l'autre, de manière à ce qu'aucun des Scots et des Pietés ne pût venir dans le pays qui se trouvait du côté méridional du mur ; et sur ce mur ils élevèrent des tours, et placèrent des camps de soldats de distance en distance, de manière qu'à la la moindre alarme, les soldats pussent courir défendre le côté menacé. Cette première muraille romaine fut construite entre les deux grands Friths ' de la CJyde et du Forth , juste à l'endroit où nie est le plus étroite, et il en reste encore aujourd'hui quelques débris, comme vous pouvez le voir sur là carte.
Celle muraille défendit les Bretons pendant quelque temps, et l'entrée du riche et fertile territoire fut fermée aux Scots et aux Pietés, qui se trouvèrent enfermés dans leurs montagnes. Mais ceux-ci se lassèrent bientôt de cette espèce de captivité ; ils s'assemblèrent en grand nombre, et franchirent le mur en dépit de tout ce que les Romains purent faire pour s'y opposer. On prétend que ce fut un soldat nommé Grahame qui passa le premier, et le peuple appelle encore ce qui reste aujourd'hui de la muraille, Grahame^ s Byke *.
Or, les Romains voyant que cette première barrière ne pouvait contenir les barbares ( car c'est ainsi qu'ils nommaient les Pietés et les Scots ), crurent qu'ils feraient bien de leur abandonner une assez grande étendue de pays, espérant qu'après cela ces peuples seraient tranquilles. Ils se mirent donc à construire une autre muraille, beaucoup plus forte que la première, soixante milles plus en arrière du territoire des Scots et des Pietés. Mais les barbares firent autant d'efforts pour franchir cette nouvelle barrière qu'ils en avaient jamais fait pour l'autre. Cependant les soldats romains la défendirent si bien, que les Scots et les Pietés ne purent réussir à passer par-dessus, quoique souvent, au moyen de barques faites de peaux de bœuf étendues sur des cerceaux ^, ils fissent par mer
X. Frith est te fretum des Latins, et signifie détroit, bras de mer , Ift où les flots sont remerréa entre deux ri«affes. C'est dans ces denx détroits que la Clyde et le Forth se perdent dans rOcéan; la Cljdedn cdie de Glascovr , le Forlh da cdté d'Bdiinbonrg
>• Grahame' s Djrket le mur de Graham. D/ke signifie inur; rempart, en écossais d'où le verbe t0 ^ke, entourer de aurs et de (mscs. — 3« Oette espèce de pirogue s'appelait eourraeh ou c«migA>
le tour du mur, débarquassent de l'autre cèté, et commissent de grands ravages. Pendant ce temps, les pauvres Bretons menaient une vie bien malheureuse ; car les Romains , en soumettant leut pays, leur avaient ôté leurs armes. Ils avaient ainsi perdu Thabi^ tude de s'en servir et de se défendre, et comptaient entièrement sur la protection des Romains.
Mais il survint à Rome de grands trovbles et de grandes querelles, de sorte que l'empereur romain envoya l'ordre aux soldats qui étaient en Bretagne, de revenir immédiatement dans leur pays, €t de laisser les I bretons défendre leur mur comme ils le pourraient contre leurs belliqueux et remuans voisins, les Pietés et les Scots» Les soldats romains en furent bien fâchés pour les pauvres Bretons ; mais tout ce qu'ils purent faire pour eux ce 6it de réparer le mur de défense. Ils l'élevèrent donc encorç, et le rendirent aussi solide que s'il venait à'èire construit. Puis , ils s'embarquèrent et Citèrent Tile.
Après leur départ , les Bretons se trouvèrent tout-à-fait hors d'état de défendre le mur contre les barbares ; car depuis la cohquâte de la foetagae par les Romains, ils n'étaient plus qu'uni peuple mon et sans courage. Aussi les Pietés et les Seois dévaste* rent-ils toute la contrée ; ils emmenaient les femmes et les enfans €n esclavage, s'emparaient des troupeaux, brûlaient les maisons, €!a un mot faisaient aux Bretons tonte 6orte de mal. A la fin ceux-ci , ne pouvant résister à ces peuples barbares , appelèrent eu Bretagne à leur secours- un grand nombre de gueiriers de la Germanie, qu'on appelait Anglo-Saxans. Or, e'étaieixt des hommes braves et courageux, et ils arrivèrent de Germanie sur leurs vais> seaux, débarquèrent sur la côte méridionale de la Bretagne, aiderait les Bretons à combattre les Scots et les Pietés, et les repoussé* rent dans leurs montagnes et leurs retraites inaccessibles, au nord du mur que les Romains avaient coiistmit; depuis lors, ceux-ci n''inquiétèrent plus autant leurs voisins.
Mais les Bretons ne furent pas beaucoup pins heureux après la ^faite de leurs ennemis du nord; car, lorsque les Saxons farent TMuis en Bretagne et qu'ils eurent va quel beau pays c'était,, et combien les habitant étaient incapables de se défendre,, ils résoli^rent dé prendre le pays pour eux , et de faire des Bretons leurs sérritenrâ et leurs esclaves. Le? Bretons avaient beatttfiu^ de répugnance à voir prendre ainsi leur pays par ceux fu^ik avaient ^ifféiés à leur secoursy et fls essayèrent de leur sésûter > mais Iss
pftsimnERv seniK. ii
Saxons étaient plas lorfis et plas braires qu'eux, et ils les battirent si souvent qu'ils- finirent par s'emparer de tiout le pays plat dans la partie méridÎDnale de la Breta^e. Cependant les plus braves des Bretons se réfutèrent dans un canton monta^eux de la Bretagne qu'on nomme le pays de Galles ^ et là ils se défendirent contre les Saxons pendant bien des années; et leurs descendans parlent encore l'ancien lan^ge breton, appelé gallois ^. Fendant ce temps, les Anglo-Saxons se répandirent, dans toute la partie méridionale de la Bretagne, et le nom du pays fut changé : il ne s'appela plus Bretagne, mais Angleterre, ce qui signifie la terre des Anglo- > Saxons, qui l'avaient conquise.
Tandis que les Saxons et les Bretons combattaient ainsi les uns contre les autres, les Scots et les Pîctes, après avoir été repousses derrière la muraille romaine , se mirent à en faire autant et se Intlirent entre eux. Enfin, après bien des batailles, les Scots pri« rem tont*à- fait le dessus sur les Pietés. On dit que ceux-ci furent entièrement détruits ; mais je ne crois pas probable que les Scots ^nt pu twer une si grande quantité d'hommes. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils en tuèrent un grand nombre, qu'ils en chassèrent d'antres du pays , et que le reste devint leurs serviteurs et leurs esclaves. Du moniB il ne fat jamais plus question des Pietés aprè^ ces grandes défsÂtes , et les Scots donnèrent leur nom à la partie sq^ntri«onale de la Bretagne, commes les Angles, ou Anglo^ Saxons, avaient donné le leur à la partie méridionale. De là viens>^ nttit le nom de Soiotland (Ecosse), terre^des Scots ou Ecossais; et celui de Engl^atid ( Angleterre ) , terre des Anglais. Les deux it^aumes étaiient séparés d'abord par la rivière âe la Tweed , puis; par «ne grande ehaînede montagneset de déserts arides, et ensuite par un bras de mer appela fe Frith de Solway. Ces limites ne sont pasn-ès toitt étfla vieille «fùraille romuiinë. Il y alongHenips qu^on a knssé le mur tomber eti mine' ; cepe^fetit il en reste encore quel^ ques pa>rtiesv ccMitne je Vai déj à dit, et il est eurieuiL de voir comme îif 8^é«9ei0tf en dreiite ligne, quoiqtfH pttsse Hmt^ sur de'l^Mtea montagnes , tantôt à travers de profonds marécages;
Vous voyez donc bien que la Bretagne était divisée en trois nations différentes, qui étaient ennemies Tune de l'autre : d'abord l'Angleterre , qui comprenait la partie la plus riche et la plus considérable de Tile, et qui était habitée par les Anglais; puis
z. Wala. <— a. Welsli.
TEcosse, pleine de montagnes et de grands lacs, de dangereux précipices, de bruyères sauvages et de vastes marais, qui était habitée par les Scots on Ecossais; et enfin le pays de Galles, où les restes des anciens Bretons s'étaient réfugiés pour se mettre à l'abri des attaques des Saxons.
Les habitans du pays de Galles défendirent leur territoire pendant long-temps; mais les Anglais finirent par s'en emparer. Il n*en fut pas de même de T Ecosse, qu'ils essayèrent bien des fois de soumettre sans pouvoir jamais y parvenir. Les deux pays étaient gouvernés par des rois' différens qui se firent bien souvent la guerre; et toujours à outrance. Voilà pourquoi, noion enfant, l'Angleterre et TEcosse, bien que faisant partie de la même île, furent si long-temps ennemies. Priez votre papa de vous montrer ces deux pays sur la carte, et vous remarquerez que l'Ecosse est toute remplie de montagnes et dé vastes landes couvertes de bruyèreà.^Mais j'oublie que M. Hugh Littlejohn est un voyageur, et qu'il a déjà vu l'Ecosse et même l'Angleterre de ses propres yeux ^. Toutefois, il ne^fera pas mal de jeter un coup d'œil sur la carte.
Les Anglais aiment passionnément leur pays; ils l'appellent la Vieille- Angleterre, et le regardent comme la plus belle contrée que le soleil éclaire. Les Ecossais aussi sont fiers de leur patrie avec ses grands lacs et ses hautes montagnes; et, dans leur vieux langage, ils l'appellent la Terre des Lacs et des Montagnes et celle des Braves, et souvent aussi la Terre des Galettes, parce que le peuple ce nourrit généralement de galettes de gruau d'avoine au lieu de pain de froment . Mais à présent l'Angleterre et l'Ecosse font parue du même royaume, et il est inutile de chercher quel est le meilleur pays ou celui qui renferme les plus braves gens.
Voilà un chapitre assez ennuyeux , monsieur Littlejohn; mais comme nous avons beaucoup d'histoires à vous raconter sur l'Angleterre et sur l'Ecosse, il était nécessaire de savoir un peu quels étaient les pays dont nous allions parler. La prochaine histoire sera plus amusante.
X. Allusion tonte personnelle. Le fils de M. Lockhart habite Londres, résidence babituelle de son père.