CHAPITRE II
Histoire de Macbeth.
Peu de temps après que les Scots et les Pietés farent devenus un seul peuple y comme je l'ai déjà dit y TEcosse eut pour roi un bon yieillard nommé Duncan. Il avait deux (ils; l'un se nommait Malcolm et Tautre Donaldbane. Mais le roi Duncan était trop âgé pour mener ses troupes à la guerre , et ses fils étaient trop jeunes pour le remplacer.
A cette époque, T Ecosse et même la France, l'Angleterre et les autres contrées de l'Europe, étaient fort tourmentées par les Danois. C'était un peuple hardi, courageux, entreprenant, qui dirigesdi ses vaisseaux tantôt d'un côté, tant &t de l'autre, débarquait sor la côte, brûlait et détruisait tout ce qui se trouvait sur son passage. Ils étaient païens , c'est-à-dire qu'ils n'adoraient pas le vrai Diea ; ils n'aimaient que les combats, le meurtre et le pillage. Qaand ils arrivaient dans un pays dont les habitans étaient lâches, ils s'en emparaient, comme je vous ai dit que les Saxons s'étaient emparés de la Bretagne. D'autres fois, ils débarquaient avec leurs soldats , prenaient tout ce qu'ils pouvaient trouver, brûlaient les babitations , puis remontaient sur leurs vaisseaux , mettaient à la yoUcy et s'éloignaient en toute hâte. Enfin ils commirent tant de ravages, que les peuples adressaient des prières à Dieu dans les églises pour être délivrés de la rage des Danois ^.
Or il arriva, sous le règne de Duncan , qu'une grande flotte de Danois s'approcha de l'Ecosse, débarqua des troupes sur la côte de Fife , et menaça de s'emparer de cette province. Une nombreuse armée écossaise fut levée pour aller les combattre. Comme je vous l'ai déjà dit, le roi était trop vieux pour commander son armée , et ses fils trop jeunes encore , de sorte qu'il envoya à sa place un de ses proches parens, nommé Macbeth. Ce Macbeth était fils de Finel qui était thane de Glamis. Les gouverneurs de province avaient alors en Ecosse le titre de thane : plus tard ils
X. Voyes, poarlcs moturs poétiqufi des Danois, le débul da poê.ne d'HaivU VlndomptûHe,
prirent celai de Comte, Macbeth , qui était un braye gnerrier, se mit à la tête de Tarmée écossaise, et marcha contre les Danois. Il mena avec lui un ses parens, nommé Banquo, qui était thane de Lochaber, et comme lui plein de courage. Il y eut une grande bataille entre les Danois et les Ecossais ; Macbeth et Banquo battirent leurs ennemis, et les forcèrent de regagner leurs vaisseaux, laissant à terre un grand nombre de soldats morts ou blessés. Alors Macbeth et son armée prirent la ronte de Forres, ville située dans le nord de FEcosse, tout joyeux de Leur victoire.
A cette époque, il y avait dans la ville de Forres trois vieilles femmes qui passaient pour sorcières, c'est-à-dire pour avoir le don de prédire l'avenir. Personne de nos jours n'ajouterait foi à une semblable folie, stnon quelques sottes geus sans aucune instruction, comme ceux qui consultent des Egyptiens ' pour se faire dire la bonne aventure; mais, dans ces temps reculés, le peuple était beaucoup plus ignorant, et même de grands hommes comme Macbeth croyaient que des personnes comme les trois vieilles Cemmes de Forres pouvaient dire ce qui devait arriver par la suite, et ils écoutaient les absurdités qu'elles débitaient, comme si elles eussent été de véritables prophétesses* Les vieilles femmes n'ignoraient pas qu'elles étaient craintes et i^pectées : elles en abusaient pour tromper les gens en prétendant savoir ce qui devait leur arriver, et c'était à qui leur feraii des pr<ésfiiis pour l'apprendre.
Ces trois vieilles se placèrent donc sur le chemin de Macbeth, dans une vaste plaine de bruyères près de Forres , et , lorsqu'il parut à la tête 4ie ses soldats, la première s'avança en lui disant : — Salut, Macbeth, salut à toi, thane de Glamis. — La seconde dit à son tour : — Salut , Macbeth , salue à toi , thane de Cawdor. -^ Alors la troisième , voulant lui faire un eompliment encore plus flatteur que ses compagnes, ajouta : -- Salut, Macbeth, salut à toi qui seras roi d'Ecosse. Macbeth fut fort sut pris de s'entendre donner tous ces titres, et , tandis qu'il cherchait à comprendre ce qu'elles voulaient dire, Banquo s'avança, et demanda aux sorcières si elles n'avaient rien à lui prédire à lui Elles lui répondirent qu'il ne deviendrait pas aussi grand que Macbeth, mais que, bien qu'il ne dût jamais être roi , ses enfans succéderaient au trône d'Ecosse^ et régneraient un grand nombre d'années.
1, GfptifSt Egyptiens, Boliémiens, etc.
FREMIBRE 6BRIE. 15
Avant que Macbeth lAt revenu de sa surprise, il arriva un messager qui lui apportait la nouTelle âe la mort de son père^ de sorte qu'il devenait par héritage thane de Glamis. Vint ensuite un second messager, envoyé par le roi pour remercier Macbeth de la grande victoire remportée sur les Danois, et pour lui annoncer cpie, le tfaane de Cawdor s'étant révolté contre le roi , Sa Majesté lui avait retiré son gouvernement pour le donner à Macbeth , qui se trouvait ainsi thane de Cawdor aussi bien que de Glamis. Les deux sorcières avaient donc eu raison de le saluer de ces deux titres ; mais j'ose dire qu'houes savaient quelque chose de la mort de son père et de l'intention du roi de lui donner le gouvernement de Cawdor, bien qu'il l'ignorât encore lui-même.
Cependant Macbeth, voyant une partie de leurs prédictions vérifiée, commença à se demander comment il devait s'y prendre pour que le reste s'accomplit également, et pour qu'i| devînt roi comme il était devenu thane de Glamis et de Cawdor. Macbeth avait une femme méchante et ambitieuse , qui , s'apercevant que son mari pensait à devenir roi d'Ecosse, l'encouragea dans ses desseins de tout son pouvoir, et lui persuada que le seul moyen de s'emparer de la couronne était de tuer le bon vieux roi Duncan. Macbeth ne voulait pas commettre un si grand crime : il se rappelait combien Duncan était un bon roi ; il ne pouvait oublier qu'il était son parent, et qu'il l'avait toujours comblé de bontés, lui avait confié le commandement de ses troupes, et l'avait nommé thane de Cawdor. Mais sa femme lui répétait sans cesse qu'il y avait folie et lâcheté insigne de sa part à ne pas saisir Toccasion de devenir roi quand il ne tenait qu'à lui de s'assurer de ce que les sorcières lui avaient promis ; tant et si bien, que les perfides conseils de sa femme, joints aux prédictions des misérables vieilles, poussèrent enfin Macbeth à donner la mort à son roi et à son ami. La manière dont il commit ce crime le rend encore plus abominable.
Macbeth invita Duncan à venir le visiter dans un grand château qu'il possédait près d'Inverneàs. Le bon roi , qui ne se méfiait nullement dé son parent, accepta volontiers son ihvitation. Macbeth et sa femme reçurent le roi et sa suite avec de grandes démonstrations de joie, et lui offrirent un beau festin, comme un sujet devait le faire pour fêter dignement son roi. Vers le milieu de la nuit, Duncan désira se retirer, et Macbeth le conduisit dans un appartement magnifique qui avait été préparé pour lui. C'était
rasage, dans ces temps barbares, que, pendant le sommeil du roi, 4eux hommes armés demeuraasent dans sa chambre, pour le défeudre si quelqu'un venait à Taltaquer. Mais la méchante lady Macbeth avait fait boire à ces deux gardes une grande quantité de vin dans lequel elle avait jeté quelques drogues; de sorte que, lorsqu'ils arrivèrent dans la chambre du roi, ils s'endormirent tous deux, et d'un si profond sommeil que rien ne put les réveiller.
Vers deux heures du matin, le cruel Macbeth s'introduisit dans la chambre de Duncan. Il faisait alors un orage affreux; mais le bruit du vent et du tonnerre n'éveilla pas le roi, parce qu'il était vieux, et fatigué de son voyage. Il n'éveilla pas davantage les sentinelles. Ils dormaient tous trois profondément. Macbeth, marchant sans bruit, prit les deux poignards des gardes et frappa le pauvre roi Duncan an cœur, et cela avec tant de succès, qu'il expira sans pousser même un gémissement. Alors Macbeth mit les deux poignards sanglans dans les mains des soldats, et couvrit leurs visages de sang, afin qu'ils parussent avoir commis le meurtre. Macbeth sortit alors effrayé du crime qu'il avait commis, mais sa femme lui fit laver le sang qui souillait ses mains, et l'emmena dans son appartement.
Le lendemain de bonne heure, les seigneurs qui accompagnaient le roi se rassemblèrent dans la grande salle du château, et se mirent à parler de l'orage affreux qu'il avait fait la nuit précédente. Mais Macbeth entendait à, peine ce qui se disait, car il pensait à quelque chose de bien plus terrible que l'orage, et se demandait avec effroi ce que ces seigneurs allaient dire quand ils apprendraient le meurtre du roi. Ils attendirent quelque temps ; mais enfin, ne voyant pas sortir le roi de^ son appartement,, un des seigneurs entra pour savoir s'il n'était pas incommodé. Mais lorsqu'il fut dans la chambre du malheureux Duncan, il le trouva raide et sans vie, et les deux sentinelles, leurs poignards sanglans à la main, dormant d'un profond sommeil. Dès que les seigneurs écossais virent cet affreux spectacle, leur fureur égala leur étonnement. Macbeth fit semblant d'être plus furieux qu'eux tous, et, saisissant son épée avant que personne pût l'arrêter, il tua les deux sentinelles qui avaient passé la nuit dans la chambre de Duncan, feignant de croire qu'elles seules étaient coupables du meurtre de ce bon roi.
Lorsque les deux fils de Duncan, Malcolmet Donaldbane, virent que leur père avait été assassiné d'une manière si étrange dans
le château de Macbeth , ils commencèrent à trembler pour lear propre vie, et ils s'enfuirent de l'Ecosse. Car, malgré tout ce que Macbeth avait pu dire, ils le, soupçonnaient fortement du meurtre du roi. Donaldbanese réfugia dans une île éloignée; mais Mal« colm, le fils aîné de Duncan, se rendit à la cour d'Angleterre ^ pour obtenir du roi qu'il l'aidât à monter sur le trône d'Ecosse comme successeur de son père.
Pendant ce temps, Macbeth prit possession du royaume, et de cette manière toutes les prédictions des sorcières se trouvèrent accomplies. Cependant il était loin d'être heureux. Il se mit à ré* fléchir à Ténormité du crime qu'il avait commis en assassinant son bienfaiteur et son ami , et il se dit que quelque ambitieux comme lui pourrait bien lui préparer le même sort. Il se rappela aussi que les trois vieilles femmes avaient annoncé que les eufans de Banque hériteraient après lui du royaume d'Ecosse, et il craignit que, pour hâier ce moment, Banquo ne conspirât contre lui, comme il avait conspiré contre le roi Duncan. Les méchans croient toujours que tout le monde leur ressemble. Pour prévenir ce danger, il aposta des scélérats dans un bois où Banquo et son fils se promenaient souvent le soir, et il leur donna ordre de les mettre à mort l'un et l'autre. Ces misérables firent ce que Mac* beth leur avait ordonné ; mais, pendant qu'ils achevaient Banquo, le jeune Fleance s'échappa de leurs mains, s'enfuit d'Ecosse, et se réfugia dans le pays de Galles ; et l'on dit que long-temps après ses enfans montèrent sur le trône d'Ecosse. ^
Macbeth ne fut pas plus heureux après avoir lâchement assassiné son brave cousin Banquo. Il savait qu'on commençait à soupçonner les crimes qu'il avait commis, et il était dans des craintes continuelles que quelqu'un ne vengeât sur lui le meurtre du vieux roi , ou que Malcolm, obtenant du secours du roi d'Angleterre , ne vînt lui faire la guerre et lui ravir la couronne. En proie à toutes ces inquiétudes, il eut l'idée de consulter de nouveau les sorcières dont les paroles perfides avaient fait naître en lui l'ambition de devenir roi. On suppose bien qu^il leur offrit des présçns et qu'elles cherchèrent à l'entretenir dans l'idée qu'elles savaient prédire l'avenir. Elles lui dirent donc qu'il serait toujours vainqueur et qu'il conserverait la couronne jusqu'à ce qu'une grande forêt appelée Birnam-Wood vînt l'attaquer dans un château- fort construit sur une haute montagne nommée Dunsinane. Or, cette montagne était séparée de la foret de Birnam par une vallée qui
avait doaze milles d'étendue. Et d'ailleurs, il paraissait impossible à Macbeth que des arbres vinssent jamais faire le siège d'un château. Il résolut donc de le fortifier encore, le regardant comme vne retraite inexpugnable où il serait toujours en sûreté. Dans ce dessein il somma toute la noblesse et les titanes d'Ecosse de lui envoyer du bois, des pierres, enfin tous les matériaux nécessaires aux constructions qu'il projetait, et de les monter avec des bœu£5 jusqu'au sommet de la montagne.
Parmi les seigneurs obligés de fournir des matériaux, dés bœufs et des chevaux pour ce laborieux ouvrage , il s'en trouvait un nommé Macduff, thane de Fife. Macbeth craignait ce thane, qui passait pour avoir autant de sagesse que de courage , et il était persuadé qu'il se réunirait au prince Malcolm si celui-ci rentrait en Ecosse à la tête d'une armée.
Macbeth nourrissait donc en secret une haine violente contre le thane de Fife; mais il la cachait soigneusement à tous les yeux, jusqu'à ce qu'il trouvât quelque occasion de se défaire de lui comme il s'était défait de Duncan et de Banquo. Macduff,, de son côté) se tenait sur ses gardes. Il venait à la cour aussi rarement que possible ; car il ne se croyait en sûreté que dans son châ-? teau de Kennoway, situé sur la côte de Fife, près de l'embouchure du Frith de Forth.
Cependant, le roi ayant engagé plusieurs de ses nobles, et entre a'utres Macduff, à venir le trouver dans son nouveau château de Dunsinane, il fallut obéir; personne n'osa s'en dispenser* Or, le roi devait leur donner une grande fête. Pendant qu'on s'occupait des préparatifs nécessaires, Macbeth sortit avec quelque^ amis pour voir monter les pierres et les charpentes destinées à agrandir et à fortifier le château. Les bœufs avaient beaucoup de peine à gravir la montagne ; car elle était fort raide^ les fardeaux^ étaient pesans, et la chaleur accablante. Enfin Macbeth aperçut un attelage de bœufs si fatigués, qu'ils ne pouvaient pas aller plus loin, et qu'ils tombèrent sous leur charge. Le roi entra dans une violente colère, et demanda lequel de ses thanes avait osé envoyer des bœufs si faibles et si peu propres au travail, lorsqu'il y avait tant à faire. Quelqu'un répondit que cet attelage appartenait à Macduff, thane de Fife. — Hé bien ! s'écria le roi, puisque le thane de Fife m'envoie de si chétifs animaux , je le mettrai lui* même sous le joug , et ce sera lui qui traînera le« fardeaux.
Un ami de Macduff entendit ces paroles menaçantes ^ et il s@
smiB. fi
bâta de les répéter an thane de Fife , qui se promenait dans la grande salle da château où le festin était préparé. Dès l'instant ^e Macduff apprit ce que le roi avait dit, il vit bien qu'il n'avait pas im instant à perdre pour s'échapper; car toutes les fois que Macbeth menaçait de faire du mal à quelqu'un , on pouvait être sàv qu'il tiendrait parole. Aussitôt saisissant un pain sur la table 4u roi, le thane appela ses gens, demanda ses chevaux , et reprit an galop la route de la province de Fife avant que Macbeth et les autres seigneurs fussent rentrés au* château. La première chose que le roi demanda à son retour fut ce qu'était devenu Macduff; a^ant appris qu'il s'était enfui de Dunsinane, il monta sur-lechamp à cheval, se mit à la tête d'un corps de troupes, et marcha à la poursuite du thane, dans l'intention de le mettre à mort.
De son côté Macduff fuyait de toute la vitesse de son cheval ; nais il était si dépourvu d'argent, que, lorsqu'il lui fallut passer le Tay à l'endroit du grand bac, il ne put donner aux bateliers que le pain qu'il avait pris sur la table du roi, ce qui fit donner à ce bac ie nom de Bac-du-Pain , nom qu'il conserva pendant long^ temps. Lorsque Macduff se trouva dans sa province de Fife, qui est de l'autre côté du Tay, il courut plus vite que jamais pour gagner son château de Kennoway, qui, comme je vous l'ai dit, était tout contre la mer. Lorsqu'il y arriva, le roi et ses gardes étaient à peu de distance derrière lui. l^Iacduff dit à sa femme de fermer les portes, de lever les ponts-ievis, et de ne laisser entrer 4ans le château, sous aucun prétexte, ni le roi, ni les troupes qui l'accompagnaient. Pendant ce temps il se rendit au petit port qui dépendait du château, fit équiper en toute hâte un vaisseau qui s'y trouvait, et s'y embarqua sur-le-champ pour échapper à Macbeth.
Cependant le roi était arrivé aux portes du château, et il somma lady Macduff de les lui ouvrir, et de* lui livrer son mari. Hais lady Macduff, qui était une femme de tête, inventa mille excuses pour gagner du temps, jusqu'à ce qu'elle sût que le thane était en sûreté à bord de son vaisseau, et qu'il était sorti du port. Alors elle se présenta hardiment, et du haut des murailles parla au roi qui continuait à demander qu'on lui ouvrît, et qui faisait left menaces les plus terribles si Macduff n'était pas remis à l'instant entre ses niains.
— Voyez- vous , dit*elle, cette voile blanche qui s'éloigne ra* pidemenjL ? c'est celle du vaisseau qui porte Macduff en Angleterre ; fttiis ne le reverrez <{ae lorsqu'il reviendra avec le jeums prince
If alcolm pour yoas précipiter da trône et yons mettre à mort. Vous ne menacerez plas alors le thane de Fife de lui faire porter le joug.
Les uns disent que Macbeth fut si furieux de cette réponse hardie y qu'il attaqua le château , le prit , et fit périr la noble dame et tous ses serviteurs. Mais d'autres prétendent , et je crois avec plus de vraisemblance y que le roi 'Rapprenant que Macduff s'était soustrait à sa vengeance, et voyant que le château de Kennoway était bien fortifié , retourna à Dunsinane , sans même essayer de s'en emparer. On voit encore aujourd'hui les ruines du château.
A cette époque il y avait en Angleterre un très bon roi nommé Edouard-le-Çonfesseur. Je vous ai dit que le prince Malcolm, fils de Duncan , était allé à la cour d'Angleterre ; pour demander qu'on l'aidât à monter sur le trône d'Ecosse. L'arrivée de Macduff contribua beaucoup au succès de la demande du jeune prince ; car le roi savait que ce Macduff était un homme sage et un brave guerrier. Comme il assura Edouard que les Ecossais étaient fatigués du règne du cruel Macbeth, et qu'ils se joindraient à Malcolm s'il paraissait en Ecosse à la tête d'une armée, le roi donna ordre à un grand guerrier nommé Siward, comte de Northumberland , d'entrer en Ecosse avec une armée, et d'aider le prince Maleolm à remonter sur le trône de son père.
Ce que Macduff avait prédit arriva. Les thanes et les seigneurs écossais abandonnèrent Macbeth et se réunirent contre lui à Macduff et au prince Malcolm. Macbeth se renferma dans son château de Dunsinane , où il devait être en sûreté , d'après la prophétie des vieilles sorcières, jusqu'à ce que la forêt de Birnam marchât contre lui. Ppur augmenter le courage de ses troupes, il les instruisit de cette prédiction , les exhorta à faire une vigoureuse résistance , et leur promit uqe victoire certaine. Malcolm et Macduff s'étaient alors avancés jusqu'à la forêt de Birnam , et ils y campèrent avec leur armée. Le lendemain , comme ils allaient traverser la vallée pour attaquer le château de Dunsinane, Mleicduff eut l'idée de faire porter des branches d'arbres par chacun de ses soldats, afin que Macbeth ne pût voir à combien d'ennemis il allait avoir affaire.
La sentinelle qui veillait sur les murs du château , voyant cette multitude de rameaux portés par les soldats de Malcolm, courut trouver le roi, et lui dit que la forêt de Birnam s'avançait vers le château de Dunsinane. Macbf^th le traita d'imposteur et le menaça de le faire mettre à mort ; mais lorsqu'il regarda lui-même da haut
des mnrailles, et qu'il crut yoir en effet la forêt tout entière s'approcher de Dunsinané , il reconnut que l'heure de sa mort était arrivée. Le découragement se mil aussitôt parmi ses soldats, qui, voyant que leur maître avait perdu toute espérance , commencèrent à s'enfuir du château.
Cependant Macbeth rappela son courage , et s'élança hors des mors à la tête du peu d'amis qui lui étaient restés fidèles. Il combattit corps à corps avec Macduff dans le plus fort de la mêlée, et fat tué après une résistance furieuse et désespérée. Le prince Malcohn monta sur le trône d* Ecosse. Son règne fut long et prospère. Poor témoigner à MacdufT sa reconnaissance , il voulut que ce f At toujours un de sesdescendans qui conduisit Tavant-garde de l'armée écossaise dans les batailles, et qui posât la couronne sur la tête du roi à la cérémonie du couronnement. Halcolm donna aussi aux
thanes d'Ecosse le titre de comtes ^, d'après la dénomination
adoptée à la cour d'Angleterre ^.