‹ oevres walter scottChapitre 8 sur 42 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Du systioM féodal , et de la conquête de l'Angleterre par les Normands.

La conduite d'Edouard-le-Gonfesseur, roi d'Angleterre, dans l'histoire de Macbeth, fut noble et généreuse. Il avait envoyé en Ecosse une nombreuse armée, sous la conduite de Siward, comte de Northumberland , pour détrôner le tyran Macbeth et placer

X. Earl, terme saxon ( Eorjrf, dans la langue erse). Ce titre fat long-temps celui de la plus haute dignité anglaise , elle est aujourd'hui la troibième t

TAaws and kfnêmen.

Mmuê/yrth à* earis, tktfint tkàt «(wr Sêotfmtul for sucA an honpur nfuned.

SiAKsnAii. MaebetA,

m Que nos thanes et nos parens soient désormais cosifM, le» premiers qoe l'Ecosse ait encore nommés à celte dignité. » La petite- couronne, eorontt , distingue psr sa forme les différens grades de la baato noblesse t la couronne d'un dbc est ornée de feuilles de fraisier ; celle d'un marquis a des perles entre les feuilles; celle d'un couife porte les perles au-dessus des feuilles; celle d'un tkomta n'est entonrée que de perles ; celle d'un baron a seulement quatre perles :

« jiil tkê nst an eamUessas m TktircoToneX»,S4gr so. »

SaAKsriAat. Jfeaij ^777.

« Tonte* les mires sont des eomteties , leurs conronnos l'indiquent. »

9. Le règne de Duncsn a^ait commencé en tos3 ; oelai de Macbeth en io3o ; et eelai de Mal» «alm UI , annioaimé Geaamore» en 1047.

22 HISTOIRE B'EGOSBS.

la coaronne sar la tête ée Malcolm , fils da roi IHincan ; nous avons -vu qa^avec le secours de Macduff , cette expédition eut un plein succès. Mais le roi Edouard n'eut pas même ridée de profiter des troubles de rinvasiou pour s'emparer de la moindre partie de l'Ecosse. C'était un excellent prince , sans aucune ambition , qui ne désirait jamais ce qui ne lui appartenait pas. Il eût été heureux pour l'Ecosse et pour l'Angleterre d'avoir beaucoup de rois aussi modérés; cela eût préveau bien des grandes querelles, de longues guerres et des luttes sanglantes.

£douard-le-Gonfesseur ne laissa pas d'enfans pour lui succéder. Il fîit remplacé par un roi nommé Harold, le dernier des rois saxons qui aient régné sur l'Angleterre.

Les Saxons, vous vous le rappelez, avaient , soumis les Bretons. Il se présenta de nouveaux ennemis pour les attaquer à leur tour. Ce furent les Normands, peuple qui habitait la Franche, mais qui n'était pas Français d'origine. Ils descendaient d'une cslonie de ces pirates du nord dont nous avons déjà fait mention pour vous dire qu'ils pillaient toutes les côtes qui promettaient le moindre butin. On les appelait communémejdt Hommes du Nord ou Nor» mands. Un grand nombre d'entre eux débarquèrent daiis le nord de la France , et forcèrent le roi de ce pays de leur abandonner la possession d'une grande province appelée Neustrie, qui prit le nom de Normandie quand elle devint la propriété de ces Hommes du Nord ou Normands. Cette province fut gouvernée par un chef normand qui était nommé duc , d'un mot latin qui signifie général.

Ce chef exerçait la même autorité qu'un roi dans l'intérieur de sa province; mais en considération de ce qu'il gouvernait un pays qui se trouvait sur le territoire de la France , il reconnut le roi de ce pays pour son souverain ^ et devint ce qu'on appelait son vassal.

Pour que vous puissiez comprendre l'histoire qui va suivre , il est nécessaire que je vous explique ce rapport du roi, comme souverain, avec ses princes et ses grands, comme vassaux.

Un grand roi ou un prince souverain donnait de grandes pro<» yinces ou des propriétés considérables à ses doos , comtes et sei» gneurs , et chacun d'eux jouissait, dans l'enceinte de ses domaines, à peu près du même pouvoir que le roi dans le reste de ses Etats. Mais aussi le vassal, quel qu'il fût, soit duc, soit comte, soit tout autre , était obligé de venir, avec\in certain nombre de sol 4a.t9«;

an secours de son sonyerain , en temps de guerre , et en temps de paix il était tenu de paraître à sa cour aussitôt qu'il y était appelé, et de lui rendre hommage» c'est-à-dire de reconnaître qu'il était son maître et son souverain seigneur.

Les vassaux de la couronne , c'était le nom qu'on leur donnait, en faisaient autant de leur côté , et ils divisaient les grandes pro« priétés que le roi leur avait données , en petits domaines qu'ils cou* feraient aux chevaliers et aux gentilshommes qu'ils jugeaient propres à les suivre à la guerre, ou à former leur cour en tempa de paii; car eux aussi tenaient des cours, et administraient la justice, chacun dans leur province.

Les chevaliers, à leur tour, répartissaient ces domaines dans ane classe inférieure de propriétaires , qui cultivaient la terre qui leur était confiée, soit eux-mêmes, soit par l'intermédiaire de laboureurs et de paysans, qui étaient traités en esclaves, et qui se vendaient et s'achetaient, comme des bétes de somme, avec la ferme à laquelle ils étaient attachés.

Lorsqu'un grand roi, comme delui de France ou d'Angleterre^ allait à la guerre , il sommait tous les vassaux de sa couronne de raccompagner avec un nombre d'hommes proportionné à l'impor^ tance de son fief, comme on appelait le territoire qui avait été concédé à chaeun d'eux. Le prince, duc, ou comte, afin d'obéir aux ordres du roi, appelait sous ses drapeaux les gentilshommes auxquels il avait donné des terres, et qui devaient amener aussi un certain nombre d'hommes armés. Les gentilshommes à leur tpur convoquaient les franklins , nom sous lequel on désignait la classe des petits propriétaires et les paysans, et de cette manière toutes les forces du royaume se trouvaient réunies sur un seul point.

Le système de donner des terres à charge d'un service militaire, c'est-à-dire avec l'obligation de combattre pour son souverain quand il l'ordonnait , se nommait systebie féodal. Il fut général en Europe pendant bien des siècles.

Mais plusieurs grands vasssaux de la couronne, tels, par exemple, que le duc de Normandie , étant devenus extrêmement puissans , ils s'arrogèrent le droit de faire la paix et la guerre sans le consentement du roi de France, leur souverain. Les vassaux de ces grands ducs, ou princes , guerroyaient aussi souvent entre eux ; car la guerre était leur unique affaire , et les pauvres paysans qui cultivaient le soi étaient exppsés à toutes sortes de

ma avais traitemens, battus et pillés sans cesse parle parti qui prenait le dessus.

Les nobles et les gentilshommes combattaient à cheval , couverts d'une armure d'acier enrichie d'or et d'argent , et on les appelait chevaliers ou écuyers. Us portaient de longues lances avec lesquelles ils couraient impétueusement les uns contre les autres , et des épées et des masses d'armes pour se battre corps à corps quand les lances étaient brisées.

Les guerriers d'un rang inférieur combattaient à pied^ armés d'arcs, qui, suivant leur forme , étaient appelés arcs-longs ou arbalètes, et qui servaient à tuer les hommes de loin, au lieu des canons et des fusils, qui n'étaient pas encore inventés. Les pauvres paysans venaient sur le champ de bataille avec les armes qu'ils pouvaient se procurer, et elles étaient si insuffisantes, qu'il n'était pas rare de voir quelques chevaliers en charger et en mettre en fuite une centaine; car les gentilshommes avaient des armures complètes, en sorte que les coups qui leur étaient portés ne pouvaient tout au plus leur faire que de légères blessures , tandis que les malheureux paysans, presque nus, étaient massacrés sans peine.

Vous pouvez voir encore, à la Tour de Londres et ailleurs, de ' œs anciennes armures , que l'on conserve comme des objets de étiriosité.

Ce n'était pas un heureux temps que celui-là , où il n'y avait pr^que aucune loi , et où les forts prenaient aux faibles tout ce qui leur convenait;, car presque tous les habitans du pays étaient obligés de servir comme soldats, et il en résultait naturellement qu'ils se trouvaient engagés dans des guerres continuelles.

I^iCs grands vassaux de la couronne surtout étaient sans cesse en guerre les uns contre les autres , et quelquefois même jcontre leur souverain , quoique par là ils encourussent la confiscation des fiefs ou terres qui leur avaient été accordés. Mais ils choisissaient le moment où ils étaient à peu près certains que le roi ne serait pas assez fort pour les punir. En un mot, le droit cessait quand on n'avait plut la force pour l'appuyer ; et c'est pour cela que les faibles et les pauvres cherchaient protection auprès des riches et des puissans, se reconnaissaient leurs vassaux et humbles sujets, et leur rendaient hommage pour qu'ils les prissent sons leur sauvegarde.

Les choses étaient dans cet état quand GoiUaamey dac de Normandie, et chef des peuples guerriers dont les ancêtres avaient conquis cette province, crut, à la mort du bon roi Edouard*le- Confesseur, que l'occasion était fa voraUe pour tenter de conquérir le riche royaume d'Angleterre. Il prétendait que le roi Edouard Vavait nommé son successeur; mais son meilleur titre à cet héritage était une forte armée de ses braves Normands, auxquels s'étaient joints une foule de chevaliers et gentilshommes de pays éloignés, qui espéraient, en aidant Guillaume à faire une conquête qu'il méditait , obtenir de lui de bons fiefs en Angleterre, sous les conditions dont nous avons déjà parlé.

Harold, qui avait succédé à Edouard4e-Confesseur, venait à peine de repousser lesNorwégiens qui étaient venus attaquer l'Angleterre, lorsqu'il eut à se défendre contre une nouvelle et plus formidable invasion.

Les deux armées se rencontrèrent près d'Hastings : la bataille {ut opiniâtre, et le succè^ long-temps balancé. Les Normands tiraient an grand avantage d'une troupe considérable d'arbalétriers dont les traits faisaient beaucoup de mal aux Anglais, qui n'avaient qu'un très petit nombre d'archers à leur opposer.

La bataille durait depuis neuf heures du matin, et la victoire ""^était encore incertaine, lorsqu'à la fin du jour une flèche traversa la tê^e du roi Harold , et il tomba mort sur la place. Les Anglais abandonnèrent alors le champ de bataille, et le duc Guillaume profita dè^vson avantage avec tant de promptitude et d'habileté, qu'il se rencfet^aître de toute l'Angleterre, et régna sous le nom de Guillaume-le-Conquérant.

Il répartit plusieurs des riches domaines de l'Angleterre entre les seigneurs normands qui l'avaient suivi, les leur donnants^ charge de service militaire, d'après les lois du système féodal dont je vous ai déjà parlé.

Les Anglo-Saxons , comme vous pensez bien , ne virent pas ces partages avec plaisir, et ils tentèrent à plusieurs reprises de se soulever contre le roi Guillauiyie, et de le renvoyer avec ses soldats en Normandie. Mais ils furent constamment défaits, et ces tentatives inutiles ne servirent qu'à irriter le roi, qui s'en vengeait par des mesures de rigueur, confisquant leurs biens, et les privant de leurs titres et de leurs emplois; de sorte qu'il n'y eut presque plus d'Anglo-Sazons qui possédassent encore de grandes propriétés on quelque place considérable; mais ce furent les

88 HISTOIRE DnBCOSSE.

Normands qui , sons tons les rapports , deyinrent les maîtres àbêoluê.

Ainsi , les Saxons, qui avaient soumis les Bretons, comme voas Pavez vo plas haut , furent à leur tour soumis par les Normands,^ privés de leurs biens, et réduits à devenir les serviteurs de cesor** gneîlleux étrangers. De nos jours, plusieurs membres de l'ancienne noblesse d'Angleterre prétendent descendre des Saxons ; mais il en est bien peu , si même il en reste, qui puissent prouver que le sang saxon ooule encore dans leurs veines, tant Guillaumele-Gonquérant avait eu soin de dépouiller le peuple conquis de tout pouvoir et de toute importance.

Ce dut ôtTC un bien triste spectacle à cette époque que de voir les Normands chasser les Saxons de leurs biens et de leurs demeures, et les faire descendre du rang d*iiommes libres à la condition d'esclaves. Cependant il finit par en résulterde grands avantages; car ces Normands étaient non*seulement iln des peuplés les plus braves qui^ientjamaisexisté, maisilsétaient plus avancés dans les arts que les Saxons. Ils leur enseignèrent à bâtir de beaux et vastes châteaux et de superbes églises , tandis que lés Saxons n'avaient que de miséraMes maisons' de bois. Ils introduisirent aussi Fiisage de Varo-iong , qui devint bientôt si général, que les Anglais acquirent la réputation' d'être les meilleurs archers du monde, et durent à cette supériorité le gain de plusieurs batailles.

Les Normands étaient^n outre plus civilisés que les Saxons ; ils ciiservaient entre ef^x les lois de la bienséance et de la politesse, ^ue les Saxons ignoraient complètement.

Les barons normands étaient aussi de chauds partisans delà liberté nationale, et ils ne souffraient pas que leurs rois attentassent àleursprivîlégeè; ilis leur résistèrent toutes les fois que ceux-ci voulurent s'élever au-dessus du pouvoir que la loi leur donnait.

Les princes norma>nds établirent des écoles en différens endroits^ et ils enoonr-agèrent les lettres.

De grandes villes furent formées sur plusieurspointsdu royauispe, et les tois normands leur accordèrent des privilèges particuliers , afin <}e s'assurer le secours des ha^itans , au cais où ils viendraient à avoir quelques déméléfl avec leur noblesse.

Ainsi la conquête des Normands,^ qui avait été un événement terrible et déplorable à l'époque où elle eut lieu, finit par rendre VAngleterre plusdvtliséeet plus p<tî saute ffu'elléne l'avait jamais été ; et vous Irouvet'eE à ^ohaque pasdans l'histoire^ -mon cher len*

mEMIEMB SCltlE. ST

fant, des exempieB sétoblables qui tons prouTeront que la dÎTiite ProTidence fett souvent résulter tm grand bien de ce qui d'aborl avait paru un mal sahs compensation ^ .

Ce chapitre pourra vous sembler avoir peu de rapport avec l'histoire d'Ecosse, cependant la conquête des Normands eut des résultats qui se firent sentir jnsqu^enee pays. D'abord un nombre considérable de Saxons, pour se soustraire aux persécutions de Guillaume-le-Conquérant , se retirèrent en Ecosse, ce qui contribua beaucoup à civiliser les provinces méridionales de cette contrée; car si les Saxons n'égalaient pas les Normands dans les arts et dans les lettres , ils étaient pourtant bien supérieurs aux Ecossais. Mais bientôt après les Normands eux-mêmes vinrent s'établir en Ecosse. Le roi Guillaume n'avait pu satisfaire toutes les ambitions, et beaucoup de ses sujets mécontens, dans l'espoir de îaÀre fortune, se rendirent à la cour d'Ecosse, où le roi Malcolm^ fi\s de Duncan , surnommé Cean*More, c'est-à-dire Forte-Tête,, lear fil le même accueil. Il voulut s'attacher ces étrangers, et à cet effet il leur concéda des terres considérables , aux conditions ordinaires de ces sortes de donations. Ce fut ainsi que le système féodal s'introduisit, et qu'il devint la loi générale du pays comme il était celle de toute PEurope.

Or, il arriva que de cette loi féodale résulta une querelle des plus terribles entre l'Angleterre et l'Ecosse; et quoique maître Liulejohn ne soit pas encore un profond légiste, il est nécessaire qu'il fasse tous ses efforts pour chercher à en comprendre la cause^ car c'est un point très important dans l'histoire.

Pendant que les Anglais se battaient d'abord entre eux, et ensuite contre les Normands , les rois d'Ecosse avaient agrandi leur territoire aux dépens de leurs voisins , et ils s'étaient emparés en grande partie des provinces du nord de l'Angleterre, appelées Northumberland, Cumberland et Westmoreland.

Après bien des querelles et des batailles , il fut convenu que le roi d*Ecosse conserverait ces provinces, non comme souverain indépendant, mais comme vassal du roi d'Angleterre; qu'à ce titre il lui rendrait hommage, et le suivrait à la guerre quand il en serait requis. Mais eet hommage et le service militaire n'étaient pas dus pour le royaume d'Ecosse, qui jamais , depuis le commencement

ï. Une g^rande partie iln roqnan épique d'hanhot est destinée à nous faire connaître le» conaé* ^nences du mélange Toreé des àenx races , sas oti ne «t novinaiide , sur la. Grande- Bretagne. h0 sabrant ouvrag;e.de M. Tbkrrj sar <la çonqiiéte de rAo^Uterrç |>«r les Itormauds mérite bl«a a«itl tu» aw«tioii.

du inonde^ n'avait été sous la domiuation du roi d'Angleterre, mais qui était et avait toujours été un Etat libre, indépendant , ayant ses souverains et ses chefs tirés de son propre sein. . II paraîtra peut-être étrange à maître LittleJQhn qu'un roi d'Ecoss^ fût vassal pour cette partie de ses possessions qui étaient sur le territoire anglais , et qu'il restât prince indépendant quand il était regardé comme roi d'Ecosse; mais cela pouvait arriver aisément d'après les lois du système féodal.

Guillaume-le-Conquérant se trouvait lui-même dans une posi* tion semblable, car il tenait son grand-duché de Normandie et ses antres possessions en France comme vassal du roi de France, qui les avait donnés à titre de fief à un de ses ancêtres nommé RoUon ; mais il était en même temps souverain indépendant de TAngleterre, qu'il avait conquise par la victoire d'Hastings.

Cependant les rois d'Angleterre cherchaient de temps en temps à insinuer que l'hommage rendu par les monarques d'Ecosse l'était , non-seulement pour les provinces qu'ils possédaient alors en Angleterre, mais aussi pour le royaume d'Ecosse.

Les rois d'Ecosse, au contraire, tout en rendant l'hommage et le service qu'ils devaient peur leurs possessions en Augleterre, refusèrent constamment , et de la manière la plus positive^ de laisser dire ou croire qu'ils fussjent soumis à aucune sorte d'hommage, à titre de rois d'Ecosse.

Telle fut la cause des querelles sanglantes que se firent les deux peuples, guerres dans lesquelles les Ecossais défendirent bravement leur indépendance nationale, et, quoique souvent défaits, remportèrent aussi plusieurs victoires , et menacèrent plus d'une fois d'étendre leur territoire aux dépens de leurs voisins. Guillaume, roi d'Ecosse, surnommé le Lion, parce qu'il portait un lion peint sur son bouclier, ayant été fait prisonnier dans une bataille près de Newcastle, en 1174, se vit contraint, pour recouvrer sa liberté, de renoncer à son. titre de souverain indépendant, et de se reconnaître vassal pour le royaume d'Ecosse. Mais Richard l^^, roi d'Angleterre, renonça quinze ans après à ce droit , comme ayant été arraché injustement à Guillaume pendant sa captivité, et il n'exigea plus que l'hommage que le roi d*Ecosse lui devait pour ses possessions sur le territoire de l'Angleterre.

Cette conduite généreuse de Richard produisit de si heureux résultats , qu'elle mit presque fin aux querelles de l'Ecosse et de FAngleterrepour plus de cent ans, pendant lesquels, si l'on excepte

vue ou denx courtes interrapUons, rharmonie la pins parbile régna entre les deux nations.

Celte paix fut un grand bonheur ponr Tnne et ponr Tantre, et elle aurait pu amenei: avec le temps leur fusion en un seul peuple, ce qui paraissait être dans les vues de la nature, qui les avait placées dans la même île.

En effet , les communications commerciales devinrent plus fré« qnentes; plusieurs familles d'Ecosse et d'Angleterre formèrent des alliances entre elles et des liaisons d'amitié ; plusieurs grands seigneurs et barons avaient des terres dans les deux pays ; tout en6n semblait promettre une longue paix et une tranquillité du« rable, lorsqu'une suite d'évènemens malheureux ayant presque en* tièrement éteint la famille royale écossaise, le roi d'Angleterre fit revivre d'injustes prétentions à la couronne d'Ecosse, ce qui donna naissance à des guerres plus cruelles et plus sanglantes qn-aucune de celles qui avaient eu lieu jusqu'alors entre les deux nations.

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