AJAX, ACHILLE
Eh bien ! jouez.
CHALCAS
My voilà, Vous le voyez, j'ai trois.
Et la scène chantée s’enchaînait avec le morceau d'ensemble n° 13 :
À moi les trois talents et les quatorze mines!
Il y a ici sept pages de musique a/legro, qui sont d'un mouvement endiablé et dont le début :
A ce Chalcas qui tremblotte
est une de ces nombreuses trouvailles tombées du ciel, du génie d’Offenbach, trouvailles que le maître, riche et prodigue, négligeait.
La scène a donc était supprimée. Pour quelle raison ? Il m'a été dit que Dupuis était un peu jaloux du succès de Grenier-Chalcas qui « tirait toute la couverture à lui ». Ce qui est sûr c’est que si Offenbach s’inclina, Halévy, d’après ce que m'avait affirmé Hortense Schneider, se fàcha d'abord, puis finalement céda. |
Hortense Schneider m'avait aussi parlé d’une berceuse qui figurait dans le rôle d'Hélène avant le duo du Rêve, berceuse qui aurait été rétablie pour les théâtres allemands où se jouait la Belle Hélène. Je n’en ai pas trouvé trace dans le manuscrit. Mais, par contre, voici les couplets qui figurent sur l'original et que l’on chercherait en vain sur le Yivret comme sur la partition ; c’est un andante en so/ à quatre temps, chanté par Pâris, avec accompagnement de violoncelle et de basson :
de la vois. Elle dort... le vent du soir caresse Sa divine beauté.
Son abandon trahit la langoureuse ivresse De cette nuit d’été.
Je resterais ainsi perdu dans ma tendresse Jusqu'au lever du jour,
Expirant à tes pieds, 6 ma douce Princesse, De langueur et d'amour.
Çà, Päris, mon garçon, ne perdons pas la tête, Soyons audacieux,
Et sachons nous offrir la récompense honnète Promise par les Dieux.
Approchons.... Mais voici que je tremble et m’arrête, Je ne sais pourquoi.
I fait nuit ; je suis seul ; Ménélas est en Crète, Et Vénus est pour moi.
Ge n'est évidemment pas la difficulté vocale de cette page, du reste d’une jolie venue, qui a pu en faire décider la suppression soit par Offenbach, soit par Dupuis ; mais il a dû sembler aux auteurs que ce deuxième acte était trop touffu de mélodies, d’ensembles ou d'épisodes ; et l'air n’a jamais été chanté aux Variétés. Les théâtres de Dresde ou de Vienne l'ont toujours rétabli.
Au troisième acte, on trouve un changement qu'Offenbach a dû faire pour les représentations dans un théâtre de l'étranger; l'encre oxydée n’a plus la même couleur que dans le restant du manuscrit. Mais ces pages sont inachevées : l’orchestration en est complète, la ligne mélodique est tracée : seules,
les paroles du rôle d'Hélène sont à peine esquissées et manquent par place. Ce morceau devait se situer avant le trio patriotique, scène IV, sans doute, et venir à la suite des couplets d'Hélène: « Là vrai, je ne suis pas coupable ».
Pour terminer, il existe, dans les dernières pages de la partition, un finale encore plus développé que celui que nous connaissons. En voici les vers ; c’est Paris qui, monté sur la galère avec Hélène, s'est fait reconnaître et chante :