‹ Offenbach 1923Chapitre 30 sur 54 · Voir p · texte numérisé non relu

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qui savait prendre le vent comme personne, rêvait de collaborer avec Sardou : il espérait ainsi donner satisfaction à ses adversaires qui l’accusaient de chercher toujours le succès dans les mêmes sujets frivoles. En 1869 le Figaro! avait annoncé la signature d’un traité par lequel le théâtre de la Gaîté devait jouer un grand opéra-bouffe féerique en trois actes, de MM. Sardou et Offenbach, le 15 octobre 1870. La nouvelle était vraie : Sardou, après s'être entendu avec le musicien, d’abord quelque peu surpris, lui avait bâti un livret où, sous une forme allégorique, il prédisait la chute de l'Empire devant les assauts du parti radical avancé. C'était le Rot Carotte. Sardou avait tiré la donnée première d'un conte d'Hoffmann, intitulé l'Histoire héroïque du célèbre ministre Klein Zach, surnommé Cinabre. Fridolin est un roi qui a épousé la princesse Cunégonde pour l'argent qu’elle lui apporté en dot. La princesse gouverne le pays, donne le ton à la mode. Une méchante fée, Coloquinte, s'est introduite dans le palais et poursuit Fridolin de sa haine, de même qu’elle a jadis persécuté le père du prince. Elle réveille de sa baguette magique les racines (radix, d'où radical) et elle donne ainsi la vie au roi Carotte, un grotesque, qui apparaît au milieu de la gloire de Fridolin, au milieu de la prospérité qu'il a donnée à son pays, — vous devinez l’allusion à l’Exposition de 1867. Le roi Carotte, qui possède soi-disant toutes les vertus dont est dépourvu Fridolin, le

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