Confessions, Souvenirs d'un demi-siècle
musique du Bonhomme Jadis, de Murger, celle du Romulus, de Dumas père, puis celle du Songe d'une nuit d'été, d'Édouard Plouvier. Mais, comme le disait Adolphe Adam en un de ses vigoureux articles de l'Assemblée nationale, c'était jeter des perles devant. le public. Les tiraillements, les discussions se renouvelaient sans cesse entre Offenbach et le Comité. Un petit incident fit déborder le vase : on avait confié à Offenbach le soin de composer la chanson de Fortunio pour le Chandelier ; le musicien avait écrit des couplets charmants; et voilà que Delaunay refusa de les chanter sous prétexte qu’ils n'étaient pas dans sa voix.
C'en était trop : dépendre des sociétaires, attendre leur bon plaisir, subir leurs avanies, tout cela pour . le prix de six mille francs par an, C'était se condamner au silence, alors que sa tête bouillonnait de mélodies qu'il avait à faire connaître au public.
Mais ses fonctions au Théâtre-Français, si elles n'avaient pas été aussi favorables à sa production
qu'il était en droit de l’espérer, lui avaient créé des relations et ouvert des portes qui lui furent utiles dans sa carrière.
Il continuait à chercher un théâtre, car il avait composé cette Duchesse d'Albe dont il a déjà été question‘ qu'il ne pouvait caser nulle part. Il résolut de se faire directeur pour pouvoir se jouer lui-même. En attendant, il multipliait l’occasion de faire connaître ses œuvres dramatiques; et il était obligé