‹ Ogôoué et ComoChapitre 10 sur 12 · Prato, 1879, p. 217 et s · texte numérisé non relu

Prato, 1879, p. 217 et s

TAbaï ne provient que d'un seul lac, le lac Tsana, et, au sortir de ce lac, il se dirige vers le sud-est.

Au reste, la carte de Vempire du Prêtre-Jean, publiée par Ortelius dans son Theatrum Orbis terrarum (Anvers, 4570), carte faite d'après les documents rapportés de l'Ethiopie par les voyageurs portugais, nous nnontre le Nil naissant au sud de l'Equateur, à droite dans lo lac Zaflan, à gauche dans un double lac, les lacs Zaire et Zemble. Sur cette carte d'Orlelius, des noms de territoires éthiopiens sont placés dans les environs de ces lacs : tels Xoa (Ghoa), Cafales (Kaffn)...

Ces traditions éthiopiennes sur l'origine trilacustre du Nil, rapportées tant parle missionnaire franciscain de 1470 que par les voyageurs portugais subséquents, confirment les présomptions que, d'après les récits des missionnaires de Notre-Dame d'Afrique, j'ai émises sur les anciens rapports de l'Ethiopie avec l'Ouganda et sur la fondation de ce royaume par des émigrés éthiopiens*.

V. Une autre mission franciscaine devait encore, au xv^ siècle, pénétrer en Ethiopie.

En 1480, le custode de Terre Sainte envoyait en Ethiopie deux Pères, frère François de Sagaro, natif d'Espagne, et frère Jean de Galabre, et un frère lai, frère Baptiste d'Imola; ils accompagnaient un neveu du Negus d'Ethiopie Baëda-Mariam, qui rentrait dans son pays à la suite de son pèlerinage à Jérusalem.

Frère François étant tombé malade au Caire, frère Jean le remplaça comme chef de la mission. Il continua sa route avec le prince éthiopien; le voyage dura onze mois. Leur itinéraire est décrit dans le Trattato de Terra Santa du P. François Suriano, publié en 1890 par la revue franciscaine de Rome la Palestina (V. spécialement le n» de juin 1890, p. 332 et s.).

1. Comptes rendus des séances, 1888, pp. 289 et 437; 1889, p. 251.

Je vais chercher à identifier les divers points de cet itinéraire avec les points géographiques connus de nos jours.

Partant du Caire, la mission franciscaine de 1480 remonte le Nil jusqu'à une ville que la relation nomme Akermad*, et qui doit être dans les environs de Kéneh. Parmi les villes modernes voisines de Kéneh, il n'y a qu'Achmin dont le nom ait quelque faible similitude avec celui d'Akermad.

De là, ils gagnent la Mer Rouge et le port de Koseïr (Kosairo de la relation).

De Koseïr, ils vont par mer à l'île de Seuakim (c'est Souakim).

De Souakim, dit la relation, on serend par meràAkanon, ville du Negus très commerçante et située aune distance de 500 milles. J'identifie Akanon à Arkiko, port alors dépendant du Negus d'Ethiopie, et qui porte aussi le nom de Dohono d'après la carte de M. Arnauld d'Abbadie^, de Dachounoû, d'après celle de l'atlas Kiepert.

La relation parle des îles voisines : Alek, qui est Dahlak, et Dassi, qui est Dessi.

Passant par l'île de Dessi, les missionnaires franciscains gagnent la terre ferme et vont à une ville nommée Mennan, que je ne retrouve pas sur les cartes modernes, et qui était soumise au sultan de Seuaki. J'identifie Seuaki à Houakil.

De Mennan, pendant quinze jours, ils marchent dans la direction d'une autre ville située au pied des montagnes, et habitée par une population mélangée de musulmans et de chrétiens éthiopiens. De ce point, quinze jours de marche à travers le désert les conduisent à une ville frontière des États du Negus, appelée Maria.

Près d'Antalo, il y a actuellement une localité appelée Beit-Mariam (la maison de Marie), c'est peut-être le Maria

1. Pour éviter les confusions de prononciation dans la lecture des noms de l'itinéraire, je remplacerai le ch de l'orthographe italienne par le k.

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