‹ OiseauxChapitre 3 sur 31 · LOYER · texte numérisé non relu

LOYER

Philippe ; latitude sud 64° 72’; longitude 174° 6”).

Aptenodytes longicaudata Peale, U. S. Expl. Exped. Birds, p. 261 (1848, latitude sud 64° 40’; longitude est 103° 4”).

Eudyptes Adeliæ Sharpe, Voy. « Erebus» and « Terror », App., p.38, PI. XX VIII (1875); Borchgrevink, First on Antarctic Cont., p. 198-217 (photog.), p. 257 (photog., Possession Island), p. 286 (Ice Carrier, Robertson Bay).

Spheniscus Adelix Schlegel, Mus. Pays-Bas, Urinat., p. 4 (1877, Terres Adélie et Victoria).

Dasyrhamphus Adeliæ Donald, Proc. Roy. Soc., Edinb., XX, p. 170 (1894, latitude sud 61°14"; longitude ouest 52° 27’, Danger Islands).

Pygoscelis Adeliæ Coues, Proc. Ac. Philad. (1872), p. 196; Sclater, Zbis (1894), p. 499; Ogilvie Grant, Cat. B. Brit. Mus., vol. XXVI, p. 632 (1898); Forbes, Bull. Liverp. Mus., I, p. 49 (1899) ; Racovitza, Vie des Animaux, etc., p. 23-27 (1900, avec photog.); Bernacchi, South Polar Regions, p. 44, 58, 190, 192, 314 (1901); Howard Saunders, Antaretic Manual, p.235 (1901); Sclater, Rep. « South.Cross » (1902), p. 118 ; Andersson, loc. cit. (1905), p. 21; Clarke, Zbis (1906), p. 157.

N°21 G. Tué à coups de bâton le 22 octobre, à l’ile Booth-Wandel ; iris brun, couleur feuille morte ; bec brun ; patte blanc bleuâtre.

N°23 C'. Adulte pris à la main et tué au chloroforme le 25 octobre 1904.

N°24. Jeune capturé le 26 octobre à l'ile Booth-Wandel et tué au chloroforme. Estomac rempli d'Euphausides.

N° 295 jf. Adulte tué au chloroforme le 26 octobre 1904.

N° 27,28, G', ©. Pris à la main et tués au chloroforme le 27 octobre à l'ile Booth-Wandel. Le poids du mâle était 5 650 grammes; sa longueur 75 centimètres ; iris brun; ailes ayant 15 centimètres. La femelle de ce couple était plus petite que le mâle, iris brun-châtaigne ; longueur 67 centimètres.

N°29 ©. Prise à la main et tuée au chloroforme le 28 octobre 1904.

N°57 Gf. Pris à la main le 12 novembre sur Rocher magnétique. Iris brun.

N° 60, 61, G', ©. Couple pris à la main à la banquise de l'ile aux Chiens, le 14 novembre.

N°75 jf. Forme à menton blanc, pris à la main sur le rivage de l'ile Convention le 21 novembre ; iris brun-chocolat; bec noir, sauf la mandi-

bule inférieure, la partie médiane et les bords de la mandibule supé-

Expédition Charcot. — A. MENEGAUx. — Oiseaux. 2

rieure; cou et menton tout blancs, sauf une zone brun grisätre de { centimètre de largeur et en are, qui s'étend le long des deux branches de la mâchoire inférieure.

Dos couvert de plumes fines à extrémité bleuätre. Cette région montre un coin formé de plumes noirâtres sous le bord antérieur de chaque aileron ; tarses noirs en arrière, blanc légèrement rosé en avant.

Longueur totale 63 centimètres.

Cet individu est un jeune de Pyg. Adeliæ. W présente sous le cou un collier à teinte légèrement brun jaunâtre à reflets dorés et correspondant à peu près au niveau de la face postérieure du crâne.

N°97 ©. Prise à la main, puis tuée au chloroforme, leS décembre 1906; iris marron ; pattes rose-chair ; larses noirs en arrière.

N°98 ©. Capturée à la main le 10 novembre dans le canal Louis XVI.

N°99 GG. Capturé sur la banquise le 9 décembre.

N° 109 G'. Capturé le 27 décembre, sur l’ilot, à l'entrée de la baie Wiencke, où il se trouvait avec deux autres de même espèce.

N° 110 ç. Compagnon du précédent, capturé le même jour; iris gris brun tirant sur le jaunâtre.

N° 131. Jeune Poussin sans renseignement.

Six œufs dont un de deuxième ponte.

Le Manchot Adélie, au bec noir, plus lourd, plus massif, plus humain d'aspect, forme des troupes colossales dans l'Antarctique, oùil est le plus commun de tous les Manchots. Il paraît se rencontrer tout autour du pôle, car ses rookeries ont été trouvées dans la Terre Adélie, la Terre Victoria, la Terre de Graham. Bruce en a vu à l’île Laurie, l'une des Orcades du Sud, et Clarke y estime leur nombre à 5 000 000. Il est probable que c’est le point le plus septentrional où ils viennent nicher pendant l'été. Vanhôüffen en a observé à la station Gauss; mais les individus, d’ailleurs peu nombreux, ne nichaient pas dans le voisinage.

Andersson, qui visita dans les Shetland, les îles Nelson, Livingstone, Déception, n'y trouva aucune rookery d’Adélie, et il en conclut que ce Manchot n'existe nulle part dans le détroit de Gerlache, puisque Racovitza

OISEAUX. 19 ne paraît pas l’y avoir vu nichant. Charcot a fait la remarque que plus on descend vers le sud, plus les Adélies deviennent nombreux par rapportaux Papous, dont le nombre, au contraire, va diminuant progressivement.

Le21 février 1904, à l’arrivée du «Français » à l’île Booth-Wandel, l'Expédilion trouva une colonie de quelques centaines d'individus installés sur des rochers près du rivage et contiguë à celle des Manchots Papous.

Un an plus tard, le 10 février 1905, au début du voyage de retour, l'Expédition put observer, au sud de l’île Anvers, une colonie de 300 à 400 Manchots Adélie, dont les jeunes étaient déjà gros et achevaient de prendre le plumage de l'adulte. Quelques autres colonies ont été observées dans des îlots au sud de l’ile Booth-Wandel; mais jamais leur nombre ne fut aussi prodigieusement grand que dans l’île Laurie.

Par conséquent, si la limite bien tranchée entre les aires de dispersion de P. antarctica et de P. Adeliæ paraît être vraie au nord du détroit de Gerlache, elle n’est plus exacte au sud, où les deux espèces se rencontrent à l’ouest de la Terre de Graham. Mais P. antarclica n'a pas fondé de colonie sur l’île Booth-Wandel. Il est logique de supposer que ?P. Adeliæ aime plus le froid que ?. antarctica, etil ne niche sur la côte ouest de la Terre de Graham que là où les conditions climatériques sont compavables par leur rigueur à celles de la côte orientale explorée par l'Expédition Nordenskjôld.

Pendant dix mois d’hivernage à l’île Booth-Wandel, le D'Turquet à pu observer les mœurs des Manchots Adélie.

Leur rookery occupait, sans doute par droit de conquête, l'emplacement le plus confortable à la surface des rochers, et, bien que, au pourtour de la rookery, des groupes d'individus des deux espèces fussent mélangés, le plus parfait accord régnait entre les deux républiques ; jamais on ne vit de querelle surgir entre eux pour la possession d’un creux de rocher.

D'après le D'Turquet, les Adélie ont le bec brun, Piris d’un gris plus clair que l’autre espèce. Les pattes sont d’un blanc rose pâle, et leur cou paraît plus court que celui des Papous.

À l’état de repos, leur attitude est la même que celle des autres espèces, ainsi que pendant la marche.Clarke dit que, lorsqu'ils marchent, ils effectuent un balancement comique du corps, en sorte qu'il les compare à un

«old salt », e’est-à-dire à un vieux loup de mer quand il aborde après un long voyage (fig. 19).

Ils sont plus souples, plus agiles, plus nobles dans leur allure et plus braves que les Papous, car ils tiennent tête à l’homme s’il fait le geste de les menacer. Et pourtant ils craignaient les chiens, car, au début, ils venaient se réfugier près des hommes, quand les chiens étaient lâchés, et s’en plaindre avec des airs indignés. Ils sont aussi plus querelleurs. Si on les attaque, ils se sauvent, mais parfois ils se retournent tout à coup etse précipitent sur les assaillants, qu'ils essayent de mordre aux jambes. Clarke dit même qu'il est nécessaire de chausser de longues bottes pour aller visiter leurs rookeries. Lorsqu'ils sont furieux, ils hérissent leurs ailes et les plumes de l’occiput et du cou, rejettent la tête en arrière et ouvrent un large bec. Turquet a remarqué qu'ils n’attaquent jamais les Papous, mais il y a souvent des combats entre eux près des nids.

D'après Clarke, quand les Papous arrivent près de leurs rookeries, ils viennent à leur rencontre en criant aussi fort que possible; puis ils s’arrêtent après cette démonstration bruyante ; ils leur tournent le dos et s’en vont. Ce procédé réussit parfois à arrêter les Papous, qui sont plus timides.

Comme les Papous à l'ile Booth-Wandel, ils ont quitté leurs rochers à partir de la fin du mois de mai, pour émigrer au loin, là où la mer reste dégagée de glace, même pendant l'hiver. Leur retour et leur réinstallation sur les rochers de l’île a eu lieu du 15 octobre au 1°” novembre. Clarke signale ce fait le 7 octobre en 1903 et le 8 octobre en 1904, aux Orcades. Is étaient alors tous gros et tous gras. Leur place favorite était un plateau caillouteux, à 150 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Quand la saison avance, les rookeries, comme celles des Papous, deviennent des amas d’immondices, de boue, de guano, et les Oiseaux eux-mêmes deviennent repoussants de saleté.

Leur nourriture consiste surtout en Crustacés, et principalement en Euphausies, qui se tiennent en quantités considérables à la surface des ‘aux, près des glaces. Ils mangent aussi avec avidité diverses Annélides pélagiques, qu'ils trouvent dans les mêmes conditions.

Pour gagner leur lieu de pêche, ils préfèrent faire un long détour à

pied, malgré la fatigue, plutôt que d'entrer dans la mer, car c'est évidem-

OISEAUX. 21 ment là qu'ils ont le plus d'ennemis à craindre. D'ailleurs jamais un Manchot, même effrayé, ne se jettera à l'eau pour échapper à ses ennemis.

Andersson rapporte, à propos de ces Oiseaux, un fait de psychologie intéressant. Quand, au début, lui et ses compagnons commencèrent l’'hécatombe des Manchots Adélie, ils ne montraient d’abord aucune peur, et même ils se plaçaient sur la défensive et se servaient de leurs ailes et de leur bec. Il était alors facile de les tuer avec un bâton ou avec une hache. Mais, peu à peu, les Manchots apprirent à leurs dépens combien les hommes étaient dangereux, et ils se mirent à fuir dès qu'ils apercevaient un homme dans le lointain. Ils se couchaient sur le ventre et travaillaient si bien avec les pieds et les ailerons qu’ils progressaient sur la glace ou la neige avec assez de rapidité pour qu’on ne puisse pas les atteindre. Sur la neige en pente, ils glissaient avec la plus grande vitesse en se servant de leurs pieds comme gouvernail.

Au moment du retour, quand ils abordent à terre, l’appariement n’est point encore fait (fig. b). Les mâles s'emparent alors tout de suite des anciens nids et les réparent, ou s’en construisent de nouveaux, disposés sans ordre, sur des roches dégarnies de neige, dont la forme est favorable à la construction (d'après Andersson). Alors le mâle, satisfait de son travail, s’assied sur le rocher et attend qu’une femelle passe dans le voisinage pour s’en emparer. Mais, si l’accouplement se fait avant la fin de la construction du nid, la femelle y travaille aussi. Andersson n’a observé qu’un seul cas semblable.

Les nids sont formés de petits tas de pierres, creusés au centre el bordés avec des os de congénères morts ou avec des plumes de la queue. Souvent ils doivent aller à plusieurs kilomètres jusqu’au rivage pour chercherleurs pierres ; ils les rapportent dans leur bec, en donnant la préférence aux pierres aplaties et rejetant au loin les pierres arrondies. Ils les déposent avec gravité sur le nid en construction, en ouvrant un large bee et restant ensuite quelque temps immobiles comme s'ils venaient de lâcher un poids énorme (fig. 15, 28). Pendant cette période règne l’égoisme le plus féroce.

Dès qu’ils commencent à bâtir, ils deviennent des voleurs incroyables,

et même quand les jeunes sont éclos. Souvent des querelles très violentes

éclatent entre eux à propos du vol de quelques petites pierres par les propriétaires d’un nid voisin. Malheur au voleur, s’il se laisse surprendre, car il est pourchassé à grands coups de bec et houspillé de belle facon, sans grand dol d’ailleurs (fig. 27).

D'après Turquet, à l’île Booth-Wandel, la ponte commença Île 3 novembre. Clarke dit que le premier œuf fut trouvé le 29 octobre 1903 aux Orcades. Les œufs sont au nombre de deux dans chaque nid, quelquefois de trois. Ils ont une forme allongée, une coquille finement grenue et un aspect vert bleuâtre qui les distinguent de ceux du Papou. M. Turquet pense que le jaune n’a pas la couleur rougeâtre que l’on observe dans l’autre espèce.

Dimensions : 712<56,4 072,45<56,8: 72,5 <51,25 69, 25260,2% 73,4% 54,9: 60,4 49,6. Ce dernier, de dimension beaucoup plus faible, appartient à une deuxième ponte provoquée par l'enlèvement des premiers œufs.

Pendant qu'un Oiseau, Papou ou Adélie, couve, l’autre se lient droit à côté de lui(fig. 6, 7, 26). L'incubation dure de trente et un à trente-cinq jours aux Orcades. Les adultes sont beaucoup plus maigres à la fin de la saison de reproduction: ils ont vécu en partie sur leurs réserves de graisse.

L'Expédition Charcot n’a pu observer les Poussins d'Adélie.

Les deux échantillons rapportés sous les numéros 75 et 131 sont des jeunes qui ont encore la gorge blanche et qui ont déjà presque les dimensions de l'adulte.

Le deuxième paraît le plus âgé, car il a perdu tout son duvet; ilest tout blanc en dessous ; seul le menton noircit, et la tache noire qui marque chez l'adulte le bout et le côté interne de l'aile n'apparaît pas encore, mais le bord en est déjà blanc.

Dimensions : Longueur totale, 67 centimètres ; aile depuis l'insertion à l’épaule, 17 centimètres ; queue, 12 centimètres.

Le deuxième est plus intéressant en ce qu'il nous montre quelles sont les régions qui conservent leur duvet en dernier lieu. Ses dimensions sont un peu supérieures à celles du précédent, et pourtant sa mue est moins avancée ; longueur totale, 69 centimètres ; aile depuis l'épaule,

18 centimètres ; culmen, 27,5; queue, 9 centimètres. Le duvet brunâtre

existe encore en partie sur le vertex et le haut de l’occiput, sur le milieu et le bas du dos ainsi que sur le bord postérieur des ailerons, à l’aisselle et sur la face inférieure, près de l'insertion. Le bord interne de l'aile est déjà blanc.

Cette forme, déerite jadis par Finsch sous le nom de Dasyramphus Herculis (À), n’est pas une variété. Comme Donald (2) la montré, c’est la forme jeune, en deuxième mue, de ?. Adeliæ. C’est ce que Borchgrevink, à la Terre Victoria, et Andersson, aux Orcades, ont aussi pu apercevoir. Jamais les adultes reproducteurs ne présentent cette particularité. On peut done en conclure que ces Manchots n’atteignent pas leur maturité

sexuelle avant l’âge de deux ans.

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