‹ OiseauxChapitre 5 sur 31 · Aptenodytes Forsteri G.R. Gray · texte numérisé non relu

Aptenodytes Forsteri G.R. Gray

Aptenodytes Forsteri G. R. Gray, Ann. Mag. Nat. Hist., NU, p. 315 (1844, latitude sud G4 à 77°).

Malgré les plus actives recherches, FExpédition du « Français » n'a pu observer le Pingouin Empereur, même au cours de deux voyages effectués l'un du 25 février au 5 mars 190%, jusqu'au voisinage du Cercle polaire, et l'autre du 5 au 30 janvier 1905, qui a conduit les explorateurs jusque vers le 69° de lalilude sud, en vue de la Terre Alexandre.

PHALACROCORACIDES.

o. Phalacrocorax atriceps King, 1828.

Phal. atriceps King, Zoo!. Journ., IV, p. 102 (1828, Straits of Magellan). — imperialis King, P. Z.S. (1851), p. 30.

— carunculalus Gould, Zoo!. Voy. Beagle, WA, Birds, p. 145 (1841, Port St-Julian). — cirrhatus G.-R. Gray, List. of Birds, L WE, p. 186 (1844). Graculus carunculatus Schlegel, Mus. Pays-Bas, L. VI, Pelec., p. 20 (1863). Phalacrocorax atriceps Andersson, loc. cit. (1905), p. 38; Clarke, Zbis (1906), p. 184.

N°65 ©. Prise sur le nid le 15 novembre ; iris brun; pas de tache blanche ; un œuf trouvé près de lorifice de l'oviducte, dans le cloaque, entouré seulement par la membrane coquillière, déformé, ovale conique, allongé.

N°66 GG Pris sur le nid avec la femelle précédente, 15 novembre. La crèle, comme chez l'individu précédent, est formée de trois à quatre plumes à teinte d’un bleu ardoisé soyeux. Les plumes du dos des deux échantillons présentent la même teinte.

N°76 G. Pris à la main pendant qu'il pillait le nid d'un couple voisin absent, 22 novembre; iris brun; erète formée d'une dizaine de plumes de longueur inégale et d’un vert foncé chatoyant très sombre; caroncules jaunes un peu rougeûtres.

N°77 Çÿ. Avec crèle, pris à la main sur son nid, 22? novembre; iris brun.

N°78 ©. Prise sur son nid, 22 novembre; iris brun.

N°86 G'. Avec testicule presque totalement atrophié. Tué avec un

OISEAUX. 97 bâton dans la rookery des Cormorans, le 26 novembre; iris brun clair, très adulte. Il ne présente pas la coloration violette des plumes de la zone médiane de la tête, du cou, du dos et de la queue, pas plus que la coloration vert foncé des plumes des épaules ; la crête est visible, mais peu développée, demême queles caroncules, quisontrudimentaires. Lestarses sont d’un blanc rosé en avant et noirâtres en arrière. L’estomac était rempli de débris de Poissons plus ou moins digérés. Il ne paraissait pas faire partie d’un couple.

M. Turquet dit qu'un autre individu de même aspect a échappé à leur poursuite, etiladmet que les quelques autres Oiseaux qu’ils ont remarqués et qui présentent cet aspect brun sale de toute la région du dos (de la tête à la queue) et des plumes des ailes sont très probablement de vieux adultes qui ne s’accouplent plus.

N° 112 ©. Capturée à la main dans la rookery des Cormorans, sur le rivage sud-ouest de la baie de l’île Wiencke, 28 décembre. Elle se trouvait isolée et ne paraît pas avoir construit de nid; l'ovaire ne présentait pas de signe de ponte récente. Elle forme un deuxième échantillon du type Cormoran dégénéré ou très adulte.

La crête est formée de trois ou quatre plumes brunes à peine distinctes. Les plumes du dos sont de couleur marron, d'aspect soyeux, avec quelques plumes violettes; la queue est marron; le bee est brun avec couleur cornée grise à l'extrémité; les pattes sont blanc rosé en avant, brunâtres en arrière. Les paupières ont une couleur bleu très pâle et très peu marquée.

L'estomac contenait des restes de Poissons, d’un Isopode et de bras de Poulpes.

N° 113. Jeune Poussin, pris dans un nid le 29 décembre, dans la rookery des Cormorans ; son plumage n’est formé que de duvet noir, avec quelques touffes blanchâtres à l'abdomen. Les pattes sont brunes. Le bec est noir avee membrane lisse, rose-chair à la base de la mandibule inférieure. L'estomac, avec des débris de Poissons, renfermait de nombreux grains de gravier.

N° 792. 2 janvier, un individu, Poussin, dans Paleool.

N° 717. Embryons de Cormorans à divers stades d'incubalion.

N°73. Deux œufs avec embryons et un jeune nouvellement éclos dans

l'alcool.

Un jeune plus âgé.

pa

Deux œufs dont un très allongé.

On sait depuis longtemps que les Phalacrocorar nichent dans les glaces de l'Antarctique, car Ross à trouvé un nid de Cormorans sur la Terre Louis-Philippe, etil en vit d'innombrables spécimens sur l'ile Cockburn, le 6 juin 1844. Mais l'identité spécifique en était restée douteuse jusqu'au retour de l'Expédition écossaise de 1903 dans les Orcades du Sud.

Ces Cormorans sont de fort jolis animaux, avec leur caroncule bleue et rouge à la base de leur bec jaune, avec leurs ailes bordées de blanc et les taches de même couleur qui tranchent sur le noir jais de leurs plumes.

P. atriceps {pique se reconnait facilement à la couleur blanche qui s'étend longuement sur les côtés de la tête et entoure l'oreille, à ses paupières épaisses et de couleur bleue, et à la tache blanche qu'il porte sur le milieu du dos (fig. 34

D'après Turquet, le mâle se distingue par un bee plus fort, des couleurs semblables à celles de la femelle, mais plus brillantes, une crête un peu plus longue et plus fournie. Son cri est plus bruyant, tandis que celui de la femelle n’est qu'une sorte de souffle, de sifflement. La femelle a une taille plus faible que celle du mâle.

Jamais ces animaux ne se montrent loin de la terre, et leur présence est un indice certain que la terre n’est pas loin. Leur habitat est assez limité et se confond avec celui de Pygoscelis antarctica. On le trouve dans les iles du détroit de Magellan et sur la côte ouest jusqu'au Chili, dans les Orcades (Bruce), les Shetland du Sud, aux alentours de la Terre de Graham el dans l’île Booth-Wandel.

Lünnberg regarde le Cormoran de la Géorgie du Sud comme une forme spéciale qu'il a appelée 24. at. Geurgiæ et qu'il distingue du vrai atriceps de l'Antarctique.

D'après Clarke, les Cormorans aux veux bleus, comme les appellent

les explorateurs, se voient toute l’année dans l'archipel des Orcades.

OISEAUX. 29 Ils sont nombreux en été, mais ils évitent les grandes îles et cherchent des places pour nicher dans les petites îles ou les rochers, sur la côte des îles Laurie et [Saddle, où on a vu au moins 2500 paires, qui couvaient, distribuées en rookeries contenant parfois 200 nids. L'hiver, 1ls y sont moins nombreux, mais on les vit pourtant tous les jours.

C'est ce qu'a constaté le D'° Turquet, à l'île Booth-Wandel; seulement, pendant l'hiver, ils s'étaient abrités contre les vents froids du sud. Même pendant les journées les plus froides, on les voyait partir le matin au loin vers la mer libre, et ils rentraient le soir vers trois ou qualre heures en bataillons serrés.

Andersson fait remarquer qu'il ne les a pas vus au plus fort de Phiver, en juin et au commencement de juillet.

Ce sont des animaux très sociables, qu'on voit rarement isolés. Une troupe de ces Oiseaux a été observée à labaie des Flandres, surdes rochers, du 7 au 19 février 1904. Une colonie comprenant environ 200 individus a été rencontrée à l'ile Wieneke, près de Port-Lockroy, dans un emplacement contigu à celui des Papous, le 20 février 190%. En février 1905, Expédition l’a retrouvée avec des jeunes couverts de duvet et déjà assez développés.

Une deuxième colonie, ayant construit une vingtaine de nids, s'était établie sur les rochers de l’île Anvers, au bord du eanal de Neumayr. Une autre vivait plus au sud, près de l’île Berthelot.

Enfin une grande colonie, composée d’un millier d'individus, était installée dans une masse de rochers désagrégés à l’île Booth-Wandel, au bord de la mer. D'humeur pacifique, ces Oiseaux entretenaient les meilleures relations d'intimité et de concorde avec une rookery de Manchots Papous et Adélie (fig. 30).

Généralement, les colonies sont moins nombreuses que cette dernière. Elles choisissent pour s'établir, de préférence, des pentes sur le versant nord, où la neige fond de bonne heure, ou bien de petites iles rocheuses, où la neige ne peut s'accumuler.

L'attitude des Cormorans à l’état de repos est comparable à celle des Manchots, car leur corps est légèrement ineliné en avant (fig. 32).

Souvent on en voit plusieurs centaines se poser sur la mer en rangs

serrés, comme s'ils venaient d’apercevoir un banc de Poissons.

Ils sont encore plus voleurs que les Manchots, surtout quand il s’agit de matériaux de construction pour les nids. Ün jour, le D'Turquet débarquait avec le matelot Rolland sur un petit massif de rochers, où des Gotlands dominicains avaient établi leurs nids. À Papproche des deux intrus, les Goélands abandonnèrent leurs nids et s'envolèrent, Immédiatement, un grand nombre de Cormorans, dont les nids se trouvaient à environ 900 mètres delà, se précipitèrentsur les nidssans défense, et, en quelques secondes, ils les eurent saccagés, démolis, emportant dans leur bee les touffes de mousses et de lichens dont ils élaient construits. On peut se demander la raison de ce vandalisme, puisque le D'Turquet n’a trouvé dans les nids de Cormorans ni mousses ni lichens. Était-ce pour assouvir une vengeance ?

Au moment de la construction des nids, le D'Turquet a vu souvent des individus isolés, des paresseux probablement, attendre, posés sur un rocher, le passage de leurs congénères chargés d'une touffe d'algues et se précipiter sur eux pour leur dérober une partie de la précieuse plante.

Clarke signale les mêmes vols, mais entre Cormorans ; car, pendant que les Oiseaux timides s'enfuvaient à approche de l'homme, les plus hardis couraient voler les matériaux qui se trouvaient alors abandonnés.

Les Phoques en détruisent un grand nombre. Is les saisissent à la surface de l'eau et se livrent aux exercices les plus variés avee le corps Jusqu'à ce que la mortarrive.

Leur nourriture se compose essentiellement de Poissons, qu'ils attrapent aisément en plongeant. Quand ils reviennent de la pêche, on voit assez fréquemment des Wegalestris se précipiter sur eux pour leur ravir quelques débris de Poissons emportés dans leur bee.

Andersson a vu parfois dans leur estomac des restes de Crustacés, el le D'Ekelhôüf y a trouvé des graviers dont les plus gros pouvaient avoir { centimètre.

La viande des Cormorans a été très appréciée par l'équipage tout entier du « Français » ; seulement son goût est un peu plus fort, et elle fatiguerait plus vite que celle des Manchots.

Le 15 mai, les Cormorans n'avaient pasquittéleurs falaises du défilé de a

OISEAUX. 31 Hache, etils restèrent là tout l'hiver, puisqu'ils y trouvaientde l’eau libre où ils pouvaient chercher leur nourriture. Le D° Charcot à remarqué qu'entre troiset trois heures un quart, très régulièrement, tous les jours, ils revenaient à leurs falaises, isolés ou disposés en triangle, se tenant à peine à quelques mètres au-dessus du sol, avec le cou bien allongé, et faisant entendre dans leur vol lourd un bruit métallique rythmique (fig. 35). Quand ils prenaient terre, on les voyait décrire une courbe, étendre leurs paltes, ramasser leur cou et battre des ailes sur place. Une fois posés, ils se lissatentles plumes avec un air de grande satisfaction.

Ces aimables bêtes, si peu farouches, sont unies en excellents ménages passant leur temps à s'embrasser, à se faire des amabilités dans des poses gracieuses. Souvent elles se tiennent par l’extrémité du bec et, décrivant de jolies courbes avec leur cou, elles balancent lentement leur tête de droite à gauche.

Au commencementde septembre, les Cormorans deviennent plus sédentaires; ils s’apparientsansla moindre querelle etcommencentversle 15 septembre la construction ou la réfection des nids. Ils sontsi affairés à ce moment-là que les visites les laissent indifférents. Jusqu'au 15 novembre et mème au {" décembre, les membres de l'expédition les virent apporter des matériaux avec la plus grande activité le malin et l'après-midi.

Tandis que l’un des individus reste sur le nid, afin d'éviter le pillage des matériaux par les congénères, Pautre s'éloigne jusqu'à 1 ou ? kilomètres. Là, à marée basse, il plonge et reparait au bout de quelques secondes, tenant dans son bec une longue toulfe d'algues rouges ou brunes, qu'il emporte aussitôt dans son bec vers son nid. Deux espèces sont surtout employées : une rouge, Plücamium coccineum, et une brune, Desmaretia aculeata (Gg. 31). Les filaments d’Algues sont déposés en bordure autour du nid et agglutinés avec de la boue marine ou des excréments, de façon à constituer des édifices hauts et profonds. Le D'Turquet a aussi trouvé sur les nids des colonies d’Antipathaires. A trois heures et demie, le travail s’arrèle, et les deux époux se font mutuellement des grâces autour du nid en se reposant.

Bruce, sur la côte nord des îles Laurie, a trouvé les premiers nids

le 8 novembre; ils étaient composés de mousses, de lichens et deplumes ;

les mousses et les lichens avaient été arrachés aux rocs voisins.

Certains nids placés sur les rochers élaient utilisés depuis plusieurs années ; d’autres étaient mème directement sur la glace. Andersson a vu que les vieux nids sont réparés chaque année et qu'ils sont constitués par du guano mélangé à de l'argile, des graviers et des os d'oiseaux. A lintérieur, ils sont tapissés d'algues et de olonies flexibles de Bryozoaires. Ils sont souvent espacés de 0",50, et leur bord antérieur est le plus élevé.

Les œufs ont été trouvés dans les nids le [” novembre. Les femelles pondent de trois àcinq œufs à coquille grenue d’un blanc légèrement teinté de vert bleuâtre très clair etde la grosseur à peu près d'un œuf de poule. D'après Andersson, ce nombre n’est normalement que de deux. Leur longueur peut varier de 51 millimètres à 64; leur petit diamètre est de 14 millimètres et leur poids 61 grammes.

Ceux rapportés par l'Expédition du « Français » mesuraient 63 X 42; 61,5 X 39,1; 65,7 X 43,2; 66,7 X 36,t. Ce dernier œuf très allongé appartient évidemment à une fin de 7. Le 6 novembre, on récolta 5 œufs de Cormorans ; le 7, 7; le 8, 12 et le 9, 31 seulement. Le 12 novembre, la récolte a été de 261 œufs ; un seul nid renfermait trois œufs de même grandeur, un autre deux œufs de même taille et un plus petit; beaucoup renfermaient soit deux, soit un œuf. En tout 321. Le 15 novembre après-midi, on put récolter 422 œufs qui élaient par 2 ou isolés dans les nids.

La première omelette d'œufs de Cormorans a donc été mangée vers le 9 novembre. Tout l'équipage l’a trouvée fort bonne, malgré sa coloration un peu trop rouge. Le blane ne se coagule pas complètement à la chaleur et prend alors, avec une teinte verdàtre, une consistance gélatineuse. Le goût de ces œufs n’est pourtant pas comparable à ceux de cane ou de poule.

Les Cormorans couvent très gracieusement leurs œufs en étendant leurs ailes de chaque côté du nid et formant sur celui-ci comme un cimier de casque de Walkyrie (fig. 35).

Les difficultés d'élevage sont beaucoup moins grandes que pour les Manchots, car, grâce à leur vol, ils peuvent Hanche rapidement les

distances souvent considérables qui les séparent de l’eau libre, où ils

OISEAUX. 33 trouvent la nourriture qu'ils rapporteront à leurs petits. Ceux-ei la prennent en enfonçant la tête tout entière dans Île gosier de leurs parents (fig. 40).

Il est probable que le mâle et la femelle couvent alternativement. Les Oiseaux couvant sonttrès confiants; ils permettent, d’après Clarke, qu'on les caresse sur leur nid. Ils ne défendent pas leurs petits. Si on approche, ils allongent le cou et se retirent sans résistance (fig. 33, 36, 41).

A leur naissance, les jeunes sont entièrement nus. Le corps est recouvert par une peau noire très plissée, avec le devant du cou et le ventre moins foncés. Les pattes et la membrane interdigitale sont blanches, mais les ongles sont noirs à pointe blanche. Le tarse est gris, le menton blane, de mème que les bords de lacommissure des mandibules, la paupière supérieure et une tache au-dessous.

La mandibule supérieure est noire avec tache blanche à lendroit, où la pointe se courbe vers le bas ; la pointe externe est blanche; la mandibule inférieure est tout entière blanche à pointe noire.

Les caroneules, bien séparées au milieu, apparaissent très nettement surles côtés, sousla formede fines granulations blanchätres, pas surélevées au-dessus de lépiderme.

Un deuxième jeune Cormoran, sans autres renseignements que la date (juin 1905), mesure 46 centimètres de longueur totale. Il est couvert de filoplumes d'un noir foncé, se résolvant en duvet d’un brun grisätre.

Le bas-ventre et les côtés présentent déjà d'assez nombreuses filoplumes blanches : elles sont plus petites et plus rares sur le vertex; quelques-unes sont disséminées sur le jugulum et la main. La tache dorsale blanche n’est pas encore indiquée.

L’angle mentonnier est jaunâtre ainsi que les bords de la commissure et une tache au-dessous de l'œil. La paupière est noire, de même que la mandibule supérieure; l’inférieure est jaunâtre, sauf la pointe. Les caroneules noirâtres sont moins visibles que dans le spécimen précédent.

On voit apparaitre les douze rectrices sous la forme de douze faisceaux de rayons blancs qui continuent le tuyau de la plume. Les pattes sont grisàtres avec la membrane palmaire un peu plus claire.

Les caractères de l'adulte se dessinent peu à peu jusqu’en février, où

Expédition Charcot. — A. MENEGAUx. — Oiseaux. bn]

les plumes du dessus du corps sont formées d’un mélange de plumes brunes et à éclat métallique. Un spécimen montrait déjà la tache dorsale blanche.

Les jeunes ne paraissent aller à la mer qu'assez tardivement, afin de chercher leur nourriture, vers les premiers jours de mars seulement, car le 5 mars, à l’époque où l'Expédition a commencé à prendre ses quartiers d'hiver à l’île Booth-Wandel, le D°Turquet a vu des jeunes Cormorans qui étaient encore alimentés par leurs parents.

Le 30 décembre, les petits Cormorans sont notablement plus âgés que les Pingouins ; mais, par contre, les petites Mouettes sont à peine écloses. Les parents les conduisent à l’eau comme de petits Poussins, sans les quitter une seconde, Mais, le reste du temps, ils sont abandonnés à euxmêmes el se cachent dans les fentes des rochers, où ils sont difficiles à apercevoir, élant donnée leur couleur.

Clarke a remarqué que les mâles tués en septembre ont la huppe bien développée, de 30 à 40 millimètres, tandis que les mâles de décembre sont ornés d'une huppe plus courte et que beaucoup de février sont dépourvus de cet ornement. Les spécimens de septembre ont un plumage plus brillant que les autres et ont les caroncules plus développées. La tache blanche dorsale varie en grandeur même chez les mâles adultes de la même saison.

Dans la colonie de l'ile Booth-Wandel, le D° Turquet a observé quelques individus qui n'étaient pas accouplés, dont deux ont été tués. Ces Oiseaux (86 Get 112 ©) présentent un plumage dont les couleurs sont moins vives que celles des individus accouplés. In’a pu savoir si ce sont des jeunes chez lesquels les fonctions de reproduction ne sont pas encore assez développées, ou bien des adulles trop âgés et comme tels impropres à la reproduction.

Les différences avec les adultes sont si grandes que je doute que, chez les individus âgés, il se produise des changements de coloration si importants.

Le n° 86 Ga toutes les parties inférieures blanches, comme chez l'adulte. Les caroncules très faibles sont encore séparées par quelques

petites plumes. Le front, le vertex, l'occiput et le derrière du cou sont

brunatres; toutes les pointes des plumes commencent à se teindre en violet; quelques plumes du vertex indiquent le commencement d’une crète. Le manteau prend déjà une teinte verdâtre, et les plumes sont bordées de foncé comme chez l'adulte en plumage de noces. La tache blanche apparaît, ainsi que la couleur violette du bas du dos et du croupion; elle est plus accentuée sur les côtés. Les tectrices alaires sont brunâtres. La bande blanche de lPaile est indiquée, puisque les petites couvertures, qui sont d'un brun très clair, sont bordées de blanc à l'extrémité ainsi que quelques scapulaires. Les grandes couvertures présentent aussi du blanc à la pointe et forment ainsi sur les rémiges une deuxième bande un peu indistincte. Couvertures inférieures et culottes brunes. La queue a la même longueur que chez l'adulte, mais les deux rectrices médianes ont la hampe blanc jaune verdâtre sur toute sa longueur, avec les barbes d’un gris brunâtre. Les autres se rapprochent plus de celles de l'adulte. Toutes les rectrices sont plus pointues et paraissent moins usées que chez les adultes que j'ai examinés.

Le n° 112 © présente les mêmes caractères avec des taches violacées moins nombreuses et une indication de tache blanche dorsale plus faible. Les barbes internes des rectrices sont plus foncées, et les susaudales présentent une bordure blanche à l'extrémité.

Ces individus, dont la taille est celle de l’adulte, paraissent done être des jeunes de l’année précédente, et on pourrait alors conclure de ces faits qu'il faut au Cormoran deux ans pour devenir adulte et être ‘apable de se reproduire.

Clarke (/oc. cit, p. 186) donne la description des jeunes en premier plumage, récoltés en décembre, mais ne parle pas de la taille des individus qu'il a examinés. Sa description coïncide bien avec celle que je viens de faire. Il ajoute que les Oiseaux un peu plus âgés pris en février ont leurs parties supérieures mélangées de brun et de métallique, et un spécimen porte même une faible indication de tache blanche. Les rectrices médianes sont noirätres avec tige blanche. Le reste du

plumage est le mème que sur les plus Jeunes Oiseaux.

LARIDÉS.

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