Larus dominicanus Licht
Larus dominicanus Lichstenstein, Vers. Doubl., p. 82 (1823, côtes du Brésil); Darwin et Gould, Zoo!. « Beagle » Birds, p. 142 (1841, R. Argentine); Gray, Voy. « Erebus and Terror », Birds, p. 18 (1846, Nouvelle-Zélande) ; Gould, P. Z.S., 1859, p. 97 (iles Falkland); Layard, /bis, 1767, p. 459 (ile Crozet); Kidder et Coues, Bull. U. S. Nat. Mus., n° 2, p. 13 (1885, Kerguelen) ; Saunders, P. Z.S., 1882, p. 400 (Chili et Pérou); Pagenstecher, Ber. Nat. Mus. Hamburg, 1884, p. 24 (Géorgie du Sud); Forbes, Zbis, 1893, p. 529 (Chatham); Selater, /bis, 1894, p. 495 et 497 (Amérique antarctique).
Larus fuscus King, Zoo!. Journ., IV, p. 103 (1828-29).
Larus antipodus Gray, List. B. Brit. Mus., Anseres, p. 169 (1844).
Dominicanus vociferus Bruch, J. S. Ornith., 1855, p. 100.
Larus Verreauxi Bonaparte, VNaum., 185%, p. 211.
Larus dominicanus Saunders, Cat. B. Brit. Mus., vol. XXV, p. 245; Hall, Zbës, (1900), p. 10; Andersson, loc. cit. (1905); p. 51; Clarke, /bis (1906), p. 178; Lünnberg, loc. cit. (1906), p. 62.
N°13 ct. Goéland cendré tué au fusil le 27 août 1907 à l'ile Booth- Wandel; longueur 59 centimètres ; iris brun jaunâtre; bec brun avec bande médiane blanche cornée: tarse violacé en avant, blane en arrière (jeune tacheté); couleur gris cendré.
N° 15 © adulte. Goéland dominicain. Tuée au fusil le 27 août 190%, à l'ile Booth-Wandel: iris gris clair: pattes jaune clair.
N°18 © adulte. Tuée le 21 septembre 190% sur la plage; iris gris clair; bee jaune ; pattes jaunes.
N° 19 ©. Tuée le 16 octobre 190% sur la plage de Pile Booth-Wandel; iris gris clair; bec et pattes jaunes; l'estomac renfermait des patelles, coquille et animal, plusieurs ténias dans le tube digestif.
N°0 ©. De grande taille, tuée sur la plage de Pile Booth-Wandel le 19 octobre 190%; iris gris clair; bec jaune; pattes jaunes ; estomac avec patelles, coquille et animal, ectoparasites acariens (?) dans les plumes de la tête; nombreux ténias dans le tube digestif.
N° 20 Gj' adulte. Tué sur la plage de l’île Booth-Wandel, le 19 octobre 190% iris gris clair; bec jaune; pattes jaunes; estomac avec patelles: ténias dans l'intestin; plus gros que les femelles et plumage plus fourni.
N° 47. Tué le 9 novembre 190%, plage de File Booth-Wandel; couleur grise.
N°48 Gj' jeune. Sans renseignements. ;
N°50 Œ. Plumage de couleur grise (sans doute un individu jeune), tué le 5 novembre à l’île Booth-Wandel; iris gris clair; estomac vide.
N°51 ©. Plumage de couleur grise, tuée le 5 novembre 190% à l'ile 300th-Wandel.
N°52 Cf jeune. Plumage de couleur grise; tué le 5 novembre 1904 à l'ile Booth-Wandel.
N°53 cf jeune. Tué le 5 novembre 190% à Pile Booth-Wandel; plumage gris: iris gris clair : dans l'estomac, des patelles et des plumes de Manchots. Plusieurs ténias dans le péritoine.
N°54 adulte. Tué le 10 novembre sur la baie Nord, au pied du mont Rouillé; bec jaune ; dans l'estomac, des patelles à demi digérées.
N°59 Cj presque adulte. Tué le 10 novembre sur la baie Nord, près le
mont Rouillé ; iris gris clair; pas de parasites.
N° 108 G' (carnet de voy. ©) très jeune. Tué le 23 décembre, par M. Turquet, sur le rivage de l’anse du bateau et capturé après une longue course avec le canot major et la baleinière. Iris gris clair, tirant sur le Jaune; pattes blanc jaunâtre ; bec noir ; couleur cornée au sommet, dos gris plutôt blanchätre ; tête plutôt blanche avec plumes noires; queue gris blanchâtre dont les plumes sont noires à leur extrémité.
Deux sans numéros ont des taches blanches sur les couvertures des ailes.
Un œuf.
N° 114 G'jeune. Avec plumage duveteux, capturé sur ilot, à l’entrée du port Pingouin, dans la rookery aux Mouettes, 29 décembre ; le bec est gris avec tendance au jaune à l'extrémité, tandis qu’il est noir sur un échantillon plus âgé, avec couleur cornée grise à la pointe.
La couleur générale est blanc brunâtre, avec touffes de duvet noirâtre sur la nuque et le cou en arrière ; l’estomac renfermait des débris de coquilles de patelles.
N° 115. Mouette grise, tuée par Rey dans la baie nord de l'île Anvers, le 5 janvier; l'iris est brun, le bord des paupières d’un rouge plus marqué. Les grandes tectrices sont brunes à extrémités blanches; tarses et membrane palmaire d’un blanc bleuâtre.
N° 128 G' jeune. Sans renseignements.
20 Novembre : Plusieurs œufs de forme allongée, conique, de couleur brune olivätre avec petites taches rondes ou irrégulières et brunes. Dimensions : 73°°,9 X Do millimètres.
23 Novembre : Quatre œufs, le plus grand pesait 125 grammes et avait 80 millimètres X D1°°,5.
N° 733. Jeune Goéland venant de sortir de l’œuf ; dans l'alcool.
N° 762. Jeune Goéland dominicain plus âgé, 29 décembre 1904, île Wiencke; dans l'alcool.
Le Goéland dominicain, qui est d’un beau blanc pur, avec le dessus des ailes brun, le bec et les pattes jaunes, liris gris clair, a une aire de distribution très vaste s'étendant du 10° degré de latitude sud jusqu’au Cercle polaire. Il ne paraît très abondant nulle part dans les régions antarctiques, mais il est plus fréquent dans les îles subantarctiques.
Expédition Charcot. — A. MENEGAUx. — Oiseaux. 6
Andersson l'a signalé nichant en trois endroits, sur la côte nord-est de la Terre de Graham, sur la côte sud de l’île Trinity et sur l’ile Valdivia.
Charcot parle d’une colonie comprenant deux douzaines d'individus, établie à l’île Booth-Wandel, dans les rochers, près de la mer, ainsi que d’une deuxième de mème importance qui construisit des nids sur l’île Goudier, à Port Lockroy et sur une petite île voisine.
Ces animaux sont très méfiants, car ils ne se rapprochent jamais de l'explorateur en deçà d'une portée de fusil. Leur cri ressemble assez à celui de la Chouettele soir, et, quand ils aperçoivent le chasseur en marche ou embusqué, ils semblent le narguer en faisant entendre des sortes d’exclamations : Ad, hd, hä, ete.
Sôrling dit qu'il ne les a jamais vus en pleine mer, et Hall pense qu'ils n'osent s’y aventurer, car leurs ailes ne sont pas très puissantes. Pendant un orage, ils se posent, les ailes demi-étendues, par milliers, sur le kelp, qui les protège contre la violence de louragan.
Le bec très épais de cette espèce fait supposer que ces animaux se nourrissent de Mollusques. En effet, le D'Turquet a constaté qu'ils vivent de patelles fixées aux galets et qu'ils recueillent à marée basse. C'est leur nourriture favorite. Ils les emportent dans les rochers, et là ils dévorent l'animal, en sorte que les coquilles s'accumulent en si grand nombre là où ils nichent qu'elles forment une couche épaisse entre les blocs de rochers. Ces amas abritent deux ou trois espèces de petits Acariens et la Mouche antarctique (Lelgica antarctica).
Au mois d'avril 190%, à l’îile Booth-Wandel, M. Turquet a vu des Megalestris et de grands Pétrels occupés à dévorer des cadavres de Phoques qui venaient d’être tués. Près d'eux se trouvaient de nombreux Goélands qui regardaient, mais ne touchèrent pas à la viande.
Lünnberg rapporte qu'au contraire les Goélands deviennent des hôtes réguliers des campements quand la pèche de la Baleine a commencé. On les a vus ramasser alors tous les rebuts, même ceux de graisse de Baleine. Quand ils voulaient saisir un objet dans un endroit peu profond, ils faisaient un saut en l'air, et, les ailes demi-déployées, ils s'enfonçaient juste assez pour que la pointe de leurs ailes ne fût plus visible à la surface. Les Damiers sont de meilleurs plongeurs, ils ne dédai-
gnent pas les cadavres, mais préfèrent les déchets des campements.
Au plus fort de l’hivernage, pendant les mois de Juillet et d'août, ils se
sont éloignés deleur habitat; mais, de temps en temps, on voyait quelques
individus passer au vol le long des rivages de l’île Booth-Wandel. Clarke
assure qu'à Saddle et à l’île Laurie des individus furent aperçus tout l'hiver.
Ils sont courageux, car ils font face à l'ennemi sans se laisser effrayer. Ils se tiennent immobiles, en tournant la tête du côté de l'ennemi et en ouvrant un bee menaçant, tout en poussant leur couick avec la plus grande régularité.
Sôrling décrit les nids comme étant faits de chaumes de tussock, de mousses, d'algues et matériaux semblables. Clarke ajoute que, dans les Orcades du Sud, ils sont bien construits, avec des algues, des mousses, des lichens et des plumes, et qu’ils sont entourés d'une grande quantité de patelles. Ils se trouvent dans les dépressions des rochers.
D’après le D'Turquet, la ponte se fait vers le 10 novembre, et chaque nid renferme deux ou trois œufs.
Clarke assure qu'aux Orcades le retour eut lieu à la mi-octobre 1903, que les adultes s’apparièrent le 3 novembre et que les premiers œufs furent pondus le 15 novembre.
En 190%, Mossmann indique le 23 novembre. Sôrling dit qu'en règle générale il y a trois œufs par nid ; c’est aussi l'opinion de Von den Steinen dans la Géorgie du Sud, d’Andersson sur la Terre de Graham, tandis que Hall, à l’île Kerguelen, assure que la plupart des nids ne contenaient que deux œufs. Ce dernier, d’ailleurs, a constaté que tous les nids étaient dans les varechs, juste au-dessus de la haute mer, avec une seule exception : l’un d'eux était dans l’herbe.
Ordinairement les nids sont placés sur des rochers plats, abrités plus ou moins les uns par les autres.
Von den Steinen trouva les nids dans la zone du flux et du reflux sur des rochers couverts d'herbes. Les œufs reposaient sur un simple lit de chaumes un peu pressés. Andersson put constater d'autre part que certains nids, placés simplement sur la neige, étaient construits uniquement avec de la mousse,
Les œufs ressemblent beaucoup à ceux de WMegalestris. Is ont une couleur chamois olivâtre brillant ou brun clair avec des taches arrondies plus ou moins foncées, irrégulièrement distribuées, et qui parfois montrent une tendance à se fusionner au gros bout. Les taches sousjacentes sont cendrées. Ces œufs sont de taille assez forte pour l'animal. Le grand axe varie de 70 à 75 millimètres, le petit de 50 à 55 millimètres.
L'échantillon rapporté par l'expédition mesurait 73°*,4 x 50°°,9.
Le D'Turquet a enlevé les œufs dans cinq ou six nids. Les couples ont construit d’autres nids toujours dans les rochers, non loin des premiers, mais plus près de la mer. Un jour, débarquant près de l’endroit où se trouvaient ces derniers nids, le D'Turquet provoqua la fuite des Goélands qui abritaient leurs œufs. Mais immédiatement des Cormorans établis à 500 mètres de là vinrent tout saccager et emporter tous les matériaux, bien qu'ils n’emploient pas les mêmes pour la construction de leurs nids.
Le jeune Goéland dominicain près de sortir de l'œuf a les caractères suivants :
La base du bec est noire, mais le bout est blanchâtre.
Les filoplumes sont allongées, blanches sur la moitié de leur longueur et presque entièrement blanches sur le ventre. Sur le dos, elles sont bien séparées en deux par une bande médiane nue; l'aile n’en porte que sur les bords.
Les pattes sont nues jusqu'au milieu de la jambe, et les tarses sont bien marqués d’anneaux et de squames dépassant le talon. Les paupières sont à peines ouvertes.
Lesjoues sontblanches, le front estnoirätre, maisle ventre est plus blanc. Quand l'enveloppe cornée de la filoplume tombe, la touffe de rayons cornés qui y était contenue s'étale; les barbules apparaissent sur les deux tiers inférieurs, et il se forme les plumules constituant le duvet grisätre du Poussin.
Un deuxième Poussin (n° 762), un peu plus âgé, présente encore exactement les mêmes caractères.
Le premier jeune signalé aux Orcades est du 28 décembre 1903 ; il avait déjà une semaine. De nouveaux œufs pondus le 3 décembre éclorent le 28 décembre. L'incubation dure done vingt-cinq jours.
La période en duvet doit se prolonger longtemps, puisque des jeunes furent encore observés le 30 juin 190.
Les jeunes Goélands vont de bonne heure à la mer, alors qu'ils sont encore recouverts d’un duvet grisâtre.
Au 1” février 1905, ceux qu'a tués l'Expédition étaient un peu moins gros que les adultes, mais ils volaient presque aussi bien qu'eux, et ils étaient couverts d’un plumage grisâtre, même sur la poitrine.
Le passage du duvet au plumage de l’adulte doit se faire en plusieurs saisons, donc par plusieurs phases. L'Expédition a rapporté divers spécimens qui offrent un certain intérêt à ce point de vue.
Le n°51 © a déjà le plumage de l'adulte, sauf que les ailes sont encore brunâtres avec les couvertures bordées de blanc. Les cubitales sont déjà largement blanches au bout, et le bec est jaunâtre.
Le n° 128 Gfest d’un stade moins avancé. Toutes les parties supérieures sont brunâtres par suite de la présence de longues taches de cette couleur le long des hampes. Sur le des, chaque tache s’élargit, et il ne reste plus qu'une simple bordure blanche. Les sus- et les sous-caudales sont blanches avec une tache brune subterminale triangulaire et d’autres petites plus ou moins effacées et irrégulières.
Les rectrices sont blanches à la base, puis portent quatre ou cinq bandes noires étroites, et une dernière, qui occupe à peu près la moitié de la longueur, est bordée de blanc à la pointe.
Le menton est blanc, mais le reste des parties inférieures est moucheté par des petites taches foncées subterminales ; le bas-ventre est déjà blanc.
Le bord alaire est d’un blanc tacheté; les cubitales et toutes les couvertures sont bordées de jaunâtre ; les sous-alaires sont mouchetées. Les rémiges primaires sont noires ; les secondaires sont légèrement bordées de blanc avec les barbes internes pâles sur une largeur variable: le bec est noir, et les pattes sont encore un peu plus foncées que chez l'adulte.
Il est probable que c’est un deuxième plumage, car la taille du spécimen est celle d’un adulte.