‹ OiseauxChapitre 8 sur 31 · Megalestris antarctica (Less · texte numérisé non relu

Megalestris antarctica (Less

Lestris antarcticus Lesson, Ornith., p. 616 (1831, Falkland, Nouvelle-Zélande); Gray in Dielfenb., 7rav. N. Zeal., 1, App., p. 200 (1843) ; Id., Voy. « Erebus » and « Terror », p. 18 (1846).

Stercorarius antarcticus Gray, His . B. Brit. Mus., Anseres, p. 167 (1844, ile Campbell); Giglioli, Æaun. Vert. Oceano, p. 61 (1870); Sharpe, Phil. Trans., CLXVII (vol. suppl.), p. 109, PI. VIT, fig. 1-2 (1879, Royal Sound and Christmas Harbour, Kerguelen); Mac Cormick, Voy. « Discovery », 1, p. 142 (1844, Campbell); Buller, 2. N. Zeal., 2"%ed., p. 63 (1888).

Megalestris antarctica Saunders, Cat. B. Brit. Mus., XXV, p. 321, PI. I (1896); Hall, 1bis (1906), p. 8; Sharpe, ep. « South. Cross » (1902), p. 172; Andersson, loc. cit. (1905), p. 49.

Catharacta antarctica Lônnberg, Loc. cit. (1906), p. 58.

N° 41 Ge Tué au fusil le # novembre à l’île Booth-Wandel ; iris brun clair: bec noir ; tarses noirs, couleur générale brun foncé sur le dos avec deux miroirs triangulaires sous les grandes plumes des ailes: dans l'estomac, débris de Poissons et de Crustacés.

N° 42 ©. Tuée le 4 novembre 190% à l'ile Booth-Wandel; iris châtain.

N°49 . Tué le 5 novembre à l'île Booth-Wandel; iris brun, marron clair ; estomac rempli de débris de plumes de Pingouins.

N°56 ©. Tué le 12 novembre sur un Phoque mort au sommet nord de l'ile aux Chiens; bee et pattes noirs; couleur générale noire avec miroir blanc sur et sous les grandes rémiges ; bec petit.

N°67 Q. Tuée sur un cadavre de Phoque crabier, le 16 novembre; près de la boucherie ; iris marron, estomac vide; le bout des plumes du dos est blanchâtre.

N°68 c. Tué avec le précédent le 16 novembre.

N° 69 çj' jeune. D'une taille plus faible que les précédents. Tué sur un Phoque crabier, le 16 novembre au soir, près de la boucherie ; son estomac contenait des grains de sable assez gros et des plumes.

N°72 (j. Tué dans les rochers aux Mouettes, le 29 novembre; iris brun.

N°73 . Tué le 19 novembre, près du bateau, sur le cadavre d’un Phoque crabier ; dans l'estomac, graviers et débris de plumes.

N°74 ©. Tuée au sommet du mont Jeanne le 19 novembre dans l’es-

tomac des débris de Poissons et des Euphausides.

N°79 GG. Tué le 24 novembre près du bateau sur un Phoque crabier ; iris brun-marron ; couleur générale noire assez foncée sur le dos, avec plumes du cou d’un jaune doré brunâtre ; couleur blanche sous Paile ; bec petit.

N°80 © .Tuéele 24 novembre sur un cadavre de Phoque avec le numéro précédent ; iris brun-marron; couleur générale, ventre et cou plus clairs que dans le spécimen précédent.

14 Décembre : Œufs de Megalestris antarctica trouvés sur les rochers du mont Jeanne. Leur couleur est brun-olive avec des taches brunes irrésulières, de forme ovoide conique régulière. La texture de la coquille est finement grenue. Un seul a été rapporté.

20 Novembre : A l’île Hovgaard, M. Turquet observa un Wegalestris emportant dans son bec un œuf de Larus dominicanus.

Pendant l'été, les Wegalestris antaretiques sont aussi répandus que les Goélands dans les régions polaires australes. D'après Turquet, ils ne vivent pas à proprement parler en colonies, mais on les trouve dans les massifs de rochers (mont Jeanne), où ils construisent leurs nids assez tard, vers le mois de décembre.

Ce sont des Oiseaux subantarctiques, qui se rencontrent depuis la Terre Louis-Philippe jusque dans l'Antarctique et, par conséquent, qui ont une distribution identique à celle de Pygoscelis papua.

Très peu méfiants, ils se laissent approcher à moins de quelques mètres; on peut facilement les photographier (fig. 43).

Ce sont de vrais pirates, qui ne cherchent qu’à s'emparer des œufs et à tuer les jeunes des autres espèces pour les dévorer, et qui, penchés sur la crête d’un rocher, sont toujours à l'affût d’un mauvais coup à faire. Un jour Andersson vit l’un d’eux attaquer un Adélie blessé, et Skottsberg en vit un autre poursuivre un Cormoran en le frappant à grands coups sur les ailes jusqu’à ce qu’il fût tombé. Aussitôt un certain nombre d’entre eux se précipitèrent pour partager la proie.

Quandil croit l’occasion favorable, il n'hésite pas à s’abattre sur un nid de Mouettes, et il emporte un œuf avec son bec dans lesairs. Les parentsle

poursuivent en criant de colère et de chagrin; mais le voleur sait les dépister et va déposer son larein surunrocher, où ilattendtranquillement les Mouettes, qui alors, n'osant plus l’attaquer de face, retournent soigner l'œuf unique qui leur reste. |

Il semble qu'il choisisse intentionnellement le voisinage des rookeries de Manchots pour y établir son nid, afin d’avoir ainsi facilement de la nourriture (fig. 42). Dès qu’un Oiseau est blessé ou dès qu'un jeune quitte la protection de sa mère, il le happe rapidement. Andersson put constater cette installation dans cinq endroits différents, aux iles Nelson, Paulet, Cockburn, Seymour et à la baie de l’'Espérance. D’après Hall et Sürling, sa voracité est telle qu’il dévore même ses œufs et ses propres petits. |

Quand un Phoque vient à être tué, on en voit toujours plusieurs se poser sur le cadavre, en compagnie de Daption, Larus, Clioms, et ils Le dévorent en avalant des morceaux énormes. Souvent il leur arrive alors de se quereller et d'échanger des coups de bec en poussant des cris percants.

Lorsque les Cormorans reviennent de la pèche, ils se précipitent à leur poursuite, pour leur enlever quelques fragments des aliments qu'ils rapportent pour leurs petits.

Turquet ayant un jour blessé un Sterne d'un coup de fusil, cet animal tomba sur laneige, mais un WMegalestris l'ayant aperçu se précipita sur lui et l'emporta d’un vol rapide.

Turquet rapporte qu'un matelot lui a raconté avoir vu un Wegalestris saisir dans un nid un œuf de Pingouin et l'emporter dans les rochers ; puis, après quelques instants, il l'avait rapporté dans la colonie sans le casser.

D'après Andersson, les Hegalestris ne s'éloignent pas de la terre et se tiennent pendant l'été à peu près toujours dans le voisinage de leurs nids. Jamais il n’en viten pleine mer.

En hiver, on ne les apercoit jamais. Ils disparaissent déjà au commencement de mars, dès que les jeunes sont capables de voler, etilsreviennent vers le commencement du printemps. Souvent on en aperçoit quelquesuns dès la fin de septembre; mais ils ne deviennent nombreux qu'à la

fin d'octobre. A l'ile Booth-Wandel, ils ne sont partis que vers la fin du

OISEAUX. 49 mois de mai, au commencement de l'hivernage, et ils ne sont revenus qu'au 1” novembre.

Ils ont construit leurs nids sur le gravier dans les premiers jours de décembre. Parfois on trouve autour du nid quelques touffes de mousses ou de lichens. Quelquefois même le nid est construit dans un creux de rocher, avec des plumes et du duvet de Pingouin.

D’après Clarke, ils se sont installés aux Orcades sur des rocs moussus ou sur des plateaux élevés de 100 à 150 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les nids consistaient en trous très bien faits dans les mousses, avec des fragments des mèmes plantes formant le bord.

Les nids trouvés par Andersson, à lile Nelson, formaient une légère dépression dans la mousse, et ils étaient intérieurement recouverts de mousses arrachées. Ils sont donc difficiles à découvrir ; jamais il n’a vu plus d’un œuf ou d’un jeune dans un nid, tandis que Turquet en a trouvé un ou deux. Sürling en a vu ordinairement deux, souvent trois par nid.

Les œufs sont brun jaunâtre avec des taches plus foncées. Dimensions indiquées par Lünnberg : 72 X 55 et 78 X 53 millimètres. L'œuf rapporté par l’Expédition francaise mesure 79,1 X 53.

Sürling croit que seule la femelle couve ; mais le mâle se tient alors tout près d'elle.

Le 25 février, un chien tua un jeune Wegalestris encore revêtu de son duvet dans un ilot près de l’île Booth-Wandel. Les jeunes de cette espèce sont bruns et, par conséquent, difficiles à apercevoir, tandis que ceux de À. maccormicki sont blanc grisätre (« Southern Cross » Coll., p. 167). L'expédition écossaise, le 29 janvier, ayant trouvé des Poussins âgés d’une semaine, on peut calculer que lincubation dure six semaines à peu près. Quand ces Oiseaux ont des petits, ils les défendent avec acharnement.

Sürling a observé que, si on approche d’un nid de Skua, or voit tout de suite s’il y a des œufs ou des jeunes. L'animal se tient alors avec les ailes étendues en dessus, la tête penchée sur le sol et criant aussi fort que possible. Il ne s'enfuit pas avant qu’on ne soit tout près du nid; mais, si on lui touche les ailes, il est prêt à lPattaque. Il se précipite sur l’intrus

en essayant de le frapper avec les ailes, puis il s’enlève dans les airs et

Expédition Charcot. — À. MeNEGaux. — Oiseaux. 1

répète l'attaque avec destournoiements inquiétants jusqu’à cequel’ennemi se soit retiré des environs du nid.

C'est ce que le D°Turquet a pu constater aussi à l’île Wiencke.

PROCELLARITIDES.

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