‹ Oiseaux de cage [microforme]Chapitre 4 sur 20 · LONGÉVITÉ DES OISEAUX DE CAGE · texte numérisé non relu

LONGÉVITÉ DES OISEAUX DE CAGE

Je suis porté à croire—et je ne pense pas me tromper là-dessus—que l'oiseau de cage ou de captivité ne doit pas vivre aussi longtemps que l'oiseau à l'état sauvage et cela pour plusieurs causes que je veux exposer ici.

À quoi peut-on attribuer la courte existence de l'oiseau de cage en général et surtout de quelques oiseaux sauvages en particulier ?

Voici ce que je pense à ce sujet. 1° Une norrriture abondante et riche qu'on donne trop so ent à l'oiseau captif, l’engraisse trop et lui donne un excès d'embonpoint qui occasionne des maladies et quelque fois la mort subite comme dans l’apoplexie. 2° Les oiseaux sauvages qu’on achète le printemps pour les mettre en cage sont souvent accouplés, car c'est à cette ‘poque qu'a lieu la reproduction des bipèces et des animaux en général. Aussi est- ‘< pour cette raison que les oiseaux sauvages

mis en cage à cette époque de l’année ne vivent que peu de temps. L'instinct seul de la reproduction pourrait suffire, il me semble, pour causer la mort de l'oiseau que l'on met en captivité le printemps.

Si l'on désire se procurer des oiseaux pour mettre en volière, choisissons l'automne, temps où l'accouplement des oiseaux à l'état sauvage est terminé, tenps aussi le plus propice pour que l'oiseau puisse vivre en cage sans être trop tourmenté par l'aiguillon de la liberté. 3° Je pourrais peut-être ajouter que la courte existence de l'oiseau sauvage en captivité est quelquefois dû à la privation de la liberté. En faisant abstraction de l’homme, quel étre vivant souffre autant que l'oiseau de la privation de la liberté, lui qui a des ailes pour voler dans l'espace, s'élever jusqu'aux nues et Sillonner l'air en tous sens ? Oh ! qu'il vous est dur, charmants oiseaux, de vous voir prisonniers dans un espace si étroit et où quelqu'effort que vous fassiez pour vous échapper de la prison où vous êtes retenus captifs, tout est toujours vain et inutile! Ah! si vous aviez une voix pour vous faire comprendre, pour repro-

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cher à l'homme sa cruauté, sa barbarie, que vos accents seraient pathétiques et touchants. A bon droit, vous l'accuseriez de dureté et d'égoisme, puisque pour le simple plaisir d'admirer votre plumage ou de goüter votre chant, il vous prive du plus doux de vos privilèges, du bonheur qu'il prise si fort et dont il est si jaloux : la liberté !

Plus un oiseau est actif, vigoureux, plus il met de temps à s'apprivoiser, plus aussi il doit souffrir quand on le prive de la liberté. On voit assez souvent des oiseaux de cage se tuer par suite des coups qu'ils se donnent à la tête, en essayant de s'échapper à travers les barreaux de leur cage. Il n'est pas étonnant que l'oiseau, comme l'homme, puisse se consumer «ennui et de langueur, car tous deux sentent qu'ils ne sont pas dans leur élément.

Voici l'âge que peut atteindre chaque oiseau en particulier :

Le rossignol peut prolonger son existence en captivité de huit à dix années,

Le pinson ou “siffleu ” vit aussi longtemps en cage.

Le chardonneret, d'après des personnes

digne” le foi, peut atteindre sept ou huit années en captivité.

L'oiseau rouge et le goglu qui perdent leur plumage naturel en cage pour ne plus le recouvrer, vivent plus longtemps.

L'oiseau rouge ou pinson pourpré, comme on l'ippelle en langage ornithologique, peut atteindre huit ou neuf ans de captivité. On cite le cas d'un goglu qui a vécu dix-huit ans en cage.

L'existence du merle ou de la grive en cage est généralement plus longue que celle des autres oiseaux captifs, c’est-à-dire que son existence peut se prolonger une quinzaine d'années. Aimant l'homme par instinct et se tenant toujours, quand il est à l’état sauvage, dans le voisinage des habitations, le merle doit moins sentir que les autres oiseaux de volière la privation de la liberté, surtout quand il est pris au nid. Alors la cage devient pour lui une chose bien ordinaire, quoiqu'il aime bien à sortir de temps en temps. Le merle pris au nid vit plus longtemps que quand on le prend à la geole, car alors il n’est pas aussi tourmenté par la privation de la liberté.

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De tous les oiseaux de captivité (j'en excepte le perroquet) il n'y n a qu'un seul qui puisse vivre un grand nombre d'années : c'est le serin Ayant perdu depuis plusieurs gét rations (dans la personne de ses parer!s) gout dle la liberté, et la cage ayant été son b ceau, il n'est pas surprenant que le serir:

souffre pas de la privation de la liberté com les autres oiseaux captifs. Il n'est pas exp comme les autres oiseaux libres, aux inter ries des saisons, à l'émigration, le printer1ps et l'automne, à devenir la victime des oiseaux de proie, à se voir voler sa couvée par des eine mis plus forts que lui, etc. Le serin er anté peut atteindre un âge très avancé. On -ite le cas d'un serin qui a atteint l’âge patriarchal.. (pour son espèce) de qua.ante-six ans.

Parmi les oiseaux de volière ou de cage, deux méritent une mention spéciale à cause de leur intelligence : ces bipèdes sont le merle et le serin,

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