II PREFACE
du moins, a été remplie. Mais il devint) plus tard, indispensable de bien déterminer chaque espèce afin que le premier pas, le plus important, n'ait pas été fait envain, et ce fut là que m'attendaient le plus d'obstacles, ceux surtout qui étaient le plus faits pour m'arrêter. Loin de tout grand centre, j'étais privé de ces immenses collections, de ces riches bibliothèques que tout naturaliste sait indispensables en pareilles circonstances; n'ayant autour de moi que des personnes étrangères à mes études, je ne pouvais m'attendre à aucun conseil, et mes connaissances en histoire naturelle ne suffisaient pas pour suppléer à de tels manques de ressources. J'ai alors eu recours à l'appui aussi bienveillant qu'éclairé de M. le Docteur Pucherân, aide-naturaliste au Muséum de Paris, sans le secours du quel, je n'aurais jamais pu ofl&ir ce livre aux naturalistes, et surtout le leur livrer comme je puis le faire aujourd'hui avec la garantie de l'autorité bien connue de celui qui a bien voulu m'aider de ses conseils. Ainsi, soit donc, sous le rapport du nombre des espèces, soit sous le rapport de leur nom spécifique, je crois avoir atteint moç but, et c'était, en quelque sorte, le seul que je me proposais.
Cependant, tout en m'occupant de collecter, je ne négligeais aucune occasion de saisir ce qui pouvait intéresser dans les mœurs de chaque espèce. Le hasard ne m'a pas toujours servi et je laisse bien des lacunes à combler. Ainsi, sous le rapport de la nidification, mon silence est presque général; c'est qu'à l'époque de la ponte, nos oiseaux, à peu d'exceptions près, se retirent des endroits habités pour aller nicher au loin. La retraite qu'ils choisissent n'est pas inaccessible, il est vrai ; mais nos arbres, comme nos arbustes toujours couverts