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FEUX FOLLETS

(rêve d'uM mystique du moyen AGE)

A mon ami Jean Dehnas.

« — dui donc es-tu, flamme légère, (c Toi qui, voltigeant doucement, (( T'ensevelis dans la fougère, « Puis remontes au firmament ?

(c Tantôt, quand la brise t'agite, (( Tu fuis en tremblotant, si vite « Qu'on dirait voir un papillon ;

Rimes fantastiques.

(( Et tantôt, flamme, tu t'arrêtes, « Et tu viens planer sur nos têtes <( Comme l'oiseau sur un sillon.

« D'où sors-tu ? Nais-tu de l'écume « De la rive où je viens m'asseoir ?

« Es-tu quelque Esprit de la brume, (c Quelque fantôme, enfant du soir ?

« — Je souffre, plaintive victime, « Et je viens expier mon crime « Au lieu même où je l'ai commis :

« Je suis rdme du purgatoire !

(( A ceux qui gardent ma mémoire (f Dis de ma part : Priez, amis!

fc Priez pour moi, gens de la terre !

« Pensez à moi : je souffre tant !

« Je brûle, errante et solitaire,

« D'un feu tenace et dévorant... »

Cependant, la brise s'élève,

Et, disparaissant comme un rêve,

La flamme fuit au gré du vent ;

Et le moine baise la pierre:

Il répand son dme en prière

Aux pieds du Dieu mort et vivant.

Feux follets. 89

Puis, il lève les yeux : Prodige !

Il voit un ange éblouissant Qui dans l'air lumineux, voltige, Et l'embrasse, reconnaissant :

(c Ami ! mon àme est délivrée !

c( Ami ! dans la plaine azurée « Je puis m'envoler radieux ! »

Ayant prononcé ces mots, l'ange, Vêtu d'une splendeur étrange, Lui sourit, et remonte aux cieux.

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