‹ Oiseaux de passageChapitre 23 sur 44 · NOVEMBRE · texte numérisé non relu

NOVEMBRE

La feuille morte au vent tourbillonne sans cesse,

Et couvre le sentier.

Ciel jaune ! — Le manoir est morne, et sa tristesse

M'envahit tout entier !

Novembre, déchaînant sa fureur acharnée,

Pulmonique automnal.

Vient pousser sous mon toit et dans ma cheminée

Comme un râle final.

Sous ma porte disjointe une voix inconnue S'élève tristement,

OISF.AUX El- PASS.

98 ' Rimes d'ébène.

Glapit, gronde, se tait, rugit, puis s'atténue : C'est un gémissement!

Partout l'air saturé de bizarres arômes

Sous le toit familier Se meut ; car la maison est pleine de fantômes

Et de voix sans gosier !

Épouvante ! on croit voir dans les corridors sombres

Des revenants frémir ; Et ce sont les aïeux qu'on entend dans les ombres

Du sépulcre gémir!

Ciel jaune ! — Le manoir est morne ; et sa tristesse

M'envahit tout entier...

Et les feuilles tombant, tombant, tombant sans cesse,

Ont couvert le sentier !

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