‹ Oiseaux de passageChapitre 28 sur 44 · EPITAPHE D'UN POETE · texte numérisé non relu

EPITAPHE D'UN POETE

Il était, — ce trésor d'espérances bercées, — Esprit assez puissant pour nourrir deux pensées. Et cœur assez profond pour couver deux amours ! Chéri de l'univers, il chérissait deux choses : Celle dont le carmin teint les lèvres décloses, La femme; — et toi, public, qui l'écoutais toujours!

S'il chantait, tu voyais sur sa face anxieuse Passer comme un frisson d'une fièvre amoureuse: Ainsi qu'une maîtresse il savait t' adorer, Toi qui l'applaudissais !... — Hélas! c'était son àmc Qui s'exhalait pour toi de sa lèvre de flamme Et son sang qu'il versait pour te désaltérer !

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