‹ Oiseaux de passageChapitre 29 sur 44 · Livre-t-il son âme au néant · texte numérisé non relu

Livre-t-il son âme au néant

Oh ! quand le cadavre blanc tombe Dans le vaste sépulcre froid ; Lorsque les cyprès sur la tombe Semblent tordre leurs bras d'effroi ; Quand la bise du ciel d'automne, Au bruit de la foudre qui tonne,

114 Rimes d'ébène.

Gémit à travers les roseaux ; Et quand l'éclair morne qui passe Au sein des cieux laisse sa trace, Comme la barque au sein des eaux :

Que fait-il, le mort, dans sa fosse ?

— Entend-il rugir l'aquilon ?

Entend-il les cris du molosse Qui veille au seuil de sa maison ?

— Un engourdissement de pierre S'est-il assis sur sa paupière,

Et cela pour l'éternité?...

Les uns disent : « le mort sommeille. » Les autres affirment qu'il veille ; Mais nul ne sait la vérité !

O Mort ! quand pourrons-nous, insondable mystère,

Déchirer ton voile, et plonger

Nos regards au sein de la terre?...

En face d'un tombeau que devons-nous? — Nous taire.

Courber notre tête, et songer !

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