APRES LE BAL
A mon ami Maurice Barrés.
Du bal retentissant la voilà revenue.
La lumière frémit sur son épaule nue,
Et son lit entr'ouvert l'attend. — Les songes d'or
Vont passer devant elle et repasser encor ;
Et, les gais chérubins s'inclinant sur sa couche,
Elle leur sourira ! — Que charmante est la bouche
D'une vierge qui rit en rêvant ! Le soleil
Lèverait pour la voir son disque de vermeil,
Et de tous ses rayons ferait une auréole, Pour baigner de clarté ses cheveux de créole.
Elle entre au lit, rieuse, et s'endort. — Elle rit. Pareille au lys d'argent qui dans un coin fleurit. La pendule est vivante, et marque la mesure : Jeanne peut dire encor : « Mais c'est le bal qui dure « Car elle voit passer dans ses rêves charmants Des fantômes de fleurs et des spectres d'amants.