SOUVENIR
mon ann i^con
Sorg.
Tu t'en souviens, ami, car c'était l'autre soir.
Tu me suivis chez moi. — La Gaîtc vint s'asseoir
Entre nous deux ; mais non cette Gaîté classique
Au sourire pédant, à la mine phthisique
Qui sous un flot d'ennui se noie ; une Gaîté
Amante de l'esprit convenu, frelaté ;
Ce n'était point non plus cette plate commère
Qui se tord sans savoir pourquoi ; qui, pensant plaire.
Dit des énormités dont le sens est néant, En faisant de sa bouche un vrai tonneau béant. Mais notre joie était immense et fantastique : Nous lisions Alhertus, poème sans réplique, Bijou que cisela l'impeccable Gautier, Cet artiste pur sang qui savait son métier.
Ah ! comme il faisait bon, là-haut, chez Latourette ! Tu lisais ; — quant à moi, détestant la diète, Près du flacon de rhum aussitôt décoiffé, Je plaçais chaque tasse, y versais du café, Tandis que, ballottés par une eau qui clapote. Les lares familiers chantaient dans la bouillotte.