LES MILANS
Les milans sont de grands oiseaux qui se distinguent de leurs congénères par une queue très longue, presque de la taille du corps, dont les plumes Jatérales sont
plus longues que les médianes ; les pattes sont courtes, les doigts courts ; le bec est mince et grêle ; ce sont des voliers gracieux qui parcourent les airs sans paraître faire mouvoir leurs ailes.
Ce sont des oiseaux paresseux qui souvent, pour avoir des proies faciles, n’hésitent pas à entrer dans les cours des fermes pour attraper les poussins ou les canetons, ils poursuivent même les faucons et autres rapaces et les forcent à abandonner leur proie; ils se nourrissent aussi de campagnols et de mulots, mais ne nous rendent pas de grands services au point de vue agricole.
Milan royal — Milvus regahs (Briss.)
Taille 0,65 à 0,70, d’un roux de rouiile plus foncé dessus, avec un trait d’un brun noir occupant le centre des plumes; la tête et le cou sont garnis de plumes blanches très eftilées avec une ligne brune étroite au centre ; les grandes plumes des ailes noires, queue rouille, très échancrée, les plumes du milieu les plus courtes, blanchâtres en dessous.
Pattes et cire jaune, bec brun, iris jaune.
Œuf de 0,06 sur 0,042 d’un gris roussâtre avec des taches rougeâtres plus ou moins nombreuses et variant de couleur.
Cet oiseau passe au printemps et à l’automne, il est sédentaire dans quelques contrées du sud de la France.
Il se nourrit de petits mammifères, d’oiseaux, de reptiles, et ne néglige pas les charognes à l’occasion ; on le dit lache, mais la vérité c’est qu’il a des pattes grèles pour son corps et le développement considérable de ses ailes et de sa queue.
Milan royal T'üilan noir — Âlilvus niger (Briss.)
Taille 0,58 à 0,65, il ressemble beaucoup au milan royal, est généralement un peu plus petit, et brun plus ou moins fon’é au lieu d’être roux de rouille comme le précédent, les plumes de la tête et du ventre sont marquées au centre d’un trait brun noirâtre.
Cire et pieds jaunes, iris brun foncé, bec noir.
Œuf de 0,055 sur 0,042, d'un blanc gris ou rougeûtre avec de nombreuses taches d’un brun roux.
Milan noir
Ses mœurs et ses habitudes sont les mêmes que chez le précédent, il est plus rare en France et semble confiné aux contrées méridionales.
LES BUZARDS
Les buzards ont le corps élancé, les ailes et la queue longues, les pattes longues et grèles, les ongles courbés et acérés, 1ls habitent de préférence le bord des marais, construisent leur nid par terre et font surtout la chasse aux reptiles et aux insectes; parfois cependant ils ne dédaignent pas les petits mammifères ou oiseaux qu'ils peuvent saisir; le buzard ordinaire est accusé de causer de grands dommages aux oiseaux aquatiques dont il mange les œufs et les petits ; il fait, dit-on, une guerre
continuelle aux poules d’eau et aux becs-fins qui vivent dans les roseaux ; c’est la plus grande espèce qui habite nos contrées ; il parait différer de mœurs de ses consénères à livrée grise chez les mâles qui, d’une taille plus faible, nous readent de grands services en se contentant de reptiles, de batraciens et d'insectes, ces derniers buzards ne sont pas aussi communs.
Buzard ordinaire — Circus rufus (Briss.) (PI. 1., fig. 4)
Taille 0,50 à 0,55, plumage brun en dessus, plus roux en dessous ; dessus de la tête et gorge roux clair, région de l’œil et de l’oreille brune, queue blanchâtre en dessous.
Cet oiseau varie beaucoup de coloration, parfois le plumage est varié de roux clair et certains exemplaires sont d’un brun uniforme sans aucune tache.
Cire et pieds jaunes, bec brun foncé, iris brun roux.
Œuf de 0,04 à 0,05 sur 0,03 à 0,04 d’un blanc azuré sans taches le plus souvent.
Il vit dans presque toutes les régions de la France, habite les contrées marécageuses, fait son nid dans les roseaux ou sous les buissons.
Les trois espèces qui suivent sont assez voisines ponr présenter quelques difficultés dans leur détermination, toutefois, la comparaison des différences que nous signalons ci-après ne laissera aucun doute sur leur identité.
Le plus foncé pour les mâles en dessus est le buzard cendré, le plus clair est le pâle.
Le ventre des mâles est tout blanc chez les St-Martin et Pâle, il est marqué de taches rousses chez le cendré,.
Les dimensions relatives des grandes pennes des ailea sont un caractère constant qui permet une appréciation matérielle exacte pour les deux sexes.
Buzard cendré — Cineraceus (pl. 1, fig. 7)
{re remige un peu plus longue que la Ge,
2e remige plus courte que la 4.
3e la plus longue.
4e égalant presque la 8°.
5e remige intermédiaire en longueur entre la 18et la 4e.
Buzard St-Martin — Cyaneus (ol. 1, fig. 6)
1'° remige égale les 2/3 de l’aile presque aussi longue que la 7%.
2e remige un peu plus courte que la 8°.
3e et 4° les plus longues.
5e plus longue que la 2e.
Buzard pâle — Pallidus (pl. 1, fig. 5)
1rc remige égale à peu près la 6°.
2e remige plus courte que la 3°.
3 la plus longue.
4e plus courte que la 3° plus longue que la 2,
5€ beaucoup plus courte que la 2e
Buzard cendré — Circus cineraceus (Montag.) (pl. f, fig. 7)
Taille0,40 à0,45, dessus d’un gris cendré foncé, la tête plus claire, la gorge et la poitrine d’un cendré clair, le ventre blanc avec des taches longitudinales rousses, grandes plumes des ailes noirâtres, dessus de la queue de même couleur que le dos avec des bandes transversales rousses plus ou moins brunes sauf sur celles du
milieu.
Iris et pieds jaunes, bec noir.
La femelle ne ressemble pas du tout au mâle, elle est plus grande, le dessus est d’un brun uniforme, le cou montre les plumes bordées de jaunâtre de même qu’à la poitrine, le tour des yeux est blanchâtre et le dessous du corps est roussâtre marqué de lignes longitudinales d’un roux vif.
Ces oiseaux varient sensiblement de coloration suivant leur âge ; on voit des mâles adultes dont le ventre est blanc sans taches rousses et chez les femelles les teintes brunes et rousses varient aussi considérablement.
Œuf 0,04 sur 0,03 d’un blanc grisätre le plus souvent sans taches.
C’est un oiseau qui arrive en France vers le mois d'avril pour repartir en septembre, il se nourrit de petits mammifères, d'oiseaux, de reptiles et d'insectes, il habite le bord des marais et fait son nid par terre.
Buzard St-Martin — Circus cyaneus (Linné) (pl. 1, fig. 6)
Taille 0,45 à 0,50; tête, cou, dos, croupion d’un cendré bleuâtre plus foncé que dans le buzard pâle et moins foncé que dans le buzard cendré, les plumes du dos et des couvertures des ailes largement bordées de brun, sus caudales et sous caudales blanches de même que le ventre et les cuisses, sans aucune tache rousse comme dans le buzard cendré, bec noir de corne, tirant sur le bleuâtre à la base; commissure du bec, paupières et cire d’un jaune verdâtre, pieds jaune vif.
La femelle ressemble beaucoup à celle du buzard cendré, mais avec les teintes claires de la tête et du ventre d’un roux plus vif,
M Cal. 2} hist a
a 4 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE
Œuf de 0,043 sur 0,035 d’un blanc sale.
Le buzard St-Martin se pose rarement sur les arbres, il niche dans les bois marécageux au milieudes roseaux.
uzard pâle — Circus pallidus (Sykes) (pl. 1, fig. 5)
Taille: mâle 0,45; femelle 0,60, dessus du corps d’un cendré clair quelque peu brunâtre, plus pâle que dans les deux espèces précédentes, la tête et le devant du cou d’un gris bleuâtre plus clair que sur le dos, avec quelques taches d’un brun très clair, ventre, cuisses, flancs blancs, queue d’un cendré bleuâtre avec six bandes transversales brunes peu apparentes ; hec noir bleuâtre, pieds et iris Jaunes.
La femelle ressemble beaucoup à celle du buzard St-Martin mais elle est plus pâle.
Œuf 0,045 sur 0,034 d'un blanc azuré avec des taches roux rosé irrégulières.
Ce n’est qu’accidentellement qu'on tune cet oiseau en France, toutefois les captures qui ont été faites sont assez fréquentes pour que nous ayons dû le mentionner.