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LES CHOUETTES

Les chouettes ou hiboux ont une conformation qui permet de les distinguer à première vue; leur corps mince et grèle est couvert de plumes longues et duveteuses qui les font paraître très gros, la tête surtout paraît énorme ; les yeux semblent placés sur le plan facial, au lieu d’être disposés latéralement comme chez les autres oiseaux ; leur bec se voit à peine, caché qu'il est par les plumes de la face qui sont disposées en rayons concentriques dont les deux yeux sont les centres, le tour de la face est circonscrit par des rangées de plumes longues recourbées seulement à l'extrémité et qui partent des bords de l'ouverture des oreilles, qui, chez certaines espèces, ont une hauteur égale à celle de la tête ; quelques unes, qu’on désigne sous le nom de duc ont sur le haut de la tête deux touffes de plumes éreetiles qui figurent des cornes ; leur physionomie générake rappelle sans conteste la tête de certains féliens, ce qui leur a fait donner le nom de chat-huant.

La plupart se mettent en campagne au crépuscule pour chercher leur nourriture, elle se compose surtout de petits mammifères, les mulots, les campagnols, les souris, les rats, n’ont pas de plus terribles ennemis, ils en font une consommation prodigieuse, et les mangent tout entiers ; de temps à autre ils vomissent une boule des parties qu’ils ne peuvent digérer, les poils, les dents et les es les plus durs.

Les espèces de plus petite taille se contentent des plus petits mammifères et d’insectes, ces derniers forment souvent le complément de la pitance de tous, même du grand duc, quiest cependant capable d’avaler un lapin.

Les chouettes rendent très évidemment de: services considérables à l’agriculture, sans même qu’on ait quelques méfaits à leur reprocher, ou du moins ils sont si exceptionnels qu’on ne peut les leur porter en ligne de compte; en effet elles n'attaquent pas les petits oiseaux, on a cité à plusieurs reprises des chouettes qui avaient élu domicile dans les pigeonniers, y vivaient de souris qu’elles attrapaient là ou aux environs, sans jamais se permettre de gouter aux pigeonneaux à leur portée.

Beaucoup de gens ont peur des chouettes, on les accuse de jeter des sorts, de présager des malheurs, de porter la mort, nous n’avons pas besoin de dire que les esprits superstitieux et crédules peuvent seuls prêter l’oreille à ces contes fantastiques ; ce sont au contraire des oiseaux doux etsusceptibles de s’apprivoiser très facilement; celles qui sont en captivitéreconnaissent la voix de leur maitre, répondent à son appel, lorsqu’elles sont habituées à des personnes, même en liberté, elles reviennent dès qu'un coup de sifflet, un cri de convention qu’elles connaïssent les rappelle.

La plupart émigrent à l’automne, on les voit passer par petites bandes, sautant et voletant, voyageant par petits bonds sans parcourir de grands espaces d’un seul coup d’aile.

Pendant le vol ils ne font aucun bruit, leurs plumes sont douces et souples comme une étoffe légère ; au départ elles ne claquent pas des ailes, elles rasent la

terre et d’un coup de patte saisissent le mulot qu’elles ont surpris; parfois elles se posent sur une branche, une motte de terre, un bout de rocher et là, leurs grandes oreilles tendues, fouillant de leurs grands yeux tous les environs, elles guêtent leur proie avec la patience d’un chat.

Les chouettes nichent dans les trous des rochers, dans les tours des monuments, dans les vieilles murailies, ou bien elles s'emparent des nids abandonnés par les pies, les faucons,les corbeaux, elles pondent des œufs presque ronds, d’un blauc lisse, les petits éclosent couverts d’un duvet fin et serré, blanc ou jaunâtre ; on dirait une balle de coton, dans laquelle on ne distingue que deux perles noires et brillantes, ce sont leurs yeux.

La plupart des oiseaux manifestent une aversion profonde pour les chouettes, on a tiré parti de cette haine qu’ils professent pour ces nocturnes pour les attirer et les chasser à l'aise, on se sert de la chevèche, du petit-duc ou scops pour attirer les alouettes, du grandduc pour les faucons, buses, milans; du moyen duc pour faire venir les corbeaux, les corneilles, les grives ; dès qu’un de ces oiseaux a aperçu son ennemi il pousse des cris d’alarme, aussitôt tous ceux des environs de répondre à l’appel, ils arrivent à tire d’aile, fondent sur la pauvre chouette qui, aveuglée presque par le grand jour, retenue prisonnière par le ias qu'on lui a attaché à la patte, reste coi devant tout le tapage provoqué par sa présence; ce n'est que lorsqu'une partie de ja bande a été décimée par les plombs du chasseur que les survivants se décident à quitter la place.

Chouette hulotte — Syrnium aluco (Linné) (pl. 2, fig. 4)

Taille 0,42, plumage entièrement roux, varié plus ou moins de brunâtre mélangé de brun sur le dos, de brun et de blanc sur le ventre, où on remarque aussi des traits longitudinaux bruns sur le milieu des plumes; bec et pattes blanchâtres.

Chouette hulotte

Œufs de 0,045 sur 0,04 d'un blanc pur.

Se nourrit surtout de petits mammifères, mange aussi parfois, dit-on, des petits oiseaux et beaucoup d'insectes, des chenilles en particulier; elle s'empare volontiers pour nicher des nids abandonnés.

Chouette-chevêche — Slrix noctua (Boie) (pl. 2, fig. 5)

Taille 0,24, entièrement brune, avec des taches plus claires sur la tête et le dos, un collier blanchâtre, la

gorge et le haut de la poitrine d’un blanc jaunâtre de même que le tour des yeux, la queue traversée par cinq bandes rousses, les tarses couverts d’un duvet blanc, très réduit sur les doigts, bec brun jaunâtre, iris jaune citron.

Œufs 0,034 sur 0,028, presque ronds et d’un blanc pur.

Commune partout, elle niche dansles trous de murailles ou de rocher, elle se nourrit de petits mammifères et d'insectes.

Chouette tenogmalm — Striz lengmaëmi (Gmelin) (pl. 2,fig. 7)

Taille 0,26, la chouette tengmalm ressemble beaucoup à la chevèche, mais les doigts sans beaucoup plus courts, de même que les ongles et ils sont très fournis en duvet, tandis qu’ils sont presque nus chez la chevèche, la queue de cette dernière est aussi sensiblement plus courte.

La teinte générale est un peu plus roussätre et moins

foncée.

Œufs de 0,033 sur 0,025, presque ronds, d’un blanc

pur.

Elle habite les grandes forêts de sapin, fait son nid dans les trous des arbres, et se nourrit de petits animaux et d'insectes.

Chouette effraye — Strir flammea (Linné) (pl. 2, fig. 6!

Taille 0,36, dessus d’un gris chiné avec le fond des plumes jaune roussâtre et l’extrémité avec des taches noires et. blanches alternant, la queue avec des barres transversales, plus ou moins marquées, la face blanche

ou rousse, avec le tour des yeux plus foncé, le ventre roux ou blanc, avec des points bruns, s’effaceant peu à peu chez les adultes qui deviennent d’un blanc uni, pattes emplumées, les doigts presque nus, bec jaunâtre, pattes brunes, iris brun très foncé.

Chouette eTraye Œuf de 0,04 sur 0,033, presque rond, blane.

Se nourrit presqueexclusivement de petits mammifères C’est l’une des espèces les plus communes.

Chouette brachyote — Strir brachyolus (Boie) (pl. ?, fig. 3:

Taille 0,38, tout le plumage varié de jaune clair, plus ou moins pâle et de brun en macules irrégulières sur les ailes, en lignes longitudinales sur le reste du corps, plus larges sur le dos que sur le ventre ; la queue traversée de bandes brunes, les pattes et les doigts emplumés jusqu'aux ongles, les cornes de la tête sont très petites, bec noir, iris jaune clair.

Commune partout, niche souvent par terre ou dans des trous.

Œuf blanc de 0,04 sur 0,032.

Elle se nourrit surtout de petits mammifères.

Jretit duc ou scops — Strix scops (Linné) (pl. 2, fig. 8)

Taille 0,20, d’un brun cendré p'esque uniforme, finement varié de brun et quelque peu de roussâtre au ventre, où on remarque des lignes longitudinales brunes au centre des plumes, cornes de la tôte assez développées; jambes garnies de plumes, doigts nus, bec noir, iris jaune,

Œuf de 0,029 sur 0,025, d'un blanc pur.

Il niche dans les trous de murailles, de rocher ou d’arbres, se nourrit de petits mammifères et d'insectes.

Petit duc

FT

Hibou grand duc — Sfriz bubo (Linné) (pl, 2, fig. 1)

Taille 0,60 en moyenne, plumage mélangé de brun et de jaune, le brun disposé en bande sur le haut du dos, le cou et la poitrine, formant des lignes étroites ondulées sur les plumes du ventre et des flancs. Pattes emplumées jusqu'aux ongles, les cornes de la tête très développées ; bec noir, iris rouge orangé.

Œuf 0,05 sur 0,045, presque rond, d’un blanc pur.

Le grand duc habite les rochers, niche dans les trous et se nourrit de lièvres, de lapins, de rats et d’insectes.

On le trouve surtout dans les contrées des hautes montagnes.

Hibou moyen duc — Sfrix otus (Linné) (pl. 2, fig. 2)

Taille 0,35, plumage entièrement brun varié de jaune, le ventre plus clair par l’adjonction de taches blanches, les cornes de la tête très grandes, les pattes emplumées jusqu'aux ongles, bec noir, irisjaune orangé.

Œuf 0,034 sur 0,029, d’un blanc pur, presque rond.

Commun partout, niche dans les trous de rochers ou d'arbres, dans les nids abandonnés; se nourrit de petits mammifères surtout, et préfère les forêts aux ruines.

Bec droit sans crochet à la mandibule supérieure. «.

Bec crochu à la mandibule supérieure ..,......... Coucou. a Plumes de la queue à barbes raides servant à TPE EE ee eee CL e-eeecccccrees ro PIC:

Plumes de la queue molles à leur extrémité. ..... Torcol.

Les grimpeurs forment une famille bien distincte dont tous les représentants ont les pattes disposées de même facon; deux doigts sont dirigés en avant et deux autres leur sont opposés en arrière ; tels sont les pics, les torcols, les coucous.

Ils ne séjournent pas l'hiver dans nos contrées, se nourrissant exclusivement d'insectes, le froid les oblige à émigrer pour aller chercher leur nourriture dans les climats plas méridionaux où les insectes pullulent même dans la saison hibernale.

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