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LES FAUVETTES

Les fauvettes sont de petits oiseaux syivains, préférant les buissons, les jeunes taillis aux grands arbres ; la plupart émigrent l'hiver, et ne viennent en France que pour la saison des amours; leursnidssontle plussouvent des constructions légères, ils élèvent leurs jeunes avec sollicitude, pendant le temps d'’incubation les mâles font entendre leurs plus mélodieuses chansons, car c'est parmi ces oiseaux qu’on peut chercher les plus savants et les plus brillants chanteurs. Presque toutes les espèces ont une livrée modeste, le rossignol de murailles et la gorge bleue font à peu près seuls exception à cette tenue grise et brune. Il n’est peutêtre pas d'oiseaux plus utile, car non seulement ils nous charment par leurs ramages, mais ils font une chasse incessante aux myriades d'insectes qui au printemps

foisonnent partout, si quelques espèces pendant la saison des fruits picorent les cerises, les figues, les prunes, c’est une bien légère dime prélevée sur la quantité de récoltes sauvées par la guerre acharnée qu’ils ont fait avant aux insectes destructeurs, nous pouvons donc leur laisser prendre cette modeste compensation ; d’autant plus que ce sont des amis bien commodes, ils ne demandent même pas qu’on leur manifeste de la reconnaissance pour les services rendus.

Rossignol — Sylvia luscinia (Linné) (pl. 14, fig. 1)

Taille 0,16, dessus d’un brun roux uniforme, dessous d’un blanc roux, clair surtout à la gorge et au milieu du ventre, première rémige très petite, la deuxième égale à la cinquième. Les jeunes sont souvent marqués de taches brunes transversales, peu apparentes.

Le rossignol est commun par toute Ia France, il habitesurtout les petits bois, les bosquets, arrive dans le courant d'avril. Dès qu'il a

Rossignol trouvé la compagne de son choix il commence à chanter ; les amateurs d’oiseaux de volière le tiennent en très haute estime à cause de sa belle voix et la facon mélodieuse et variée dont il agrémente les roucoulades de son chant, il est du reste très facile à prendre et supporte assez facilement la domesticité ; le moment toujours difficile à lui faire passer c’est l’époque du départ, comme tous les oiseaux

migrateurs le besoin de déplacement est si puissant, les tourments qu’il ressent de ne pouvoir émigrer sont si violents que beaucoup en périssent malgré tous les soins dont on les entoure,

Rubiette rouge-queue —Sylvia tithys (Latham) (pl.14, fig. #4)

Taille (1,15, dessus brun ardoisé, queue roux vif ainsi que les plumes de sa base, seconde rémige bordée de blanc gris, côtés de la tête, gorge et poitrine noirs, ventre gris, cette coloration se mariant peu à peu avec le noir des parties supérieures ; femelle entièrement d’un gris brun, un peu plus clair au ventre, la queue rousse.

Œuf de 0,018 sur 0,012 d’un blanc pur.

Le rouge-queue, ou tithys, arrive dans nos contrées vers le mois d’avril pour repartir en octobre, après avoir élevé une couvée ou deux ; il niche dans les trous des murs, sous les toits des maisons, souvent dans les écuries, les granges, les greniers ; familier et sociable, il ne s'inquiète guère des personnes qui passent près de lui, mais si on l’inquiète ou si on le poursuit, il part pour ne plus jamais revenir dans les endroits inhospitaliers. Il est moins commun que le rossignol de murailles.

Rossignol de muraille — Sylvia phænicura (Linné) (pl. 14, fig. 3)

Taille 0,145, front et sourcils blancs, tête et dos gris cendré, bas du dos et queue roux vif, sauf les deux plhimes médianes qui sont brunes, gorge et côtés des joues noirs, poitrine et ventre roux, plus ciair au

centre, les teintes se rembrunissent l'hiver. La femeile ressemble au mâle, le dessus est plus brun, le front est blanc sale, de même que les sourcils, les joues et le devant du cou sont gris.

Œaf de 0,018 sur 0,043, d’un beau bleu clair.

Le rossignol de murailles est l’un des plus jolis et des plus gracieux oiseaux de nos contrées, il est répandu partout, mais vivant par couple isolé; il fait son nid dans les trous de mur, sous les toits de chaume, dans un coin quelconque, aussi bien chez le forgeron que chez le meunier ; le bruit, les allées et venues lui importent peu, ce qu'il recherche c’est la sécurité pour lui et sa famille, aussi s’il s'aperçoit qu'on le guette il craint d’être inquiété et part pour ne plus revenir.

Rouge-sorge — Sylvia rubecula (Linné) (pl. 1%, fig. 2)

Taille 0,145, dessus d'un brun roussâtre, front, côtés de la tête, gorge, poitrine, d’un roux vif, ventre blanc gris, flancs bruns; la femelle ressemble au mâle, le roux de la gorge est moins foncé et moins étendu.

Œuf de 0,020 sur 0,016, d’un blanc sale avec des points roux plus nombreux vers le gros bout.

Le rouge-gorge est commun partout en France, la plupart émigrent l'hiver, quelques-uns

Rouge-gorge sont sédentaires, le froid, la neige, les oblige à se rapprocher des habitations, les chats leur font alors une guerre où les trop confiants

oiseaux périssent souvent ; sans ces féliens cafards et insatiables, le rouge-gorge deviendrait l'hôte de toutes les maisons où on est disposé à le recevoir et le nombre en est grand, car, à beaucoup de grâce et de gentillesse, il joint un chant qui ne manque pas de charme, il est familier sans être indiscret comme le pierrot.

Il fait son nid dans les buissons, dans les taillis, souvent près de terre.

Fauvette sorge-bleue — Sylvia suecica (Linné) (pl.14, fiz.7)

Taille 0,15, dessus brun à peu près uniforme, base de la queue rousse, sourcils blanc roussâtre, gorge d’un beau bleu avec une tache blanc d'argent au centre, poitrine rousse, ventre blanc sale roussätre. On trouve des sujets où la tache blanche manque complètement, d'autres où elle est remplacée par du roux qui s'étend parfois jusque sous le bec; la femelle ressemble au mâle, mais n’a pas de bieu et la gorge est d'un blane sale, avec une bande noire sur la poitrine, souvent accompagnée de roux en-dessous.

Œuf de 0,020 sur 0,015, d’un vert clair douteux avec des taches plus foncées.

La gorge-bleue ne se reproduit que dans les départements du centre de la France, dans une zône qu’on peut circonscrire de la Charente à la Saône-et-Loire; elle est très familière et construit un nid grossier placé toujours très bas.

C’est un des oiseaux les plus brillants, car sa tache bleu turquoise, souvent relevée par une macule d’un blane brillant ou d’un roux vif entouré de blanc, a une vivacité d'éclat très remarquable, avec ces variétés de coloration on a voulu faire des espèces, - mais elles sont certainement mal fondées.

Accenteur alpin —Sylvia alpinus (Becht) (pl. 14, fig. à)

Taille 0,17, dessus d’un brun flammèché de noirâtre, surtout au milieu du dos ; la tête presque cendrée, gorge blanche, les plumes terminées de brun; dessous brun sris, les flancs flammèchés de roux; vers la base des ailes on remarque quelques points blancs épars; femelle semblable.

Œuf de 0,021 sur 0,014, d’un bleu pâle sans taches.

Cet oiseau ne vit que dans les régions les plus élevées des Alpes et des Pyrénées, ce n’est que l’hiver lorsque la neige couvre entièrement les contrées qui l'ont vu naître qu’il descend dans les vallées ; ce n’est pas un oiseau farouche tant s’en faut, il est aussi confiant que le rouge-gorge.

A ccenteur mouchet — Sylvia modularis (Linné) (pl. 14, fig. 8

Taille 0,14, dessus brun flammèché de noirâtre, les côtés du cou brun ardoisé, dessous d’un gris cendré uniforme, le ventre un peu plus clair; femelle nareille.

Œuf 0,019 sur 0,013 d’un beau bleu clair sans taches,

Le mouchet ou traine-buisson vole souvent dans les taillis bas, il rase terre, on le prendrait facilement pour une souris quand il passe d’une touffe à une autre; il vit sédentaire dans beaucoup de localités etse nourrit principalement de vers et d'insectes surtout au printemps, son chant est assez monotone, il supporte difficilement la captivité.

F'auvette tête noire — Sylvia atricapilla (Linné) (pl.14. fig.6)

Taille 0,14, tête noire dessus, les côtés cendrés, tout le reste du dessus d’un brun olivätre, dessous d'un

cendré plus clair à la gorge et au milieu du ventre, queue entièrement brun foncé; la femelle diffère du mâle par le dessus de la tête qui est d'un brun roux et les teintes plus rousses en général. Première rémige de quinze millimètres de long, ia deuxième égale à la sixième.

Œuf de 0,02 sur 0,014, d’un blanc rougeâtre avec les traits et des taches bruns.

Cette espèce est très commune partout, elle fréquente le bord des bois, mais surtout les parcs etles jardins ; d'un naturel très familier, elle se laisse facilement prendre au trébuchet, elle fait son nid dans les buissons assez près de terre, et n’émigre l'hiver que des parties nord de la France où la neige et la glace lui rendraient la vie trop difficile.

Kauvette mélanocéphale — Sylvia melanocephala (Gmut) (pl. 14, fig. 9)

Taille 0,135, tête et joues noires, le dessus d'un cendré noirâtre, queue noire, les trois plumes externes de chaque côté terminées de blanc, dessous blanc presque pur à la gorge, un peu gris au-dessous avec les flancs condrés; femelle pareille avec les teintes plus enfumées, le noir de la tête d’un brun cendré. Première rémige très courte, deuxième rémige égale à la septième.

Œuf de 0,018 sur 0,013, d’un blanc roussâtre avec des taches plus foncées, plus nombreuses au gros bout,

Bien que ressemblant beaucoup à la fauvette à tête noire, cette espèce s’en distingue aisément parle dessous des yeux noirs, tandis que cette partie est gris clair chez la précédente, la femelle n’a pas la calotte rousse de la précédente, c’est une espèce essentiellement méri-

dionale quine dépasse guère le bassin méditerranéen ; pour ses mœurs , ses habitudes, elle se rapproche beaucoup de la fauvette à tête noire.

Fauvette babillarde— Sylvia curruca (Gmelin} (pl.15, fig 1)

Taille 0,14, dessus et côtés de la tête d'un brun ardoisé, plus clair sur le dos ; dessous d’un blanc presque pur, teinté de roussâtre à la poitrine aux flancs ; bec noir, pieds gris ardoisé, iris brun clair ; femelle semblable.

Œuf de 0,020sur0,016, d’un blanc roussâtre avec des taches plus foncées, nombreuses surtout vers le gros bout.

Le midi de la France est le séjour habituel de cette espèce qui préfère les buissons très touffus où elle se sait à l'abri des regards.

F'auvette des jardins — Sylvia hortensis (Lath) (pl.15, fig 2)

Taille 0,15, dessus d’un brun olivätre uniforme, ailes et queue brunes bordées de clair, dessous d’un blanc sale plus foncé sur les flancs qui deviennent presque de la couleur du dos, le ventre et la gorge presque blanc pur; femelle semblable.

Œuf de 0,02 sur 0,014, d’un blanc sale avec des taches et des points plus foncés.

On Ja confond parfois avec le bec-figue à l'automne lorsqu'elle est très grasse, elleest surtout commune dans le nord et le centre de la France, elle devient rare dans les départements méridionaux. Elle habite les jardins, les taillis ct au printemps fait entendre son gai ramage, elle part vers le mois d'octobre et revient dans le courant d'avril.

Fauvette orphée — Sylvia erphea (Boie) (pl. 15, fig. 2)

l'aille 0,165, dessus brun noirâtre, plus foncé sur la têle; dessous blanc, d’un roux rosé à Ja poitrine, aux flanes et aux sous-caudales.

La femelle a les teintes du dessus pius claires, la tête est de même couleur que le dos.

Œuf de 0,020 sur 0,015 d’un blanc sale avec des taches brunes.

L’orphée n’est pas répandue partout, elle semble surtout confinée dans l’est de la France, elle est aussi commune en Provence, elle a les mêmes mœurs que ses congénères.

Fauvette grisette — Sylvia einerea (Linné) (pl. 15, fig. 4)

Tailie 0,14, dessus brun, la tête plus cendrée, les remiges secondaires bordées de roussâtre, dessous blanc sale, la poitrine roux rosé de même couleur que les flancs.

La femelle ressemble au mâle, le dessus est d’un brun un peu plus roussâtre, la tête de même couleur ; le rose du dessous est remplacé par du roux isabelle clair.

Œuf de 0,918 sur 0,013, d’un blanc sale pointillé de brun.

La grisette est commune partout, elle habite les vergers, les parcs, les bois humides, elle a l'habitude de s'élever en l’air en chantant, de tourner et pirouetter et de s’enfoncer d’où elle était partie en continuant son ramage cachée dans le bosquet.

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Hauvette passerinette — Syluia subalpina (Scopoli) (pl. 15, fig. 6)

Taille 0,125 ; mâle au printemps : dessus d’un cendré ardoisé, lavé de roussâtre au milieu du dos, les remiges secondaires bordées de roussätre; queue plus foncée que le dos, la plume externe la plus courte, blanche extérieurement et sur la plus grande partie des barbcs internes, les deux suivantes terminées de blanc à l’extrême pointe, les autres frangées d’un liseré brun ; dessous roux foncé plus clair au ventre et aux souscaudales; une moustache blanche part de la mâchoire inférieure, les yeux sont entourés d’une rangée de plumes rousses.

La femelle ressemble au mâle, mais les teintes sont plus claires, le ventre est d’un blanc rosé, la gorge est presque blanche chez certains individus.

Cette espèce sera toujours facile à distirguer des fauvettes pitchou et à lunettes parce que le dessus est gris cendré, et l'œil bordé de plumes rousses, puis à sa deuxième remige presque égale à la cinquième, la première étant rudimentaire.

Œuf de 0,013 sur 0,010, d'un blanc gris avec des points plus foncés parfois peu visibles, mais toujours plus nombreux vers le gros bout.

Cette espèce méridionale recherche les coHines couvertes de broussailles et d’arbustes, son chant n’a rien de remarquable.

F'auvette à lunettes — Sylvia conspicillata (Marmora) (pl. 15, fig. 5)

Taille 0,12; mâle été: dessus brun, la tête presque cendrée, les plumes des ailes bordées de roux, les yeux

entourés de plumes blanches suivies d’un cercle de plumes presque noires, gorge blanche de même que le milieu de l'abdomen, poitrine et flancs d'un rouge vineux, foncé au printemps, plns clair l'hiver.

Deuxième rémige plus courte que la sixième, plus longue que la septième.

Femelle semblable, le dessus plus cendré, le dessous au lieu d'être roux vineux à la gorge et à la poitrine est d’un blanc isabelle.

Cette espèce est toujours facilement reconnaissable au double cercle blanc et noir qui entoure l'œil.

Œuf de 0,016 sur 0,010, d’un blanc gris avec des taches plus nombreuses vers le gros bout.

Elle ne se montre que dans certaines localités du midi de la France, et n’y est pas sédentaire, arrivant en avril elle repart en septembre. |

Elle a les mêmes mœurs et habite les mêmes localités que la passerinette.

Fauvette pitchou — Sylvia provincialis (Gmeïin) (pl.15, fig .8)

Taille 0,115, dessus d’un brun foncé olivâtre sur le dos, plus cendré à la tête, paupières orange, Cessous d’un roux vineux intense, les plumes de la gorge souvent tachetées de blanchâtre, ventre d’un blane sale au milieu seulement. La femelle ressemble au mâle, le dessus est un peu plus clair, plus ardoisé, le dessous d'un roux plus clair et plus lie de vin, la gorge a plus de taches blanches.

Œuf de 0,013 sur 0,010, d’un blanc gris avec des points roussâtres qui forment parfois une couronne au gros bout.

Le pitchou se trouve dans le midi de la France, en Anjou, en Bretagne, sur les coteaux secs et arides ; il

se tient constamment caché au plus épais des touffes ;

d’un naturel vif et pétulant, il tient la queue presque constamment relevée à la manière des troglodytes.

LES POUILLOTS

Les pouillots se ressemblent beaucoup comme formes, leur bec est comprimé à la base, leur couleur est toujours brun gris en dessus et plus ou moins jaunâtre en dessous, il n’y a que le bonelli et le veloce qui ne soient pas franchement jaunes. Les cinq espèces que nous ayons en France quoique très distinctes sont cependant assez voisines pour que nous croyons devoir donner des descriptions comparatives pour permettre de les différencier aisément.

Ce sont des oiseaux gais et agiles, aimant à se percher sur une branche isolée pour faire entendre leur chant joyeux ; ils arrivent au printemps pour repartir à l’automne après les couvées faites, quelques-uns passent l'hiver dans le midi de la France, d’autres vont en Italie ou en Espagne; ils se nourrissent surtout d'insectes , ils ajoutent à ce régime de très petits colimaçons , des fruits et des baies; ce sont des destructeurs de chenilles qui méritent tous nos égards, Leur nid est bien construit assez profond en forme de coupe. La première rémige des ailes est tout à fait rudimentaire et absolument impropre au vol, c’est la seconde qui paraît être la première, aussi dans les longueurs comparatives des rémiges que nous indiquous, c'est la seconde que nous prenons comme base, si on ne

prend pas bien garde à cette particularité, ces die mensions relatives paraitront absolument erronnées, nous insisterons donc pour que nos lecteurs ne s’y méprennent pas.

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