LES HÉRONS
Les hérons ont été caractérisés par l’illustre fabuliste : Le héron au long bec Emimanché d'un long cou, Un jour sur ses longs pieds... C’est bien la figure de ces oiseaux, nous ajoulerons que le bec est robuste, les pattes fortes, la queue courte. La plupart ont le sommet de la tête garni d’une huppe formée de plumes effilées, celles formant le bas du cou et parfois aussi celles du dos sont déliées et prolongées en fins filaments.
Lorsqu'ils se reposent, ils replient leur cou au point de lui faire décrire un huit complet, la tête alors
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paraît sortir des épaules, parfois ils dirigent le bout du bec vers le ciel et ont une attitude tout à fait grotesque.
Ils fréquent-nt les endroits marécazeux et se nourrissent de poissons, de reptiles, de batraciens et d'insectes; si un oisillon ou un petit mammifère passe à leur portée il est sûr de prendre le chemin de leur gosier, ce sont des oiseaux voraces, mais le plus souvent sociables, certaines espèces nichent en compagnie de leurs semblables, tout en haut des arbres, d’autres construisent leur demeure dans les buissons, au bord de l’eau ou parmi les plantes aquatiques du bord.
Ils ne séjournent chez nous que pendant la belle saison et vont passer l’hiver dans le midi de l’Europe.
Lorsqu'un héron est blessé, il est parfois dangereux de s’en saisir, il donne de tels coups de bec qu'il fait des blessures profondes, plus d’un chien a perdu un œil er voulant se jeter sur un héron qui pouvait encore se défendre.
Héron cendré — Ardea cinerea (Linné) (pl. 19, fig. 2)
Taille 1,00, corps gris cendré, sur les couvertures des ailes de longues plumes grises et blanchâtres, con blanc, les plumes du devant marquées de noir et s’allongeant considérablement au point de former une touffe tombante à la poitrine, dessus de la tête noir, les plumes formant huppe, front blanc, des plumes longues encadrent le noir du dessus de la tête, bord antérieur des ailes blanc, deux grandes taches noires sur les côtés de la poitrine ; la femelle semblable.
Chez les jeunes, le gris cendré envahit toutes les parties, ce n’est que peu à peu qu’ils prennent la livrée des adultes, qu’ils n’ont qu'entre trois et quatre ans.
Œuf de 0,060 sur 0,040, d'un bleu verdätre uni.
Le héron cendré était beaucoup plus commun autrefois, nichant au haut des arbres et par groupes plus ou moins nombreux, on comprend que son gite est facilement découvert, d'autant plus aisément, qu'un de ces
grands oiseaux se tient constamment en sentinelle sur
Héron cendré
la plus haute cime et que vu sa taille il ne saurait être inaperçu. Au congrès scientifique de Troyes, il a été signalé une héronnière dans la forêt de Champignolle qui ne comptait pas moins de 172 nids, ce qui représentait une population d’environ un millier de hérons.
On a constaté qu'ils y arrivaient régulièrement le 6 mars et la quittaient le 6 août.
L'hiver, le héron cendré se répand sur les plages maritimes, sur le bord des rivières, à la recherche de sa nourriture qui ne diffère pas de celle de ses congénères, et voyage en petites bandes, par petites étapes, pour gagner les contrées méridionales.
Héron pourpré — Ardea purpurea (Linné) (pl. 19. fig. 1)
Taille 0,80, environ, dessous du corps brun ardoisé, mêlé de roux avec les plumes du dos longues et effilées.
Tête noire dessus, avec une huppe -et deux plumes terminales très longues, côtés du cou roux vif, avec une bande noire qui part de dessous l’œil et descend jusqu'à la poitrine, gorge blanche, devant du cou roux tacheté de noir, vers le bas les plumes s’allongent et forment une touffe tombante, poitrine et flancs roux vif, ventre noir gris à reflets; femelle semblable.
Chez les oiseaux qui n’ont pas atteint la livrée des adultes, le roux et le brun sont mélangés, toutes les teintes sont plus sombres et les longues plumes de la tête, du dos et de la gorge manquent plus ou moins.
Œuf 0,55 sur 0,038, d'un bleu verdâtre cendré.
Il niche plus souvent dans les roseaux que sur les arbres et est beaucoup plus rare que le cendré, habitant plus volontiers le midi de la France, ce n'est que dans ses passages d’émigration, qu'on le rencontre dans le nord et l’ouest, on le signale cependant de la Vendée et des environs de Lille.
Héron garde-bœufs— Ardea bubulcus (Savigny) (p1.19, fig.3:
Taille 0,45, entièrement blanc, le dessus de la tête, le dos, ct les longues plumes du bas du cou d’un jaune
roussâtre, bec, iris et pieds jaunes ; la femelle est entièrement semblable au mâle, en hiver les adultes n’ont pas les plumes du dos longues et effilées, de même que les jeunes qui sont d’un blanc uniforme avez le bec et las pieds noirâtres.
Œuf 0,045 sur 0,033, d’un blanc verdâtre.
Plus rare que les précédents, le garde-bœuf qui est surtout répandu en Afrique ne fait que de rares apparitions en France et surtout dans les départements méridionaux.
Héron crabier — Ardea comala (Pallas) (pl. 19, fig, 4)
Taille 0,42, d’un roux rougeâtre sur le dos, plus jaune sur le cou, Ia tête garnie de longues plumes jaunes avec des bandes noires, gorge et dessous blancs, bec noirâtre, pieds et iris jaunes ; femelle semblabla.
Les jeunes sujets n’ont pas de longues plumes sur la tête, et toutes les teintes sont brunes, excepté le ventre et les jambes qui sont blancs.
Œuf 0,038 sur 0,037, d’un beau bleu pâle.
Le crabier se montre accidentellement dans les départements du nord et du centre, c'est surtout à son passage d'automne qu'on a chance de le rencontrer en Artois et à l'embouchure de la Somme, où il a été tué maintes fois.
Héron butor — Ardea slellaris (Linné)
Taille 0,65 environ, entièrement fauve mélangé de noir, le dessus de la tête noir, le devant du cou est plus clair, bec brun en dessus, jaune en dessous à la
base, tour des yeux, iris et pieds d’un jaune verdâtre, l2s deux sexes sont semblables, les jeunes ne diffèrent que par les teintes plus enfumées et les plumes du jabot plus courtes et moins divisées.
Œuf 0,052 sur 0,038, d'un jaune ochracé, parfois
teinte de verdâtre.
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Héron butor
[' est commun au passage d'automne, il niche dans les roseaux et habite plus volontiers les contrées
méridionales.
Héron bihoreau — Ardea nyclhicoraz (Linné)
Taille 0,53, dessus de ia tête et dos d'un noir bronzé à reflets métalliques, trois ou quatre longues plumes
blanches étroites derrière la tête, ailes, queue et derrière du cou gris cendré; front, côtés de la tête, du cou et tout le dessous blanc pur ; femelle semblable, bec noir, pattes jaune verdâtre, iris rouge.
Les jeunes sont bruns avec de longues taches plus foncées au centre des plumes, les longues plumes derrière la tête manquent.
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L'eron bihoreau
Œuf 0,050 sur 0,035, d’un vert pâle cendré.
Le bihoreau niche dans les jones et roseaux, rarement sur les saules étêtés ou les petits arbres au bord des marécages qu'il fréquente, il vit sédentaire dans le sud et ne se trouve que de passage dans le nord.
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Héron blongios — Ardea minula (Linné) (pl. 19, fig. à)
Taille 0,31, dessus de la tête, dos, grandes plumes des ailes, ailes et queue noirs, tout le reste du corps d’un brun fauve très clair.
La femelle a les teintes plus enfumées et moins nettes, le dessus de la tête est d’un noir brun, de même que le dos ou les plumes sont bordées de roussätre, le ventre flamméché de brun,
Les jeunes sont d’un roux plus ou moins clair avec des taches plus foncées au centre des plumes,
Œuf 0,035 sur 0,025, d’un blanc mat.
C’est l'espèce la plus commune en France, il vit au bord des eaux, construit son nid dans les roseaux où le plus souvent sur une vieille souche. Ils arrivent en mai et nous quittent en septembre ou octobre, il n’est pas rare cependant d’en rencontrer presque dans le cœur de l’hiver.
Grue cendrée — Grus cinerea (Bechstein) (pl. 19, fig 7)
Taille 1,35 environ ; d’un gris cendré uniforme, le cou plus foncé devant et sur les côtés, côtés de la tête et derrière du cou blancs, front noir ; au-dessus de la tête, en arrière des yeux, la peau est presque nue et d’un rouge foncé, bec brun avecla base rougeâtre, pieds noirs, iris brun ; chez les jeunes, le cou est plus uniforme de coloration, le dessus de la tête est emplumé, le plumage est mélangé de roussâtre.
Œuf de 0,090 sur 0,065, fauve olivâtre avec des taches plus foncées.
Elle est de passage régulier dans la plupart des
départements du centre, de l’est et du sud, mais ne se
reproduit pas en France. À & Cigogne blanche — Ciconia alba (Linné) :
+ Taille 1,20, entièrement blanc, sauf les grandes plumes des ailes et les plus grandes couvertures du dos noires, bec etpattes rouges, iris brun foncé. Œuf 0,085 sur 0,060, d'un blanc pur. | PTT .
Cigogne blanche
La cigogne devient de plus en plus rare, elle niche encore dans quelques départements de l’est, et place
son nid dans les endroits très élevés, sur les tours des édifices, les cheminées, parfois aussi dans les marais même, en Algérie elle est très commune et paraît très familière au moment des amours; elle se nourrit de reptiles, de batraciens, de poissons, d'insectes ; le passage s'effectue au printemps et à l'automne, surtout la nuit, à ce moment elle est d’une défiance extrême.
Cigogne noire — Ciconia nigra (Linné) (pl. 19, fig. 6)
Taille 1" environ, d'un brun noir à reflets violets, pourpres et vert doré, ventre et sous caudales blanches, bec, pieds et iris rouges ; femelle semblable.
Les jeunes sont d’un noir plus ou moins sale sans reflets métalliques et maculé de blanchätre.
Œuf 0,075 sur 0.052, d’un blane gris uni.
Elle habite plus volontiers les forêts marécageuses, est d’un naturel sauvage et très méfiant, elle est encore plus rare que la cigogne blanche; établit son nid sur les jins et les sapins.
Spatule — Platalea leucorodrwa (Linné\ (pl. 19, fig. 8)
Taille 0 70, entièrement blanche, les plumes de la nuque longues et effilées, le devant de la poitrine marqué de jaune pâle, bec long très large et plat à l'extrémité brun noirätre, le bout et le bord jaunâtre, parties nues de la tête jaunes, pieds noirs, iris rouge.
Œuf de 0,065 sur 0,045, d’un blanc bleuâtre.
La spatule est surtout de passage en France au
Sputule
printemps et à l'automne, à ce moment, on la rencontre fréquemment, surtout sur le littoral et aux embouchures de rivière.