‹ Oisivetes de M. de VaudanChapitre 11 sur 81 · CANAL DU LANGUEDOC · texte numérisé non relu

CANAL DU LANGUEDOC

cxnnxMKT SBS vtaAjm et sbs avantages;

Les moyens de corriger les uns et d'atigmenter les autres, en le rendant capable de porter des bateaux de mer de 200 d 260 tonneaux, qui passeront d^une mer à l^autre sans rompre dwrge; ce qu'à en coHUera pour k imUre m cU étol, et Uê awmêm§9$ H uêUUi$ pi^U m pmnrm «tnir m rm^mm m

Le canal de la oommunicatlon des mers , dont on dit que

la première proposition ftit faite à Henri IV, et ta seconde à

Louis XIll, a été exécuté de nos jours, mais très-imparfaitement et sur une idée Lien au-dessous de celle sur laquelle on le pouvait entreprendre, puisqu'il n'est fait que pour des kiteaux plats, depuis Toulouse jusqu'au port de Cette, où l'on a Touiu (en forçant la nature) faire un port dans un lieu qui n'y avait nulle disposition, et dont l'ouvrage, qui est très-imparfait, a coûté des sommes immenses, et ne se peut achever ni rendre bon , qu'il n'en coûte encore de trèsooDsidéiibles; après quoi il sera sujet à de très^grands en-

66 oiaimnis

trctiens; ei si au bout de tout cela, on ne saurait répondre de la ^lidiié de ses jetées « qu'une tempête seule peut rompre en comUant une partie du port, comme il est déjà arrivé ; joint que les sable» du Rbùne qui roulent incea». samment le long de la c6te femplisaent ia plus gitnde

partie des excavations qu'on y fait, ce qui oblige à un travail perpétuel qui ne finira que par la ruine du port. Le canal même qu'on a voulu faire pour le communiquer à l'étang de Thau est resté à.d^ de sorte qu^iL n> aque de très-petits bateaux qui s'en puissent servir»

Si cette entrée du canal dans la mer est imparfaite) eeile de la Garonne ne l'est pas moins, car icLlit canal aboutit dans 49eUe rivière à une portée de. canon au-dessous de Toulouse^ où elle est le plus souvent basse à n'avoir pes deux pieds d'eau ^ et d'autres fois elle s'enfle tellement qu'elle tourmente les bords. Clés deux défauts très-fréquents rendent sa navigation impraticable la i)1ijs i^rande partie de Tannée» el le plus souvent il faut attendre des trois ù quatre mois avant que de pouvoir entrer du canal dans cette ri« vièie ou de là rivière dans le canal» ce qui est très^nuisible au oommerce. De plus, cette rivière, n'ayant que très-peu de profondeur depuis Toulouse jusqu'à la jonction du Tarn, il s'ensuit qu'elle n'est pas propre à la navigaiii^u .du. canal. . ,

l>epiuis cette jonction en bas» elle a un peu plus de profondeur; mais cela n'empêche pas qu'il ne s'y trouve uneinfinité d'endroits où il y a des roches et des bancs sous l'eau au-dessus desquels elle n'a pas plus du 3 à 4 pieds dq. profondeur» et cela se continue jusqu'à Cadillac» où le mon^. tant de la mer commence k se faire sentir. . .

De l'imperfection de ces deu^x embouchures qui cause un retard eobiidéràlîlei aalt une autre ineommodité qui ne

DE VA.UBAN. 67

l'est pas m(Has et qui Buit extrèmeinent au commerce, c'est 'qu'ii faut par nécessité rompre charge eu entrant et sortant dudit canal; cette dépense, jointe aux droits qu'il faut payer aux propriétaires et pour les peines des écUjsiers, fait que son conmierce est incomparablement audessous de ce qu'il pourrait être, si le canal était tel qu'il serait à désirer, ce qui ne se ferait pas sans diliicultés et bien de la dépense ; mais je n'y vois rien d'impossible et qui ne se puisse faire même en assez peu de temps. Pour cela , il faut s'en faire une idée bien au-dessus de celle sur laquelle on a travaillé, et se proposer tout l'avantage pos^^ sible. C'est pourquoi il est nécessaire de l'emboucher dans les deux mers par des ports naturels qui ne soient ai forcés ni sujets à se combler et où il y ait une profondeur d'eau suftisanie, tels que sont la Garonne près de Bordeaux,-' où le plein de la mer donne 12 à 13 pieds d'eau et le port dd Bouc en Provence. . I

Ces deux ports ne coûteraient pas 100 {ûstoles d'entretien par an s'ils étaient une fois accommodés; au lieu que celui de Cette coûtera 2,000,000 pour être achevé et 30,000 livres d'entretien par an ; après quoi on ne sera pas assuré qu'il puisse subsister six ans de suite, ^t si les vaisseaux qui y abordent de la pleine mer en de mauvais temps risquent beaucoup, parce que la côte est plate et enfoncée, de manièDe que les bâtiments qui s'y trouvent engagés ont bien de la peine à s'en relever, et s'y perdent très-souvent, cette céce, faisant le fond du golfe de dion, craint et redouté de tous des gens de noer, spécialement l'hiver, joint qu'il n'y a point de rade où l'on puisse mouiller. De plus, il y a une bonne forteresse à l'entrée du port de Bouc, qui y tient tous les bâtiments en sûreté. Le château d'If et ses rades qui ae^ont qu'à B on 7 Ueues de là, etie port de Marseille

66 oisravÉs

suppléent au surplus, et sont de très-bons asiles contre les edvsaires et les mauvais tempe, ce qui ne se ttouve point à Cette.

Il faudrïdt donc, sans s'amuser davantage à lutler contfe

la nature, laisser ce port comme il est, on du- moins n*y faire que de médiocres dépenses , et prolonger le canal depuis Tétang de Thau, qui a bonne profondeur tout le long de ceux de Frontignan, Haguelonë et Mauguie jusqu'à la radelle d'Aiguës- Mortes, et de là ou de tel endioit qui serait jugé le plus propre, conduire le canal jusqu'à l'entrée du Bourgidou, remarquant qu'il faudrait détourner les embouchures du Vistre et du Vidourle, et les éloigner de la sortie du canal le plue qu'on pourrait; continuer le canal par le Bourgidou, qui est un vieux canal ruiné jusqu'à Sauveréal, et là, supposé que le petit RbOne se trouve bwi et profond partout de douze pieds dans le temps des plus basses eaux, le suivre, sinon continuer par les endroits les plus GCH&ténables à cdté, sans autrement s'en éloigner, jusqu'à ce qu'on 'y trouve une ptrofondeur égalé, et continuer jusqu'au grand Rhôioie, Ihl grand ]Mi6ne, qui sera- j4^t à Fourques, descendre à Arles, où soit au-dessus ou audessous de la ville, ouvrir le canal de rechef et le conduire par la Grau à Phoce (Foz), le taisant passer par l'étang de ce nom, s'il est possiUe, observant de le tenir toiijourB le plus élevé que faire se pourra, en considérati<m des aqueducs et des approfondissements qui en seront beaucoup plus faciles, notamment dans la traversée de la montagne de Bouc, qui serait irès-diflicile, pour ne pas dire impossi- Me, si on ne soutenait pas le fond du canal à peu près au niveau de la superficie de la mer, remarque qiU mérite de n*itre pat négligée.

A l'égard de Teau nécessaire à la plénitude de ce canal (le

canal de Bouc), on pourra la tirer de la Durance par la Craponne, en rapprofondissant et élargissant s'il est besoin sans faire ton aux terres qu'elle arrose. Que ai on faisait passer le canal parcet étangs flopposé que la aoperieîedesQiieaolat aaiei âevée, tout en irait beaueonp mieux, paiee que ladite Craponne déposera le limon dont elle est chargée vers sa queue, et, de cette façon, elle n'en fournira que de claire et de nette au canal ^ observant cette conduite » on Tembouehera à la mer par nn saSy et dans le RbOne par un autre.

Et, pour ce qui est de la partie prolongée depuis l'étang

de Tliau jusqu'au petit Rhône, sa superficie suivra nécessairement celle desdits étangs jusqu'à l'entrée du Bourgidott ; là y on pourra examiner s'il est plus à propos de la lebausser par un aas^ ou de la oontinner sur le même niveau Jusqu'à rentrée du petit RhOne, auquel il sera joint par un autre sas. Au surplus , cette partie du canal en cas de rehaussement pourrait être abreuvée par Teau du Rhône, même en la prenant fort au-dessus par le moyen d'une rigole. Et parce que le lUiùne déixNrde quelquefois» et se répand sur le pays qui est fùn Imm» ce qui ne manquerait pas de remplir le canal, il n*y aura qu'à diguer ses bords à une certaine hauteur, des terres qui proviendront de son exca- • vation.

A l'égard de sa conduite jusqu'à Toulouse, il n'y a qu'à suivre celui qui est fait, rehausser partout la superfieîe de son eau de 6 pieds pour en avoir iS de profondeur» supposant que ces 6 d'obligation soient bien francs; c'est un moyen facile pour conserver les aqueducs nouvellement faits, sans quoi il les faudrait démolir.

Depuis Toulouse en bas» il y a à choisir l'un ou l'autre coté de la Garonne pour» en éloignant le canal de son lit»

70 mÊPiKtm

autant qn'tl m^Sn hmotnf \% oondiiîre par oelvi àt^émoL qu'on trouvera le plus facile et le moins cher jusqu'à Ca- .^lac ou bordeaux, obseryani de lui donner régulièreuMfit partout toites d« large nestiréM àla tujMrâd^éa Vmai, 10 ou 12 Uri86B an fond sur Id à Id pieds d'eett de peeimdeur > 9 à 4 pied» de borde ati-deieiî* et 18 piede de tame.

n» aerolit eompoaée de 2» 3 ou iéohises , plus ou noiAS

selon les besoins, de 28 pieds d'ouverture chacune, et de 2 ou 3 bassins entre 2, de 30 toises de long sur 6 de large, retèlus sur toute leur longueur de bonne et eolide maçon- . nerie et pavés sur le fond de dayonnage» plancher» ou pierres posées de ehamp et de pointe» bien pressées et entraversées de grandes pièces de bois.

Il faudrait fortifier celle de la montagne Noire, achever le réservoir de Saint -Ferréol, et en faire un deuxième à fCalse; moyennant quoi on aura toute Teau nécessaise au point de partage» Outre ee que dessus» de tons las ruÂs-> seaux, et rivîàres sur lesquels le nanal paaae» il est aisé de tirer des rigoles par les cotesux de lé droite ou de la gauche, lesquels ruisseaux et rivières porteront les eiuix dont on aura besoin dans le canal au moiyeu de petites écluses par oÀ on tes y £sra enaboneher» «èsmanide leur faim à

tous des déchargeoirs éloignés à quelque distance dudii canal, pour en temps de pluie, et quand l'eau se trouve, la pouvoir reiwroywr par saiii l* laisaat entrer dedans, m, de cette Utçon, il consmera la sienne tonjears cUdre et ■emew

Ceux qui sont faits pour le canal d'à présent ppwnont servir pour celui de l'avenir, puisqu'il n'y aura qu'à les

prolonger de 7 ou 8 toises de Tun ou l'auttre côté, et traverser les rivières sur des ponts au lieu des retenues qu'on a laites en travers^ qui rompent très-âouvent et arrêtent l§s sables de sorte que les bateaux ont quelquefois de le peine à y passer, ce qui attire des ouvrages perpétuas et entretiens considérables.

Contre^fossés,

On les doit faire parallèles au canal du côté de Tabord des eaux de pluie et lavasses, pour les recevoir et conduire 'SUS aqueducs él»i§atA de quelques toises du pied 4^ ces temS» et de ier|^* nécessaire à la réception et oonéaiite des eaux, et nihi|flas,'«equi'se Ceirtf en de eerteine'iietx et en d'autres non; ainsi ils ne seront pas tout à fait continus.

72 OISIVET^lS

Le conroi se doit faire à 9 ou 10 pieds du bord, parallèle à iceloi, de la largeur de â pieds et demi , enfoncé dana le vieux terrain jusqu'à la terre vive, et élevé aussi haut que le r^aussement des bermes, c'est-à-dire à 3 pieds mesurés

d'aplomb au-dessus de la superficie de l'eau du canal, ce qui doit être exactement pratiqué de part et d'autre sur toute la longueur. Ët quant aux bermes, elles doivent avoir S toises de large» sur la hauteur de B à 4 pieds au-dessus de là superficie du môme canal, leur terre -plein bien aplani, et le talus des bords réglé et battu de lit en lit de long et de large, de 6 à 7 pouces d'épais chacun jusqu'à hauteur parfaite, observant d'en faire toujours les superfi<* cies égales et parallèles à l'eau du canal, et de les bien afdanir.

Le$ mboutdmreê du cantU.

Elles se doivent faire par des sas bâtis les plus près de la mer qu'on pourra; après quoi s'il y avait quelque chose à «reuser povr en «Militer l'abord on le li^aîl Pfv te

nés ou à la main. - ' - > - >

DE VADBAN.

La fumHU i^imireê etmmtx faUi H é fèire qui pamrmU facilUer le commiree de la jonction des mers.

Le commerce de ce canal peut joindre celui des trois plus grandes rivières du royaume» et serait beaucoup augmenté par plusieur» autres petits canaux et rivières qui sont

ou peuvent devenir navigables. Celles qui le sont el qui entrent dans le Rhône sont la Saône el l'Isère, et celles qui ne le sont pas et pourraient le devenir sont le J>oubs depuis Montbéliardy TOuche depuis Dijon » l'Ain depuis Bourg» la Durance» si le pays qu'elle traverse en valait la peine» en faisant un canal à c6té» et le Gardon depuis Uzès; ce sont sept en tout, non compris le Rhône» qui est ici considère comme la tige.

Les branches du canal» depuis le Rhône jusqu'à Toulouse» qui sont ou peuvent devenir navigables» sont la Tobine ite Lune!» celles de Montpellier» de Péwnas» de Beziers , Agde et Narbonne jusqu'en Roussillon » avec trois petites ouvertures à la mer. Tune à Agde, Tauire à la Franquie, et la troisième à Cette ; plus une nuire branche à Carcassonne , qui a encore manqué le canal par sa faute ; la rigole dB Revel» naoyennant quelques écHises» une communication à Toulouse» qui entrerait dans la Garonne par le dessus de la ville, entre le vieux château et le basacle d'amoni ; le prolongement de la navif^aiion de la même jusqu'à Rieux et au-dessus; ce sont neuf branches non com-> pris le canal.

Les branches navigables de la Garonne depuis Toulouse à Bordeaux sont le Tarn jusqu'à Milbau» le ijon et la Bor-

T4 OMUFETÊS

tlogne; celles qui ne le sont pas et qui le peuvent devenir sont la rivière de Leictoure, la Baise, le Ciron et Tlsle, qui font sept en tout, non compris la tige. ' • :

Les rivières navigables de la mer océane, plus prochaines du canal, et qui pourraient aisément participer à son commerce, sont la Charente, la rivière de Marans, la Loire et la Vilaine, qui font quatre en tout.

Les branches navigables de la Loire et celles qui le peuvent devenir sont le Maine, la Sarthe et le Loir, qui se joignent à Angers; la Vienne et la Creuse, qui se joignent au ^port de Piles; Tlndre, le Cher, l'Allier et le canal de Mon- ' targis, auxquels on pourrait ajouter l'Aroux, qui vient d'Autun, et une communication de la Loire à la Saône; ce sont onze branches par la Loire.

Ainsi en voilà trente-six auxquelles ajoutant les quatre -tiges, ce sera quarante, qui toutes traversent, touchent ou approchent de fort près 26 à 27 provinces, et plus de 80 ^villes considérables , sans compter beaucoup d'autres plus •^petites et une infinité de bourgs ou villages qu'elles peuvent enrichir par l'augmentation et l'établissement du commerce.

Remarquez que, quand on parle des rivières et canaux navigables et qu'on peut rendre tels, l'intention n'est pas de proposer cette navigation pour des bâtiments de mer, mais seulement pour des bateaux plats qui tireront depuis un pied et demi d'eau jusqu'à 3 ou 3 et demi; non plus que les sas qui seront de portières à lléaux, si ce n'est à l'endroit où les rapides sont si grands, qu'on serait obligé de tirer des canaux hors du lit des rivières pour avoir la profondeur nécessaire, ainsi que nous avons fait à Strasbourg et Landau, ou bien à ceux où on sera obligé de faire plein canal, comme à r<iarbonne et Carcassonne; sur quoi il y a à obser-

Ml «MMM. V6

ver à ceux-ci qu'il faudra donner 6 à 7 pieds de profondeur d t au, afin d'y pouvoir faire entrer les allèges et autres petits l>âtiments qui \<mt à la mer.

Si 06 eanal était aehevô, il y faudrait autant de magasins ^ d« iasi lilin flaioto d* tw la» léiB» jonîfii^ daget» M* «t ^w^ÊOÊê aifioewalm» et a^oîr àob^aun das ' portai tillMei ipMes à naaembler ^mr suppléer an déliint

de celles qui manqueront, de même que dus ferrures toutes forgées pour celles qui peinent le plus, et prêtes à remplaoer aussitôt qu'il en manquerait qm}qBL*M»mb. U aaraitinfinie trè^-néeessaire que les éduaîeiaéMseat maréehaox et jeharpentiors, et partieuHèrement chargés de s'entre-aidw les uns les autres en cas de besoin; mais, pour en avoir de tels, il y faudrait procéder par ixm choix^ et non {lar les recommandations.

CeiuM0 d t$mr sur PontwlNr» dss $0$.

Comme il y passerait journellement quantité de bâti* mentSy tant de rivière que de mer, festime que pour ceuxci, un peu considérables y il fendrait Àlre sas toutes les Ibis qu*il s^en présenterait; mais, que pour ceux de rivière il faudrait attendra' qu'il y en eût d'assemblés pour remplir le sas, spécialement eu été, aûn de ne pas perdre les eaux mal à fiiopos.

Entretien du canal.

On pourrait. anni^pfefiaffév tomi» TéleBiliie oe cuitl aux iMiroiasea qni en aéraient distantes de 2 à 8 lieues de parc et d^autre pour Pentretien des nettoiements tontes les

fois qu'il en serait besoin, ce qui me paraît d'autant plus juste que l'ouvrage en serait petit, et l'utilité que son voisi* nage appoiierait» ««sidéfaMe> Au reste» il ÛHidrait Taffraiichir tant qu'^n^wartatty èt n*j méttx6'd6 droits. que ceux qui seraient absolunient néoessaires pour payer les gages (les directeurs et éclusiers, et entretenir les sas et écluses, ponts et aqueducs, ce qui se connaîtrait facilement en deux ou trois années d'e:q>6rienoe*

Estimation du canal prolongé et construit suivant cette idée.

$1". Partie «neieniM.

Depuis Toulouse jusqu'au port de Cette » le canal a de longueur 427,000 toises, qui, estimées à 48 toises cubes par

loi.se courante, attendu que le surplus est fait, donneront 2,286,000 toises cubes, qui^ estimées à 30 sols la toise, feront. . . ...... . 3,429,0001.

Areporkr 3,429,0001.

DE VÀUBAN.

Tf

Mi i

5 2. Parties neuves.

. D'autre part

Si on fait les parties neuves du canal de

18 toises de large, mesurées à la superficie de

l'eau, réduites à 10 dans le fond sur 12 pieds

d'eau de profondeur, il en sortira 28 toises

cubes par toise courante , qui , estimées à

30 sols la toise, feront 42 livres pour le prix ^

(le la toise courante des nouveaux canaux.

1° Depuis Toulouse jusqu'à Moissac, il y a • environ 27,000 toises, qui, à 42 livres, font. . 1,134,000

2° Depuis Moissac jusqu'à Cadillac, 60,000 toises de long à 42 livres la toise 2,520,000

3" Du cap de Cette à Arles, 42 toises de long à 42 livres la toise 1,764,000

4° Depuis Arles jusqu'au port de Bouc , 27,000 toises à 42 livres la toise 1,134,000

Que, si au lieu des 10 toises proposées pour la largeur du fond, on voulait bien lui en donner 12, en considération des vaisseaux ronds qui, dans les rencontres, pourraient ranger le bord de plus près, il faudrait ajouter 2 toises cubes par toise courante sur toute la longueur du nouveau canal, ce qui reviendrait à 512,000 toises cubes qui, à30sols, feront 768,000

Total du prix des excavations (1) du canal,

depuis le port de Bouc jusqu'à Cadillac, 10,749,000 1.

(1) Les excavaUoAs cubeAl 7,i6b,0ûO toises. A.

7S oanMtt.

Nota» 1** Que, si la petite brassière du Rhône peut servir depuis Silveréai jusqu'à Fourques, ii y aura de mains 7 grandes lieues où il ne faudra rien iaire, attendu même que Tétang de Thaa est de profondeur suffisant^ sur un espace de plus de 3 lieues. On ne rabat cependant Hen pour cette longueur à cause de la difficulté et plus value du canal qui doit traverser les étangs de Frontignan, Maguelone et Mauguio» où il y a très-peu de profondeoTy qu'il faudra creuser ayec des machines el soutenir les bords de pierres.

2° Qu'il ne laudiaii pas approfondir ce qu'il y a de fait plus bas que les G pieds qu'il doit avoir pour conserver ce ^ qu'il y a d'aqueducs en état, mais rehausser et conroyer les bords jusqu'à 4 pieds au-dessus des 12 demandés pour la profondeur de Teau» ce qui se ferait plus aisément ^ à meilleur marché que si on approfondissait davantage.

3*" Qu'en conséquence de l'article ci-dessus, il se faudrait gouverner de même pour les parties du canal qui restent à faire, ce qui faciliterait beaucoup la làçon d^ aqueducs, épargnerait bien du mauTais terrain et des épuisements d'eau.

§ 3. Suite de resUmatioiu

1» Les excavations déjà câlknâées. .... ^ù^^êSi^^L ^ élément 4« laios des fcords^ apiMiis sèment des berMS«t40i»oi8«dsB4MK<oM8À

raison de 30 sols la toise. dé^^^ .

3** Pour le contre-fossé servant à conduire aux aqueducs les eaux qui tomberont des hau-

â>Mpenvr. ....... ii,iu,m ù

D'autre fart 11443,500 L

teursi 35(^000 tpiises estimées à 20 sols la toUe,

ci 260,000

4^ ProloDgatioa de 25 aqaedacs à 2,000 liv.

pièce 50,000

5° 15 nouveaux à faire à 10,000 liv. pièce. 150,000 6^ 100 poDts à charrois à faire el refaire sur le canal, estimés à ^000 liv. pièce. Tan por^

tant l'autre» ci 800,000

7^ 108 sas à démolir, dont les matériaux

pourront servir, estimés à 50,0U0 liv. pièce, ci. 5,400,000

8" 50 sas nouveaux qu'il y aurait à faire, estimés à 60,000 liv. pièce, ci 3,000,000

9** Rigoles pour conduire les eaux dans le

canal. 250,000

10** Réservoirs lÛO^OOO

11" 50 ni;iL;asiiis et logements d'éclusiers

estimés à 3,000 liv. chacun. 150,000

12" Dédommagements 200,OQO

13° Faux frais et dépenses imprévues. . . 1>506,500

Tolal. 23,000,0001.

Voilà à peu près ce qu'il en coûterait pour la façon et achèvement du canal.

Au surplus, la grandeur de cette dépense n'est pas un

sujet de rebut, puisqu'elle peut être partagée en huit ou dix années de travail, et que, de 23,000,000 de dépense dans le milieu du royaume, il en sortirait moins d'argent que de * 200,000 écus sur la frontière, joint que cette dépense, étant éipaadue aur 120 lieues de long et 10 à 12 de large , ces pays et ceux qui les touchent s'en trouveront fort améliorés, et.

après UMf ce serait semer d'une main et recueillir de l'autre.

IVailleurs» le roi n'en peut pas faire de plus légitime»

puisqu'elle n'aurait d'auue but que raugmcnlation du bien de l'Etat et des sujets qui le composent, qui n'en payeraient que mieux la taille. ^

Vofôbs le plus brièvement que faire se pourra le temps et lés ouyrieis qu'il y faudrait employer. Supposé lue paix bien ^i>lie, et que le roi eût pour agréable d'y employer une mviic considérable de son infanterie, si les bataillons sont complets au commencement des campagnes à bOO hommes y il est à présumer que l'un d'eux pourra fournir tous les jours 460 hommes au travail pendant les mois de mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre et octobre, que nous estimerons scul( rncnt à 20 jours chacun , f usant pour les 8 mois 160; le travail d'un bataillon estimé à 150 toises cubes par jour donaera 3^000 toises par mois, et par an 24,000 toises cubes*

Le canal a de longueur, depuis Cadillac jusqu'à Bouc, 283,000 loiiscs, qui contiennent 7,lG(.i,UUU loises cubes de déblai. En supposant qu'on veuille le terminer en 7 ans, on trouvera le nombre de bataillons qu'il faudrait y employer par le calcul suivant.

Un bataillon remuera en 7 ans 168,000 toises cubes de terre (à 34,000 toises cubes par an) ; partant le nombre de baïuiilons nécessaires sera égal à

^ — - — = ^4 bataillons.

168,000 ^ *WMMWV«D.

Supposé que lu ia^oa des ii^joles, réservoirs, ponts, chau»

ce qui est très-possible, ces ouvrages étant bien moins considérables que les remuements de terres, on pourrait mettre l'eau dans ledit canal à la ûn de la septième aimée» à compter du jour qu'il aurait été commencé, ou tout an plua tu commencement de la huitième amiée»

UXIUTÉ DU QAJSAJL.

Ce projet pourrait avec raison paraître impertinent , sip après avoir proposé tant de peines et de dépenses» on n'en faisait Toir l'utilité; c'est aussi ce que nous allons Mte; mais, avant que d'entrer en matière» il est bon d'être aveHi que le canal disposé et approfondi suivant les mesures cidevant expliquées, et rempli de la quantité d'eau demandée par le premier article» sera c^ble de porter des bâtiments de mer de âÛO MueaiB» c^ertà dire 600 million pesant; 2^ que les sas et écluses» de môme qne la profondeur du canal, doivent être réglés sur ce pieds-là, en sorte que ces bâtiments puissent passer d'une mer à l'autre sans rompre charge ; 3"* que tous autres Mtiments de mer audessous de 300 tonneaux y pourront passer» même les gaines» les uns et les autres très-fiicilement soit en montant ou descendant; 4* tous les iMteaux d'eau douce, de quelque longueur et largeur qu'ils puissent ôlre; 5" que le tirage de ces bâtiments, soit de terre ou de mer, se pourra faire par des chOYaux» les bords étant disposés pour cela» et Bràme

cHfisiii» v« I* ê

S9i oiSivriKâ

par liât relais quand on voudrait faire une, diligence traordinaire. De cette façon , le canal ^ ayant quelque 490 lieues communes entre les deux embouchures, le trajet se pourrait laire d'une mer à l'autre en 20 jours, à ne faire que 6 lieues par jour, et en a^«ervant de relais en 10 ou 12 au plus; d'où s'ensuit q«^ ^/pourrait établir des diMjjMinai comme sur terre» et que quantité de gens le long de ses bords pourraient gagner leur vie à faire de ces sortes de voitures; 6** que, (jii()i(iiic la piulondeur no soit ici pt oiioscc que de 42 pieds, ou y en pourra mettre jnscju'à 14, parce que les bords sont supposés devoir être élevés de 8 à 4 pieds audessus de la superficie de l'eau, de même que les portes et bajoyers des écluses .

n se peut diviser en commerce du pays et commerce étranger. Le commerce du pays est celui qui, sans sortir,du royaume, se fiiit de ville en ville et de province en pro* vinée^ et ^'étranger est celui qui se fait du royaume aux pays étrangers. Celui du pays , quand les èommunioations sont libres et faciles, sert à faire que les provinces se puissent entre-communiquer leurs besoins sans ôire obligées de les aller chercher ailleurs, en quoi la France parait mieux disposée qu'aucun autre pays. Il sert encore à ûiciliter la elro«ta«lon et le mouvement de l'argent, non moins nécessaire au corps pditique que celle du sang au corps humain, à l'entretien et subsistance des peuples, et enipôche que rargent ne demeure oisif ou ne sorte du royaume pour pas* aar «Ans les étraugm. A la vérité, il B*appoarfe pas d'ai^eni

(Mi ntrBAN. 8S

nouveau dans TËtat, mais il couscrve celui qui y est, et rempècbe d'éire inutile} celui-ci doit être permis, facilité et exdté par toutes les parties du royaume autant qjOL*!! est possible.

Le commerce étranger ne doit guère être permis que pour les marchandises nécessaires à la vie, à l'habit, à la médecine et à de certaines fabriques, dont les matériaux ne se trouvent point chez nous, à moins qu'on ne fasse comme les Hollandais, qui ne vont chercher les inutiles hors de chez eux que pour les revendre ailleurs. Il doit être défiindu, quand, pour des marclumdises qui ne regardent que le luxe et les modes, il sort plus d'argent du royaume qu'il n'y en apporte ; mais celui qui nous peut apporter' du nouvel argent ne saurait Otre recherché avec trop de soin.

M(mmi9.

Après ces définitions établies, je dirai comme en passant qu'on pourrait faire plusieurs ménagements en France sur le commerce qu'on néglige, et à mon avis, très-mal à propos. Par exemple, les Hollandais et les Juifs nous ont tiréadroitement, et par sous main, quantité d'argent, parce que notre monnaie étant à un plus haut titre que la leur, ils trouvaient quelques sols à gagner par écu en la refondant et convertissant enleur espèce, qui est d'un plus basaloi. Il me paraît que pôiir y remédier il n*y aurait qu'à réduire la nôtre au même titre, sioyeDnantquoi cette pratique auraitcesséd*elle-méme. n y a à la vérité, uni moyen bien plus noble, mais plus diflicileque celui-là, qui serait, de faire une asscuihlée de députés de la part de toutes les principales têtes couronnées

84 OUttTKÉS.

de la chrétienté, qui ont droit de battre monnaie, de convepir d'un titre et d'une monnaie universelle, et décrier de coQcerl et à même temp» toutes les autres. Si je ne me trompe^ tontes les grosses puissances y trouveraient leur compte et toutes les Mponnerîes qu'on pourrait encore faire là-dessus seraient prévenues.

Nouveauté.

Quand les Hollandaîs, fins et adroits marchands» 8*il en

fut jamais, et toujours appliqués à leur fait, ont trouvé moyen de nous introduire quelque nouveauté qui a flatté notre luxe, au lieu de les chicaner et de contrevenir aux traités que Ton a avec eux, il ne faut qu*en faire de pareille ; dépenser quelque chose pour la faire donner pour un temps à meilleur marché que la leur, en mettre quelque autre à la mode et leur en porter de celle là, et encore de pareille à la leur, et ainsi de toutes les marchandises qui n'entrent chez nous que pour nous tirer plus d'argent qu'elles n'y en apportent

On pourra en user de même à l'égard de la porcelaine de la Chine, puisqu'on en fait depuis peu à Rouen d'aussi belle ; il ne faudrait pour cela que désintéresser honnêtement celui qui l'a inventée et Tanoblir, cette invention étant de la nature de celles qui méritent des réccmpenses honovaires et utiles y et en ce faisant l'obliger à la donner à meilleur

marcbé et à faire part de son secret à plusieurs aatres, afin que la 4aaritité qui s'en ferait dans le'royaume pftt satisfoire au luxe des Française! des étrangers, cbez* qtii on en pour^

rait faire un grand débit ; on ne mettrait guère à lui donner tous les raffinements possibles pour la rendre encore plus belle.

Saie,

Nous tirons une prodigieuse quantité de soie des pays étrangers, ce qui ne se peut sans sortir de très-grandes sommes hors du royaume. C'est ce qu*il fiiudrait approfondir et en bien connaître le dommage, après quoi , se donner

plus de soin de faire planter des mûriers et d'élever des vers à soie en Provence, Languedoc et Koussillon, et en bonne partie de la Guyenne , afin d*en fabriquer le plus qu*on pourrait cbez nous.

Café.

Depuis quelques années Tusage du café s'est tellement introduit en France qu'on ne trouve point de maison tant

soit pou aisée qui n*en use. Comme il vient des pays étrangers et qu'il ne se peut que ce commerce ne nous emporte beaucoup d'argent tous les ans, j'estime que, au lieu d'en défendre Tusage, il vaudrait mieux faire recherche des lieux où il croit, en bien observer les situations à Fégard du so* leil et de la lempéraiure de l'air, la qualité de la terre, de quelle manière on le cultive, et chercher en France des

96 pmnwtm

lieux convenables et qui eussent le plus de rapports qu'il se pourrait au pays d'où on l'aurait tiré. Il s'en trouverait sans doute eu Provence, Languedoc et AouMÂUon ; ajurès quoi y en faire flemer* Gela enricherait ceapacoTîncea et e»pteli«rait Targeal de sortir du royaume.

Epicerie.

Ou pourrait faire la même chose des épiceries dont il se oonflomme en France pour cinq ou six cent mille écus par an, qui est autant d'argent perdu pour le royaume par notre fôate, vu que les lies de l' Amérique étant à peu de chose

près silures sous les climats où elles croissent aux Indes, il ne berait pas impossible de tirer des semences de poivre, clous de giroûe, noix muscade et canelle, après avoir bien fait remarquer par quelque homme d'esprit la qualité des terres où elles croissent , leur aspeist à l'égard du soleil , de quelle manière elles sont battues de ses rayons et leur culture, choisissant des lieux semblables ou approchant dans nos Iles. Je suis persuadé qu'elles y croîtraient comme dans les lieux d'où on nous les apporte; mais il faudrait auparavant faire un essai dans un jardin clos, secrètement , sans bruit, elles y cultiver avec soin, après quoi en semer tant qu'on pourrait par toutes les îles, dont il se faudrait bien assurer par de bonnes forteresses , bâties, non par des innocents y mais par des ingénieurs tous des plus capables. Cette culture en fournirait dans peu de 'temps toute la France et^ bonne partie des pays étrangers.

Xacîre,

rai oui dire à des gens d'esprit» et qui le savatent de lx>nne part, que la France tirait pour un million par an de

cire des pays étrangers. Pour empêcher cela, il n*y a qu*à obliger les paysans de nourrir des mouches à miel, ce qui est fort aisé puisqu'il n'en coûte que le bloc sur lequel on les met» et un cabas ou paillasson pour les logw* Revenons au canal.

UTILITÉS nu GAHAL.

S'il peut porter desbâtiments de trois cents tonneaux d'une mer à l'antre sans rompre charge, il s'ensuitra qu'ils en fsnmt le trajet deux on trois mois p] us tOt que ceux qui sont

obligés de taire le leur d'Espagne, et qu'ils éyitcront tous les risques de la mer qui consistent d'une part aux vents contraires, aux calmes et aux tempêtes qui souvent perdent le marchand et la marchandise, ou à des relâches dans les ports d'Espagne ou d'Afrique qui en temps de paix coûtent beaucoup , et en temps de guerre font perdre vaisseaux, marchandises et la liberté à ceux qui pour sauver leur vie sont contraints de la conserver à ce prix ; et d'autre part aux dangm des ooisaires turcs ou chrétienc^ avec lesquels des uns on des autres il est très-diffieile que nous n'afons toujours quelques démêlés; mais moyennant l'érection de ce canal> ces dangeis qui nous sont prtoeatement œvimuns

88» ùmmwÈS'

avec tous nos voisins seront pour eux, et tout ravaniage pour nous y en ce que leur commerce baissera pendant que le mbite s'augmentera , et que nous pourrons faire la course impunément oomme les autres, aux dépens de ceux qui ne seront pas de nos amis, sans qu'ils puissent prendre le même avantage sur nous.

Toutes les provinces voisines ou traversées du Rhône ou de ses rivières pouvant commercer avec toutes celles de la Garonne» de la Loire et des rivières et canaux qui s'y rendent» il s'y pourra établir des correspondances dans toutes les villes à portée du canal , même entre les plus éloignées pour le commerce du dedans du royaume, lequel se pourrait étendre dans une infinité de grosses et de petites villes, et bourgs et villages» qui y trouveraient un profit considérable par la vente ou échange des denrées qui abondent dans un pays et manquent dans un autre. Par exemple, le comté de Bourgogne (la Franche-Comté) abonde en bois droits et torlus de toute espèce et de toute façon , en sapins très-pro* pies à toute sorte de bAtiments ; en trè84)on fer et en acier, et pourrait abonder en chanvre» lin et légumes, s*il avait moyen de les débiter; mais il manque de bon vin» et en quelques endroits, de blé, d'habitants et de bestiaux, n'en ayant pas la moitié de ce qu'il pourrait nourrir, s'il était bien peuplé ei qu'il eût débit de ses dmrées» ce que la navi> gatiOD du Doubs et du canal loi procurerait trèS"eboiidam-> , ment.

La Bourgogne duché pourrait envoyer ^es vins à JLyon^ à

AirignoQ, Atarseille, Toulon , et à toutes les villes de Lan» gaedoe, tttae à'Perpignaii^ Toaloose 6C Botdeaux » et une infinité d'autres denrées» c<Hnnie graitt, lilé> pois, lâm^

chanvres, huile de noix, de navette, etc. ; et ainsi de tourtes les autres provinces, Jl n'y a pas jusqu'à la Touraine qui ne pût aisément faire part de Tabondance de ses fruits à Marseille et Toulon où ils sont très^itres, et ainsi de mille autres sortes de marchandises. H y a beaucoup d'autres ménagements à faire Mlir lé foyttUfiÉe qui pourraient améliorer et augmenter ses revenus et son peuple, tels que sont une infinité de manufactures qu'il n'y aurait qu'à établir à propos en y faisant quelques dépenses de la part du roi dans . les commencements pour les mettre en train ; la culture des terres qui est assez négligée, notamment à l'égard de pltt-^ sieurs p^rains, herbes , arbres et arbrisseaux très-utiles, qui manquent en plusieurs provinces. * - --^^^

Amilwriliwfi des terres.

L'amélioration des mauvaises terres, dont les unes se* raient bonnes à une chose, les autres à l'autre, si-ellea étaient bien cultivées, recherchées et employées à ce qui leur serait propre. Combien y aurait-il de gros bestiaux en

Languedoc, Provence et en ix aucoup d'autres provinces où il on manque, si on facilitait l'arrosement de tant de terres sèches et arides qui font partie de ces pays , et qui ne pvo» duisent presque rien, dont on pourrait cependant faire de bonnes prairies? Pourquoi faut-il que les peuples de Hoossillon, qui s'en servent si utilement, soieiu en cela plus habiles que les nôtres ? 11 y a dans le Languedoc seul plus

de 460,000 arpents dd marais , dont les Hollaudais feraient lo meilleur pays du inonde , qui ne produiMat que des TOiMiix et des mouches bovines.

r«i w des contrées dans le Goientin où il y en t plus de 80,000 arpents qui seraient capaldes de produire les meilleurs herbages du monde, et de nourrir 15 à 1G,U00 bêtes chevalines, s'ils étaient desséchés.

Par les eipériences et calculs que fat fidts en diiKrente

pays , je trouve que la France pourrait nourrir, de son cru,

plus de 2,500,000 bêtes chevalines, qui produiraient par an plus de 250,000 poulains, d'où j'infère que si on avait eu soin d'y établir des haras et des étalons de bonne race, on en aurait pu tirer autant de chevaux qu'elle en aurait besoin pour la guerre, le charroi et au delà ; mais outre que ce soin a été fort négligé par le passé, il est arrivé que dans la distribution qui s'est faite des étalons dans les provinces, ceux qtd en ont été chargés s'en sont acquittés avec si peu de connaissance et de jugement, que loin de remplir le royaume de bonne race, on en a gâté de fort bonnes qui se trouvaient en Normandie et I.iniosin. Du moins j'ai vu plusieurs gentilshommes de ces provinces s'en plaindre..

Des chevom*

Pour avoir des chevaux dont l'espèce puiaie ^améliem

et proiiier dans nos pays, il les faut tirer de ceux qui sont plus mauvais et plus froids, tels que sont les anglais et lea algayea d'Allemagne pour la Bourgogne et le Morvand» l'Auvergne» le Bourbonoaia; ceux des provinosa septa»trionales d'Espagne pour le Languedoc, le Ronssillony la Provence et la Guyenne, et ainsi des autres, car il est constant que les races de chevaux et autre gros bétail profitent et s'améliorent de même que les plantes» quand on les tire d'un pays mauvais pour les transporter dans un meilleur» et que quand on les tire d'un bon pour les élever dans un mauvais , elles dégénèrent et s'avilissent. Il faut aussi avoir beaucoup d'égard au soleil , car où il est le meilleur, là sont les bons chevaux» témoin ceux d'£spagne» de< ?ïaples et de Barbarie.

Tai vu des étalons barbes dans nos pays qui n'ont produit que des poulains extrêmement hauts sur jambes, et par conséquent faibles et de peu de service.

U est encore vrai que les races de chevaux d'Espagne , je veut dire les Andalous» et autres provinces méridionales» dégénèrent en France» et qu'à la deuxième ou troisième

g^ération, on n'y retrouve plus la vigueur des premières. Peut-êlre que si on avait soin d'avoir des cavales de môme espèce, que leur bonté se conserverait plus longtemps ; mais on ne Ta pas iait» et cette négligence nous a produit des races bâtardes qui» étant perpétuées de même» il est impos» sible qu'à la deuxième ou tioîsiènie Vmfèc^ m% soit «han-

W tntmm •

gée. Il est de cela comme des noirs qui épousent dos femmes blanches de père en tils, car il est ceriain qu'à la quatrième génération on ne reconnaît plus le premier maure.

On a donc manqué dans le choix des étalons et dans la distribution qu'on en a faite dans les provinces, où l'on m trouvé moyen de convertir cet établissement dans une espèce demaltôtequi est fort onéreuse à ceux à qui on donne la garde des étalons que Ton en rend responsables, après les avoir estimés au double de ce qu'ils valent ; ensuite de quoi on exigcf^ m écu pour toutes les cavales qui en sont couvertes , d^oàf il arrive que les paysans, chez qui un écu tient lieu d'une somme considérable , aiment mieux les faire couvrir par leurs mauvais petits roussins, que de les mener dans un lieu Où il en coûte si cher. De les y contraindre il ne serait pai^ juste, et ils ne nourriraient plus de chevaux si cela avaii^ lieu.

II y a encore une raison en France qui empêche qn*il ne s^y trouve que très-peu de bons chevaux, c'est que les pay* sans sont trop pauvres pour les pouvoir bien nourrir, et attendre quatre ou cinq ans pour s'en défaire ; il les vendent ordinairement à dix-huit mois on deux ans , ou les font tirer ou porter piesqu'aussitôt, ce qui les empêche décroître et les ruine do fort bonne heure.

Ce soin devrait être commis à la noblesse de la campagne qui s'y connaît mieux, et on devrait ne point donner d'étalons mais l'exciter d'en avoir et de s'en servir pour toutes les cavales de ses terres, lui régler pour cela une petite rétribution de trois à quatre boisseaux d'avoine et deux poules ou chapons pour chaque fois qu'on les ferait couvrir* Les paysans feraient cela volontiers, parce qu'il ne serait pas question de donner de l'argent, qui est ce qui les rebute et les empêche d'y mener leurs cavales. 11 faudrait même

exciter les gentilshommes d'en faire commerce, et cela conviendrait très-bien à leur condition.

J'ai ouï dire que dans le temps que M. de Mondejeu, du depuis maréchal de Schulemberg, fut gouverneur de Rue, petite ville de Picardie, dont la dépendance est d'assez grande étendue et où il y avait assez de cavales d'assez bonne taille, il trouva le moyen de se faire vingt-cinq mille livres de rente, par avoir quinze ou vingt beaux étalons avec lesquels il faisait couvrir toutes les cavales de son gouvernement gratis, mais dont il se faisait représenter les poulains à dix-huit mois ou deux ans, et s'il y en avait quelqu'un qui lui plût, il en, donnait vingt-cinq écus et les faisait mener dans son écurie où on les tenait deux ou trois ans sans faire autre chose que de les bien nourrir et panser ; après quoi c'étaient des chevaux faits à peindre , de quatrevingts, cent et cent vingt pistoles, domptés et très-bien dressés. J'ai même ouï dire que les paysans s'accommodaient fort bien de cela, parce qu'il était fort exact au payement, èt que dans peu de temps le pays se trouva peuplé de fort bonne race de chevaux. Au reste, qui voudrait rechercher ce que les chevaux de carrosses et de cavaliers font sortir d'argent du royaume; j'estime qu'il se trouverait telles années qu'il y en a pour plus de deux millions qu'on pourrait fort bien éviter, en se donnant un peu plus d'application à la nourriture de ces animaux.

Des mines de plomb et autres.

. il n'y a point d'embouchures de rivières dans la mer où

91 mmmtÊ

il n*y tit ^beaucoup de terres à gagner à qui en voudrait faire

la dépense.

11 y a encore une intinité de choses à faire pour l'amélionoion des terres et l'accroiaseoMnl des bestiaux dans le royaume» qui pourraient en augmenta les peuples et le$ reTenus-d'on tiers, si elles étaient mises en valeur. Il est mémo irès-( eriâiii qu'il y a des mines de plomb, de cuivre eld ai geiu i|ai|u;4Miui£»ieut beaucoup si elles étaient bien r^i^b^DObéesi mie poQr cela il ne faudrait pas 4ue le roi» à qui eUes iHNi^t>imient de droit, se rebutAt pour ne pas tirer le double ou le triple de ce qu'il y aurait dépensé : cela serait bon à des |)ai liculiers qui n'ont pas le même intérêt au bien générai de l lillat que lui»qui doit avoir pour principe univers44ibpro««w4o«»lii moyens praticables de subsister à ses siéltoiet4'augmenter l^ariient dans son royaume. Ainsi, supposé que sa majesté dépensât vingt mille écus par an au travail des mines et qu'il n'en retirât que la moitié, il n*y perdrait rien puisque Targent du royaume en serait augmenté de dix mille éeus^^que toute la mise qu'il y aurait fiiite lui reviendrait^ apeds avoir contribué à la subsistance des peuples d*alentour qui s'augmenteraient à proportion que les moyens de vivre s'y accroîtraient; mais je ne me suis que trop écarté de mon SHiet» revenons an caiial.

Smie des fOUUéê ê» canal.

Les embouchures du Rhône pour lesquelles on a tant ùtit de dépenses» et qui sont et seront toujours incorrigibles» ne seraient plus d'aucune considération si ce projet avait lieu. |ê.eqmMi«e te Uklkm, 4m te flwoone et de la Loire

se pourrait communiquer par le canal; les provinces même les plus éloignées de la Méditerranée, comme les deux Bourgogne» et la Bresse^ poarraieal aistaient laife coainefee ei établir des GorrespoodaiiMt «u. pktt éloîgiiéot^ coaind ln^ BtuoeetlaTouinine. «v '^-^ >

Le commerce du levant au ponant demeurerait tel qu'il est à l'égard des Italiens et Espagnols ; mais il ne tiendrait qu'à nous d'anéantir ou du ittoin» fort diiniaiMrMtti'qiieM^ Anglais» MeJ^néifl 0t autres nations ûvk nor4 y font , et il esf évident que pour peu d'application qu'on voulût se éemiep sur cola, tout l'avantage qu'ils en retirent passerait chez nous, parce que le transport des marchandises se ferait plus promptement» avec bien moins de frais et plus du sftaeté.

On peut dire la même ebose à regard du commerce &m ponant au levant donttont Tavantage serait encore pour les Français par les raisons que dessus. ■ "•^ '

Je ne dois pas omettre ici une cliose qui me semble digne de remarque, qui est, que si on considère bien la situation de la France au respect du ciel» on trouvm que le Béarn, la Gascogne, la Guyenne, le Boiiergue, le Périgord, le limousin, laSaintonge, l'Angoumois, le Poitou, la ïouraine, l'Anjou et partie de la Bretagne ont une pente du levant au couchant, ce qu'il est aisé de remarquer par le cours des rivières ; que l'autre partie de la Bretagne, la Normandie, la Picardie, l'Artois» la Flandre, l'Ile de France, la Champagne, partie de la Bourgogne, le Nivernais, l'Auvergne et grande partie du Lyonnais en ont une autre qui se dirige au nord; que toutes les provinces des environs de la Sa6ne et du Rhône, comme partie du duché de Bourgogne, la Franche-Comté, la Bresse, partie da Lyonnais, le Vivarals, le Bauphiné, le Gomtat, la Provence, le Languedoc et le Roussillon ont leur pente vers le midi{ 00 qui produit autant de divers degrés

de chaud et de froid et de différences dans les productions (i). Aucune n'est plus sensible que celles des provinces septentrionales aux méridionales. Car il est certain que les herbes^ arbres et fruits qui croissent en Normandie, Picardie, etc., ne croissent que peu ou point en Languedoc, Provence et Roussillon , et que les pommes, prunes, cerises et poires sont aussi rares en celles-ci que les ligues et oranges en celles-là; mais cette différence va bien plus loin, car quand les années sont bien tempérées dans les provinces septentrionales, ce qui les rend très-fertiles, les chaleurs sont ordinairement excessives dans les méridionales,cequi les rend stériles; et quand les années sont bien tempérées dans les méridionales, tout est pourri par les pluies dans les septentrionales; d'où s'ensuit que quand l'abondance est chez les uns, la disette est chez les autres. Or il sera facile d'y remédier par la navigation du canal, sans qu'on soit obligé d'avoir recours aux étrangers qui n'ont de charité pour nous qu'autant que notre argent les accommode. ;T«,i«iw iWJt ^m -hii^ Aà ^.' v

Des blés.

Je dis ceci, parce que je ne vois pas de meilleure marchandise que les blés, à cause de la consommation qui s'en fait journellement dans le monde. Cependant, comme tous les pays sont différents et qu'il s'en faut bien que tous soient également fertiles, il se trouve beaucoup de contrées et même de grands pays qui en manquent, et qui sont obligés d'en

(1) Les mots souUgnés ont été igoutés. . .

tirer I9 plus grande partie d'a&leofSt comme la Hollande» la

Zélande, la Biscaye, la Galice, la Provence, la côte de Gênes et quelquefois toutes celles d'Italie, de Barbarie et de la ikôce. Or» en tel cas» soit de la Normandie , Pioardâe, Bretagne^ eiCCb, ou des environe de la I/iire» .G^yep^ierel p^s d'aleMour de Ui Garonne, ou enfiki de ceux du lâiône et «e la Saône, il est certain que toutes pourraient faire part de ce qu'elles ont de trop à ceux qui en manquent dans nos ^royinc^ ^ii^o^ le profit qx}^^ tirerait, au^|^|^.4^|r|(^

pourrait leur en ported'. V^-»^ ; .

Il ne sera peut-être pas TOiAkpt^ff$i& de faire ici mention d'une famme très-cruelle qui surpijt rAjujou, le Maine el la Touraine en 1661^ q«e la récolte^|^|j|^ant été i^rt^ijiaédiocre» ces firoTinees iie IMaamS^M dt'fl^^ aux étrangers à l'ordinaire, sans que pcmonne ie iîbtt en devoir d'examiner s'il en resterait suiBsamment pour l'usage des peuples jusqu'au renouveau^ d'où s'ensuivit que la disette commença dÉa.lAii|^ de janvier/ et devint si grande par la au^te que le èéi^de blé se vendit jiuqu^à dix éciis, ce ayant épuisé les paysans en peu de temps, ils fnrent réduits au pain d'avoine, de pois, de vesce, de revanne de blé, et ensuite au gland, au pain de racines de fougère, à la moelle des ttottcs de choux et aux herbes crues. £t comme tout cela leur manqua à la fii^ Ua fuirent oMigto d'abandonner leurs demeures et d*errer çà et là dans les pays voisins où Ton pouvait leur faire charité; ce qui causa la mort à plusieurs, qui étant pressés par une longue et cruelle faim, leurs boyaux se rétrécirent tellement que» quand ils trouvèrent à ma/iger, ^il y en eut beaucoup qui en moururent, et d'autres qui à ^^^dea'ètre repus <^nftti^c)^ et 1^^^^

oittvni»» T. I. 7

. turés encore verts, en tombèrent malades, d'où s'ensuivit une mortalité qui emporta plus de cinquante mille personnes de ces trois provinces en fort peu de temps. Le roi, ayant été averti de ce désordre un peu tard, ordbnna que Ton fit venir des blés de Dantzick, d'Auvergne et des autres provinces voisines en quantité où il s'en trouva. Mais celui qui en reçut Tordre, au lieu de les faire distribuer charitablement gratis, ou pour ce qu'ils avaient coûté, voulut en profiter et les faire vendre 25 à 26 livres le setier au lieu de 30 qu'on le vendait auparavant; il se trouva que ces peuples, épuisés de toute façon, n'en purent acheter; ainsi le blé demeura là et fut gâté parla suite, et la famine continua toute l'année. J'ai vu deux manquements de blé depuis, qui obligèrent d'en faire venir de Dantzick, qui est ordinairèment fort mauvais, et même de Barbarie, pour des sommes considérables, qui ne seraient pas sorties du royaume, s'il y avait eu un canal et des rivières navigables, tels qu'on Ids propose ici, parce qu'il s'en serait trouvé suffisamment dans les provinces voisines ou plus éloignées. On pourrait proposer la même chose pour beaucoup d^autres endroits du royaume où la navigation de plusieurs rivières et gros ruisseaux conviendrait parfaitement, mais ce sera pour une autre fois, et nous nous

contenterons quant à présent de parler du canal.

* • ' * ' Suite des utUUés du canal*

Les foires de Beaucaire, qui sont les plus belles du royatime si célèbres partout, et à présent à demi ruinées par l'infidélité des embouchures du Ûhônë, se rétabliraient d'autant plus facilement que les marchands étrangers qui Tiennent

é^lajMMTiidiatMiiiiU plosdeieftfdem que ftar leur tel*. ' • -

incKlée par rattenie doses marchandises causée par le défaut de ces embouchures, ne le serait plus; au contraire, il ne tiendra qa'à elle de tirer de très-notables avantages du comté «de INmygne pat le» iM>i8 de ehene droits et ^ortus qa'eile ^•tmtendt, et pat lès sapins de Mate espèce pour sa mitur^ et pour les œuvres mortes des vaisseaux , par Tès fers fondus et forgés en barres fearrées de toutes grosseurs, et en barres plates, verges et tôles, clous de ;toures sortes , éiwvilles» bealens, eie.; de très-boii acier, des^aimes de lottta espèce, étant très^^tisé d'étaMir nàe manufacturera Besançon, capable de fournir 1» terre et la mer, îe fer étant excellent en Comté, tant pour la fonte que pour la forge , et le charbon à bon marché. £ile en pourrait de plus tirer des -ebanvres, quantité de légumes ét de quoi (aire beaucoup de aalaisoiis«Lamèmechoseàpieo près du duchéde Bourgogne, et par dessus cela d*exeelleiits Tins et beaucoup de bon blé.* Le canal sera de plus très-commode pour faire passer toutes les munitions de guerre, de bouche et agrès dont on aura beseio, proMptement et en sûreté, d'âne mer à Fautré, qui eelunecomoMMlilé très>considéniblé; niai»' une autre qiii est bien an-dessus de tout cela, est oelle d'y pouvoir faiire passer les galères en moins de dix ou douze jours de temps, qui est un moyen sûr, avec un bon nombre de gros navires poiir porter la terreur chez les Anglais, Hollandais et autres, toutes lee féU qu'ils les sauront dïms rOoéan', ce qui est M»i yatls jMe ^ualFsà cinq inoB de l'année, et de se rendre . les maîtres de la mer océane; spécialement si on ajoute à cet avantage un port à là Hougue, où l'on dit qu'il y a possi- 4WÉiÉ.dtolUfe«ieMell»^ eic'en est encore un bien

bùr pour rat»ai08ef l'orgueil des AngiiMS Al Hollandais» «I l«i

réduire à la raison, puisqu'ils ne sauraient pas plutôt les galères là ou 4 DuolLânmey.q^'ils seraient obligés de s'afi'aiblir .aUkurs.pour garder l^iirs a6tiaa q^û» pétant d'une éiendae immense^ .Dîea sait remlMurras .où^ ils se tKmmideôt s'ils en étai^t réduits là. '

Le Roussillon est un petit pays mal peuplé et demi-désert^ d'où il arrive qu'en temps de guerre nos armées, si petites qu'elles soient» n'y peuvent subsister qu'ayee beaucoup d'iaicommodités poiir élles et pour tout le pays^ qi^and elies^iie le peuvent faire aux dépens de Tennemi ; et cela par la difficultc c[u'il,y a d'y pouvoir mener les muniiions nécessaires, le chemin étant un perpétuel défilé, très-rude et trèsdiâiciie depuis Narbonne jusqu'à édites, ce qui est d'une ineonunodite insupportable pour les, bionupes et. pour les listes. Or cette difficulté sera tout à fait sunnontée par la robine de Narbonne en Roussillon. Qui voudrait épuiser cette matière et expliquer en détail les avantages que chaque pîrovince et chaque ville en pourraient recevoir» ce ne^^^rait jamais faiti 11 me suffît d'en avoir fait eoimaltre une^bqoiie partie» et je laissé k ceux qui y ont plus d'intMt que SMi d'achever de s'en éclaircir par la curieuse et fidèle recherche de gens intelligents et capables d'en bien juger, et ,c*e|luà .quoi je les eidiorte avapt que de s'engager à rien.

I/utilité dé ce canal» qui est d'une évidencé incontestée 'd^ tueireet-en paiz» étant «iffisamimen t expliquée, je poiifrais en demeurer là; mais j'ai cru encore devoir avertir, 4* que, pour faire les fonds nécessaires à sa construction» il ^.ea jCnufirait £»ire la levée sur to^isies pays qui en peiHmt profiter» par rapport à leurs fiirees» à l^milité qu'ils en.pettirent tir^^ étant raisonnable que. ceux.qui en profiteront le ggn^^l^t Uavai^ut^ç à. sa dépejcuie que Àesiautrfis.»

2° que Gét ouvrage peut hkm étfe boiiçà, réèola èt ptî^ré pendaoït la guerre; mais Je ne'auiff/lparpersimdéHiifÔÀ^ doive rien èommencer iknt qu'elle durera ; ft hîat une paix bien établie avant toutes choses; après quoi, je ne crois pas que ie.roi puisse rien entreprendre de plus avantageux pour son royaume^ ni de plus glorieux |kmr sa penbmië, piifsipie la réputation d'un tel ouvrage passera cfaelE toutes les nations et durera autailt4fue le canal même , i^eëWWtfiiÉfaÉt tfhè la monarchie; car on se difonerait bien de garde dè le laisser périr, quand on aurait fait expérience de son utilité. Au reste, je ne tiens pas que T usage en doive être permfs'àux étrangers pour quelque cause crt oécàsion que eesoity son utilité tout entière devarit être pour les Français.

Je finis ce Mémoire par une énumération des villes plus considérables qui pourront commercer sur ce canal, commençant par cell^':

Du comté de Bourgogne, qui Mit Dole» Bèsançon el Mont-

béliard; ' ' "

Dans le duché, Dijon, Auxerre, Châlons, Mâcon; Dans la Bresse, Bourg, si on rendait TAin navigable ; Dans le Lyonnais, Lyon;

Dàns'le Daupfaitié, Grenoble, Vienne, Valence et MoUtèH* mart^

Dans Je Comiai, Avignon; ' " .** * •

Dans le Vivarais, Viviers; " "

, Dans la Provence, Tarascon, Arles^ Marseille et Toulon ;

Dans le Languedoc, Befiucaf re, Wîmes, Innel, Kontp^liier, Pésenas, Agde, Beners, Narfoonne, CArcas80niie,'GMéhiaadary, Toulouse et Alby-snr-le-Tarn ; *• * •

Dans le Rouerguci Milhau et^Saint-Antouin-sur-rAvey- . ron; ' : • - ' ^ • 'i ' - / :v

lÛSL

Dans le Roussillon y Perpignan; •* .

Dans le Quercy^Cahors-sur-Ie-Lot|rj,.

En Gascogne, Murét, Rieux, Lectoure ;

DanSyla Guyenne, Coudom, Nérac, Agen> Villeneuve-d'Agenois, Aiguillon, Marmancle, laRéole, Gadillacet Bordeaux; plus, Blaye, Bourg, Libourne, sur-la-Dordogne ;

Dans la Saiptonge, Brouage, Talmont et Royan ; et sur la Charente, Rochefort, Saintes et Angoulèrae; ^ Dans le Périgord, Bergerac, Sarlat et Périgueux-sur-risle ;

Dans la Bretagne, Rennes et la RochjB-Bernard sur la Vilaine, et Nantes sur la Lqire ;

Dans l'Anjon, Angers, Saumur et la Flèche sur le Loir;

Dans le Maine, le Mans et Laval; ; ,

Dans le Poitou, Châlellerauli ;

Dans la Touraine, Tours, Aniboise et Loches : cette dernière sur rindfe; Dans la Beauce, Blois, Beaugency et Orléans; Dans le Nivernais, la Charité, Nevers et Decize; Dans le Bourbonnais, Moulins ; Et dans TAuvergne, Clermont.

Après quoi on peut faire état des villes et bourgs qui sont à 4 et 5 lieues des rivières navigables, et de toutes les maritimes depuis Bayonne jusqu'à Dunkerque, et depuis Antibes jusqu'à Collioure, puisque la navigation du canal peut servir à toutes. De sorte qu'on peut le dire utile et nécessaire à tout le royaume avec beaucoup de raison.**

Voilà un abrégé, de ce que j'ai pensé sur le canal de la communication des mers, que j'ai mis par écrit plutôt pour en conserver l'idée à ceux qui viendront après moi que pour aucune espérance que j'aie de le voir jamais exécuter.

Fafit à Paris, le 25 février 1691.

19 TÎmiàH. M

Page 1