‹ Oisivetes de M. de VaudanChapitre 12 sur 81 · Quiconque toodrâ faîre bâtir, doit i* se proposér ée · texte numérisé non relu

Quiconque toodrâ faîre bâtir, doit i* se proposér ée

faire la cage pour l'oiseau, c'est-à-dire de proportionner son bâtiment au revenu de Sa terre, ^ sa condition , à ses besoins, et surtout aux moyens qu'il a d'en pouvoir sortir à son honneur. En user antremeni. on tomberait dans^Feiteès OU la mesquinerie, fun et TaUtre desquels sont égalèménf méprisables et ridicules.

2. Ces conditions bien et dûment examinées airec toutes Içs réflexions nécessaires, choisir Tassiette deson b&timent en bon air, et surtout que ce' soit chez soi, ei non chez an* trui; où les eaux soient saines, excellentes et prochaines, le fond bon, les accès dlu lieu commodes, les bois près, et les matériaux propres à bâtir, abondants, faciles et à bon marché. " . ' .

3. Bien examiner ensuite la. qualité du fonds ayant qaa de rien résoudre, car s'il fiillait aller chercher la fondaticn fort bas , ou piloter, il ne serait pas prudent à un parti-

iO^ OISIVETÉS

ciilher tle s'y <ingager, ei ce ne doit jamais êlre que par contrainte ou pour quelque grande nécessité, que Ton entreprend de surmonter do telles difficultés qui coûtent beaucoup, et ne produisent pas toujours des ouvrages bien assurés." *

4. Faire après un mémoire de toutes les pièces qui peuvent être nécessaires pour se loger commodément , et donner tout le temps qu'il faut à son examen , le révorr plusieurs fois pendant un espace de temps considérable, y faire toutes les réflexions possibles, et toujours retrancher et ajouter jusqu'à ce qu'on n'y trouve plus rien à désirer.

5. Faire à môme temps plusieurs plans de la distribution de ce bâtiment, évitant la confusion, la trop grande dépendance des pièces l'une de l'autre, de mal placer les escaliers, les cheminées, etc., et surtout ne rien faire qui soît çoutraire aux règles qui suivront ci-après.

6. Examiner à plusieurs fois et à différents temps ces plans et élévations, les faire voir aux intelligents, prendre leurs avis, et toujours corriger jusqu'à ce que l'esprit soit content et ne trouve plus rien à redire; après quoi, faire mettre ces dessins au net, et en demeurer là sans y plus rien changer.

7. Cela fait, supputer en détail ce à quoi le bâtiment fait et rendu la clef à la main pourra monter, et, pour cet effet, en bien rechercher toutes les parties par le menu, et ne se point flatter sur le prix des matériaux, ni sur les façons qui vont toujours beaucoup plus loin que ceux qui ne sont pas expérimentés dans los ouvrages ne s'imaginent; après quoi, ajouter un quart au prix de l'estime, voire un tiers, en considération des faux frais qui proviennent presque toujours des malfaçons, changements et augmentations qu'on

y fail, ittauTais temps» mauvais ordres ^ méchants maté- *

négligence de ceiiiX iiui eii4liitoii ; ooilll'é^èmi», mk'^ '

8. Estimer aussi les accompagaemenis de la maison que l'on doit bâtir, comme jardins, clos, vergers, basses-cours/ avenues, item les meubles qui font toujours une partie considérai dé la dépense. Toutes ces oUoies doivent être êUiifiiWii f(mâ , non pas un^ iiUttèfois , 'iJiiliftï'é: Après quoi, si l'on se trouve en état de pdi||l^lbdnvir1i ; cette dépense» laire Famas dës ibatériaux uné année d'à- ' ' • vance si. ol€(^j«h|Atiment considéraWe» et toujours corn- * mencei' par le pluj âéaaiwiiWy ai fmt 4» doit^tr» oOeupélo ptatêi^

9. Bispos^r l'assiette dudit briment» de isantèli 400; par sa plus grande longueur et par les principaux appartementav îl ^^ont au soleil levant; car, cela étant, l'un de 8e6> bouts regardera le nord et Tantre le midi» et, de eeite façon» les principales p^ces ne aeiODit poin^ eiposées au graÂd froid ni aux grandes obaleurs, Céei n^êst pas si général qu'il ne soit sujet à des exceptions, selon les cas et iés endroits où on se trouve obligé de bâtir. ' ;^^.iWÎV,%^4*f> " AG^ TiMIIIÊÊIf^ prisés et examinées, le mieux sera (^1 k Âiitre eM en état) de diligenter l'ouvrage té plus qu*il sera possible^ pourvu que cela n^aille pas à le feîre rencl)érir, par la raison qu'on est plus tôt délivré de Fémbai ras des ouvriers, et des incommodités que Von en reçoit, et qu'au moyen de .la diligence» on peut considérablement hflter ta joiiMiîce de son ouvrage, . ' '

ii. Les parties à estimer daiks lè détail des iMktiliiiaifa sont la fpuille des fondations et le transport des terres, les épuisements d'eau, 3*il y en à, le pilotage, s'il en faut, la . pierre de taHle, le moeUon» la cha}ix» le sable ejt l^eau» le

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crépissage^ le blanc m bourre , le carrelage^ lie ouvragea

d'architecture, le ciment, la sculpture et peinture, la charpeuterid et m^ui^rie, les planchers et la couverture, Uj^ (wumo&tie^ B&mitétie .^t clouterie, la plomberie et le yiu^t^tuijsmmMefi. ; .

i%, Toutes ces choses bien observées, il ne tiendra qu'^

celui qui fera bâtir de se conduire suivant les maximes çiaprès déduites^ qui Tempêcheront de tomber dans les manquements plus communs» et ne sauraient lui.j^trpque. utî)eepar.leabollfta¥ia.qll!el^Beç^|^^ ,^ ,

KAZIIIE9.

tflmaçmmèrie.

13. Le meiHeur de toua le» fonds est : i"^ le roc vif, noa caiUouteia, ni composé de pétits* Jianca remplia.de terre entre deux; 3^ le tuf ou demi -roc continu el bien ferme;

3" la terre dure, mêlée de cailloux, qui n*a jamais été remuée; 4" le sable bouillant, quand il se trouve un peu bas, ^ ^'/dp peut rempêchcJC de fuici.ô'' la gcoasiâ n^l^ise^ .non tr(vi bvunide et bien continue pourvu' qu'on garnisse le devaiit de la fondation de madders ou dosses, flaques de chêne dU ypréaux soutenus de pilots. Le pire de tous est le marécageux, parce que, pour aller jusqu'au bon fonds, on est suje^ à ipranda épuisements d'eau ou à piloter ; Vuf^ et rautreen|^eQtnécessajrementàdegrandes.dépense8,etsou« vs^nt i de^ .WÔMiuém^nts causent. des fractions dans les bâtimenia, et quelquefois leur cbute; que si Ton est oblig.é

de piloter qtiel'ques partie», les figures premières de la

planche jointe à cè mémoire, en feront connaître la di»-^ position (i)» ... ..... ....

14. Si Ton veut avoir des caves sèches, fraîches et non humides, il faut nécessairement faire de» fossés à l'en tour de la maison, qui serviront d'ailleurs à la tenir en sûreté, et à en défendre l'accès aux voleurs. r •

Nota, i" Que de bonnes chaux éteintes de deux jours, et dosées de deux tiers de sable de rivière ou de montagne bien choisi et non terreux , font les bons mortiers par tout pays ; 2** que de la pouzzolane bien choisie et passée au moulin à blé, et après blutée, ou de tuileaux bien cuits, pulvérisés et passés au tamis de boulanger, et de chaux vive dosée comme dessus, peu humectée, et longtemps battue à plusieurs reprises, se font les bons ciments.

15. On ne saurait manquer par dgnner beaucoup d'empâtement aux murs, spécialement à ceux dont les fondalions sont un peu douteuses, non plus que de commencer par une assise ou deux de gros blqcs ou libages de pierre dure, dont les plus plats sont toujours les meilleurs.

16. Dans l'élévation de la maçonnerie, éviter sur toute chose de donner du surplomb aux façades extérieures des murs ; mais bien un peu de talus qui pourra se réduire à 2 ou 3 pouces sur chaque 20 pieds de hauteur, non compris les retraites que l'on ménage sur les plinthes. .

17. Où le moellon est tout à fait brut et sans assiette, les murs seront plus solides, arrosant la maçonnerie par assises

(i) Voyes à la fin da Mémoire la légende pour Texpiication des figures. • • * » • •••

.paoailèles de pied et demi en pied et démi se hauteifr. On Ml ^ait d'autres de deux bri<|^es d* épais coniiaues. dans iMte retendue de son eircoit. et aiir tovt le trawéde leur

KKsier; Que le» meilleur moellon 4e4o«e.e6t eéliti qui , n*é> tant pas sujet à la gelée, ni trop cassant, a le plus d' assiette et peut soufif^ir la taille et le marteau.

18. Amjl. bêrtmemt foH élefée, oli lettiocdlen ft pe^ «TasiiiBlte»e» demie ordiniiieMeiil 9 pieds et demîâfépsie «m amnB'iMMMidieteMeiit aiHieesiis de la felteite dès ^ondetions; au deuxième étage 2 pieds un quart; au troisième, 2- pieds ; et si on l'exhausse jusqu'à un quatrième étage (4ie fiû fk'amife gttève àvle-^OMupagae), m kU donneni SMltipoMa. ' ' -

Observer que mkm nM mur trop épale dte pied'fve ^ trop faible d'un pouce.

19. L'épaisseur des murs de refend peut se réduire aux deùiK ttirs oa.lKiis<qii«ns de ceUe des «MM» de faee.

9D. Dans les pays où la pierre de taille.est foit rare» et Iv brique exoeiieiité» on peut faire les eBoeigiiiiree de briques, y observant les liaispns nécessaires, le bon choix et la bonne façon. " . : :.

^<Miil MsesrofiipepotetdeiiioeHeiiSyiMiuM sieurs (Midfeits déi» Fays-BaS| ob fiiit îèiit de briques (la brè^ae de ce peysJè a 8 potiees deleng, 4 de large et ^d*é^

pais); auquel cas, l'épaisseur des murs est pour l'ordinaire de trois briques d'épais à l'étage du rez-de-chaussée, observant à peu près les retraites et les talus énoncés en Tar^ tiele i6^et eelle des murs de refend» de brique et demie d'é» pals«

Nota, Qu'en ce pays-là on y faii toujours plus d'ouvrages et de jours qu'en celui-ci.

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22. 11 est à remarquer que la brique, ne pouvaiu souffrir le marteau ni la truelle, parce qu'elle est fort cassante, il faut que ce soit la main qui la pose un peu en glissant contre le tas, afin que le joint se remplisse, et tout au plus le bout du manche de la truelle qui la presse jusqu'à ce qu'elle ait pris son assiette; auquel cas, les mortiers en doivent être un peu plus liquides que ceux des moellons, et dosés de sable fin et choisi.

23. Il se trouve aussi de la pierre de taille si cassante, qu'elle ne peut souffrir le marteau, ce qui est d'un emploi incommode; en ce cas, il faut se servir, autant que l'on, peut, du pied et de la masse de bois pour l'affermir, et prendre garde surtout de n'en point employer de cassée aux encoignures des bâtiments., non plus qu'aux jambages de portes et croisées.

24. Observer exactement de poser la pierre de taille sur son lit naturel, toujours plein sur joint, et n'en point employer dans la maçonnerie découverte, soit de taille ou moellon, qui soit sujette à la gelée.

„ 25. A toutes les encoignures qui se font par assises réglées, poser toujours une bou lisse entre deux panneresses, et où la taille sera abondante et de facile emploi , faire toutes les assises desdites encoignures alternatives et retournées 4e deux et trois (fig. 4).

2G. En moellonnant, observer de poser toujours chaque pierre sur son joint en bain de mortier, et de la presser de la main et du marteau, jusqu'à ce qu'ayant trouvé son lit, elle résiste et n'abaisse plus, le mortier soufQaat de tous côtés par les joints.

27. La largeur des portes cochères. se peut régler depuis '7 pieds et demi jusqu'à 9 et demi; mais^ où il y a du biais dans lèur abord» on leur eh donne (quelquefois jusqu'à 13. La proportion de leur hauteur sera raisdimaljle, à leur

laii^cui on ajoute la moitié de plus.

28. Les principales portes d'entrée des bâtiments ferment d'ordinaire à doubles ventaux ; elles peuvent être réglées de 4 et demi , 5 et 6 pieds de large ^ et celles des caves même; jnals pour eelléé des chambres, antichambres et cabinets, on les fait depuis ^ pi(jds un tiers jusqu'à 3 d'ouverture, et aux grands appartements, on leur en donne jusqu'à 4, et quelquefois jusqu'à 4 et demi, et pour la hauteur, le double lie la- largeur, et quelquefois un cinq qu 'sixième de moins.

29. L» hauteur des appuis des fenêtres et balustrades doit être do 2 pieds 8 pouces, ou de 3 pieds, 3 pieds un quart de haut, et non plus. '

^ 30. Aux grands bâtiments fort exhaussés, les croisses de i^ètàge du rez^ie-chaussée, où il y a de grandes pièces, peuvent être élevées de deux fois leur largeur et d'un quart de plus; celles du deuxième le doivent être du double, celles du troisième up quart de moins, et celles du quatrième de la moitié. . \ - ' '

M. Les plus mauvais maUers de tons sont ceux de char-

penterie, à cause du danger auquel ils sont perpétuellement exposés, et les meilleurs sont ceux qui, étant portés sur voûtes, ont toatas les» mareties de jpieive dme éf de bonne taille.

213^ Oa ne ftdt t^oint d'escaliers plus étroits que dé 9fiieds

ni plus larges que de 8. Les uns s6nt ronds à noyaux ou à centré yide, les autres ovales, carrés, carrés longs, tiianguIaireSy et quelquefois de figures fort irrégulières.

0e tons ces escaliers^ eeox qui soiit vandto et à noyaut, sont toujours les plasr incommodes, (Mtroe kns marches se rétrécissent en approchailt* le ^Àoynu , ec les plu9 œmmodes sont ceux dont les repos sont les plus fréquents; laissant aux architectes de profession le soin d'expliquer les particttlwntés de tant de difléreftt^ aortes qui sa paatiquent tous les Jours^ nous nous contenterons de dire qu'il en* ftiut ménagêV l«a repos par rapport an entrées' des chambres, et que l'on ^it toujours placer lesdits escaliers dans les endroits des bâtiments qui dégagent le mieux les appartements, et ^ui ont l'al)ord plue âiciley et oCi il no faille fioîntleaotaérclMN

dS. Les mardM Mmit èM^^niié Mttlefiem dtoi» ayant 12 à 13 pouces de giron sur & à 6 de haut, et non plud ; si on manque de largeur par quelque empêchement , «n leur avance le bord par un quart de rond d'un pouce ou mptmiùé «t dimi q«l«épu« i»éiiMft>^tfci» un im .tel effet (fig. 5). . •

«le ki^iliibm*^ uMin 8oitfmt»Mipiiiiinn

grands que les tides, c^«6l-à«(lire les jours* ^ ^ .

36. De ne point faire les principales entrées des chambres du côté des cheminées ni des lits.

98. Dam les principales ebambres^^e ne point mettre le IH-et la;€lM»ioée 4« «itae côté; la néme ohose doii s'ienteadre du eôté des jour».

37. Les chambres carrées longues sont plus belles et plus commodes que les carrées simples.

. 38» Sviler» auttuit qu'il est possible» les biais dans les bAtlnmlSi .notammieiit dans les gnndes pièces*

30. Mlvire tant 4|iie Ton pourra les angles des bAliments au carré, parce que les encoignures en sont plus fortes » plus oonuttodes» et plus da^s Tordioaire de la pratique* •

4iO*Leseo«padelogis donjries sont» an umies cboass» pcéftnbkiS'MX simples pour la MumMlé^ pour la dépense. • > '

41. Dans les bâtiments doubles, ne jamais iaire les deux côtés de même largeur; mais donner au plus large, par «ne«iple> id, iO, 31 à 80 fésdst et an pbia énwUà, «8, IB k 5Ml! pieds^ paraé^que peut servir pour les appartfments d'été, et l'autre pour ceux d'hiver.

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