On ne les doit point entailler dans les poutres» mais
les poser sur le plein» dont les vides sont cachés par des
plafeiid8.€t lambourdes qui les embrafiseut, et serr ail d'or^ nement et de renfort aux poutres.
94. On donne 10 pouces de largo aux lambourdes, et 2, 3 ou 4 d'épaisseur; quand on veut les ouvrager, on y pousse quantité de moulures avec un peu de chanfrein ou un quart de rond sur les basses arêtes des poutres > ce qui leur donne de la grâce, et les fait paraître beaucoup plus belles (fig. 45).
d5. On attache 3 ou 4 solives de chaque travée avee les poutres et les llernesy on elles sont chevillées de fer, ce qui se fait pour donner plus de force et de liaison à tout
le bâtiment, et empêcher la poussée des murs, quand la pose des poutres n'est pas conforme à celle des fermes.
96. Les planchers doivent être doubles » parce que les simples laissent passer beaucoup de froid et de poussière et
de bruit par leurs joints, quand on luarche dessus, ce à quoi les doubles remédient, et les rendent beaucoup plus sourds.
97. Les plafonds de bois par-dessous donnent plus d'agrément aux chambres, spécialement quand ils sont peints;
mais ils sont sujets à se déjoindre, et font avec le temps autant de nids à rats qu'il y a de vides.
98. Les plafonds de plâtre chargent .beaucoup les plan* chers, durent peu et ne valent rien aux chambres qui
sont sous les greniers, à cause des fardeaux que Ton y décharge, qui font trembler les planchers et fractionner le plâtre. Ils échauffent aussi beaucoup .les bois et les gâtent. Ce sont cependant les plus beaux quand ils sont bien faits.
99. Les plafonds de terre battue mêlée de paille et glissée entre les solives > et .après blanchie , font beaucoup de
DK VAUBAM. iSB
pODMière, dturenl pen» et se remplissent de rats et de souris.
100. Ceux de tuf, entre les solives, enduits, et après peints par-dessous, comme il y en a chez moi, sont beaux, et se maiutieimeQt bien, mais ils chargent trop le solivage.
101. Ton ai tu une espècé à PhilippeTille et dans le pays de Liège, qui m'a paru légère et assez solide. La fabrique
en est telle (fig. IG). Les solives sont espacées de 10 à 12 pouces Tune de l'autre, à chacune desquelles on pousse un petit enfoncement d'environ un demi-pouce, à un pouce et demi ou S de l'arête du dessous, pour serrir de butée; après quoi on prend des bAtons de chêne ou de noisetier de 2 pouces de diamètre ou environ , tous coupés de même longueur, c'est-à-dire de 10, 12 à 14 pouces, fendus par la moitié, égalés et bien aplanis sur la fente. Ces bâtons ainsi préparés et bieûs égalés sont pliés en arcs et posés sur l'entre -deux des solives, les bouts appuyant de part et d'autre sur le fond des rainures ou enfoncements. De cette manière, il se fait comme autant de cintres égaux, espacés de deux ou trois pans Tun de Tautre, après quoi on les lie les uns aux autres par des lattes clouées sur les reins de leurs voussures, et on les maçonne ensuite de terre grasse, mêlée de paille bien battue et glissée entre les cintres, sans laisser aucun vide au-dessus ni entre les solives^ de peur des rats, et après avoir arrosé le dessus, et bien réparé le dessous, on pose le plancher pendant que le placage est encore mou, lequel plancher porte également sur la terre grasse et sur les solives; cela fait, et après que Touvrage est sec, on le blanchit proprement par-dessous, sans que les cintres ni aucune autre inégalité paraissent. Cette manière de plafond» qui s'appelle voûter tur êolives.
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me parait la plus sûre, la plus légère et la moins exposée de toutes aux rats et aux souris.
lOâ. U y a encore une aumière de voûter sur poutrelles fort usitée aux Pays-Bas y notamment dans les bâtiments royaux» comme magasins , casernes et arsenaux qui demandent des ouvrages solides. Pour bien faire, il ne la faut employer qu'aux bâtiments dont les poutrelles n'ont pas grande ix)rtée, à cause de sa pesanteur.
On taille ordinairement les poutres de figure pentagonale (fig. 17), et, après les avoir espacées de vide et demi« contre-plein, on les pose sur l'arête; après quoi on voûle de demi-brique d'épais, bien choisie enlre deux; quoi fait, sans se mettre en peine de garnir les reins ni les vides au dessus» on pose le plancher sur les poutirelles bien proprement : cela forme un plafond qui n'est pas désagréable, qui est solide, et tient les chambres chaudes; mais il est pesant et de dépense.
Au surplus, le meilleur des plafonds est celui qui se polit le mieux et charge le moins.
Nùkt» Que les planches doivent avoir un pouce et demi à 2 pouces d'épaisseur, avec les côtés passés au rabot et à rainures, alîn de les pouvoir poser à joints recouverts.
Les planchers en partictUier,
103. L'aire des planchers se fait de chêne ou d'orme bien secs, quelquefois de hêtre ou de noyer, et souvent de sapin; ensuite on les attache de 2 ou 3 clous à tête perdue sur toutes les solives qui les travment; après quoi, on les ra-
BS TAOBAN.
bote pour eâacar la sciure du bois et leur donner pius de
grâce.
iOi. Qaand on les veot plus emMlir» on les hit en purqoetage diTersement figuré, qu est tOQjom 4e bois choisi
et bien travaillé, poli et assemblé k tenons et à rainures. En pays où le noyer est commun, on s*en sert souvent, et quelquefois de sapin» même de hêtre; mais le meilleur esl toujours le chêne*
106. On plfttre anssi les aires, ce qui est ttèS4iiawais ei de peu de durée, à cause du tremblement du plancher qui les fait Iractionner^ après quoi iib s'égrainent et se gàieui en peu de temps.
. 106. Au pays où la chaux est excelleme, on les lait quel» qnefois de gros mortiers à chaux, glacier et mtchefinr, bien battu, sans autre façon; mais ces deux maniètes ne sont
bonnes qu'à ceux qui sont portés sur voûtes, par la raisop énoncée en raiticle précédent.
107. L'autre manière plus commune est de carreaux, de tuiles ou de briques, entre lesquels les posés de champ, quand ils sont bien cuits, sont les meilleurs; mais, à dire le vrai, ils ne sont pas de durée, et à moins qu'ils ne soient portés sur voûtes, ils no réussissent pas à cause de ce tremblement qu'on ne peut éviter, joint que l'inégalité de la cuisson fait toujours que les moins cuits sont plus t6t usés que les autres, ce qtii en défigure les aires et les rend fort incommodes et de peu de durée. C'est pourquoi ceux de bois qui sont doubles et bien faits , sont à préférer à tous ceux qui sont portés sur poutres, non-seulement pour cette raison, mais parce qu'ils sont moins froids qvbs hd^ autres, -
108. Observer, autant qu'il sera possible, de placer les cheminées et le lit de manière qu'une personne couchée sur son côté droit puisse voir le feu.
100. La proportion de la hauteur des foyers entre les jambages des cheminées n'est pas mal quand elle est conutte de 4 à 6, c'est-à-dire que si la cheminée a 6 pieds de large» on peut en donner 4 de haut au bas de son manteau.
440. La maxime précédente est bonne pour les grandes chambres; mais dans les petites, il suffira de donner 3 un quart, 3 un tiers à 3 pieds et demi de haut aux foyers sur
4 pieds de large, et 14 pouces d'ouverture entre le contrecœur et le bas du manteau.
iii. Dans les grandes chambres, on leur donne jusqu'à
5 à 6 pieds de large au bas du manteau, et aux salles, cuisines et chambres des fours encore davantage.
412; Le plus étroit des cheminées doit être au défaut de la hotte, où 11 est bon même de lui faire une espèce de petit collet au dedans du tuyau, de 2 pouces de saillie, qui rejette le tourbillon de la lumée quand elle redescend dans le canal (fig. 18).
113. Faire le plus étroit des cheminées plutôt en ovale qu'en carré long, afin d'en ôter les coins, parce que <fest pilr là que la fumée rabat (ûg. 49).
444. Terminer la hauteur des tuyaux du moins à 3 pieds au-dessus du sommet des couvertures.