‹ Oisivetes de M. de VaudanChapitre 19 sur 81 · Noble · texte numérisé non relu

Noble

f ^' ins. { 8.

Gentilhomme.

De 180 à 200 ans. { 5. Noblesse établie.

Noblesse à chevalerie.

Noblesse achevée.

De 270 à 300 ans. { 8. Noblesse à haute chevalerie.

Noblesse à toute preuve.

( 10. Noblesse parfaite.

De 360 â 380 ans. j 11. Noblesse qui ne prouve plus.

\ 12. Bonne noblesse.

Ç 13. Très-bonne noblesse.

De 450 ans. • . . l 14. Noblesse de souche. " • " »' ( 15. Vieille noblesse.

. / , ^ r 16. Noblesse ancienne.

. De 500 à 550 ans. < 17. Noblesse très-ancienne. ^ \ 18. Noblesse qui se compte par les aïeux.

Ti^fiAftnna S 19. Noblcssc de tradition. v.

ue wu ans. ... j ^ Noblesse historique.

De 30. Noblesse perpétuée, dont les com-

mencements sont inconnus (1).

0)Ce queron appelle nohleste de race, qui remonte plus haut que Philippe Auguste ou que 1180. A.

140 OISIYBTÉB

Nota. 1® Que la haute noblesse se doit entendre des souverains» princes et princesses du sang et de tous autres

issus des maisons souveraines ou qui ont eu alliances trèsprochaines avec les maisons royales. C'est ce qu'on appelle encore maison illustre.

V Noblesse militaire^ est toute celle de rarcîcle précédent; et de plus les maisons qui ont eu pour prédécesseura des connétables de France, grands maîtres de la maison du roi, ducs et pairs, maréchaux de France, grands maîtres de l'artillerie, amiraux et autres grands officiers de la couronne ; idm, celle qui , sans avoir eu des officiers de la couronne pour prédécesseurs» ont eu des gouverneurs de provinces, généraux d'armée, lieutenants généraux, gouver^ neurs de places et tous autres dont la noblesse a été acquise par les armes.

3^ Noblesse civile est celle qui est issue des chanceliers de France» premiers présidents des compagnies souveraines, conseillers d*£tat, présidents à mortier, ambassadeurs,

gens de lettres, etc. j et dans ce genre est aussi comprise celle qui provient de certaines charges qui anoblissent comme les maires de Poitiers, de Bordeaux» de Tours, etc., prévôts des marchands de Paris» de Lyon, secrétaires du roi» etc. n est à* remarquer que les filleê dè ceux-ci n'ont point d'entrée dans les chapitres de Mons, Maubeuge et Nivelles, ni même dans ceux de Lorraine, qui tous sont de fondation royale ou souveraine très-ancienne.

4^ Noblesse titrée sont les chevaliers» barons» vicomtes» comtes» marquis, ducs, etc.» simples gentilshommes» ceux qui, sans avoir ces titres, ont d'ailleurs toutes les qualités de la noblesse. Il y en a beaucoup de ceux-ci dont les familles sont aussi anciennes que..ceUe$ des plus qualifiées; aussi n'en sont-ils distingués ,qu^ far l'état de leur fwtnne. ,

DE VAUBÀN. 141

Voilà les diflérences plus remarquables de la noblesse. Pour la contenir et l'empêcher de se mésallier et faire qu'elle soit toujours utile à l'Etat et jamais inutile, il serait à désirer, en premier lieu, qu'elle fût exempte de Tarrièreban, supposant les revenus du roi établis comme nous le pourrons un jour dire ailleurs; en deuxième lieu, augmenter ses justices, et faire qu'elle pût juger en dernier ressort, savoir, les simples justices jusqu'à 6 liv., les châlellenies jusqu'à 10 liv., les baronies à 15 liv., les comtés à 20 liv., les marquisats à 25 liv. et les duchés et pairies à 50 liv.'; en troisième lieu, qu'elle fût privilégiée pour l'exemption de ses maisons et jardins jusqu'à la quantité de quatre arpents de terre aux environs du principal manoir; en quatrième lieu, par la distinction des habits, en sorte qu'à eux fût seulement permis de porter le rouge, comme les gens de guerre, la dorure sur les habits limitée par de certaines règles, les carrosses, livrées et des plumes; en cinquième lieu, que les filles d'ancienne noblesse pussent la communiquer aux anoblis qui les épouseraient, de la manière qui suit : par exemple, supposant qu'un anobli épousât fille noble de la neuvième génération, joignant le degré du mari au neuvième de la femme , la moitié de la somme , 6i"serait les degrés de noblesse attribués aux enfants provenant de ce mariage , qui par ce moyen gagneraient quatre degrés tout d'un coup, et si un noble de la troisième génération épousait une fille de la quinzième, la moitié du total des degrés ferait ceux de la noblesse des enfants qui en proviendraient.

Nota. Qu'il faudrait donner à ces degrés entés toute la force de la noblesse directe de cet âge, afin que celle-ci fût reçue sans difficulté dans tous les collèges et preuves de noblesse; sixièmement, qu'il fût permis aux pauvres gen-

tilsbommes ruinés de laisser dormir leur uoblesso peaduit

un certain temps pour commercer jusqu'à ce qu'ils eussent acquis du bien pour la pouvoir soutenir, et après de la re»prendre, faisant déclaration de Tuf^ et d^ l'autre d»Q» le| jlisiices supérieures de son pays» CPinme on fiûl <IffeU|^ province de «e royaume (i); septâèmenieiily qi|a tous mesliques du roi, de quelque qualité que ce pût être, fus^ sent tous nobles ou gentilshommes bien prouvés; huitièmement, que tous les grands domestiques des i^nCants de France» à commencer depuis les valeis de chmbro baut» le fussent aussi y neuvi^inei^ent , <)u^ d» sang, à commencer depuis les maîtres d'bOtel en fiant, le fussent de même^ dixièmemeut, que tous les cbevaliers du royaume avec leurs revenus leur fusse^it affectés p^ir prelérence en faisant les preuves ordinaires; iCMUièioeiiMni, tous les bénélices au-dessus de iOi^OOO livres feinte ^ douaièr moment, que tous les officiers des gardes du roi » gendarmes et chevau- légers fussent de très -bonne jnoblesse et bien prouvée, et tous les cavaliers des gardes du corps, gen^ darmes et chevau-iégers , des anoblis ou iiis d'anoblis , nQr bles et simples gentilshonmies, de la iNomièn»» dowTiIwi^ troisième et quatrième génération » etc.; l'tffffrTtfïïT'tf, tous les officiers des troupes par préférence aux roturiers^ soit de terre ou de mer, pourvu qu'ils eussent les qualités requises^ quato^^èmemei^t» tous Jie$j;ens d# JOM des pai^

(i) Cet usage sabsistait eu Bielagae et dans quelques astres profptneet ; ainai Ri^aet de Boorepes, éant Im Aevancfersqai étaient mltliSL traimy âhtmit an t lariÉrtiiitatiin is

aa iftihFiWiflt an iKtintififritiiHp daaaariitai fiMiattàiVIiA

ïm ^naiPBftHo» dn fanal Jim ifl linMBnnnkUliftll liai «iâWi A-

ments; quinzièmement, tous les officiers de !a couronne généralement quelconques. m • De plus fonder en France trois ou quatre maisons de chanoinesses pour les pauvres tilles de qualité, distinguées, à l'imitation de celles de Mons, Maubeuge et Nivelles, de 50 ou 60 filles chacune, à raison de 4,000 à i,200 livres de rente chacune, par prébende, dont une douzaine seulement pourraient faire des vœux, et les autres se marier quand elles en trouveraient l'occasion. Faire un revenu considérable pour les abbesses et prieures, et leur donner le titre de comtesse avec un rang honorable, et à toutes les chanoinesses titre de dame, et affecter de leur faire épouser des seigneurs et gens de qualité très-accommodés.

Et, pour conclusion, ne jamais donner la noblesse ni aucun moyen d'anoblissement que pour des services considérables rendus à l'Etat, tels à peu près que les suivants :

1" Pour un avis véritable donné au roi touchant quelque entreprise importante sur sa personne ou sur l'Etat par ses ennemis, ou pour avoir découvert une conspiration ou quelque entreprise considérable sur une place ;

2** Pour de longs services militaires bien marqués, sans fraude et sans tache ;

3" Pour des ambassades ou des négociations importantes bien conduites qui auraient heureusement réussi; *^ 4° Pour avoir exercé de grandes magistratures un long temps avec habileté et une conduite irréprochable ;

5° Un don fait à l'Etat comme de 100 ou 200,000 écus dans Uû pressant besoin (l)i ^« .|«,îfi«,^v # ^

(1) Dans nos recherches sur Vanbai, ooas avens recaeilli l'a

iiê ùwawtU

6° Une adopiion de l'£tat poui^ iiéritier^ auquel ou UUaerait de grands biens ;

T^'Poiir avoir icouvé quelque eieeUente nine d'or ou d'argent daoe le rodFMune» aupaiaTanl incmma, ou quelvie chose équifileBt;

8^ Inventé quelque art ou manufacture très-utile à l'Etat, entrepris et acheYé quelque ouvrage de grande utiUté et r^

Medote suivante, qel ae rapporte à eet artiele : noas remprontoni à meletlie deGarengeaii , ingéniear qoi avait servi sons Yaoban, i Saint-Malo, en 1094, et qai vivait eneore en 1739.

« M. de Yanban avait de la boaté pour moi et m'honorait de sa bienveillance et de sa correspondance; je lui donnai ici la connaissance de M. de la Ghipandière-Magon , connétable de Saint* Halo, faisant fonction de colonel de la boorgeoisie, homme dlion* Bear et riehe. il l'engagea A prêter de l'argent sans Intérêt ponr les trmnx de ta vttlei il le prit en amitié, en pailaavantageasement an rsi , et pria sa najesté de rÉneMir. Le roi lot vépondit ne le penvoir fMre , qne e'élait le prix d« sang. U tmiriilalt aine sanu^jesté , il ploya tons ses papiers et se leva sans rien dire. Le roi lot demanda oè II allait; il répondit à sa majesté qa*elle n'était pas d'humeur de travailler» et il alla le lendemain an lever du roi qui ne loi dit rien, non plus que le jour suivant au dîner et au souper, ce dont il fut trës-déconcerté. Le troisième jour le roi allant A la messe, il se présenta; sa mjgestô le tira dans une em- Imare de la galerie et lui dit *. Vaubanyje ne tui$ plus fAehécmr 1rs «ont, jêwmê ûecord$ la nobUm de voir$ ami h emmilMè*

» J'étais penr krs A Versailies; il aeeeida le régiment de Berry A son flb aîné et par la suite ee régfanent A son sadet, et A Tainé, sens le nom de Gervalsals, celoi de Gmaol en d'AnHn, dont il est serti marésiial de eamp. GAnaneiAe.

.«Saiû^M4lo,AoiOaioAUT3e.» .

putâtion , ou découvert quelque terre auparavant inconnue dont la possession peut être utile à l'Etat;

9** Pour avoir surpris une place ennemie ou battu un gros corps d'iccux avec un nombre fort inférieur, défendu extraordinairement une place, forcé un poste ou quelque détroit bien gardé, enlin pour quelque action de valeur extraordinaire plusieurs fois réitérée qui fit honneur à la nation ;

10** Un marchand qui, en commerce légitime, aurait gagné 200,000 écus, bien prouvé, à condition de continuer le même commerce sa vie durant ;

li** Une action de générosité extraordinaire et bien prouvée qui peut être de quelque utilité à TEtat et glorieuse à la nation; i *

12° Un homme qui aurait la hardiesse d'enlever un traître à TEtat au milieu des ennemis;

13" Un homme qui excellerait dans les belles-lettres, et qui se serait rendu fameux par quelques excellents ouvrages, r f

Et, afin que les gens de guerre roturiers, mais d'un grand mérite, puissent parvenir à tous les degrés de noblesse marqués dans ce traité, et participer par conséquent à tous les honneurs et privilèges y attribués, voici l'ordre qu'on pourrait observer en faveur de ceux qui commettent si souvent leur vie, leur honneur, voire leur salut pour le soutien de l'Etat, qui est tout ce que les hommes ont de cher et de plus plus précieux en ce monde (1).

(1) La profèssion des armes 1b êessé d'anoblir ceox qai l'exerçaient à dater de 1565, en vertu d'un édit de Henri IV , de l'aonée 1600 , auquel il a donné un cCTel rétroactif.

Loais XV a fait revivre cet ancien usage par l'édit qu'il a donné ouiméM. T. n« 10

i46 0I81VBTÉS

Tout homme de guerre, de vie irréprochable qui aurait été vingt ans ingénieur militaire ^ on capitaine d'infonterîe» on de dragons ou- cavalerie, ou commissaire d'artillerie,

grades que nous considérons tous comme équivalents, et qui pendant ce temps-là aurait donné plusieurs marques de

III ■! ■ lui ■ I I un I 11

à PMittffaeèieaQ, au nsis éé odtmhre IVW, fioflaiit créaHen

d'QDe noblesse militaire , et dont voiei sommairement les principales dispositions :

Abt. Tout officier est exempt de la taille.

il&T. 2. Tous officiers généraux non nobles actuellement au service sont et demeurent anoblis avec tonte leur postérité u^p et A naître.

Aet. 3. Voulons qne le grade d'officier général eonfére la noblesse de droit à oeoz qai y parviendront.

Art. 4. Idat offieier» après an nombre déterminé d'années de ieihrieè, joatra, sa tte dnvant» de l'exemption de la taille.

Aet. 10. Toat «facier, dont le père et l'areol aeronf ae«|ais ratempffendtilatamo^ icHi aoMèdedfoit, après toatefois qu'il

aura été créé chevalier de Saint-Louis et aura servi trente auâ, dent viugt comme capitaine y ou dont dix-huit comme lieatenantfoloiiel , ou seize comme colonel , ou quatorze comme brigadier.

Une déelaration do roi du 22 janvier 1752^ en interprétation de Védit» porte : Noos avons voulu» en dispensant les officiers géaéraox de reeonrir aox fomalités des lettres partionlièresd'ano* blissementt leur épargner la peine d'avouer qn défsot de naissance souvent ignoré*

D'après nne ordonnance de Lonis XVi, de 35 mars 1776, la qiiali^ de fils d'onoffieier ayant an grade sapériear on d'an capitaine étant ebevalier de Saint-Loois , allait de pair avee celle de noble, non pour être placé daus les écoles militaires, mais pour ètra admis dans las troupes comme cadet gentiUiomm. A.

1>I TAUBàN. W

valeur et lait quaaUté de bouiies actions bien prouvées» la qualité d'anobli ^ ei quand il «arait parvenu à èua lieute* nant-oolonel» celle de fils d'anabli» bi^ entendu qu'il ne pourrait jouir de cette qualité qu'après les vingt années de capitaine ou tiquivalent expirées; colonel, celle de noble; brigadier, celle de gentilhomme; maréchal de camp, celle de noblesse établie^ lieutenant général» celle de noblesse à chevalerie. Mais si ce même homme devient jnaréchal 4^ France» attribuer à sa noUesselouie la digmt4Mkad4xiàme gcnéraliun, en coiisidéralion de ce que la dignité de maréchal de France est une charge de la couronne qui le fait général d'armée, né conseiller d'Etat et juge de la noblesse dans les affaires d'honneur. Que si ce même homme parve^ naît à la dignité de connétable, il faudrait par la même raison lui donner luute la noblesse de la vingtième génération, et voilà de quelle manière les roiuriers pourraient, par le mérite, égaler leur condition à celle des plus anciennes maisons; privilège qui ne doit être attribué qu'aui gens de guerre seolemeat, et ce pour le prix de leur sang tant de fois exposé et si souvent répandu.

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