LES ENNEMIS DE LÂ FRANCE
i j^|gpi||pyt 4b^Jtenc« OUI publié el publient touf lea- Jniinljroi infinité de libelles difl^matoires contre elle et contre lé sacrée personne du roi et de ses ministres, auxquels jusqu'ici il ne m'a point paru qu'on ail fa il de réponse, ni même qu'on y ail fail aucune atteniion, âoit mépris, négligence OU autrement. Mous nous laissons pouilier tant qu'il leur plaît» sans que personne se mette eu devoir de détromper le monde sur rien de tout ce qu'on noua impose. On s'est contenté de défendre l'entrée de ces libelles dans le royaume, ce qui empêche bien à la vérité qu'ils n'y soient si communs, mais nullement les curieux d'en avoir. Cependant nos ennemis» prenant avantage de ce ailenee» continuent de plus en plus ii nous outrager et à répandre leur venin contre nous dans le monde, d'une manière outrée, qui nous est fort injurieuse, et bien au delà de ce qu'ils oseraient avoir pensé si on était un peu vif ^ur la réplique. Or, en cela il ne se peut que nous n'ayons grand tort» vu qu'il est reçu dans le monde que» qiU w Mâéfendpoid^wn faii âoniU e$$ oeciué, poisepow tommfie». Avons^ious oublié ce proverbe si connu , qui ne dit mot, consent « et ne voudrait-on plus se souvenir que quand un accusé s'obstine à ne vouloir pas répondre, on lui fait son yrsséi soMNM à tm fmH^ Poor moi» f admire l'indolence avec
laquelle nous souiïrons toutes leurs injures. Peut-on être Français, et n'êire pas touché de toutes les sottises que Ton publie contre nous, et ne dirait-on pas que nous sommes contraints au silence par la force de la vérité, ou que l'on n'ose répondre à toutes leurs calomnies par la crainte qu'on a d'eux? Il est très-certain que si Ton a quelque égard de cette nature, on se trompe fort. Car, si par crainte ou par modestie, nous ne le faisons pas, l'ennemi n'en sera que plus insolent, si par hauteur ou mépris, il en tirera tout Tavan* tage qu'il en saurait désirer, puisque, ne répondant à rien, notre silence sera pris de lui bien moins pour une marque de ce mépris que pour celui d'un criminelqui se sent convaincu; et, quand cette opinion ne trouverait de créance que dans la tête des sots ou dans les esprits faibles et du moyen étage , le nombre de ceux-ci est si grand à comparaison des autres, et ils ont tant de part aux affaires de ce monde, qu'il y faut bien plus faire d'attention qu'à ceux qui ont plus d'élévation. Il est donc constant que le silence que nous observons à cet égard ne peut être que très-mal interprété, et ne saurait jamais faire un bon effet. Voici comme je le prouve :
Tout le monde sait que la France a aujourd'hui pour ennemis déclarés tous les Etats qui la touchent et l'environnent, et pour cachés ou indirects le surplus de la chrétienté; que tous les libelles qui se publient contre elle sont répandus chez toutes les nations de l'Europe où, loin de diminuer l'aversion qu'elles ont naturellement pour nous, ils Taigrissent et l'entretiennent d'autant plus que ne voyant rien de notre part qui leur prouve le contraire de ce que Ton nous impute, ils se persuadent que nous avons tort, et que si nous n'y répondons pas, c'est que nous n'y saurions répondre, et que par conséquent tout ce que l'on écrit contre nous est véritable. Car voilà l'esprit et la manière de l'expliquer la
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plus commune, bien plus g<^n<^rnîr'meni reçue dansle monde que celle à laquelle on pourrait donner une interprétation plus favorable, et c'est par conséquent à celle-là où il faut 6*arrêter, et sur laquelle il faut faire attention , attendu que ces dires, fortifiés de la mauvaise disposition où est toute l'Europe à notre égard, trouvent farilrmcnl créance, et nous font passer pour des monstres et pour des gens cruels , ambitieux, sans foi et sans parole, et cela dans l'esprit même de ceux qui ne nous connaissent que par ou!-dire (i). il fam^taU Hre «miffle pout ne pas TOir le tort que cela nous fàft et à conibieu de mauvaises conséquences de telles opinions nous exposent, notamment dans les pays du nord où les peuples sont simples et naturellement portés à plutOt croire ce qu'ils désirent que ce qu'ils voient de leurs propres yeux. Cette indolence ne sert donc qu'à mieux fortiGer et entretenir l'an!mosilé que Ton a contre nous, cl c'est de quoi nos ennemis savent se prévaloir à merv«'ille pour répandre leur venin dans le monde avec d'autant plus de hardiesse que, personne ne les contredisant, ils réussissent et triomphent à souhait dé leurs in^stures; cela va même Jusqu'à scandaliser les sujets du roi , la plupart ne pouvant coficevoir que des crimes imputés, desquels on ne se défend point, ne soient que les eiïcts de la rage de ses ennemis, qui ne contiennent rien de véritable , ou diî moins que des vérités altérées et tellement défigurées qu'on ne les connaît plus. Or il est him
(1) Je sais qae Tod a insinaé an roi qa'ii fallait mépriser ces IIbelle» . et n*en pas faire plos de cas que d'on eblen qui aboie: Je coAvîen» dé la eblennerle; mais ce sont chiens qui jappent et mordent, et qui à tètee do japper réveHIent les toliiBS.