S6 OISIVETÉS
et mime néeeeêoire ptmr l'honneur ilti rot et la saUsIiction de 868 sujets, de détromper le monde et de ne pas lui laisser
croire, par notre faute, que nous soyons des méchants et scélérats comme nos ennemis veuloni l'en persuader. // est d'ailleurs d'obligation divine et hunoaine de défendre sa ré* patatîoa, et de faire voir qu'on n*est pas à beaucoup près ce que des gens dévoués au mensonge tâchent de persuader au public. Gela n*est pas difficile : la France foisonne en bonnes plumes plus qu'elle n'a jamais Tait; il n'y a qu'à en choisir une certaine quantité des plus vives et les employer. Le roi le peut faire aisément sans qu'il lui en coûte rien» et pour récompenser ceux qui réussiront» leur donner ^es bénéfices de % 3, 4, 5 à 6,000 livres de rente, ériger ces écrivains les uns en antilardonniers, les autres en antigazeltiers, pendant que d'autres anatomiseroni les libelles, et, séparant le vrai du faux, répondront aux uns d'une façon, aux autres de l'autre, disant et avouant modestement le vrai, et metunt le faux en tout son Jour; et de cette façon on trouvera bientôt moyen de tourner ces livres et leurs auteurs en ridicule d'une manière noble et honnête, sans injures ni invectives. Fendant que j'ai la plume à la main, je ne puis m'empêclier de nous reprocher q*uatre choses notoires et publiques dans le monde, sur lesquelles nous avons fait silence» comme si elles ne nous avaient pas touché, ou ^ue nous eussions été bien aises qu'on l'eût cru.
On a imprimé peut-^tre en cent endroits différents, depuis vingt ans, que le roi en voulait à la monarchie universelle, que c'était un prince d*ime ambition outrée, à tout mettre en usage pur parvenir à ses fins, et plusieurs autres impertinences <1t' cellt' uauire. C'est une chose qu'un a répandue 5 plusieurs reprises par tous les coins de l'univers, à dessein sans doute de le rendre odieux, et d'élever contre lui toutes
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les puissances qui pouvaient y êlre intéressées. Il n'y a rien . de si aisé à détruire que telles Impostures; car où en sont les
apparences, et où a-t-on jamais vu rien d*approchant d'un tel projet? Cela est bon à rcpKx lier à la maison d^Aulriche, qui y a prétendu tout ouvertement, et qui y prétend plus que jamais; la preuve en est aisée : la situation de ses pays est fait exprès pour cet attentat; la réunion prochaine des deux maisons en ^ne, et ce qu'elle fait présentement en Italie, il n'en faudrait pas davantage pour les en convaincre, quand ils ne s'en seraient pas expliqués hautement comme ils l'ont fait.
Ih ont puUU autant de fois qu'ils Font pu^ que le roi en voulait à l'empire, qu'il avait envie de se faire empereur, et
que tous ses desseins butaient à c la ; autre sottise encore plus aisée à détruire que la précédente, puisqu(3 i ien ne serait plus contraire au véritable intérêt de la France , étant très-évident que ce serait sa jruine assurée, en ce que cet accroissement lui attirerait infailliblement toute l'Europe sur les bras, et Tépuiserait d'hommes et d'argent en fort peu de temps. L'empire, sur le pied que la maison d'Aulriclie l'a mis» ne convient qu'à ceux qui de leur ionds seront trèspuissants en Allemagne^ et nullement à d'autres, attendu que ce n'est plus qu'une dignité qui d'elle-même ne donne que peu ou point de revenu et une irès-médiocre autorité. Or le roi n'y possède rien ou ircs-pcii de chose, donc l'empire ne lui convient pas. Tl est assez empereur chez lui et, Dieu merci) en état de ne pas voir de condition dans i'£urope qui soit au-dessus de la sienne. Il est, dis-jCi assez grand seigneur sans chercher des agrandissements de cettenaturei qui ne lui conviennent nullement.
/fs on( en(?ore /ai^ grand bruit partout sur les contraventions aux uaités et les manquements aux paroles qu'ils pré-
lendeni qu'on leur a laits. A les entendre parler là-dessus, ce sont des anges, et nous des démons; mais, ceux qui ont im peu lu rbîBtoire de Ferdinand le Catholique , de Charles- Quint, de Philippe II, etc., savent bien que toutes les fois qu'ils en ont pu manquer impunément et avec quelque utilité, pour p»uite qu'elle ait éi»\ ils n'en ont pas fait de laçon, et, avant que nous soyons parvenus à leur rendre tour ce qu'ils nous ont prêté à cet égard, nous aurons bien du chemin k faire, car la matière est riche, et il n'est pas malaisé de les confondre. Il ne faut pour cela que se donner la peine de ramasser une douzaine de buuiie plumes, comme je Tai dit tantôt, et les mettre en œuvre. C'est ime guerre où nous serons bien sûrement les plus forts.
DE YAUJIAll.