DE L'ÉLECTION DE VÉZELAY
CONTIlfAHT
SES REVENUS, SA QUALITÉ, LES MOEUES DE SES HABITANTS, LEUR PAUVRETÉ ET RICHESSE, LA FERTILITE DU PAYS ET CE QUI l'on POURRAIT Y FAIRE POUR EN CORRIGER LA STÉRILITÉ ET PROCURER L'AUGMENTATION DES PEUPLES ET L'ACCROISSE- MENT DES BESTIAUX.
Janvier 1696. ''^^'*»'^^"'
L'élection de Vézelay est de la province de Nivernais, de révêché d'Autun^ de la généralité et ressort de Paris, et la ville de Vézelay du gouvernement de Champagne. Elle est bornée au nord par l'élection de Tonnerre, à l'est par le duché de Bourgogne, à l'ouest par les élections de Ne vers et de Glamecy, et au sud par celle de Ghâteau-Ghinon.
Elle a quelque 9, 10 à 11 lieues de longueur sur 4 à 5 de * largeur, et en tout 40 lieues carrées de 26 au degré, en ce compris les parties séparées de son continent.
Sott composé est d'Mtant plus bisarre que, tonte petite
qu'elle est, elle coniient plusieurs enclavemenis des eiections voisines dans lesquelles elle en a aussi de fort écartéeSy saos qu'on en puisse rendre raison, si ce n'est que quand on i'a tatuMjH «e^^^t^Viéilètf tèîineurs de ces lieux hoirs œuvre ont eu des raisons pour désiier que leurs terres fussent de cette élection, à cause du ressort de Paris; mais on est en même temps tombé dans l'inconvénient de rendre les exploitations qui se font pour cause de la levée des tailles» besocoup plus à charge»^ Mi^^de^ paUléses éloignées du siège de l'élection {âéfiMÊ qm a ftesmn d'éfrs corrigé , aussi Men fus Um mnx qui lui resssmftlwofil «nfkurs).
Partie de ses paroisses sont situées en Morvand, partie sont mélangées de Morrand et de bon pays, et ie& autres^ emiàlrem6ht dâtis le bdii i>dyB/qtti ne l'est qtié pai^ rftppôn au Morvand, qui est tr^mauvais. Celui-ci est cônsidérabfemenl plus bossillé et élevé que le bon pays, bioii que l'un et l'autre le soient beaucoup.
C'est un terroir aréneux et pierreux^ en partie couvert de ix>is, genêts, ronces» fougères et autres méchantes épines, où on ne laboure les terres que de six à sept ans l'un \ encore ne rapportent-elles que du seigle, de Favoineet du blé noir pour environ la moitié de Tannée de leurs habitants, qui, sans la nourriture du bétail, le flottage et la coupe ded bois» atitiient beaucoup de peiii#4 sublistiri*
Pans Ise {lafoissis métangés»^ fl y çraift un p^v de Iro* nMntetâivin; et, quaildles aMiéésfioMlMRmeS)OD yen recueille assez pour la nourriture des peuples, mais non pour en commercer.
Aans oeUsêidtt bon pays, les terres sodt fortes et .spon* gienses, chômti»<dlttiil0s « 'laMiiirr mlÊm^^é wm
nwiasittt |>lèifM§iu m pltiiM§4é em vm espèce
de pierres piales dont on couvre les maisons, qui sont fort dommageables dans les terres où elles se trouvent y soit quand ete parais8«iii à 4émHiven sur la superfioié de la tem» <Ni ^aMaé eUet sont eoutenes a^t^pouM d'é* » paîs»|MUPoeqtitle8jayoiiBdiiioleilimiiMàpéfié^ < de terre qui les couvre» échauffent tellement la pierre qu'elle brûle la racine des blés qui trouvent «u^deSBUai et les empêchent dcLmiMiiter. '
Le labourage>dee terres ae fiut avec des iwBufe, de fly # tt? 10 à la chanaa» selma qns les MMs sont plua ot SmIis foN tes. Leur rapport «e va guère par oanaraiie année à plus de>^ 3 et demi pour un, les semences payées, quelquefois plus, quelqueiuis moins.
Le pays est partout bossiilé caonne nous avons déjà dit> ' maïs plus en tfocvand qu'ailleurs. Les hanta »'04 sont leeé plaines, sont spa^oisuB» très^eneui et peu tetiles. Lee^ fonds le sont davantage , nais ils sont petits et étroits. Les rampes participent de Tun et de Tautre, selon qu'elles sont plus ou moins roides, et bien ou mal cultivées.
tfS^pSSfS^Aati^iiMireoottpé de fontaines , ruiaaeamt et lii» i viàres» BBuda tout petits eoMae étant peèa de èauie aonceaj
Les deux rivièras d'Yonne et de Guse sons leepioe gréé^'i ses, et peuvent être considérées comme les nourrices du . pays , à cause du flottage des bois. On pourrait même les rendre navigables» Tune jusqu'à Gorbigny et feutre jusqu'à Vézelay;ee qui serait trée«tileéupaya.Lsepe|tts»rifièree de Guaen, de Brangeane» d'An^uIsson» du Qonloti û*à$^ manée sont de quelque eottaidéretion pour le «fldttage des
bois.
Il y a encore plusieurs autres ruisseaux moindres que cettXf*ià» qui font t«ur«ssdes BMMilins» ei semnt anssl au
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flpttigades bolSyquiaidlesmixMmlgmietyàraidadei
étangs qu'on a faits desana. On en pourrait fiiire de granda
arrosements qui augmenteraient de beaucoup la fertilité des terres et Tabondance des fourrages, qui est très-médiocre en ce paya-là, de même quecoUe des bestiaux, qui y croissent petiia et si Ikibles ^'on est d^ligé de tirer les bètea de-la^ boiir 'd'ailleurs, ceux da paya n'ayant pas asasa de Ibfce; les vaches même y sont petites, et. six ne fournissent pas tant de lait qu'une en Flandre, encore est-il de bi^ moindre qualité
n y rkaà tièe-pen de cbenux» et ceux qu'on y tmve août de nutu^iae^nalité et proprea à peu de choa^ psfce qu'on ne m donne pas la pdne ni auoune application pour
en avoir de bons , les paysans étant trop pauvres pour pouvoir attendre un cheval quatre ou cinq ans; à deux ils s'en défont, et à trois on les fait travailler, même couTrir, ce qui est cause que très*rarement il s'y en trouve de bons.
La brebialle y pioflte peu , parce qu^elle n'est point soignée ni gardée en troupeaux par des bergers intelligents, chacun ayant soin des siennes comme il l'entend; elles sont toutes mal établées , toujours à demi dépouillées de leur laine par laa épinea des lieux où elles tont pattrey aana qu'on apporte aucun soin ni industrie pour les mieux cof tretenir.
Bien qu'il y ait quantité de bourriques dans le pays , on n'y fait pas un seul mulet, ^oit faute d'industrie de la part des habitania, ou parce qu'ils Tiendraient trop petits.
Pour des porcs, on en élève comme ailleurs dans les mé» tairies et ches les particuliers,. nnis non tant que du passé, parce qu'il n'y a plus ni glands, ni faînes, ni châtaignes dans le pays où il y en avait anciennement beaucoup.
U y aurait asses de gilMcr et de venaison, si les loups et
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les renards, dont le pays est plein, ne les diminuaient considérablement, auâsi bien que les paysans qui sont presque tons cbasseors difectemenc ou indifèctemait.
Les mêmes kmps km eneot^ un tort edosidéiilile am bestiaux ) dont Hs blessent, tuent et mangent une grande quantité tous les ans, sans qu'il soit guère possible d'y remédier, à cause de la grande étendue des bois dont le fiays eai pmqu'à demi couvert.
Mous distiagaeroiis ces bols en trois espèces» sairair» eii bois taillis, bois de ftitaie et bois d'usage. Il y a 6D à 10 ans que la moitié ou les deux tiers de ces bois étaient en futaie ; présentement il n'y a plus que des bois taillis où les ordonnances sont fort mal observées. Les marchands qui achètent les coupes sur pied» abattant indifléremment les baUteaur anciens et modernes» et n'en laissent que de Fâge du taillis et sans choix, parce qu'ils se soucient peu de ce que cela deviendra après que les ventes seront vidées et leurs marchés consommés.
Il n'y a plus de futaie présentement; et ^ést une chose asaes étrange que» dans rétendue de M paroisses» où il y a plm de 81»O0O arpents de bois» il ne s^y èii s<^ trouvé
que 8. ' • "
Les bois d'usage dont il y a quantité en ce pays-là, sont absolument gâtés, parce que les paysans y coupent en tout temps à discrétion» sans aneon égard» et» qui plus est» y laissent aller les bestiaux 4ai achèvent de les miner. •
Il arrive donc que, par les inobservations des ordonnances, dans un pays naturellement couvert de bois , on n'y en trouve plus de propre à bâtir» ce qui est partie cause qu'on ne létabltt pas les maisons qtri tombent ou qu'on le fait mal !; car Usât vrai de dire que lès boia àbâtirtt*^ sont gaèiê
ÏÏK
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rares qu'à Paris : on ne sait ce que c'est que gruerie, grairie, tiirs et danger dans cette élection.
Le pays en général est mauvais , bien qu'il y ait de toutes choses un peu ; l'air y est bon et sain , les eaux partout bonnes à boire, mais meilleures et plus abondantes en Morvand qu'au bon pays. Les hommes y viennent grands et assez bien faits, et assez bons hommes de guerre quand ils sont une fois dépaysés; mais les terres y sont très-mal cul- ,tivées, les habitants lâches et paresseux jusqu'à ne pas se donner la peine d'ôter une pierre de leurs héritages, dans lesquels la plupart laissent gagner les ronces et méchants arbustes. Us sont d'ailleurs sans industrie, arts, ni manufacture aucune, qui puissent remplir les vides de leur vie, et gagner quelque chose pour les aider à subsister, ce qui provient apparemment de la mauvaise nourriture qu'ils prennent; car tout ce qui s'appelle bas peuple ne vil que de pain d'orge et d'avoine mêlées , dont ils n'ôtent pas même le son , ce qui fait qu'il y a tel pain qu'on peut lever par les pailles d'avoine dont il est mêlé. Ils se nourrissent encore de mauvais fruits, la plupart sauvages, et de quelque peu d'herbes potagères de leurs jardins, cuites à l'eau, avec un peu d'huile de noix ou de navette, le plus souvent sans ou avec très-peu de sel. Il n'y a que les plus aisés qui mangent du -pain de seigle mêlé d'orge et de froment.
Les vins y sont médiocres, et ont presque tous un goût de terroir qui les rend désagréables.
-.-Le commun du peuple en boit rarement, ne mange pas trois fois de la viande en un an, et use peu de sel, ce qui se prouve par le débit qui s'en fait. Car si douze personnes du commun peuvent ou doivent consommer un minot de sel par an pour le pot et la salière seulement, 22,500 personnes qu'il y a dans cette élection en devraient consom-
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mer à proporlioa 1,875, au lieu de quoi ils n'en consomment pas 1,500, ce qui se prouve par les extraits du grenier à sel. Il ne faut donc pas s'étonner si des peuples si mal nourris ont si peu de force. A quoi il faut ajouter que ce qu'ils souffrent de la nudité y contribue beaucoup : les trois quarts n'étant vêtus, hiver et été, que de toile à demi pourrie et déchirée, et chaussés de sabots dans lesquels ils ont le pied nu toute l'année. Que si quelqu'un d'eux a des souliers, il ne les met que les jours de fêtes et dimanches. L'extrême pauvreté où ils sont réduits (car ils ne possèdent pas un pouce de terre) retombe par contre -coup sur les bourgeois des villes et de la campagne qui sont un peu aisôset sur la noblesse et le clergé, parce que, prenant leurs terres à bail de métairie, il faut que le maître, qui veut avoir un nouveau métayer, commença par le dégager et payer ses dettes, garnir sa métairie de bestiaux, et le nourrir lui et sa famille une année d'avance à ses dépens ; et , comme ce métayer n'a pour l'ordinaire pas de bien qui puisse répondre de sa conduite, il fait ce qu'il lui plaît, et se met souvent peu en peine qui payera ses dettes, ce qui est très-incommode pour tous ceux qui ont des fonds de torre, qui ne reçoivent jamais la juste valeur de leurs revenus, et essuient souvent de grandes pertes par les fréquentes banqueroutes de ces gens-là. ■«.
Le pauvre peuple y est encore accablé d'une autre façon par les prêts de blé et d'argent que les aisés leur font dans leurs besoins, au moyen desquels ils exercent une grosse usure sur eux, sous le nom de présents qu'ils se font <)onner après les termes de leur créance échus, pour éviter la contrainte, lequel terme, n'étant allongé que de trois ou quatre mois, il faut un autre présent au bout de ce temps-là, ou es&uyer le sergent qui ne manque pas de faire mai«on nette;
Beaucoup d'autres vexations de ces pauvres gens demeurent au bout de ma plume pour n offenser personne. Gomme on ne peut que repousser la misère plus loin , elle
• ne manque pas aussi de produire les effets qui lui sont ordinaires, qui sont : 1" de rendre les peuples faibles et malsains, spécialement les enfants, dont il en meurt beaucoup par défaut de bonne nourriture ; 2" les hommes fainéants et découragés, comme gens persuadés que, du fruit de leur travail , il n'y aura que la moindre et plus mauvaise partie qui tourne à leur profit; 3"* menteurs, larrons, gens de mauvaise foi, toujours prêts à jurer faux, pourvu qu'on les paye, et à s'enivrer sitôt qu'ils peuvent avoir de quoi. Voilà le caractère du bas peuple qui , cependant, des huit parties fait la septième {remarques qui méritent considération).
L'autre partie, qui est la moyenne, vit comme elle peut de son industrie ou de ses rentes, toujours accablée de procès entre eux , ou contre la basse qui est le menu peu-
' pie, ou contre la haute qui sont les ecclésiastiques et les nobles, soit en demandant ou en défendant, n'y ayant pas de pays dans le royaume où on ait plus d'inclination à plaider que dans celui-là, jusque-là qu'il s'y en trouve assez qui, manquant d'affaires pour eux, se chargent volontairement, mais non gratuitement , de celles des autres pour exercer leur savoir faire.
Au surplus, il y a dans cette élection 205 personnes ecclésiastiques , savoir : 79 curés , vicaires ou prêtres séculiers, 57 religieux de différents ordres et 69 religieuses, savoir:
L'abbaye et chapitre de Vézelay , consistant à l'abbé et 44 chanoines, y compris le doyen, l'archidiacre et le chantre. Cette abbaye valait autrefois 15 à 18,000 livres de rente à l'abbé, et aujourd'hui 6 à 7,000 livres y compris les bois.
L'abbaye de Cure, consistant à l'abbé el un prêtre gagé pour y dire la messe, peut valoir 12 à 4,300 livres.
L'abbaye de Corbigny-lez-Saint-Léonard , consistant à l'abbé et 7 religieux bénédictins réformés, peut valoir 8 à 9,000 livres de rente à l'abbé, tout compris.
1 " Il y a un petit chapitre à Lille sous Montréal, composé de 3 chanoines réguliers qui peuvent avoir 8 à 900 livres de rente.
Il y en a un à Cervon, composé de l'abbé du lieu, du curé el de 6 chanoines ou semi-prébendés , qui ont environ 3 à 4,000 livres de rente, dont 6 à 700 pour l'abbé.
Il y a encore 3 ou 4 petits prieurés dans Télection déiOO à 150 livres de rente chacun , qui sont de la nomination des abbés de Corbigny et Vézelay, et de quelques seigneurs particuliers.
Il y a de plus un couvent de corde! iers à Vézelay, composé de 6 religieux qui sont pauvres et ne vivent que d'aumônes et de la desserte de quelques paroisses de la campagne.
Un couvent de capucins à Corbigny, composé de 8 religieux.
Les chartreux du Val-Saint-Georges, qui sont au nombre de 8 religieux, et ont quelque 9 à 10,000 livres de revenu.
L'abbaye du Reconfort, composée de l'abbesse et de 22 religieuses, qui ont pour tout revenu 4 à 5,000 livres de rente.
Les ursulincs de Corbigny, au nombre de 20 religieuses très-médiocrement accommodées, ayant de revenu quelque 3,000 livres de rente.
Les ursulines dé Lorme, au nombre de 8 religieuses et
2 servantes, qui ont pour tout revenu 800 livres de rente.
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Lés urs.ulities de Vézelay, consistant en 44 religieuses et S-serante»^ oht ^uèïque 2,600 à 3,000 livres de renié. ' Totià m ^10^ etm^tm um to.^ooiésiasliqaes de fé-
Il y a 48 familles de nobles dans ladite élection , parthi lesquelles il y en a 3 ou 4 qui se soutiennent; tout le reste e8t paaviidJet4rè»<nAiaieé , ayant la piuj^t de leur inea décret. Il y en a fort peu de titrées. ' -MtAantllea é'essimpm far «oquieiiîài^Hie cbifBiei làiit
vieilles quu nouvelles. ■-■ •* • r
257 de gens aisés, c'est-à-dire de ceux qui sont efttre Vâi^ tisan et leplua acttûuiBkodé bour{^'eois. : ^ ' . ■
42 4te mmrmmt «onmtit qui* pm^Btim qaeiqào^ibO pmnnmm ée-ieasiâges eiMlB toni'seiifeft.
92 de judicature , exerçant les justices subaUeraesiiii payft qui sont tous liaillib, liouienaïus^ {krocureui'S, greffî^KS, notoires et sergents. . - > i»ÉgQe><mft qui-tet 4Kw»meree ée d)ois , Be Ikmh iwMf et de quelques merceries; le reste est peu de chose. .
441 familles de méndiaiilt ^ui tet .pBès-dr» 0,000 i>ersonnes, c'est-à-dire la onzième paitie du tuui. Le surplus du bas peuple est si pauvre que, s ils ne sottl,Hpa^s eoiipre réduits à la meDdi^sité, ils en sont fort près. »
491 maisons en ruine et injiabitables, et ^ vides dans lesquelles il ne loge persoiine : îe tout faisant*739, qui est environ la septième partie du tout (marque évidente de la {li~ mmution du peuple). ' • r j
il y a de plus 44,456 arpents de terre labourable dans cette âectiony dont 6,957 en friche ou désertes,. ce. ..qui.eB fait à peu près la septième partie, ét^ 4,188 arpents. de vignes, dont 754 en ft-ichc qui fôni la sixième partie et un peu plus. Cela, joint à l'abandon et ruine des maisons,
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et à ce que les terres en nature sont très-mal cultivées , marque évidemment le dépérissement du peuple. io •« Sur 22,408 personnes de tous âges et de tous sexes qui se trouvent dans cette élection, il y a 407 femmes plus que d'hommes, 433 filles à marier plus que de garçons (1); mais en récompense 424 petits garçons plus qiie de petites filles, et 196 valets plus que de servantes, ce qui prouve d'un côté la dissipation des hommes, et de l'autre que le pays produit naturellement plus de garçons que. do filles, cela se trouve peu dans les autres provinces du royaume, où il naît ordinairement plus de filles que de garçon3 : la froidure du pays pourrait bien en être cause.
Voilà une véritable et sincère description de ce petit et mauvais pays, faite après une très-exacte recherche, fondée non sur de simples estimations, presque toujours fautives, mais sut un bon dénombrement en forme et bien rectifié.
Au surplus, ce pays serait très -capable d'une granïe amélioration; si, au lieu de toutes les différentes levées de deniers qui se font pour le comte du roi par des voies arbitraires, qui ont donné lieu à toutes les vexations et v6leries qui s'y font depuis si longtemps, on faisait:
Une recherche exacte du revenu des fonds de terre et de bestiaux en nature, et de l'industrie des arts et métiers qui
(1) Les filles ad-dessos de douze ans , les garçous au-dessus de quatorze.
W oniwÉi
s'y professent; qu'on réglât les impositions sur le vingtième des revenus, sans autre égard que celui d'imposer légale- ■Mat a«r tou lu biens apparents d'un «ehacan» exempts de Irais et dd^videace.
81 on trouvait inoyeff d'abréger les procès par Imposer
quelque rude châliment, tant à ceux qui jugent tnal par corruption ou négligence, qu'à ceux qui plaident de mauvaise fèi et par obstination.
Si le roi 9 bien persuadé que la grandeur de ses pareils se mesure par le npmbré ^es sujetSy commettait d'babiles intendants, gens de bien». pour avoir soin, d'économiser les pays, et les mettre en valeur, tant par l'amélioration de la culture des terres et augmentation de bestiaux, que pour y introduire d,es arts et manufactures propres au pays.
lY.
Si on tenait de plus près la main aux ordonnances concernant la coupe des bois.
SI on nfoàûi les rivières d'Yonne et de Cure navigables anssi loin qur'elles pôunaient être nécessaires an pays.
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Si on faisait faire quantité d arrosements qui pourraient augmenter la fertilité des terres et l'abondance des fourrages presque de moitié, et en même temps le nombre des bestiaux à proportion, ce qui produirait trois prolits considérables : 1° par de plus grandes ventes de bestiaux, 2** par le laitage qui contribue beaucoup à la nourriture des peuples, et spécialement des enfants, 3° par les fumiers qui augmenteraient de beaucoup la fertilité des terres.
• Ut
f.Tj ' '»«^T.^r»Tff>-ri»> o»' VII. t*" *'^**" *^
Et, pour ne pas demeurer en si bfeau chemin, ne pourrait-On pas ajouter? que si on réduisait toutes les mesures de l'élection, et même celles de tout le royaume à une seule de chaque différente espèce, avec les subdivisions nécessaires, sans égard aux mauvaises objections qu'on pourrait faire en faveur du commerce, qui sont toutes fausses, et ne favorisent que les fripons. , ****