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de nourrir dans soi le sujet d'une guerre intestine toujours prête à éclore» qui lui est d'une oonséquence beaucoup plus « dangereuse que celle dn dehors, ce qui l'oblige avec déplaisir de recourir aux moyens les plus possibles pour se préparer un acheminement à la paix; de quoi il l'a voulu cependant avertir avant que de prendre une résolution, afin que s'il a des moyens prompts et efficaces poor procurer une paix honorable à la France, sans être obligé à ce rappel, il ait la bonté de les lui déclarer et de les mettre incessamment en exécution ; que, s'il répond oui, c'est à lui à les faire voir, sinon on pourra lui répondre : « Saint-père, ne trouvez donc 4pa8 mauvais si le roi se sert de ceux qu'il a en main pour j^jliminaer bien sûrement le nomlnre de ses ennemis. » En* è^ait» de quoi et feute de meilleur expédient de sa part, passer outre, et faire la déclaration dans toutes les fornies requises sans y laisser de queues car ce serait bien sûrement > par là qne les ennemis tàcli|pulent de les retenir sous promesse de leur obtenir ^^nplUeures conditions; ce qu'il faut hn toutes choses éviter,'^.^|Mttt6t ne rien faire du tout; car il serait dangereux d'y faire d'autres restrictions que les spécifiées dans l'éditde Nantes.
.;o.t>. ADDITION m :^:^ffiA.
Ce Mémoire ayant été relu et examiné plusieurs fois depuis deux ans et demi qu'il est fait, on n'y a rien trouvé qui dût être retranché; eu égard à l'état des afifaires présentes de ce royaume, on a cru même devoir y ajouter les additions suivantes pour lui tenir lieu de supplément.
Il faut tenir pour certain et très-constant que les conversions n'ont été qu'apparentes, et que, de cent convertis, il n*y en a peut-être pas deux qui le soient de bonne foi, tous les autres sont catholiques en apparence et huguenots en effet; qui, n'allant pas à l'église, scandalisent dangereusement les catholiques et tous ceux qui les ont vus abjurer ; et ceux qui y vont, ne le faisant pas de bonne foi, commettent
(1) Sous le titre de Réflexions sur la guerre présente et sur les nouveaux convenis, Vauban fit, à la date du 5 mai 1695 une nouvelle addition à son mémoire, dans laquelle il reproduit à si peu de chose près les mêmes idées en faveur du rappel des huguenots, que nous n'avons pas cru devoir l'insérer ici. Elle n'appartient pas d'ailleurs au tome i" des Oisivetî*. a
des sacrilèges autant de fois qu'ils se présentent à l'usage des sacrements, chose liorrible et qui se pratique cependant
partout où il y a de nouveaux convertis, d'autant plus faciicnient que la plupart d'entre eux croient le pouvoir faire par des considérations temporelles, et sans commettre de crimes» parce qu'ils n*f ont pis de foi. Ainsi le roi» avec les meilleures intentions» se trouve» sans y penser, Tauteur de ce qui peut s'imaginer de plus matnraîs dans la religion (4).
Les conversions forcées ne sont donc; qu'apparentes, et les huguenots, les mêmes qu'ils étaient auparavant; en ce cas , il ne se peut qu'ils ne soient dans uife grande contrainte et qu'ils n'aient par conséquent une aversion extrême pour ce qu! les coiitrâint présentement et éê qui les doit contraindre à l'avenir. Or, ce qui les doit contraindre, c'est le roi, tant qu'il persévérera à leur tenir rigueur sur le fait de la religion, attendu que s'il vient à faire une paix où ils ne soient pas avanldgeusement compris, ou que sa majesté ne les ait pas rappelés auparavant, il est à présumer qu'elle ne les laîssei a pas en repos, le peu de tolérance que l'on a pour
' tl) Le féi% ftkfKSké {près de trémie ans à la conversion dès boguènols aM apiAlet8oii<ètii4peBBis^ se qoî lui èn a ramené in* sensiblement, par des voies dosées et bienfaisantes, plos d'on quart* Iki moment; qa'on a osé de eontraifitos. tel qoî n^avait
que pea oa point de religioQ» s'est avisé d'en avoir; tout s'est élevé et i ou ii'a plus converti personne.
Pour preuve de ce que dessus, geus qui le savent bien m'ont assuré qu'il n'y avait que le quart de catholiques à la Rochelle fers les années 61, 62, 6."), et que dans l'année 1687, il n'y avait plus que iequartou le tiers au plus ^les huguenot». On dit laméme èliose oa à peu près d»,Nlmos et de Moiilpeiiier* - . • Vm*
eux ne pouvant être expliqué que comme un relâchement en foveur de la guerre présente, qui venant à cesser, les contraintes TOOoaamenceront avec plus de chaienr que jamais; c'est ee qui leur paraît évident et dont pas un d'eox ne doute»
et c'est aussi ce qui leur fait désirer avec passion le rappel ou la continuation delà guerre et l'abaissement du roi et de ce royaume, jusqu'à ce qu'il soit contraint de leur accorder des conditions qui leur fassent trooTer cette sAreté tant désirée, dans ses bonnes grAces ou dans son impuissançe ^ ^euv faire du mal , situation vraiment malheureuse dimt un Etat» quand bonne partie de ses sujets sont réduits à ne pouvoir trouver de bonheur ni de félicité que dans la ruine ou l'abaissement de leur souverain et des autres sujets leurs compatriotes, parents et amis.
Le soutien des oenversioas fbvèées ne peut êtfe d'âueune milité au royaume, pas même à la religion catholique qui n'en serait que plus négligée s'il n'y avait plus de réligionnaires t il n'y a qu^à remonter jusqu'au règne de François et voir ce qu'étaient les ecdésiastiques deeetettiip64è»leafB mœurs et leur doctrine. ,
La persévérance des conversions nourrit une infinité d'ennemis cacbés très-dangereux, dans le cœur de l'Etat, que l'on ne connaît pas. Un rappel favorable les ramènera au devoir ou les fera découvrir Mea eevtainemieiit.
Cette même pevsévéranee ne peut manquer d'enMieBiv autant d'amis tîdèles au prince d^Orange qu'il y a de conversions forcét^s dans le royaume, qui lui désirent toutes prospérités et qui sont prêts à lui rendre tous les services qui peuvent dépendre d'eui^ toutes les fois qu'ils pourront prendre leurs avantages pour cela. Le prince d'Orange est ennemi du roi et de toute la France ; il est puissamment aime coutie elle; assisté des forces et de l'argent de toutes
ïiSL OISIVETÉS
les pnisMncM 4e Europe, directement ou îfidirectement,
que sera-ce donc si, péncirant le royaunio par ierr<jou par mer, les huguenots peuvent une fois lever le masque impu* Dûment et se joindre à lui î II est vrai que ces mêmes huguenots ne sont 4M8 asses puissants éans le royaume pour entre? prendre quelque chose de considénihie d'eux-mêmes; mais ils le sont assez pour pouvoir assister puissamment l'ennemiy s'il avait remporté.quelqjyie avantage considérable sur nous. .
Or cet ennemi eet dans Taçtion et agit puissamment ponr parvenir à cet avantage, et on ne doit pas douter qu'ils ne
soient disposés à se joindre à lui à la première occasion qui se présentera, d'autant plus dangereusement que leur déclaration ne saurait manquer d'être suivie d'une guerre dans toutes les parties du royanme» capable de ruiner tout d'un ooup ce que le toi a fiiit depuis trente ans atec tant de peines et de dépenses, et de bouleverser l'Etat sens dessus dessous. En voilà assez pour convenir : 1° de Févidencc des maux dont nous sommes menacés par la continuation des contraintes, et de la nécessité lf ès-pressante d'y remédier pins tôt que plus tard» pendant que le roi est en état de choisir et de tourner cela comme il lui plaira. De remède il n*y en a point d'autre que celui de les exterminer ou de les contenter; la pensée seule du premier est exécrable et fait horreur» étant directement contraire à toutes les^ vertus moraies» civiles et politiques ; celle de les contenter est bonne» honnête et pleine de charité, et c'est à quoi on parviendra en suivant Tintention de ce Mémoire au pied de la lettre, sans restriction» rien n'étant plus dangereux que de faire les choses à demi en cas pareil, n'en déplaise à' ceux qui cherchent des modifications où il n'en faut pas.
I)K VAl'fUN.