ARMEES
j'our la gr«inci6 armée en i^i&narcsy 6,000 dufvain et 4^000 dngMt.
Lei Vniê camps de Furoes Menin
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Mtriiiey galères et vai&seaux. . . .
Places et ginniaoïis plus iiéoemiNt.
Total général de Tinfanterie et cava-
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Pour la côte de Picardie, la milice du Boulonnais qui fait plus de 6,000 hommes de cavalerie et d'infanterie. . Outre ce que dessus, on peut faire étal de 2 à 3,000 chevaux d'arrière-ban par an, à ne pas fatiguer la noblesse, des milices d'obligation de quelques pays d'Etat, de 4,200 invalides qui ne coûteront rien au roi, et de quelques brigades de gardes de sel, et des compagnies d'archers pour les' escortes éloignées de la frontière et pour contenir le dedans du royaume.
Voyons quel peut être l'effet de cette disposition. En reprenant les choses suivant l'ordre de la table précédente, il me semble qu'une garde pour le roi de 600 chevaux et 1,200 hommes de pied sera suffisante, ne m'ayant point paru que sa majesté en ait gardé davantage pendant le cours des campagnes passées , mais souvent moins.
La grande armée de Flandre, étant supposée de 40,000 hommes, sera plus que suffisante si on veut user de la précaution des retranchements, puisqu'il est très -certain qu'une armée retranchée qui se contente de subsister et de se tenir sur la défensive sans faire de siège, se pourra maintenir aisément contre une qui sera du tiers ou des deux cinquièmes plus forte, se précautionnant pour les vivres et pour les communications , ce qui se peut en prenant des postes choisis le long de la Lys, de l'Escaut ou de la Dendre, et en plusieurs autres endroits où il s'en trouvera assez quand ils seront recherchés avec soin.
Il y aurait des mesures à prendre sur les commodités de ces camps qui pourraient considérablement contribuer au pro-^' longement des séjours qu'on y pourrait faire. Par exemple, si on partageait les fourrages, comme font quelquefois les ennemis, et si, quand on se propose de séjourner longtemps dans un même camp, on faisait marcher avec soi les vivres
Mi (MiTftfrÉS
qu'on y peut consommer , si dans les corps ou se pourvoyait de petits moulins, et s'il y avait peu de cavalerie dans fKtm^e, i( est^fld difficulté qu'on ^ subsisterait plusMaisèment ét pluîs^ Iôngtettit)d. On |M^m(ii ââstf^ffllMIefWil blés des environs du camp qnfîf fÉidlfWI écW^ervèr, ïi^MUM^ tant à prix ; quand ils seraient en état d'ôfre coupés et battus, les cavaliers et soldats porteraient tout celui qu'iU pourraient trov^er chez te munîtioïkiàirery eé^j^fÊst^^ ptn* tiqué plusieurs fois. Â quoi j'ajoute qu'il n^^ÊÊÊÊÊt^ mettre en cMnpagne que quatid les - fôvhftàtdê iMMHl qu'on est près de la moisson. C'est ainsi que les Allemands, de qui les vivres sont assez bien réglés , le pratiquent.
Si l'ennemi se met en devoir d'entreprendre quelque tftbéé ; Wite àrmée pàùttâ fjtimW des i^iéMf-fm^mê Furnes , Menin et ffaihai^, raSMmfeflé^, 'et mée de Moselle, et de ce qu'on pourrait tirer des garnisons, et par ce moyen devenir formidable , et capable de tout entreprendre.
L'armée de MoseRe qai, suivant <^etié^ diaIrtftitiwiP} ^ trouverait forte de 17,000 hommes , otrtrè' Tés fins aux*
quelles elle est ordinairement destinée , pourrait Se joindre à la grande armée en certains cas , renforcer le camp de Namur ou de Huy , et en d'autres, se grossir des troupes de ce même camp, quand il y aurait Heu <féïstreprendre quelque diose sur le pays ennemî*.
liO soin des places de Sambré-et-Meiise ^urraif êflre tfonné à celui qui commandera cette armée, en lui prescrivant, en général, ce qu'il aurait à faire'.
On suppose 1,800 dragons et 24,600 hoihme» de pitéd ponr les trois camps de Pâmés, Hékiiii ëtUfsàûâm^ ou Huy, les deux de PlanAres pouvant être fbrâflés des garkiisoiis, et' se donner aisément la main. J'estime que dans les besoins
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on en pourra faire un corps de 20,000 hommes, qui seront état de garder non-seulement les lignes depuis la mer jusqu'à l'Escaut, mais encore toutes les places contenues dans cet espace , joint que ce corps se pourra joindre à la grande armée en cas de besoin. 11 faut très-peu de c-avalerie , et le moins que l'infanterie pourra avoir d'équipages sera le meilleur. Du surplus, je ne dis pas combien il sera aisé à ces deux corps de se joindre à Furnes, à Ipres, à la Kenoque, à Menin, Espîères, à Tournay et par tous les endroits de ce pays-là où on voudra les faire agir ; cela est aisé à connaître, il ne faut que voir la carte des lignes. Cette partie demande un général particulier subordonné à celui qui commandera la grande armée.
Pour celui de INamur, il me semble que sa destination particulière doit être de garder i'entre-Sambre-et-Meuse et les villes de Namur et de Iluy, soit qu'il se joigne quelquefois) à l'armée de Moselle en tout ou en partie, ou que seul il se renferme dans le camp de Huy ou de Namur. De plus quand il y aura lieu de le joindre à rarmée de Moselle pour quelque entreprise particulière, il se trouvera parfaitement bien posté sous l'une ou l'autre de ces places.
Si l'armée d'Allemagne est de 45 à 47,000 homnxes, dans une défensive elle pourrait se séparer en deux corps, faisant la grande armée de 32 à 35,000 hommes, et l'autre qui peut être employé à garder les avenues du Haut-Rhin, de 12 à 15,000. En cas d'entreprise, on pourrait les faire joindre, observant de se camper toujours avantageusement. L'Alsace et le Brisgau sont pleins des plus beaux endroits du monde pour les camps, il n'y a qu'à les bien choisir et corriger ce qu'ils ont de mauvais par retranchements , abatis de bois, retenues d'eau, ruptures de gués , resserrement de lignes , etc., remarquant Qu'il est assez aisé do maintenir
les communications de tous ceux qu'on peut prendre le longdu Rhin. Cette armée sera assez forte pour pouvoir jeter de son cru les troupes nécessaires dans les places menacées. Du surplus , j'estime que dans une guerre défensive , il y faudrait moins de cavalerie qu'on en suppose ici, et un peu plus d'infanterie , parce que dans une défensive, il est moins question d'agir en dehors que de pouvoir subsister longtemps dans Un même lieu et couvrir nos places.
J'ai supposé l'armée de Piémont de 26,000 hommes, parce qu'il m*a paru que jusqu'à présent les armées de ce pays-là n'ont pas été plus fortes, et que tant qu'il ne s'agira que d'une défensive , on n'y en pourra guère employer davantage , étant irès-diflScilc d'y faire subsister de la cavalerie qui ne peut être utile que dans la plaine de Piémont , et où il me paraît assez difficile de se pouvoir maintenir, à moins d'un grand effort qui puisse nous rendre maîtres de la campagne , et nous mettre en état de prendre des quartiers d'hiver en Italie^ ce que je liens irès-difiicilc, pour ne pas dire impossible , à moins que les princes d'Italie n'y donnent les mains tout autrement qu'ils n'ont fait jusqu'à présent. « > i .î>n
L'armée de Catalogne est supposée de 15,500 hommes, je la crois assez forte, tant qu'il ne s'agira que d'une défensive; mais s'il fallait entreprendre, on pourrait la grossir de partie de ,1a cavalerie de Piémont , des milices de Languedoc, et selon le temps et l'occasion du camp de Bayonne. Cette armée , ainsi renforcée, pourrait être ulilement employée à prendre Girone , peut-être Barcelone , et en tout cas, Castel-Léon, la honte de nos plénipotentiaires de la paix des Pyrénées, et même Fontarabie, et Saint-Sébastien, si l'occasion s'en présentait un peu favorable. Ce serait un moyen d'augmenter rinquiéiudo des
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Espagnols cl de Jour donner une p^rande jalousie du eôté de la Biscaye, qui leur ferait désirer la paix.
Un camp de 5,000 hommes sous Bayonne, posté avantageusement et retranché, join^ à une garnison de 3,000 cl aux milices du pays, mettra ce quartier en sûreté, outre qu'en quinze jours de marche on pourra leur envoyer des secours considérables de Bordeaux, et en 25 ou 30 de Catalogne. Ce même camp, lorsqu'il n'y aura pas lieu de craindre , pourra marcher sous Bordeaux s'il est besoin , ou se joindre à celui de Catalogne , soit pour entreprendre de ce côté-là ou de celui de Fontarabic. •
J'estime encore qu'un camp de pareille force vers la Rochelle, avec ce qu'on y pourra joindre de milice , et une bonne garnison, pourrait suffire pour tenir tout ce pays-là on sûreté , joint que ce même camp pourra s'approcher en certains cas de Blaye et de Bordeaux, même se joindre à celui de Bayonne avec assez de promptitude.
L'importance de Brest demande un corps de troupes réglées, outre celles de la marine, pour pouvoir s'opposer aux descentes et défendre la place. Je suis persuadé que 6,500 hommes , joints à ce qui se trouvera de troupes de la marine et des milices du pays, feraient un corps assez considérable pour s'opposer aux descentes et défendre celle place , ses forts et batteries en cas de besoin.
J'estime encore qu'un corps de i6 à 1,700 hommes à Cancale n'y serait pas inutile pour empêcher les grosses et petites descentes qui se pourraient faire de ce côté-là, outre qu'il sera là près de Saint-Malo en état d'y porter les secours nécessaires , de même qu'aux autres endroits du voisinage , bien entendu qu'il y faudrait toujours joindre quelques milices du pays, mais sans les trop fatiguer.
La Hougue et toute U presqu'île de Cherbourg ine pa-
OISIVETÉS. ^ m. . i*^
raissent si considérables et d'une conséquence si dangereuse qu'on ne saurait trop s'y précaulionner. C'est i>ourquoi il est nécessaire d'y avoir une armée de 10 à 12,000 hommes campée , à portée de pouvoir s'opposer à tout ce qui s'y présentera. 11 faudra la tenir près des lieux plus dangereux, afin qu'elle puisse se porter promptement sur la descente ; parce que si l'ennemi avait le temps de mettre à terre, on n'aurait i)eut-ôlre plus le temps de s'y opposer, et pour peu qu'il fût posté y il serait très-dillicile de le déloger ; il faut mémo nîirancher les lieux avaningeux dans la {jorgo de la presqu'île, atin que si la descente venait à réussir, l'armée put s'y retirer, et, en attendant les secours, empêcher l'ennemi d'entrer dans le pays. Du surplus, ce corps pourra dans un besoin, être secouru en six jours de celui de Cancale, et en dix ou douze jours de celui de Dieppe. - . -
La côle de Dieppe est si dénuée, et si prèsde l'ennemi, que • dans la crainte qu'il n'y tente une descente , je serais d'avis d'y tenir un corps de 3,300 hommes, qui pourrait camper et se retrancher à Arques. Je voudrais même que tous les corps destinés à des postes lixes les fortiliassent, après en avoir bien choisi les situations, et qu'ils occupassent des espaces plus grands que ceux qui seront nécessaires à leurs camps, afin d'y pouvoir au besoin recevoir des renforts, et cela , tant pour occuper les soldats et ne les pas laisser dans une oisiveté continuelle et malfaisante, que pour s'y fortifier et se mettre en état de n'être pas forcé à les abandonner en désordre si l'ennemi surprenait quelque descente.
Quant aux 7,000 hommes de troupes des galères et de la marine, attendu qu'ils pourront être employés sur mer, je n'en fais point de destination narticulièrc ; mais au casque
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cela ne fût pas, on ne saurait mieux faire que d'employer celles des galères, et ce qui s'en trouvera des vaisseaux, à la garde de Marseille, Toulon et Amibes.
A l'égard des milices boulonnaises , il est bon de les charger de la garde des côtes de leur pays ; mais en cas de besoin , on pourrait les faire marcher du côté de Dunkerque et Fumes , pour en renforcer le camp, ou pour ce que l'on pourra en avoir besoin, même du côté de Dieppe, si Tennenii y avait mis à terre un corps considérable.
Pour ce qui est des 140,000 hommes destinés aux garnisons, je' ne puis rien proposer de certain sur leur distribution. On doit seulement observer de tenir celles des places plus exposées, beaucoup plus fortes que les autres/ . Voilà le projet d'une défensive très-vigoureuse , et qui pourrait facilement devenir ofl'ensive , en entreprenant tantôt d'un côté, tantôt de l'autre ; mais supposé que l'Etat ne la pût soutenir, on la pourrait encore descendre de deux * degrés plus bas. Le premier serait de ne mettre sur pied que les trois camps retranchés des Pays-Bas, et une armée de 20,000 hommes seulement : un petit camp volant de 6,000 hommes sur la Moselle, une autre armée de 18 ou 20,000 hommes en Allemagne, une de 20,000 en Piémont et une de 10 à 12,000 en Catalogne; tous les petits camps ' des côtes maritimes, mais un peu plus faibles que ci-devant, d'ailleurs toutes les places bien garnies, très-peu de marine • en corps d'armée, et plus de 20,000 chevaux de moins ; quoi faisant , on pourrait observer l'ennemi , et attendre qu'il s'attachât h quelque place. Après quoi, joignant tous les camps ensemble et levant partie des garnisons, on pourra former une armée assez considérable pour secourir la place assiégée, suit Qn lui coupant les vivres, ou en attaquant les ligues* ou en assiégeant une autre place, ou en rava-
^ioogle
géant son pays; de sorte que pour faire un siège, il faudrait par nécessité qu'il eût deux armées, dont celle qui [)ourrait s'opposer au secours fût à peu près aussi forte que la nôtre, ce qui serait bien difficile. Le deuxième serait de se réduire aux trois camps de Flandre , à un petit camp volant en Luxembourg , et à une armée de 42 à 15,000 hommes en Allemagne, une de 15,000 en Dauphiné el Savoie, abandonnant Pigncrol et Gazai à la défense de leurs garnisons et d'un petit camp sous Pignerol au plus, une armée do .'^ 10,000 hommes en Catalogne , une grosse garnison à Bayonne, un corps de 8,000 hommes à la Hougue , 3,500 à Brest, et le reste des aulres peiiis camps le long des côtes. De celle façon, on pourrait réduire toute la cavalerie à 30,000 chevaux et la marine à la course pure et simple , supposant les places bien garnies de monde et de munitions. Tout cela bien manœuvré, on ne laisserait pas de . , continuer la guerre un fort long temps, et d'en gagner assez pour obtenir la paix à des conditions beaucoup plus raisonnables que celles qu'on nous propose; il est du moins certain que de très-longtemps les ennemis n'auraient con- • quis l'équivalent de ce que le roi peut dès à présent leur ^ accorder, quelque avantage qu'il leur pût arriver; mais il ^ faut achever nos places avancées et les munir, car elles ne le sont que très-faiblement, c'est cependant ce qui me paraît d'une extrême conséquence.
EJIQllIztK] b'y'GQOgle
DE M. DE TAUBAN.
otsivKTiia. vin ues tôm. 2 et 3.
Fin des tomes II et III ,
niCBSKK DE
■.'KliOCiK eu HARiiCIIAL.,
H. 6ÂILLÂRD.
d* VàmUni» PnmçilM, ivnr»
d'une note sur I.B8 OISIVETÉS.
J. GORRÉARU, ÉDITEUR DOUVRAGËS MILITAIRES^
KUK DB TOUftlIOll , H. SO.
DISCOUES
Proooncé par M. Gaillabd» directeur de T Académie , dans l'assemblée de ta Saint-Louis, au sujet de VEloge de Vauban, propose pour le prix d'éloquence en 1787, et proposé de nouveau (iour f789.
lIcssiBanSy '
Vous venez d'enicndre l'éloge d*nn roi qui aimn sou peuple (1); puissiez- vous entendre l' innée piocbaine celui d'un sujet qui, selon Texpression de M. de Voltaire» a prouvé
(l)L'élugc do Louis XÎF, qui venait d'être prononcé.