OISIVETÉS DE M. DE VAUBAN. FIN ^BS TOM. 2 ET
par sa ccmduite qu'il pouvait y avoir des citoyens sous un
gouvernenu iilabsolu ; ce sujet, ciluyeii luème à la cour d'un grand roi ,
G>st celui doni lê mats Nffmnil oof rempart»;
Ctil Vauban, c'est l'ami des verlus el des arls ,
Son éloge, proposé pour l'année 1787, n'a iwini été cou* ronné; quoIquciS dittcours ont .approche du bul, nul n'a pu l'atteindre ; ei c'est moins par le défaut de talent dans quelques-uns des auteurs que par de certains défauts de plans dont r Académie a jugé à propos qu'ils fussent averlis, pare« que ces défauts semblent tenir en partie à la nature du sujet. Je m'explique.
Au nom du mai échal de Vauban,oii se représente d'abord tant desîégesqu'il a dirigés, tant de places qu'il a iortitiées; on songe à Tingénieur sublime qui a renouvelé ou créé son art ; cette idée principale absorbe ou affaiblit les autres idées, elle devient Tobjei dominant de l'ouvrage, toutes les autres parties lui som sacriliéesuu eubord<jnnées. Delà un premier défaut général de proportion et d'équilibre, une répartition inégale des talents de l'ingénieur et des verius du citoyen.
Un autre inconvénient plus considérable, c'est que cet objet, dont on a fait la principale partie de rélogodeVauban, a plus (le rapport à l'insiruclion qu'à l'éloquence; mais ici l'instruclion ne devrait pas èire au premier rang, ce n'était point un cours de tactique ou un traité de fortification qu'on demandait. Malheur en général aux traités dans un discours oratoire, surtout s*il s'agit d'une scienoe ou d'un art dont les principes et les termes ne soient pas familiers au plus grand nombre des auditeurs. Le discours qui a le plus approché du prix est trop savant en un mot; nous lui faisons sans peine un reproche essentiellement méié de louange,
comme no»JS reprcirh rions à un guerrier intrépide d*avoir porté la valeur jusqu'à la témf^riié.
Ceci conduit à une théorie assez délicate, celle qui concerne rem|)loi des détails du sujet dans un discours oratoire, surtout les détails qui tiennent à une scienc.e ou à un art. En général ils ralentissent les mouvements de l'éloquence. Dans tout ouvrage craignons les détails qui n'instruisent pas; dans le genre oratoire déilons-nous m^me de ceux qui instruisent, s'ils instruisent froidement et méthodiquement, s'ils ne parlent qu'à l'esprit sans rien dire y l'âme; l'éloquence ne vit que d'images et de mouvemenis
L'inconvénient est encore plus grand si les détails ont de l'obscurité, ou par leur nature, ou par la faute de l'orateur; c'est le cas du précepte d'Horace d'abandonner ce qu'on désespère d'éclaircir (i) et de se renfermer dans les généra M tés qui supposent et font concevoir les détails qu'on supprime.
Le mérite suprême de Foni<'nelle est d'avoir rendu les sciences pour ainsi dire populaires, d'avoir su, à force d'agrément, de clarté, de lumière, acquérir le droit d'instruire des personnes qui avant lui n'aspiraient pas même à l'instruction; mais voyez comme il craint d'abuser de ce droit d'instruire. Dans son éloge de Vauban (piolle prudente sobriété de savoir! On y trouve à peine un terme d'art, il ne prend de ce que tout le monde n'entend pas que ce qu'il peut faire entendre à tout le monde, des précis, des résultats, mais si clairs, si sensibles, que M. de Vauban, considéré même comme ing«>Mi«'ur, ne perd rien sous sa plume, et que le lecteur le plus ignorant sent avec admiration
(1) Et quœ desperqt trucifilB nltescere poiiê, rc/inçutf.