PAR UN DOCTEUR P£ SORBONNE
(Nomtet itst.) #
Il n'est peut-être rient arrivé de plus surprenant, eà tière de religion, depuis la naissance de l'hérésie, que le
mouvement qui s'est fait en Poitou au commencement de l'année 1681 ; car on manda de celte province qu'il y cul plus de 8,000 protestants qui se convertirent dans le seul ôyéché. de Poitiers, en moins de six mois, par les seules Toies de la douceur et de la persuasion.
Il est certain qu'après Dieu, sa majesté y eut plus de part ; car sitôt qu'elle eut été informée des premières conversionsi animée du saint zèle pour sa religion, elle donna tous ses soins à ravanoement d'une si bonne œuvre, elle t'appuya de tout son pouvoir, la soutint par ses libéndité% fit assurer de sa protection ceux qui se convertissaient, les
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f\t soulager dans Timposition des tailles et les combla cto ses bienlEiits.
Quand ce mouvement commença à se ralentir par les
soins des ministres qui se réveillèrent de leur assoupissement, et qui courureni çà el là pour fortifier leur troupeau, le magistrat (M. de Marillacj qui était cliargé de Texécutipa des ordres de sa majesté dans cette proyince, imagina une autre voie ou le hasard la lui présenta; car s'étant utilement serri de deux compagnies dans une ville de son département, il manda à la cour que presque tous ceux qui étaient de la religion s'étaient convertis pour éviter le logement, et ^ue êi m hit envoyait quelques troupes, U y aioa(U li$u de u fro^ mettre la eonverswn de UnU le Potfotf .
Sa majesté y répugna d'abord, mais enfin jugeant de l'avenir par ces heureux commencements, elle^crut qu'elle pouvait laisser faire une douce et utile violence à une portion de ses sujets que la prévention de leur naissance empêchait de connaître le bien qu'on voulait leur procurer.
On y envoya donc un régiment avec ordre de ne donne» aux réligionnaires aucun sujet effectif de se plaindre. Les premiers succès semblèrent autoriser l'entreprise; à rapproche des dragons, ces gens-là vinrent à milliers se convertir dans nos églises» et en moins de âixmois» il y en eut» à ce qu'on dit, plus de 90»000 qui prirent le^éme parti.
Ce ne fut pas sans exciter bien des clameurs de la part de ceux de la religion prétendue réformée, dont quelques-uns quittèrent leurs maisons, d'autres le royaume, presque tous pour attirer la compassion sur eux et l'indignation publique sur ceux qui étaient les exécuteurs de ces ordres, se plai» gnirent de plusieurs mauvais traitements qu'on ne leur a jamais fait souffrir.
Sa majesté néanmoins» qui en prévit les coaséquenees.
BS ▼AOlàM. 99
fit ffortir ce régiment de la promnce, et ord^mna que Von reprit les anciens errements de la douceur, ce pti f%U eacécuU par Jf. dê BoiviUe mm àenifcoiip de pndmu 4t ds ntedê* Quelques années après il se fit un nouveau mouvement
de conversions en Béarn, et on se servit (M. Fouu) pour aller plus vite de quelques troupes qui se tfouvèreat dans celle province. , La facilité avec laquelle les ^otestants se convertissaient INresque partout, la vivadté de quelques-uns de ceux qui y étaient employés qui faisaient tout focile» croyant en faire mieux leur cour, et 1* empressement excusable que tout le monde avait de voir ce grand ouvrage achevé, l'avancèrent de manière» dans la plupart des provinces» que sa majesté ne pouvant plus reculer» se vit dans une espèce de nécessité de faire sortir les ministres du royaume, de faire abattre le reste de leurs temples et de révoquer l'édit de NatUes dans l'espérance que se trouvant sans culte extérieur et no pouvant pas vivre sans religion» ils emJMrasser^ient enlia la catholique.
Qudques^ms le firent «incèrement; mais l'événement
n'a que trop fait voir que la plupart n'avaient changé que par crainte ou par intérêt, et comme il est Lien difïicile de persuader des esprits prévenus et endurcis, surtout en matière de religion » le traiipsv qui d'ordinaire vient à bout de tout et les, soins qu'on a pris de les instruire» me leur ont point touché le coeur; au confire, aigris par la contrainte qu'ils se plaignaient qu'on faisait à leurs consciences, animés par les lettres pastorales de leurs ministres , et soutenus par l'espérance abusive devoir bientôt l'accompiissemeut de certaines prophéties qu'on leur débitait comme des vérités, ils «'allèrent plus à l'église, quelques-uns désertèrent, et tous parlèrent avec moiuâ de reâpe^çt et de
9<> obivbtAs
retenue de notre religion et de nos mystères, insolence qui a encore angm^té depuis k révolution d'Angleterre» et que tous les princes de rEnrope, catholiques ei protestants, se sont ligués contre la France, dont l'éui florimnt leur
donne de la jalousie depuis si longtemps.
Depuis ce temps-là, la plupart tiennent des discours encore plus séditieux; ils entretiennent des intelligences secrètes hors du royaume 9 s'assemblent aurdedanS quand ils en ont Toccasion, et le feront encore plus hardiment quand ils le croiront pouvoir faire avec impunité; ils 'témoignent de la joie de tous les mauvais succès qui nous arrivent , et n'attendent qu'une occasion favorable de se déclarer. Ce sera pour lors qu'iU dmtmàerotU lei ormes d la mam, eomm tme jwHee, ce qu'Ut reeeoraienisnccre oujoiird'Mi* comme «ne ^dee.
La question est donc de savoir, présentement que l'on a perdu toute espérance de les bien convertir, qu'on voit qu'ils ne demandent qu'à revenir, et qu'ils en attendent le moment, que ce moment même semble approcher par la situation présente des affaires de l'Europe (1), et quV>n ne peut douter qu'ils n'aient pris quelques mesures pour cela, puisque, dès l'année 4683, que tout était encore paisible (2), ils firent plusieurs assemblées à Toulouse et ail-* leurs, qui tendaient à la révolte, si ia mofeelé dûU ofporUr ^Melgwe luhnieieeemefil aux affaireê de ht reUgUm, ei k rmêie ne serait point pire que le mal, et si sa conscience ou sa gloire n y serait point intéressée.
(i) Butoirs du progréê du cêMnisme. Soulier, p. SS9.
(3) Ibid., p. 593.
Quoiqu'il toit difficile de pouvoir prendre des mesures Justes dans un événement , dont les suites sont si incertaines, cependant plusieurs bonnes raisons font croire que le roi peut en conscience > et doit en bonne politique » même pour Tintérét de sa grandeur et de sa gloire, relâcher quelque cbose de la sévérité de ses édits précédents en faveur de ses sujets de la religion prétendue réformée ou mal conver» tis, et leur permettre quelque exercice de religion dans son royaume.
. Il le peut en conscience, les rois ses prédécesseurs, et sa majesté elle-même. Tout pu en conscience pendant cent ans, et surtout depuis la publication de l'édit de Nantes;
^donc il le peut encore aujourd'hui , à moins qu'ils ne s*en fussent rendus indignes par quelque crime nouveau, ce qui « n'est pas; car ce qu'on a fait contre eux par pure autorité, quoiqti'à bonne intention et sur un pieux fondement, n*est pas une raison pour ne les pas tolérer davantage, si on voit que tout cela soit inutile, puisqu'il vaut mieux encore les tolérer comme hérétiques que de les laisser vivre sans religion et dans un pur libertinage , y ayant moins loin, et le retour éUnUpim foêiU de l^héréiU 4 lavéritabU religion que ds ratMtMis.
Dans le senlimeiit de saint Augustin et de quelques autres
Pères qui ont cru qu'on pouvait se servir de la crainte et des peines temporelles pour ramener dans l'Eglise les hérétiques qui en sont sortis , c'est toujours sur le principe que l'Eglise» conservant quelque autorité sur ses déserteufs, peut, sans blesser la charité'^ se servir de la terreur et des peines pour appliquer leurs esprits à la vérité, ce qui justifie seulement l'autorité qu'elle a de tenter cette voie sur ses enfants quoique rebelles, et les princes chrétiens sur
leurs sujets; maïs, quand ils la tentent inutilement » que tout ce que Ton fait ne sert qu'à les endurcir, qu^on aliène
leur fidélité et leur affection, bien loin de melire leur conscience en sûreté; que les raisons d'équité et les édits de pacification accordés et exécutés de ix>nne foi pendant près de cent ans» parlent en leur faveur, pour lors ce même principe de charité combat pour eux, et il ne parait pas que la conscience de sa majesté soit intéressée do leur accorder une continuation de tolérance que leur opiniâtreté et leur aveuglement rendent presque nécessaire» puisqu'ils refusent les grâces que sa bonté et son zèlô pour lemr salut leur a inutilement présentées. '
THais quoi, dira-t-on, que deviendront toutes fces abjurations, tous ces serments solennels faits sur les saints Evangiles » toutes ces réunions faites par délibérations de villes apportées aux intendants des provinces? Laissera-t-on tods ces gens-là tranquilles dans leurs maisons , ou même retourner au prêche , après tant de communions fialtes dans nos églises?
1** Si nous étions dans une paix profonde, et qu'il y eût lieu d'espérer du temps une sincère conversion de ces gens-là, on raisonnerait autrement ; mais l'Etat étant menaeé, la prudence veut que de deux maux on évite le plus
grand.
2" Quand sa majesté, nonobstant ces abjurations, leur accordera quelque liberté de conscience et les dégagera de tous leurs serments, elle ne fera que ce qu^ont fait souvènt les rois ses prédécesseurs en pareil <!as, sans même qu'il
paraisse qu'ils aient consulté l'Eglise pour leur accorder cette faculté.
Plusieurs prétendus réformés abjurèrent leur religion
afirèft la Saint-Banhélemy (i), qui retournèrent au prèehe
après que le pcril fut passé; et, comitie c'était un crime, Charles IX les en déchargea par Tarticie 7 de Tédit
Benri lU leiur en donna de même abolition i»ar Tartide 1 de l'édi.t de 1576 (2). « M'entendons queoedz de ladite reUgion s'oient aucunement astreints, ni demeurent obligés pour raison des abjurations qu'ils auront ci-devant faites, promesses, serments ou cautions par eux baillés concernant le fait de la religion , ni qu'ils en puissent être mol«itâB ni Irayaillés ev quelque sorte .que ce soit. » ,
L'article Sde Tédit de 19n est presque conçu en mènfts termes (3) .
Henri III, par son édit du mois de juillet 1585, bannit les ministres hors du royaume , même tous ceux qui faisaient profession de la religion prétendue réformée, s^ils ne Tabju^ raient dans six mois; Tédit d'octobre» en suivant, ne leitf donnait même que quinze jours , oé qui fit que plusieurs l'abjurèrent, quî après retournèrent au prêche. C'est pour . cela qu'ils prièrent Henri IV d'insérer l'article 19 de l'édit de Nantes pour se mettre à couvert des poursitites qu'on en pourrait faire : € Çtm de la rûipam fritendue rifénfiiê m amml aiwmm^ÊÂ mtrwiUê, ni demeurMont obligés pour raison des abjurations, promesses ou serments, qu'ils en ont ci-devant faits, ou cautiojis par eux baillées, concenmnt
(1) Tome VI des Mémoires du clergé, p. 5SS.
(2) Ibid,, p. 558. ■ • (8) Ibid., p. &7Ô.
ouiwfis* T. I« 8
le fait de ladite religion, et n'en pourront être travaillés ni molestés en quelque sorte que ce soit.
On ose avancer que sa majesté aura plus de raisons d'en user de la sorte que n'en eurent autrefois les rois ses prédécesseurs. Ces princes eurent cette condescendance pour assoupir une guerre de religion, mais qui n*était qu'intestine, et sa majesté l'aura pour en prévenir une qu'il est à craindre qui ne devienne intestine et étrangère tout ensemble, et qui serait d'autant plus périlleuse que tous les princes protestants s'y intéressent, et même plusieurs princes catholiques sur d'autres motifs. Ces princes eurent cette indulgence pour leurs sujets de la religion prétendue réformée dans le temps que leur révolte contre l'Eglise commençait, et qu'ils pouvaient se flatter de vaincre par leur fermeté une obstination qui n'avait encore que de légers fondements, et sa majesté n'en userait ainsi qu'après avoir reconnu par T^ppérience de tous ces princes et même par la sienne, qu'on ne persuade point une religion en gênant les consciences, et que la liberté, dont on les a laissées jouir pendant un siècle^ établit unç espèce de prescription en leur faveur.
11* le doit en bonne politique, puisque rien ne parait plus propre que celte condescendance pour rompre les projets de nos ennemis; pour faire sortir de leur service, et faire rentrer dans le nôtre plusieurs bons officiers et autres protestants qui, se trouvant hors de leur pays, la plupart sans considération, sans argent et sans emploi, et s'accommodant peu de leurs manières et même des pratiques de leur religion, ne demandent peut-être qu-une porte pour rentrer ; pour affermir les cantons évangéliques dans notre alliance 9 et pour faire ouvrir les yeux aux princes proies-
tants ou luthériens d*Allemagne et du Nord , lesquels voyant le prétexte ,de la guerre levé et l'intérêt de leur religion à couvert , pourront réfléchir ^w't/s en ont un hien plus capital éf empêcher la trop grande puissance de Temj^ereur,
^ *Ôn croit même que, par ces tempéraments de douceur, tout pourra se tranquilliser au dedans, le commerce se rétablir, les esprits se rassurer; au lieu que si l'on attend plus longtemps, le mal augmentera, il faudra faire plusieurs exemples de sévérité contre ceux qui s'attroupent, qui ne feront que les irriter, et donner à leur cause un air de martyre qui est très-dangereux en fait de religion.
La grandeur et la gloire de sa majesté y seraient intéressées à la vérité, si les ennemis de sa couronne, appuyant ces mauvais convertis, forçaient sa majesté de leur accorder des édits qui les maintinssent dans un plein exercice de leur religion; mais cette démarche sera regardée comme une grâce qu'elle fait à des sujets qu'elle plaint dans leur aveuglement, qu'elle en a voulu tirer en les engageant par une contrainte utile et officieuse à embrasser la véritable religion , et auxquels elle aime mieux accorder quelque exercice de la leur, quelque mauvaise qu'elle soit, que de tes laisser vivre sans aucun culte. Enfin le solide point d'hon^ neur ne consiste plus présentement à soutenir ce qui a été corn* mencè, mais à déconcerter les desseins de nos ennemis, à faire retomber sur eux l'effet de leur mauvaise volonté et à calmer ce qui pourrait faire de l'embarras dans le cœur de i^État, *pour n'être occupé que du dehors. ' * Sa majesté doit même se promettre que cette condescendance sera bien reçue de la plupart des catholiques, même des plus ^iés, lesquels, voyant une grosse guerre au dehors, et au
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dedans des dUposiUoii» assez prochaines et des ia(X>uve~ mens qui pourraient n^tlrê en péril leurs biens» leurs mai* sons et leurs fortunes , loueront la prudence de Sa majesté
qui, en assurant la tranquillité de 1 Etât ei de la religion , travaille aussi au reposées particuliers, à la conserTation de leurs biens et à la sûreté de leurs personnes ; intérêts àuiquels lés religieux» ]j^ gmÊ de séminaires» les dévpu et les catholiques les plus sélés ne sont pas insensibles» quUBlI celui de la conscience est à couvert.
Le grand secret sera de pouvoir attirer leur confiance» car il est à craindre qu'ils ne regardent cette démarche de dUÊàOÊ^^/im^ effet de crainle et de ménagement ibvAeiilaire» et qu'ils n^en deviennent plus audacieux» ou du moins qu'ils hê s'y fient pas, tous les édits qu'on leur peut accorder ne pouvant avoir plus, ni même tant de force que < celui de Nantes , que près de cent ans d'exécution reAdaient encore plus respecigl^e.
Lièèiàil!^ attirer seraient de tes 1^ triil-
i&tf déleûr rendre leurs biens» ou de donner du moins l'osufruit aux plus proches parents de ceux qui ne voudront pas revenir dans le royaume, et de leur garder tout ce qu'on leur promettra avec une fidélité très-religieuse, , .
B reste dé savoir présentement quelle étendue m ^ èomier l'tjeiteltberté de conscience» si eUe eomitiera flement à les laisser faire leurs prières dans leurs maisons; si on y ajoutera quelques ministres qui puissent les y marier et baptiser leurs enfants» ou bien si on leur rendra Vexerdcê fublie de leur religion et des temples où ils puissent» comipia auparavant» aller au pré^e» recevoir la cèn^ s^ millier et f faire baptiser leurs enfiints.
Il est inutile de leur offrir une libçrjtédé consciençe^^
consiste seulement à prier Dieu en particulier, car il est sûr qu'ils ne s*en contenteront pas.
1" Ils ne s'en sont jamais voulu contenter quand on la leur a voulu offrir sous les règnes de Charles . IX et dô Henri III. ,< .^,.
, 2° Ils ne manqueront pas de dire que Tédit de 1685, qui a révoqué celui de Nantes, leur accordait cette liberté de conscience dans Tariicle 12, que cependant on ne les en a pas laissés jouir un seul moment; et qu'ainsi quand on la leur rendrait aujourd'hui, ils n'auraient pas lieu de se promettre qu'on les en laissât jouir plus longtemps. ,^ ^
3° Comme l'exercice de leur religion ne consiste pas seu-^ lement à faire des prières, mais principalement à écouter/ la parole de Dieu par la voix de leurs ministres, et recevoir la cène de leurs mains , qu'il leur faut des pasteurs pour les marier, pour baptiser leurs enfants et les consoler dans leurs maladies, il sera impossiblie de les satisfaire, si on leur ôte toute cette forme extérieure d'église prétendue et de religion.
Il y a même lieu de craindre que, quoiqu'on leur accorde des pasteurs pour faire toutes ces fonctions dans leurs mai* sons, ils ne s'en contentent pas,et qu'ils ne demeurent encore dans la disposition dè brouiller, s'ils en trouvent l'occasion, tant par les embarras qui se trouveront dans l'exé-^ cution, que parce que leurs consciences en seraient fort gênées. ^.
1° Ils auront beaucoup de peine à renoncer à leurs tem-^ pies auxquels ils sont si attachés que le président Aymar, ^ député de Guyenne, opinant dans les états de Blois, ditque les huguenots aimeraient mieux souffrir mille morts que^ d'en être privés. ..uù
2^ II faudrait qu'ils renonçassent aux discours publics de leurs minisires» à prier et faire la cène en eàmmniiy ce qu^iis reffardent eomme le lien de leur société religieuBe; ils nTauraient pins ni synodes, ni consistoires, ni auieune Ibrme, ni
police extérieure d'église, sans quoi ils ne croiront jamais que leur religion puisse subsister. * '^^
3° il est contre leur discipline quUls administrent la cène ahz malades dans lourd maisons, encàt^TA(^ k^6êiàt't^tf portent bien; ainsi il faudrait se r^èràdrè de- né jttili^^ de cène, ce qu'ils regardent pourtant comme un acte essentiel de leur religion. ' ' ' (t ; vii-s*
4"" Quand ils avaient des temples, c'était dans ces lieux pIlÉilics qû^ob 'ée rendait de toutes pans pour les baptêmes eHètt îàeriâgéi^ et le ministre en pourait ftiire cimpiantë dans une matinée; mais, dans Thypotlièée présente, ce se^ r^ît le ministre qui serait obligé d'aller faire ces fonctions dans les maisons des particuliers, ce qui ne se peut sans des peines et des embarras infinis. ' ' " : ; .;i
""éf^Ê^Êt^mié'a fsdi jok, mm ptasiâurs Tègnes; i^itt quand on les a vouln priver de leurs temples, èc les res* treindre à un exercice particulier de religion aux conditions ci-dessus, qu'ils n'ont jamais voulu s'y soumettre.
Lorsqi:^ le duc d'Anjou (qui fut depuis Henri III) assié* gèait k RoeMli^ et qa'il leur ollHt ami bien qtfaax villel êd fumes et de* M ontanban f exercice public de leur reiî^ gion, et l'exercice particulier aux conditions ci-dessus aux autres provinces, quoiqu'ils fussent aux abois, et qu'ils y trouvassent leur avantage particulier, ils n'y voulurent point acquiescer» et» qaoiqne Védtt de paix fat publié quel-^ qnes jours après à des condHions encoie plus aTantageases, ceux de Guyenne, de Lingaedoè»'d«'VftÉtaf8 ^ d«9«ttfiîfaié
DB TAUBAN. 39
ae oMitonnèrent» et Gharleg IX eut une nouvelle goerre sur leBbnit(i).
-«LeMiiie Hemi m Tésohit éiiis lee étm ée Ikfie 4e ktmiit lee «iefatree, t|Qoiqa'y eaeMAt»<eax de la religion
pr^^endue réformée qu'il ne défendait que Fexercice public de leur religion, et qu'il écrivU lui-même le 25 janvier aux SQBiilsboimMft du baat LaDgiioéoe et de la àauie ftuyewn . pour iea ^lésabntfer ées Imita qaToB âdsail eouiir ^il ka VOtHait vidamer ëaM lanr religion , laaasamaneaa 46 aatia liberté de conscience ne les rassurèrent pas, et ils coniiQuè»* rent la guerre avec plus de chaleur.
' Il est à craindre qu'on ne les fasse ressouvenir de oea aBpaplaay «i'qiioîfa*ilan*aâeBtidplaoM^mcliai^iU^^^ êtoa tant de vanin ^'en oaieiiifa-lly on dDi$ ^ppiélmA» ^ qam noa esMOiteiiè lanr Mmt espérer des oondhknis plus avantageuses que celles-ci» s^ils s'unissent à eux pour les ob> tenir.
Vaia quoi, diraqjnalqa'isi, II aamlde qiiavttiaiwbuiiaa par eea iniiQiiaqn^OB ne pent laa aatMrire aaiia Isor donner des temples, et que e^est une néeessité dalaiir anaaaDidah '
• Cette démarche est d'une si grande conséquence qu'on ne saurait trop appuyer cet avis, d'autant plus que la liberté de aonscience qu'on propose fera toujours on assez bon effet» qa» plnaiauiDS des protaatants gni aont damannéa dana la Miyannws^aB eonfemaront, et que quelqneMns de caox qui en sont sortis y reviendront pour en jouir ; mais comme le
' (I) BUMn iêt progrit dH eilWMtli, Soulier, p. 140» aaaéa ' (9) Ibid., p. iS4.
OISIfKTÉS
nombre des tMrouilloiis et des entêtés sera toujours le plut gffaad» at qm l6« plin*8a(|Qi mteio d'entre eux gortient leniM 4»is- Joindra à noe enaenii» s'ils «vaient van pied dens In
royaume, pour tirer lent religion de cette espèce d'esclavage; qu'il s'agit de rassurer autant qu'on pourra les esprits et les consciences de ceux qui sont demeurés en France, et £aBa remir to plus ^nind nombre qa*il sert possible de eeox qnieBsentiortieiqu'Unesttffini pssysi la gaenecenUnne, qu'ils eH»dense«renc speomtenrs oisift et Incfiflérems^œ qu'il iirat tâcher de les engager parleur propre intérêt à s'unir aux bons sujets du roi pour repousser nos ennemis, ennemis qu'ils regBBtdsntenOore' aujourd'hui conune leurs protecteurs, et qui le sontén eÉèt) il sera bien diiloile de démsiner de lenr ooenr ees passions d'amitié^ de baine, ifaffisetlQn et d'attachement» et d'y en faire naître d'autres, à moins qu'ils n'y trouvent leurcompte, et qu'on ne leur accorde des conditions avantageuses sur lesquelles ils puissent sûrement compter; enfin quel(|pie eheae 4e stable» et à quoi f selon toutes Ishi ap^fen^ on m puisse pins toneher.
Il sera donc de la prudence de sa majesté d'examiner dans son conseil (y ayant des inconvénients et de puissantes raisons pour et contre)» s'il est plus expédient de ne leur don* m» des ministres que peur &ire toutes ces Ibnctioai» en partieuiiery ou bien si on lenr.aeoordara des temples oii lia puissent aUerau prêche, reœfoir la eèneetassintarauxa»* très exercices publics de leur religion.
Mais, au cas que sa majesté juge à propos de leur rendre des temples» il vaut mieux que ce soit en rétabliêsaÊU Vidii de Htmks comme il était en 1680» qu'en leur accordant un nouvel édit» -parce qu'étant donné proprio motu, et par manière de grâce, ils craindront qu'il ne soit sujet à révocation , au lieu que regardant l'édit de Nantes comme une espèce de
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titre primordial, qui serijCle faaae el 46 fawéiitteBt àto iibMk
éè boane Ibi, daw lequel Henri IV, 4'iine part, el.lei. «ImCi
du parti prolestant, de l'autre, ont été les contractants, le roi, pour faire mettre les armes bas et donner la paix à soa peuple» pour avoir rexerôce puplic de leur religion^ OM édit ayant ôiô ùooàmé par pluaieun dédaimioni éB Louis xmet deaa maiealé ellMaAmey umt le parti le pcéfé* rera flans doute à tous les autres édits. C'est ami sur ce fondement qu'ils oat avancé dans leurs écrits qu'on ne Tavait pu révoquer.
J'ose même dire plus» c'est que les pMMestants (s'ils sont bien conseillés et qu'ils ne soient pas ennemis de l^r leli» gion, de leur patrie et de leur proprerepos), y devront prendra
plus de confiance qu'ils ne faisaient même devant sa révocation, car jusqu'ici ils ont toujours dû appréhender qu'un prince pieux et puissant ne fût tenté de leur révoquer une litorté qu'ils n'ont acquise que par la nécessité des- tempe» et par des édits qu'ils ont extorqués de lems rois lésâmes à la main ; mais cette rupture, pour ainsi dire» del'édit deNan* les, qui sera suivie de son rétablissement, formera une espèce decalus qui le rendra plus fort et plus solide qu'il n'était auparavant; car, outre qu'ils pourront s'assurer que sa majesté leur tiendra fidèlement tout ce qu'elle leur promettra^ les rois» ses successeurs» voyant que tout le sèle» toute l'application, la puissance et les libéralités de ce grand monarque n'ont pu vaincre leur opiniâtreté et leur obstination en six ans de paix» ils le loueront d'avoir tenté ce grand ou* vrage» et» à son exemple^ ils les laisseront vivre dans leur religion sous la bonne foi des édits» ne se servant plus pour les réunir à la véritable Eglise que des seules voies de la do«^ ceur et de la persuasion.
49 oniTif il M TAimâif.
II pourra même fort bien arriver, si on leur accorde cette literté de eanscience, de mdme <|a'eii 1663» lorsque la paix Ait «igaéd wirè Gbailes IX et inreMstame» cèê tenlm ae joignirent aux troupee èe sa majesté pour dwiier îmkngUU
du Havre de Grâce, qu'ils leur avaient livré; de même aussi lis reviendront de bonne foi et se joindront à nous pour fer- Qier l'entrée du royaume à nos ennemis^ et rqtQiissesdei imtttiàree ce» qu'il» appelaient à leur aeoearf.
AVËAT1SSËMËNT.
Le mémoire sur Timportance dont Paris est à la France ne porte pas de date; mais il est évident pour nous, par les illits suivants» qu'il a été composé en 1689. Tanban y ditqae
le grand nombre d'ouvrages plus préssés, qui ont occupé le roi sur la frontière, qui a toujours remué (changé) depuis vingt-deux ans en çà, Tout détourné de présenter à sa majesté le projet de fortifier Paris. £n remontant à vingt-deoz ans en arrière^ on trouve Tannée 1607. Dans Tespace de temps de 1667 à 1689, il y eut le traité d'AIx-la-Ghapelle (2 mai 1668), les traités de Nimègue et la trêve de Ratisbonne, qui tous apportèrent des changements aux frontières de France» et particulièrement à la frontière du nord, sur laquelle» à dater de 1667, époque de la construction de la citadelle de Lîlle^ Louis XIV ne cessa pas de faire travailler. A la fin de son Mémoire, Vauban donne les dessins des deux systèmes de fortification qui lui paraissent les plus convenables à la grande enceinte de Paris. L'un est son premier système àorillons; l'autre est son second système, tel qu'on Texécutait à Landau, dont le projet est de 1687.'On pourrait multiplier les preuves, mais cela nous paraît superflu.
AUGOYAV.