‹ Oisivetes de M. de VaudanChapitre 54 sur 81 · oiftivi&i£ft · texte numérisé non relu

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le bon sens-paisse en aocune façon no^s convaincre de son

utilité, fût-on même obligé de la remellre aux ennemis • avec toutes ses fonîlica lions, la ville neuve et les ouvra{;es / dij Mortier exceptés.

A l'égard de Luj:embourg, l'on ne peut disconvenir que ce ne soit l'une des plusbelles et plus fortes i)laces du monde, maïs elle n'est point si tuée sur une rivière dont le trajet nous importe, on peut dire môme qu'elle ne fait frontière que contre nous, étant fort éloignée de l'ei^trêmité de la province dont elle porte le nom, du côté de Tennemi ; mais . s'il. arrivait qu'on ne pûi surmonter les instances que les ennemis feront pour la recouvrer, le bon sens voudrait que Ton ne consentit à sa restitution qu'à condition d'une démolition totale, qui ne laissât pierre sur pierre dans toute Tétendue de la fortification' vieille et nouvelle; autremem il ne faut jamais la rendre. '

Pptufllons, il est sûr que pour peu que les ennemis aient' d'avantages dans le traité, ils la voudront retirer de nos

mains. C'est à quoi il se faut attendre, et sur quoi il faudra se défendre tout du mieux qu'on pourra; mais si on est obligé de céder, on ne le doit faire qu'en démolissant umt ce que nous .y avons* fait, si ce n*est qu'en le latssànt sur pied eda peut valoir quelque gros équivalent d'ailleurs.

An tete cetre quanti téde places dans laquelle je ne comprends pas un, bon nombre de châteaux, gardés et fortifiés^ doit être considérée comme une abondance dé frontière dont

la cession prise dans le sons et la manière proposée en ce méiTK)ire, n'atlaiblirait en rien le corps du royaume; c'est connue un surcroit de force dont l'équivalent seul serait capable de donner dix ou donise ans d'occupation à l'ennemi, ' .Mipposé même ses affaires dans un cours de prospérité oon- .

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tinuelle, pendant quoi il est impossible qu'il n'arrive de graqds changements dans lesafiaireâ de l'Europe dont oa pourrait tirer degrands avantagespour le bien de ce loyaumey par le lioii usage qu'on en pourra faire.

MÉMOIRE

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eODXJST DB BR^ST QV'XXS BB l'OBT ÉTÉ OV PASSÉ | IiUTIUTÉ

■T L'ÉTABOini QUI BU BBTIBinttAIT AU BO|.

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' Celte dernière guerre qai a réuni les Anglais et Hollandais contre nous» les a rendus à même temps ipaf Ires de la mer, d'où' s'est ensuivi plusieurs entreprises qu'ils ont

faitfis à difl'érentos fois sur Sainl-Malo et sur Brest, ce qui ayant obligé Sa Majesté à ûl)server avec attention leur conduite» en suite de quelque^ avis qu'elle eut au commen-.

^cemenl de l'année i694« que les Anglais avalent dessein sur Brest, elle riie fit l'honneur de me choisir pour me donner le commandement de cette place et des quatre évôchés de basse Bretagne qui en sont les plus voisins, ce qu'elle continua l'année 1695» ayant ajouté l'évèché deSaiut-Malo; ce commandement m'ayani donné lieu de beaucoup étudier

• le fort et le faible de cette longue et sinueuse côte, qui a plus de 160 lieues decircuiu de rechercher tous les moyens possibles de la foriitier contre les descentes, je n'en ai pas trouvé de plus praticables que de faire retrancher toutes celles où l'ennemi pouvait mettre à terré, et d'en dîs^ tribuer la garde aux mUices gardes*c6tes du pays et aux. arrière-bans soutenus de quelque cavalerie et dragons de troupes réglées, postés en différents endroits à portée des lieux plus dangereux, ce qui fut observé avec beaucoup plus de précision aux environs de Saint-Malo et de Brest que

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partout aiiictare» bien que dans l'étendue dé cette côte.il y eût

quaniiiéde irès-bons lieux, comme Sa int-Brieuc, Paimpol, Fonirieux, Tri*guier, l.annioi», Lainneur, Morlaix, Saiiii- Paul, Koscou, Douarnenez,; AudierniJ, Pont-La bbé, Quimper, Goncarneau, Pont-Davain, Quimperlé ^t plusieurs gros yi\r làges ouSrens et exposés à toutes les désci^ieç qui se pour- ront faire depuis 4,000 à 4,300 hommes eii sus. Bans les me^* sures qui furent prises aux euvirous de Brest, on s'aitacba à fortifier avec plus de soin toutes les descentes qui sont à une petite journée de Brest, c'est-à-dire tous les éehouages . qui sont depuis AbreuYérack, en toiirnant la côte et traversant le goulet, jusqueset compris la lieue de grève, sur. une étendue de plus de 30 lieues, sans compter le tour de la rade, ni s'attacher à toutes les sinuosités de la côte qui en dcdiibleraient à peu près le circuit; ces descentes sont au nombre de 27 du côté de Léon , et de ^ de celui de Cor-^ nouailles, parmi fesquelles il s'en trouve de fort dangereuses. l\ est encore à remarquer que très-peu des plus éloignées ne sont qu'à une petite journée du Goulet et toutes les autres à demi-journée, un peu plus, un.peu moins ; la facilité que les ennemis auraient trouvée àpreindre les batteries ilu Goulet par derrière en mettant 6 ùùfl/M''}^^ à terre, à q^eH 4|u'unede ces descentes, meÀrprêndii'eta résoluttë^iir d'iltablti'^ un camp d'infanterie à Crotto>n près de Morgat, et un autre à Clerme près de Camarel, avec un quartier de cavalerie à •Châieaulin, lies deux premiers près des descentes plus 4an*; gereuses du côté de Comoiàailli^î'ejt le detiiielr ao pf tiÉ etoù îa cavalerie pouvait sutester.. On éiald)t en niêiN) temps un autre camp d'infanterie au Conquet, un autre vers* Bertheaume avec un quartier de dragons à Saint-Renan et (lu depuis à Landerneau, tout cela de troupes réglées. Afin d'èire prèsde8<}escente8 pluscon9idérable$, on les distribua

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de plus aux. milices gnrdes-côtes^ qui toutes y avaient leur rendez-vous partagé et les espaces commis à leur garde me> ' surés; on fit aussi bâtir un petit fprt dans Tlle de Gézon pour s^assurer du port d'Abreûverack, un autre petit à Bertbeauïhe, raccommoder les redoutes du Conquet ei celles dudii Bertheaume ; après quoi on mit du canon sur toutes les descentes plus dangereuses, on pressa rachèvement de la tour deCamaret, et on accommoda très^bien tous les retran* chements opposés à ces descentes. A mesure que les batteries s'achevaient, on les fit garnir des canonniers de marine nécessaires pour les besoins, auxquels on ajouta du depuis ceux des milices marqués sur les tables qui en ont été en* voyées ep cour. Tout cela ayant été foit et exécuté en deux campa gneSy avec beaucoup de peine et de travail /a reçu toute la perfection qu'on pouvait lui donner avec le peu d'argent et de monde qu'on y a pu employer; mais ayani lait réflexion du depuis au peu de troupes réglées que nous avions pour la garde de tant de -ports» au peu de fondement qn'on doit foire sur les milices, i la dépense de tant de ca*nonniers qu*il y fallait employer quatre à cinq mois de Tannée, au peu d'eflei qu'on en pouvait attendre, écartés et dispersés comme ils étaient en tant d'endroits, à la dilliculté des communications; et à la Tai blesse de tout cela contre une armée qui serait assez forte pour pouvoir foire descente' "en plusieurs endroits à la fois et qui pousserait son affaire vivement, je ne trouvai pas que ce que nous avions tait fût suffisant pour pouvoir assurer Brest contre les ellorts d'une jgrosse puissance. Ceiu? réflexion me fit souvenir d!une vieille proposition que j'avais autrefois faite de couper la gorge de la presqu'île deRoscanvel(i)y pièce très*dangereuse

(1) Ou Quelerii , comme on l'appdle aujourd'hui.

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